BLOUNT ©), L’ HÔTELIER
Blount couvert de poussière, la tête enveloppée d'un voile à la mode anglaise, et monté sur un âne, arrive au fond par la grande route. Il entre dans la cour.
BLounr (au fond et appelant) —Mister hôtelière ! mister hôtelière. (Descendant sur le devant.) Dans
unt peut rester dans la coulisse jusqu’au moment où on ide à descendre, ou être à HOIE yo par une fenêtre ou-' vérte, au fond.
—— —————— —————....——— ï Dans les villes où l’on ne peut pas se procurer un âne, P
RS Eee
quel déploreble situéchion nous étions, cette pauvre hâne et moi !.. Impossibel de continouyer notre voyage! (Aypelant.) Mister hôtelière !… J'avais été
forcé de prendre cette malheureuse animèle, parce
qu’on avait volé mon voiture et mon chivaux !.. Et nous avons fait une si longue trajette, nous étions si fatigués toutes les deux, que lui ne pour vait plus porter moi, et que moi je pouvais plus descendre de lui! (Appelant.) Mister hôtelière. Nous étions collés ensemble, et ce hâne et moi, nous ne faisions plus qu’une seule ani. Non !.. une seule person... (Appelant plus fort. ) Misier hôtel... J'avais un grand mal de reins... C’était une cour. une courbé... (S’adressant à l’âne.) Comment vous ap pelez... Oh ! non... il ne sait pas. une courbétioure... Mais je pouvais pourtant pas rester toujours sur lui. Es se très fort.) Mister hôtelière... mister hôtelière.
. L'HOTELIER (entrant suivi d’un garçon).—Tiens !… un voyageur ?
BLounr.—Yes !.… Un voyageur abandonné toute seule !
L'HoTELIER.—Pourquoi n’appeliez-vous pas, mon-
sieur ?
BLount(très outré).—Pourquoi je appelai pas ?.. Mais je criai plus qu’une heure : mister hôtelière !
. L'HorTertER.—Ah ! je vais vous dire: c’est que j'étais occupé en ma qualité de maître de poste, pour vous servir.
BLounT.—Oh ! very well. Alors, mister maître de poste, aidez à moi pour descendre une peu.
L’HoTectER.-— Voilà, monsieur, voilà ! (1 le fait descendre non sans peine et avec toutes sortes de précau- (ions) , |
BLouNT.—All right. merci !.…
L'HôTELIER.—Faut-il faire préparer un lit ?
BLounT (étonné, et regardant l’âne).—Qu'est-ce que vous dites ? préparer un lit pour. (4 lui-même.) Préparer un lit ?
L'HôTELIER.—Un lit pour vous, monsieur, car je suis aussi hôtelier.
BLounT.—Oh ! very well, une lit pour moi, et...
L'HôTELIER (montrant l’âne).—Et une litière pour lui ?
BLoUNT (riant).—Yes, maitenant, je voulai déjeuner d’abord. Ensuite vous donner à moi une voiture et une chivau.
… L’âne est emmené par le garçon.
} L'HÔTELIER —Il n’en reste plus, monsieur.
BLounT.—Vous avez pas de chivau ?
. L'HÔTELIER.—Pas avant demain ou après - demain.
: BLounr.—Oh ! si je tenais celui qui avait volé moi !
L'HôTELrER.—On vous a volé, monsieur ?
BLOUNT.—Yes, mon voiture et mon velise… et si jé découvrais mon coquine de voleur...
L'HÔôTEeLIER.—Que désire monsieur pour son dé- Jeuner ?
.BLounr.—Vous servez à moi, là, sur cette table’ vous servez. (cherchant) vous servez. beefsteak: stockfish, côtelettes de mottonn, poum de terre, blumpudding, ale, porter et clarette… Vous avez bien entendu ?
L'Hôrezrer.—J'ai très bien entendu. Monsieur a dit : beefsteack, stockfish, côtelettes. |
Lol
BLounr.—Poum de terre, plumpudding, ale, porter et clarette |
L'HoôTeziEr.—Mais c'est que nous n'avons rien de tout cela, monsieur !
BLounr.—Vous avez rien, et vous faites dire à moi ce que je préférais |
L'Hôrezter.-Je puis offrir à monsieur du koulbat. BLounr.—Quelle est cette chose... koulbat ?
L'Hôrerter.— Un pâté fait avec dela viande pilée 4 et des œufs.
BLounNT (notant sur son carnet).—Oh very well, koulbat… vous écrivez cela : C, 0, u, 1... c
L'Hôrerter.—Non, non, par un K. û
o BLounr (étonné.)—Oh ! per oune K ! … et c'était bonne tout de même ?
L'Hôrerter.—Excellent !
BLounT.—Alors servez koulbat. Et vous ave} encore ? |
L'HôrTeriEr.—Du kwass.
Brounr.—Kwass… Vous écrivez: C, w, a...
L'Hôrerrer.—Non, par un K!
BLounr.—Encore une K!
L'HôTeLIER.—Du caviar.
BrounrT.— Par une K.. toujours ?.…
L'HôrTeztER.—Non, par un C.
BLounT.— Par oune C à présent ! Et c'était tou jours bonne tout... é
L'HôTertER (riant).—Et c'est très bon tout de même...
… BLounr (très sérieux).—Oh! vous êtes une joyeuse hôtelière... Vous avez une chambre pour le toilette
à moi ?
. L'HÔTELIER.—On va la préparer.
Brounr.—Attender, attendez... je payais d'avance pour être bien sûr.
L'HÔôTELIER.—Comme vous voudrez.
BLounT.—Combien ?
L'HôTeztER.—Deux roubles pour le déjeuner, deux roubles pour la chambre.
BLounT.— Voilà !— Ah! mon hâne ! Faites bou- 'chonner, manger et buver lui. Je reprenai lui jusb’au prochain relais. (En ce moment, Blount qui s’est di vers l'auberge, se trouve devant la valise qui a été éposée par Jollivet.) Aoh !.…
\L'HÔTELIER.—Qu'’est-ce donc ?
‘1BLounT.—Ce vélise, ce vélise !
L'HôTezter.—Elle appartient à un voyageur qui 1l’a déposée:là en arrivant.
‘BLounr.—Mais c'était le mienne !...
- L'HôrTerrer.—La vôtre ?
BounT.—Et cette voyageur ?..
L'Hôrerter.— Le voilà, monsieur. (JL sort.)