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I. Roi d'Angleterre |i<S60-188o

Pour la première fois, le gouvernement a des entrailles humaines, et il sent la faim de la France. Il se demande : c A-t-ondequoi manger? » II rend aux affamés le poisson et la viande. Suppression des droits sur la pèche, libre entrée des bestiaux étrangers, du beurre, etc. Excellente mesure; mais achèteront-ils de la viande, ceux qui n'ont pas même de pain ?

La grande réforme économique commence par le roi même. Plus de cour régulière; plus de Versailles; le roi loge à Vinccnnes et le régent au Palais-Royal. On supprime Marly' et son jeu effréné.

Versailles était un monstre de faste et de dépenses, un gouffre de cuisine, de valetaille, de canaille dorée. Le roi y reviendra; mats ce ne sera jamais le même Versailles, avec ses logements innombrables, ses tables de Gargantua à tout venant, l'éternelle mangerie d'un peuple de gloutons si terriblement endentés.

D'autres abus viendront, sournois, sous Fleury l'économe', sous le froid Louis XV 0» ne reverra plus la solennité si coûteuse de l'ancienne grande monarchie.

On réduit, supprime en partie la gigantesque armée fiscale de Louis XIV. Cent mille hommes pour lever l'impôt ! Tant de mains ! qui retenaient tant, qu'il n'en arrivait que le tiers !

La plupart des historiens se sont moqués de tout cela, parce que de ces nobles projets beaucoup restèrent sur le papier. A tort. Plusieurs s'exécutèrent et portèrent un .fruit très réel. La comptabilité fut fondée pour toujours, la machine régularisée, La plupart des employés supprimés ne furent pas rétablis, et l'on fut définitivement allégé de ces lourdes charges.

I. Hilton do campagne de I a. u jardinai Fleutr, premier Unis XIV. | minium do Louis XV.

C'éiaîenl les fruits de la raison de tous, du gouvernement collectif. Le régent, magnanimement, avait substitué des conseils aux ministres, fait appel à la discussion à l'examen, à la lumière. Pour la première fois, elle entra dans l'antre de Cacus',je veux diredans les ténèbres du vieil arbitraire ministériel.

Pour qu'ils fussent parfaitement libres, le régent y mit tous ses ennemis, ses calomniateurs, tel qui voulait qu'on lui coupât la télé, qui parlait de le poignarder. L'un avait dit : « Je serai son Brutus. » Mais celui-là était capable, inventif et de grand esprit. Le régent lui donna la première place, le fit chef du conseil des finances.

Cet homme était l'homme de France, non pas le meilleur, à coup sûr, mais, ce qui est tout autre chose, le plus bon. La bonté, la bienveillance universelle, était le fond de sa nature, brillait, charmait en tout. Rien de haut, rien de dur. Pas même d'humeur dans les plus grands tiraillements. Une patience merveilleuse, excessive à écouter, supporterles impertinences de l'un ou les aigres serments de l'autre. Ceux même qui souffraient le plus des honteuses misères où il noya sa vie, le sentirent, à sa mort, irréparable, unique, pour la douceur du cœur et pour la lumière de l'esprit.

Les portraits du régent (tout un volume in-folio, à la Bibliothèque *) en font une admirable histoire, depuis le premier (à douze ans), portrait doux, tendre, gai, de l'enfant le mieux doué qui fût jamais, jusqu'à la grosse face bouffie, apoplectique qui, de si près, touche à la mort. Une chose est saillante pourtant dans le premier

Il de Vulcaia, [ t. La Bibliothèque nationale.

et le dernier : l'élément allemand qu'il tenait de sa mère, Madame, se marque dans l'enfant et reparaît à la fin.

Le Français se dégage dans les portraits intermédiaires svelle, élégant, vif à tout prendre au vol, avec un mélange italien, l'aptitude à tout art. Mais, avec cela, on sent bien que la fermeté manque, qu'il coulera, glissera; il est visiblement facile et tout à tout.

Ses dons, brillants un moment, se fixèrent dans l'action, à Neerwinden*, à Turin, en Espagne, où il fit la guerre à merveille.

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