LES MÊMES, LE CHEF TARTARE, SOLDATRS
Le chef, suivi des soldats, arrive par le fond. On relève le cadavre du sergent.
Le CHEr.—Qui a tué cet homine ?
UN SoLpaT (montrant Strogoff).—Ce doit Ctre ce mendiant.
Le CHEr.—Qu'on s'empare de lui. Nous l’emmènerons au Camp.
STROGOFF (à part).—M'emmener !.. Et ma mission ! tout est perdu !.….
Napius.—Ne savez-vous pas que mon frère est aveugle ?…
Pierre. Et qu'il n’a pu se servir de cette arme {
Le Cuer.—Aveugle?.. Nous allons bien voir s’il l’est réellement !
PIERRE (bas).—Que va-t-il faire ?
Le Cer.—Tes yeux sont éteints, as-tu dit ?
STROGOFF.—Oui.
Le CHer.—Eh bien! je veux te voir marcher sans guide, sans appuil….. (A Pierre et à Nadius.) Eloignez-vous, et toi, marche ! (Iltire son épée.)
SrRoGoFFr.—De quel côté ?
Le CHEF (tendant son épée en face de la poitrine de Strogoff ).— Droit devant toi.
Napius.--Mon Dieu !
PIgRRE (pousse un cri en fermant la bouche). —Ah !
STRoGoFF (marchant sur l'épée, et s’arrétant au moment où la pointe lui entre dans la poitrine). — Ah! vous m'avez blessé !
Pierre (s'élançant vers lui).—Michel, mon pauvre enfant !… |
Napius.—Frère !
PreRRE (à l’officier).—Vous êtes un assassin !
Le CHEr.—Alors c’est ce vieillard ou cet enfant qui a tué ce soldat !
PIERRE.— C'est moi.
STROGOFF.—Non, mon père ! je ne veux as.
Pierre (à part à Strogoff).—Pour sauver notre Sibérie, il faut que tu sois libre! Je te défends de parler !
Le CHEr.—<$aisissez ce vieillard !.. Attachez-le au pied de cet arbre, et qu’on le fusille !
ee —
NTROGOFF.—Fusillé !…, toi !… Napius.—Grâce !. pour lui!
PIERRE.—Dieu a compté mes jours !… Ils lui appartiennent. (Des soldats attachent Pierre à l'arbre ; d'autres entraînent Strogoff et Nadius.)
STROGOFF.—Mon père ! mon père!