MAP AME DE MAINTENON
A partirde la mort de la reine, Louis XIV vécut avec madame de Mainlenon qu'il avait épousée secrètement. Elle était île famille noble, mais pauvre, et avait épousé très jeune le poète Scarron. Devenue veuve, elle fut prise par madame de Montespan pour servir de gouvernante aux enfanta qu'elle avait eus du roi. C'est ainsi que Louis XIV la connut.
Le roi tua la reine comme il avait tué Colbert, sans
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s'en apercevoir. Il l'emmena, par une grande chaleur, dans un long et fatigant voyage. Elle était replète, toute ronde, fort molle. Au retour, elle mourut (30 juillet 1683). Madame de Maintenon, gouvernante des enfants du roi, la quittait expirée et sortait de la chambre, lorsque M. delà Rochefoucauld la prit par le bras, lui dit: « Le roi a besoin de vous. » A l'instant tous les deux partirent pour Saint-Cloud1. Bientôt il l'épousa secrètement.
Dans le grand portrait de Versailles, les quarantesept ans qu'elle avait en 1683 sont finement datés, surtout par l'âge de mademoiselle de Valois', de six ans, qui se jette entre ses genoux. Enveloppée habilement, ne montrant que ce qu'elle veut, elle est mise à merveille, dans une prude coquetterie, un riche noir, inondé de dentelles. Tout est douteux. Elle regarde, ne regarde pas. Elle tient une rose, pas trop rose, un peu effeuillée, dont les tons semi-violets s'harmonisent fort bien au noir.
Elle a la tête assez petite, mais ronde et décidée. Rien de classique. Jeune, on l'appelait la belle Indienne; mais elle dut être plutôt jolie, une miniature créole à petits traits.
Le point noté par Saint-Simon3 est ici manifeste. Elle avait de la suite par effort et par volonté; mais de nature elle était variable, sujette à de brusques revirements. Ce visage-là n'est pas sûr. Il ne révèle en rien la honte, l'intimité douce, l'égalité d'humeur. Il indique plutôt un esprit inquiet, mobile, qui dira oui et non. Il y a de l'ardeur dans le regard, mais il est dur, d'une flamme sèche qu'on voit peu chez la femme, parfois chez le
jeune garçon. Au total, tout est double. C'est le portrait de l'Equivoque.
Madame de Mai ri tenon était-elle la femme douce et bonne qui illumine le foyerd'un rayon de tendre amitié ï On l'a supposé. Mais ses lettres fout sentir qu'elle n'avait rien de cela. Elle était sèchement, tristement judicieuse, et, sous formes discrètes, sournoisement violente. Elle avait de l'esprit, mais un petit esprit impérieux, à régler le menu, à diriger dans le détail, un sobre esprit négatif, toute réserve, blâmant sans blâmer, qui séchait et stérilisait. Quant à prendre hardiment le grand gouvernement, à faire marcher le roi dans une voie de raison, il lui aurait fallu pour cela un ferme caractère et du courage, se risquer pour la France et pour l'humanité. Dans sa longue vie subalterne, elle avait pris des habitudes de déférence, de prudence servile (habilement sauvées par l'attitude). Peu agréable dans l'origine à Louis XIV, elle réussit auprès de lui précisément parce que ses très réels mérites faisaient un contraste parfait avec les défauts de madame de Montespan.
Elle plut dans la suite par ses pieux discours; elle plut par les soins attentifs, soutenus, qu'elle avait des enfants du roi que la mère négligeait.
Elle était parée des gentillesses de l'aîné, le maladif duc du Maine, qui, sans elle, n'aurait pas vécu. Malgré son sérieux, sa tenue un peu sèche, elle était aimée des enfants, même de mademoiselle de Nantes, mauvaise et malicieuse. Tous deux, d'espèce féline, jolis, dangereux petits chats, la caressaient, se jouaient autour d'elle avec une grâce infinie, faisaient groupe et tableau. Le roi admira et aima.
SUNT-CTK ET ESTHEB
Madame de Maintenon avait fond* près do Versailles, Saint-Cyr, une maison d'éducation pour les jeunes filles de noblesse
En 1681, quand la mort de Fontanges1 avertit fortement le roi et le refit dévot, quand la persécution reprit, avec les enlèvements d'enfants, madame de Maintenon dans sa famille même enleva, adopta une petite fille, sa nièce). Elle rentra dans l'éducation, son élément naturel, entreprit celle d'une nouvelle catholique. Kien de plus agréable au roi. L'enfant fut bien choisi pour plaire. Il n'y eut jamais rien de si joli, de si gai, de si amusant que la petite de Villette (plus tard, madame de Caylus1). C'était le plus parlant visage, dit Saint-Simon; l'ennui était impossible où elle était; on souriait dès qu'elle apparaissait. Madame de Maintenon, sa tante, prit le temps où le père, officier de marine, était en mer; elle demanda l'enfant à madame de Villette « seulement pour la voir », et elle refusa de la rendre. Le père cria, puis réfléchit, calcula, se convertit lui-même.
La petite, qui avait huit ans, légère comme un oiseau, prit son parti fort vile. Elle fut ravie de la messe du roi. On lui promit deux choses, qu'elle verrait tous les jours ce beau spectacle, et qu'elle n'aurait plus jamais le fouet. Cette rude éducation durait dans les familles de vieille roche.
Le roi aimait beaucoup la jeunesse. Il se prévenait