MAHQUEBTTE DE VALOIS (PORTRAIT
Marguerite, sœur de François I", a joué un rôle dans la Renaissance et dans la Réforme française. Elle protégoa plusieurs écrivains et s'intéressa à la fois aux lettres et aux questions religieuses.
Mauvais poète, charmant prosateur, c'était un esprit délicat, rapide et subtil, ailé, qui volait à tout, se posait sur tout, n'enfonçant jamais, ne tenant à la terre que du bout du pied. Il faut pourtant excepter le galimatias mystique du temps, où, sur les pas de Brîconnet1, son pesant guide spirituel, il lui arrivasouvent d'alourdir ses ailes légères.
Elle n'eut au cœur que deux passions, qui lui créèrent
contre toutes les autres un alibi continuel. L'une, c'était l'amour des sciences, la curiosité infinie qui lui fit chercher les études qui attirent le moins les femmes, les langues et l'érudition même, la menant du latin au grec, du grec à l'hébreu. Briçonnet le lui reproche : * S'il y avait au bout du monde un docteurqui, par un seul Terbe ■ abrégé, pût apprendre toute la grammaire, un autre la rhétorique, la philosophie et les sept arts libéraux, vous y courriez comme au feu. »
L'autre passion, ce fut le culte, la foi, l'espérance, la parfaite dévotion, qu'elle eut, de la naissance à la mort, pour son frère François I*r.
Il y a très peu de portraits de Marguerite. Celui de Versailles est, je crois d'imagination, calqué sur quelque portrait de François I". La véritable effigie (voir Trésor de numismatique) est le revers d'une médaille qui porte de l'autre côté sa mère, Louise de Savoie. C'est une image légère, un brouillard, mais révélateur, qui ouvre tout un caractère, qui répond si bien et si juste à tous les documents écrits, qu'on s'écrie : « C'est la vérité. »
La médaille, non datée, doit avoir été faite du vivant de la mère, peu avant sa mort, lorsqu'elle était toutepuissante, et probablement quand elle lit l'acte important de sa vie, le Traité des Dames, ou de Cambrai, en 1529'. Elle avait alors cinquante-trois ans, sa fille trente-sept. La mère, forte et grande figure, n'a pas besoin d'être nommée ; elle l'est par un trait saillant, le grand gros nez sensuel et charnu de François 1".
Sa fille est un parfait contraste. Il semble que la savoyarde dont elle fut te premier enfant s'essaya à la maternité par cette faible et fine créature, le pur élixir des