‹ Michel Strogoff [microforme]Chapitre 3 sur 51 · LES MÊMES, LE GÉNÉRAL, LE GOUVERNEUR, OFFICIERS, INVITÉS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LE GÉNÉRAL, LE GOUVERNEUR, OFFICIERS, INVITÉS

LE GOUVERNEUR.—Bravo ! bravo! Ces Bohémiens sont vraiment pleins d'originalité et méritent leur réputation ! (Aux reporters.) Ah! messieurs, vous étiez à votre poste pour les entendre !

JOLLIVET.—IIs sont charmants, monsieur le gouverneur !.. C'est ce que me disait à l’instant mon excellent confrère et ami, M. Blount.

Brounr.—Confrère, oui... Ami, non.

Le GouvERNEUR (riant).—Il y a là, ma foi, des types tout à fait réussis !…. (CZ pas vers la gauche äprès avoir pris le bras du général Kissoff.)

JoLLivET.—Dites donc, monsieur Blount, il a l’air bien joyeux, le gouverneur ! Il faut qu’il soit terriblement inquiet !.. Qu’en pensez-vous, monsieur Blount ?.…

BLounr (sèchement).—Ce que je pen+ai ne regardait pas vous ! (ls se séparent et se mélent aux divers groupes.)

LE GOUVERNEUR (au général).—Parle-t-on du soulèvement tartare, général ?

L'Le Générar.- Oui, et peut-être plus qu’il ne conviendrait ! Je ne serais pas étonné qu’au sortir du bal, ces deux reporters n’allassent exercer leur ee de chroniqueurs de l’autre côté de la frontière.

LE GouvERNEUR.—IIs connaissent. sans aucun doute, cette grave nouvelle d’un soulèvement qui jette une moitié de l’Asie sur l’autre. Le télégraphe fonctionne toujours entre Moscou et Irkoutsk ?

# es "LE G£NÉRAL.—Oui! Votre Excellence peut le réquisitionner pour le compte du gouvernement et l’interdire au public.

LE GOUVERNEUR —C'est inutile. L'important était que le Grand-Duc, en ce moment à Irkoutsk, fût averti. [l sait que Féofar-Khan, l’'émir de Bouckara, a soulevé les populations tartares, qu’à sa voix elles ont envahi la Sibérie; mais il sait aussi, par notre dérnier télégramme, que nos troupes des provinces du nord sont maintenant parties pour le secourir.

{1 sait le jour exact où cette armée arrivera en vue d’Irkoutsk, et où il devra faire une sortie générale pour écraser les Tartares.

1/1 LE GÉNÉRAL.—Nos troupes auront facilement raison de ces hordes sauvages !

Le GouvERNEUR.—Ce qui m'étonne, c’est que ce Féofar ait pu concevoir le plan de ce soulèvement et le mettre À exécution. Lorsqu'il a tenté une première fois d’envahir nos provinces sibériennes, il avait, pour le seconder, ce colonel Ivan Ogareff, qui, maintenant, expie sa trahison dans la citadelle de Polstock ; mais cette fois le khan de Tartarie, livré à ses propres inspirations, n’a plus Ogareff auprès de lui. et je ne puis m'expliquer...

Page 1