‹ Michel Strogoff [microforme]Chapitre 28 sur 51 · LES MÊMES, PIERRE STROGOFF, ORLOFF, FUGITIFS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, PIERRE STROGOFF, ORLOFF, FUGITIFS

Grand tumulte au dehors. Le bruit de la fusillade se ra proche ! Les fugitifs se précipitent dans le poste.

OrLorr.—Tout est perdu ! La cavalerie tartar sabre tous les malheureux qui sortent de Kolyvan

Tous.—Fuyons! Fuyons! (Jls vont quitter le poste.

MT de

, PIERRE (paraissant au fond).—Arrêtez ! arrêtez. . Tous.— Pierre Strogoff !

PrerRE.—Lâches! qui fuyez devant les Tartares !

SANGAR (à part).—Ah! cette fois, tu ne m’échapperas pas !

PIERRE.—=Arrêtez, vous dis-je; n’êtes-vous plus les enfants de notre Sibérie ?

+ ORLoFrr.—Est-il encore une Sibérie? Les Tartares n’ont-ils pas envahi la province entière ?

4 PIERRE (sombre). — Hélas! oui! puisque la province entière est dévastée !

ORLOFF.—N’est-ce pas toute une armée de barbares qui s’est jetée sur nos villages ?

4: û Q Q Q , PIERRE.—Oui, puisque si loin que la vue s’étende, nous ne voyons que des villages en flammes !

… OrLorr.—Et cette armée n’est-elle pas commandée par le cruel Féofar ?

PIERRE.—Oui, puisque nos rivières roulent des flots de sang !

* OrLorr.—Eh bien! que pouvons-nous faire ?

. PIERRE.—Résister encore, résister toujours, et mourir s’il le faut !

. ORLoFF.—Résister quand le Père ne vient pas à fous et quand Dieu nous abandonne !

Prerre.—Dieu est bien haut, et le Père est bien loin! Il ne peut ni diminuer les distances, ni hâter davantage le pas de ses soldats ! Les trounes sont an marche, elles arriveront! mais jusque-là il faut résister !.. Dût la vie d’un Tartare coûter la vie de dix Sibériens, que ces dix meurent en combattant ! Qu'on ne puisse pas dire que Kolyvan s’est ‘endue, tant qu’il restait un de ses enfants pour la dé fendre !.…

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OrLorr.—Ces barbares étaient vingt contre un! Et maintenant Kolyvan est en flammes !

PIERRE. —Eh bien, si vous ne pouvez rentrer dans la ville, combattez au dehors ! Chaque heure gagnée peut donner aux troupes russes le temps de se rallier !.. Barricadez ce poste ! Fortifiez-le ! Arrêtez ici cette tourbe ! Tenez encore à l’abri de ces murs !.… Mes amis, écoutez la voix du vieux Sibérien qui demande à mourir avec vous, pour la défense de son pays !

SANGAR (à part).—Non, ce n'est pas ici que tu mourras. (Aw bohémien qui l'accompagne.) Reste et observe. (Sangar sort par le fond.)

PIERRE—Mes amis, vous m'entendez, moi, le vieux Pierre Strogoff que vous connaissez tous. Il faut défendre la patrie. Combattons jusqu’au dernier. Ah! que ne suis-je encore jeune pour me mettre à votre tête et marcher dans la plaine contre ces hordes barbares !... Du moins défendons-nous ici !.…

OrLoFr.—Ici!.. nous serons massacrés ! Si nous avions un chef, nous pourrions peut-être encore tenir dans le steppe; harceler les soldats de l’émir.…

Les Fuarrirs.—Oui, un chef! Il nous faudrait un chef!

PrerrE.—Ah ! tout est perdu! (Violente détonation au dehors.)

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