SCENE V
LES MÊMES, FÉOFAR, € sa suite.
Ivan. —Emir Féofar, tu as un acte de justice à accomplir.
PFéorar.—Contre cet homme ?
Evan. —Contre lui.
ÉOFAR.—Quel est-il ?
è Ivan.—Un espion russe.
Œous.—Un espion !.… Prerre.—Non, non, mon fils n’est pas un espion ! cet homme a menti!
Ivax.—Cette lettre, trouvée sur lui, indiquait le jour où une armée de secours doit arriver en vue d’'Irkoutsk. le jour où, faisant une sortie, le Grand-
; Duc nous aurait pris entre deux feux !
Tous.—A mort ! à mort !
Tvan.—Tu les entends ?
SrroGorr.—Je mourrai, mais ta face de traître,
> [van, n’en portera pas moins et à jamais, la marque iñfäâmante du fouet !
) Ævax.—Emir, nous attendons que ta justice prononce.
:Féorar.—Qu'on apporte le Koran.
lous.—Le Koran ! le Koran !
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Féorar.—Ce livre saint a des peines pour le traîtres et les espions !… C’est lui-même qui pro: noncera la sentence! (Des prêtres tartares apporter le Koran et le présentent à Féofar.—À l’un des prêtres.) Ouvre ce livre à l'endroit où se trouvent les peine: : et les châtiments. Mon doigt touchera un des ver sets. et ce verset contiendra sa sentence |
Le Koran est ouvert. Le doigt de Féofar se pose sur un: des pages, et un prêtre lit le verset.
LE PRÔTRE (lisant).—‘ Ses yeux s’obscurciron comme les étoiles sous le nuage, et ii ne verra plu les choses de la terre !”
Tous.—Abh !
FÉéorar (à Strogoff).—Tu es venu pour voir ce qu se passe au camp tartare! Regarde ! (1{ prend pla sur son trône.) Espion, pour la dernière fois de t: vie, regarde de tous tes yeux !.. regarde ! \
Strogoff est amené au milieu de la scène. Un trépied po L tant des charboïs ardents est apporté près de lui, eti sabre de l’exécuteur est posé en travers, sur les charbon :
Ivan (à Strogoff).— Regarde de tous tes yeux !. À regarde !
Féorar.—Dieu a condamné cet homme! Il a di que l’espion soit privé de la lumière !… Que su} regard soit brûlé par cette lame ardente !
STROGOFF (8e tournant vers Ivan).—Ivan! Ivan
traître! la dernière menace de mes yeux sera pot : toi !
| : T PIERRE (se précipitant vers son fils).—Mon fils mon fils !
STROGOFF.—Mon père! mon père !... oui! ouil toi mon suprême regard ! Reste ià, devant moi! Que je voie encore ta figure bien-aimée. Que mu veux se ferment en te regardant !
TRE Ivan (à Strogoff).—Ah! tu pleures comme une femme !
STROGOFF (8e redressant).—Non ! comme un fils !
Sur un signe de Féofar, l’exécuteur s'approche et prend le ,#abre qui est chauffé à blanc.
Ivax.—Bourreau, accomplis ton œuvre !
Les bras de Strogoff ont été saisis par des soldats ; il est tenu agenouillé de manière à ne pouvoir faire un mouvement. La lame incandescente passe devant ses yeux.
Srrocorr (poussant un cri terrible).—Ah !!!11 (Pierre tombe ë évanoui, Nadius se précipite sur lui.)
van. — À mort maintenant, à mort l’espion !
Tous.— A mort! à mort !
LL. —Arrêtez !... arrêtez !... Prêtre, achève le verset commencé.
LE PRÈTRE.—" Et aveugle, il sera comme }? enfant, etigomme l'être privé de raison, sacré pour tous !...?
Fiorar. —Que nul ne touche désormais à cet ) me, car le Koran l’a dit: ‘ Vous tiendrez pour
Re
sacrés les enfants, les fous et les aveugles.”
Œvan (à Sangar).—Il n’est plus à craindre maintenant.
Féofar, Ivan et tout le cortège sortent par le fond. Une mi-nuit s’est faite et il ne reste plus en scène que Strooff, Pierre et Nadius. Strogoff se relève et se dirige en Atonnant vers l'endroit où est tombé son père.
Srrocorr. —Mon père! Mon père! Mon père!.….
Le J PRES père !..
| … sé — À Irkoutsk ! a embrasse une ide fois son père.) À Trkoutsk ! . |
LA TOILE TOMBE
ss 10e ACTE IV.