IVAN, SANGAR, UN CHEF TARTARE, SOLDATS
IVAN (au chef).—C'est ici que nous allons not séparer de toi et de tes soldats, et tu suivras fidèle :
ment ensuite toutes mes instructions.
LE CHer.—Compte sur nous, Ivan Ogareff.
SANGAR.— Où donc irons-nous maintenant ?
IvaAn.—Ecoutez ! L'énergie du Grand-Duc re verse tous mes calculs, déjoue toutes mes prévision: Chaque jour il opère de nouvelles sorties, dont | prochaine coïncidera peut-être avec l’apparitio d’une armée de secours, et nous serons ainsi placé entre deux feux !.. Il faut donc que sans tarde j'exécute le projet hardi que j’ai conçu.
SANGAR.-—Et ce projet, quel est-il ?
IVAN.—K$Sangar, j’entrerai seul aujourd’hui dar Irkoutsk. Les Russes accueilleront avec des tran ports de joie celui qui se présentera sous le nom Michel Strogoff, le courrier du ezar. Va! tout e bien combiné et ma vengeance sera prompte frapper ! A l’heure convenue entre l’émir et mo
Ve AMP
les Tartares attaqueront la porte de Tchernai
qu’une main amie, la mienne, saura leur ouvrir.
SANGAR.—Espères-tu donc que les Russes 1 défendront pas cette porte ?
Ivan.— Une terrible diversion les en empêchera et attirera tous les bras valides au quartier de l’'Angara !
LE Caer.—Cette diversion, quelle sera-t-elle ?
Ivax.—Un incendie !
Tous. — Un incendie ?
Ivanx.—Que vous autres, soldats, vous aurez aliumé !
Le Caer.—Nous ! que veux-tu dire ?
. Evan (montrant l’Angara).—Voyez ce fleuve qui coble et traverse la ville. C'est l’Angara, et c’est lui... lui-même... qui va dévorer Irkoutsk.
Sancar.—Ce fleuve ?
IvaAN.—Au moment convenu, ce fleuve va rouler uñ'torrent incendiaire. Des sources de naphte sont exploitées à deux milles d'ici. Nous sommes maîtres des immenses réservoirs de Baïkal, qui contiennent tout un lac de ce liquide inflammable ! Un pan de mur démoli par vous, et un torrent de naphte se répandra à la surface de l’Angara. Alors il suffira d’une étincelle pour l’enflammer et porter l'incendie jusqu’au cœur d’Irkoutsk ! Les maisons bâties sur
ilotis, le palais du Grand-Duc lui-même seront
évorés, anéantis !.. Ah! Russes maudits! vous m'avez jeté dans le camp des Tartares ! Eh bien, c’est en l'artare que je vous fais la guerre !
“Le Caer.—"Tes ordres seront exécutés, Ivan, mais quel moment choisirons-nous pour renverser la muraille des réservoirs de Baïkal ?
F8 /Evan.—L'heure où le soleil aura disparu à l’hori4on.
: BanGAR.—A cette heure la capitale de la Sibérie séra en flammes !
IVAN.—Et ma vengeance s’accomplira ! Partons maintenant. (Au chef.) Tu te souviendras ?
LE CHer.—Je me souviendrai. (van et Sangar sortent.)