‹ MicheletChapitre 170 sur 181 · Rabaut S · texte numérisé non relu

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l'Assemblée pour une séance du soir. Cambon et Barère » promirent, bien décidés à n'en rien faire. Marat. avec cette parole.revientvileâ la Commune*, calme lesscrupulesque quelques-uns laissaient voir sur l'inviolabilité des représentai! ts3, fait clore l'adresse. On prépare le siégedelaConvention, on décide que les troupes qui camperont ce soir auront des vivres avec elles. Plusieurs ajoutèrent qu'il fallait de nouveau sonner le tocsin, tirer le canon d'alarme, et ils le firent en effet, sans l'autorisation de la Commune.

L'évèché4 poussant ainsi et stimulant les jacobins, il fut décidé d'un commun accord que dans la nuit (du l"au2), les officiers municipaux, à la lumière des flambeaux, escortés de la force armée, iraient par toute la ville proclamer les décrets du 31 mai, et « inviteraient les citoyens à reconquérir leurs droits, à les garder par les armes ».

Celte proclamation bruyante, au bruit des tambours, ne fut nullement agréable aux habitants de Paris. Plusieurs qui se levèrent au bruit et qui virent que les envoyés ne portaient pas leurs insignes, demandaient '• € Qui sont ces gens-là? » et s'obstinaient à douter qu'ils fussent véritablement envoyés de la Commune.

Ces dispositions modérées du peuple, très bien connues des Girondins, étaient précisément ce qui mettait le comble à leur incertitude. Ils dînèrent ensemble le t" juin, et Louvet" les pressa vivement de fuir dans leurs

surtout de Jaeobina, était devenu le mune avec une municipalité indé- U exerçait un pouvoir snn« contrôle. mit.

départements1, et de revenir en armes délivrer la Convention. 11 fut tout seul de son avis. Ce retour aurait-il lieu sans effusion de sang? N'était-ce pas la guerre civile ? Plusieurs d'entre eux, qui plus tard ne repoussèrent plus ce moyen cruel, en avaient horreur encore. Plusieurs disaient (et dirent toujours) le mot qu'ils ont gravé sur les murs de leur prison : La mort et non le crime! (Potius mori quant /œdort »/)lls aimaient mieux rester, et boire, quelle qu'elle fût, toute la coupe du destin. Fuir? lorsqu'on sentait qu'on avait le peuple pour soi, lorsque la plus grande partie des quatre-vingt mille hommes de la garde nationale ne venait en réalité que défendre la Convention... était-ce raisonnable ? était-ce possible? Mais n'eussent-ils personne avec eux, ils croyaient le droit avec eux... Ils dirent, laissant la Force aux autres : « Restons, nous sommes la Loi. »

S'ils restaient, ils devaient rester par-devant la foule, se montrer, aller s'asseoir sur leurs bancs, pour vivre ou mourir. De là ils seraient forts encore. Leur courage contiendrait celui de la droite. En présence de leur danger, sous leurs fermes et tristes regards, le centre aurait-il le courage de les abandonner et de les livrer? Beaucoup de chances étaient pour eux.

Telle était, toute la nuit, leur résolution, et c'était la bonne. Leurs amis de la droite vinrent les trouver le matin, les firent changer, les perdirent.

La nuit avait été terrible. Les lumières, le bruit des tambours, les proclamations de la Commune, le rappel, au jour tout avait dû affaiblir, énerver desesprits inquiets.

4M J. NICHCLET.

Ils se réunirent rue des Moulins', dans un vaste hôtel désert où logeait Meillan, le jeune député de la droite, esprit doux, mobile, qui aurait accepté la dictature de Danton *, et plus tard fut royaliste. Il fit les plus grands efforts pour retenir les Girondins. Parlait-il en son nom seul? Il exprimait sans nul doute le sentiment de la droite, qui craignait extrêmement une scène sanglante sur ses propres bancs. La droite croyait d'ailleurs sincèrement que la présence irritante des Girondins leur nuirait plutôt à eux-mêmes; elle pensait résister pour eux aussi bien et mieux qu'ils n'eussent su Taire.

Gomment ces hommes intrépides se décidèrent-ils à suivre ce déplorable conseil? Nul historien ne l'a dit. Mais il n'est pas besoin qu'on le dise. Le vrai coup qui les vainquit, les anéantit, ce fut l'affreuse nouvelle arrivée le 2 au matin, le massacre de huit cents hommes à Lyon4... Par qui? Par les mains girondines, par les mains de ceux qui du moins se déguisaient sous ce nom. La Gironde fut écrasée... Hélas! elle était jusqu'ici le parti de l'humanité, et voilà qu'à son dernier jour, comparaissant devant le peuple, elle arrivait souillée de sang!...

L'un d'eux, Buzot S qui de cœur était à madame Roland',qui la savait arrêtée, s'élança des bras de ses amis. Luttant avec eux, il disait : « Je veux mourir à la tribune. > Ils le retinrent. Barbaroux 8 fut plus heureux ; il

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