‹ Michel Strogoff [microforme]Chapitre 37 sur 51 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

IVAN, SANGAR, PIERRE, NADIUS, puis des PRISONNIERS | STROGOFF, SOLDATS, etc.

Napius (bas).— Pourquoi nous conduit-on ici ?

PIERRE (bas).—Pour m'interroger, sans doute sur le sort de mon fils, maïs j'ai compris qu’il n voulait pas être reconnu !.. Il est déjà loin Il ne m’arracheront pas mon ser et.

SAnxGAR.—Regarde-moi, Pierre Strogoff, regarde moi bien !.. Sais-tu qui je suis ?

PIERRE (regardant Sangar).—Oui, l’espion tartar que j'ai fait châtier !

SANGAR.— Et qui te tient, à son tour, en son pot voir |

Ivan (à Pierre).—Tu te nommes ?.…

PrERRE.—Pierre Strogoff.

Ps

IvaNx.—As-tu un fils ?

* :PIERRE.—Oui.

1IVAN.—Où est-il maintenant ?

Prerre.—A Moscou, je suppose.

- Ivan.—Tu es sans nouvelles de lui ?

‘PIERRE. —Sans nouvelles.

*Ivan.—Quel est donc cet homme que tu appelais ton fils, hier, au poste de Kolyvan ?

Prerre.—Un Sibérien que j'ai pris pour lui. C’est le, deuxième en qui je crois retrouver mon fils, dépuis que Kolyvan est rempli d'étrangers.

NIvAN—Ainsi ce jeune homme n'était pas Michel Strogoff ?

Prerre.—Ce n'était pas lui.

tTvax.—Et tu ignores ce que ton fils est devenu ? PrerrEe.—Je l’ignore.

Tvax.—Et depuis hier, tu ne l'as pas vu parmi les prisoniers ?

Prerre.—Non !

Ivax.—Ecoute. Ton fils est ici, car aucun des fugitifs n’a pu échapper à ceux de nos soldats qui cernaient le poste de Kolyvan. Tous ces prisonniers vont passer devant tes yeux, et si tu ne me désignes pas ce Michel Strogoff, je te ferai périr sous le fouet.

Napius.—Grand Dieu !

PIERRE.—Quand tu voudras, Ivan Ogareff, j'attends.

Napius.— Pauvre père !…

Pierre (à Nadius).—Je serai courageux! Je n’ai rien à craindre pour lui!

IVAN.—Qu'on amène les prisonniers... (A San:

gar.) Et toi, observe bien si l’un d’eux se trahit! , (Les prisonniers défilent.—Strogoff est parmi eux, mai quand il passe devant lui, Pierre ne bouge pas.) Eh bien! ton fils ?

Prerre.—Mon fils n’est pas parmi ces prisonniers!

ee

IvAN.—Tu mens !...désigne-le...parle...je le veux. PIERRE (résolument).—Je n'ai rien à vous dire. ,

SANGAR (bas).—Oh ! je le connais, ce vieillard! Sous le fouet, même expirant, il ne parlera pas!

IvAN.—I] ne parlera pas, dis-tu !... Eh bien, son fils parlera, lui !.. Saisissez cet homme, qu’il soit frappé du fouet jusqu’à ce qu’il en meure ! (Pierre est saisi par deux soldats et jeté à genoux sur le sol. Ui soldat portant le knout se place derrière lui. Au soldat.) Frappe !

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