‹ Michel Strogoff [microforme]Chapitre 4 sur 51 · LES MÊMES, IVAN, SANGAR, BOHÉMIENS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, IVAN, SANGAR, BOHÉMIENS

Ivan est sorti du salon et s’est approché du gouverneur ; Sangar et les autres Bohémiens sont restés au fond. Les reporters et les officiers causent avec eux.

[VAN (déguisé en vieux bohémien.et parlant .du ton le plus humble).—Monsieur le gouveraeur.… monseigneur.…..

LE GOUVERNEUR.—Qu'est-ce ?.. Ah! c'est toi, vieux bohémien ! Que me veux-tu ?

IvAN.—Je viens demander à Votre Excellence si elle est satisfaite de mes camarades, auxquels on a bien voulu réserver une place dans le programme de cette fête ?

LE GouvERNEUR.-—-Enchanté.. et j'aime à croire que, de ton côté, tu n'auras pas à te plaindre !.… Bien fafraîchis, bien payés ?.… |

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IVAN.—Oui, monseigneur, oui! Aussi, je ne voulais pas prendre congé de Votre Excellence, sans l’avoir humblement remerciée ! Sangar se joint

à moi !.…. bell Le GÉNÉRAL—Sangar ?.… Ah! ce eau-jeune

homme que j’aperçois là ?

” IvAN (faisant signe à Sangar de s'approcher). — Oui! Sangar est le véritable directeur de ces bohémiens, Excellence! A lui revient la meilleure part des compliments que vous avez daigné leur adresser ! (Sangar reste fièrement campé, sans mot dire.)

LE GouvERNEUR.— I] ne parle pas le russe ?

Ivan.— Hélas ! non, monseigneur. Aussi, moi, le vieux bohémien, je suis leur factotum, j'organise les concerts, je traite pour les fêtes. Sans moi, la petite troupe serait souvent embarrassée. C'est même à ce propos que je venais solliciter une faveur de Votre Excellence.

LE GOUvERNEUR.—De quoi s'agit-il ?.…

Ivan.—C'est demain que finissent les fêtes en VF ur du czar. Nous n'avons donc plus rien à fe. , et notre intention est de repasser l& frontien.

Lé GoUvERNEUR.—Ah ! vous voulez retourner en Sibérie ?

IvAN.—C’est un peu notre pays, Excellence. Or, la frontière va être encombrée par tous ces marchands d’origine asiatique, qui retournent dans leurs provinces. On serx arrêté à chaque instant aux postes de police, et.

LE GOUVERNEUR.—Eh bien. | n’as-tu pes l un passeport en règle ? : ;

IvAN.—Sans doute; n:onseigneur ; mais Votre Excellence le sait mieux que moi. un passeport en règle, ça n'existe, ses en Russie, Il.y manque

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toujours quelque petite chose! tandis que si Votre ! Excellence, qui a daigné se montrer satisfaite de | nous, voulait bien m'en donner un. spécial, revêtu ! de sa signature... avec ce précieux talisman, nul ! obstacle à redouter... et. je pourrais partir en! avant, afin de préparer les étapes de notre troupe ! :

Le GouvERNEUR.—Soit ! Toi et les tiens, vous : êtes de braves gens qui avez fait grand plaisir au ! Palais Neuf, et je ne refuse pas de vous être agré- !

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Ivan.—Je baise humblement les mains de Votre ! Excellence.

LE GOoUVERNEUR.—Et quand comptes-tu quitter à Moscou ? {

Ivan.—Moi?... demain... au lever du soleil, mon-À seigneur, avart que les portes de la ville soient encombrées par les milliers d'étrangers qui ” païtir.

Le GouverNEUR.—Eh bien ! dis à tes compagnons 4 que rien ne retardera ton voyage, ni le leur. Je vais * d’abord faire préparer ton passeport, et celui-là... 4 sera bien en règle. (Le gouverneur sort par la gauche. Le général remonte vers les groupes d'invités.)

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