‹ Michel Strogoff [microforme]Chapitre 29 sur 51 · LES MÊMES, STROGOFF, NADIUS, BLOUNT, JOLLIVET. FUGITIFS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, STROGOFF, NADIUS, BLOUNT, JOLLIVET. FUGITIFS

JoLLIVET (entrant par le fond).— Les balles pleuvent sur la route.

à BLouxT (le suivant).— Forcés. de remettre notre uel.

NE

STROGOFF (entrant par le fond avec Nadius).—Ici, mon enfant ! Ici, du moins, tu seras à l’abri ; mais je suis forcé de me séparer de toi !

Î NapIus.—Tu vas m’abandonner !…

STROGOFF.—Ecoute : les Tartares avancent !.. Ils marchent sur Irkoutsk….. Il faut que j'y sois avant eux... Un devoir impérieux et sacré m’y appelle ! Il faut que je passe, fût-ce à travers la mitraille, pot-ce au prix de mon sang, fût-ce au prix de ma vie !.…

. NapDius.—$'il en est ainsi, frère, pars et que Dieu te protège !

* SrRoGoFr.—Adieu ! (1 va s’élancer vers la porte du fond, et se tronve face à face avec Pierre.)

: PIERRE (l'arrétant).—Mon fils !

… Jozriver.—Tiens !... Nicolas Korpanoff!

| PreRRE.—Mon enfant !.. (Aux Sibériens.) C'est Jui, mes amis ! C’est mon fils... C’est Michel Stro-

à Tous.—Michel Strosoff!

% PIERRE. —Ah ! vous demandiez un chef pour vous conduire dans le steppe, un chef digne de vous gommander ! Le voilà ! Michel, embrasse-moi |! prends ce fusil, et sus aux Tartares !

\Srrocorr (à part).—Non! non! je ne peux pas... j'ai juré...

. PIERRE. —Eh bien, ne m’entends-tu pas? Michel ! Lu me regardes sans me répondre ?

:Ù STROGOFF (froidement).—Qui êtes-vous ?.. Je ne vous connals pas.

“ PIERRE. —Qui je suis ? Tu de demandes ! Tu ne fe reconnais plus... Michel! mon fils!

LE Q - Srrocorr.—Je ne vous connais pas.

hotes

. PIERRE.—Tu ne reconnais pas ton père ?

STROGOFF.—Je ne vous reconnais pas | PIERRE.—Tu n'es pas le fils de Pierre Strogoff ?

STROGOrF.—Je suis Nicolas Korpanoñff, et voici mon frère Nadius.

PrerrEe.—Son frère ! (Allant à Nadius.) Toi! son frère ?

e e e La STROGOFF (avec force).—Oui, oui, réponds !.…. réponds, Nadius !

Napius.—Je suis son frère !

PIERRE.—Tu mens !.. Je n'ai qu'un fils, et le] voilà!

STROGOFF.—Vous vous trompez !.. Laissez-moi.

(LI va vers la porte.) é

PIERRE.—Tu ne sortiras pas !

STROGOFF.—Laissez-moi |... Laissez-moi !.… '

PIERRE (le ramenant).—Tu ne sortiras pas ! Ecoute, tu n’es pas mon fils!.. Une ressemblance m'’égare, 1 je me trompe, je suis fou, et tu n’es pas mon fils !..S8 pour cela Dieu te jugera ! Mais tu es un enfant de notre Sibérie. Eh bien, l’ennemi est là et je te tends cette arme !.… Est-ce qu'après avoir renié ton père, tu vas aussi renier ton pays ? Michel, tu peux briser le cœur de ton père, mais la patrie... plus sainte et plus sacrée mille fois !.. Tu peux me tuer, moi, Miche!, mais pour elle tu dois mourir !

STROGOFF (à part).—Ouil... c’est un devoir sacré... oui... mais je ne dois ni m’arrêter ni combattre. Je n’ai pas une heure, pas une minute à perdre.

»(A Pierre.) Je ne vous connais pas! etje pars:

PIERRE.—Ah ! malheureux qui es devenu à la fois fils dénaturé, et traître à la patrie! (Forte détonation au dehors. Un obus tombe près de Pierre, mèche fu mante.)

DT

STROGOFF (s’élançant).—Prenez garde, Pierre.

PIERRE. —Que cet obus me tue, puisque mon fils est un lâche !

STROGOFF.—Un lâche! moil Vois si j'ai peur !

a prend l’obus et le jette dehors : nouvelle détonation. b s’élunce par le fond.) Adieu !

PIERRE. —Ah! je le disais bien ! C’est mon fils ! c’est Michel Strogoff, le courrier du czar !

Tous.—Le courrier du czar !

PIERRE. —Quelque secrète mission l’entraîne sans doute loin de moi !... Nous combattrons sans lui !

Bärricadons cette porte, et défendons-nous !.… (Œups de fusil au dehors.)

= ÆBLOUNT (portant lu main à sa jambe).— Ah ! blessé

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