‹ MicheletChapitre 49 sur 181 · LE LIVRE DES JEUNES MERES · texte numérisé non relu

LE LIVRE DES JEUNES MERES

Michelct recommande à l'homme de faire lui-même l'instruction de sa femme, il indique tes lecture» qui conviennent le mieux à

Quel bonheur de pouvoir lui expliquer Virgile ! C'est tout exprès pour elle qu'il chanta, ce grand Italien. Elle pleurera sur Didon', Eurydice-, sur la Lycoris de Gai lus3. Mais il est dans Virgile un bien autre mystère, sa douleur contenue, ses larmes étouffées sur le destin de l'Italie. On le sent en dessous. Elle n'y sera pas insensible. Elle y prendra un sens élevé, tout nouveau, que les femmes ont bien peu: la pitié pour les nations.

Le moyen âge avait reconnu dans Virgile le magicien qui ouvre les deux inondes*. Est-ce à dire qu'il est te plus fort ? point du tout. Mais il est au milieu des choses. Il a le rameau d'or, et comme la sibylle il vous conduit partout*. 11 tient de l'Évangile el du Ràm&yana 6. De lui

1. Reine de Cannage dent YÉaéidt *. Lee gens du moyeo âge croyaient

on peut monter dans le lumineux Orient. De lui on peut descendre au clair-obscur des temps chrétiens. D'où viennent-ils, ces temps? sinon de la même origine, du soir du monde antique, du soupir résigné des nations, finissant dans l'Empire, qui saluaient la fin et le repos.

Mais ces mélancolies sont un peu maladives, énervantes souvent, comme les sons de l'harmonica. Elle veut être mère avant tout; elle veut s'affermir, donner force k son fils. Elle dit : « Assez de ces belles tristesses. Ces grands effets du soir, ces dernières heures du monde, m'affaibliraient aussi. Mon cœur, associé à l'essor d'un enfant, de la vie qui commence, voudrait plutôt des chants d'héroïsme et d'aurore. »

Un grand livre viendra de lecture populaire, qui nous ouvre à tous l'Orient ; qui rende à la femme, à l'enfant, au peuple (et qui n'est peuple?) les belles régions de la lumière. Comment nous retient-on toujours dans ce triste Occident, aux brouillards de l'Europe? Tout au plus on nous mène dans l'Arabie Pétrée1, au désert Sinalque*, au paysage lugubre de Judée. J'ai pitié de l'espèce humaine.

Donnez-lui bien plutôt le poème de la fidélité, la jeune, l'admirable Odyssée, Ulysse et Pénélope3. Lisezlui le Rdmâyana. le délicieux poème, la Pénélope indienne, sa fidélité héroïque et l'amour de IUma\ sa guerre, et sa victoire où ce dieu de bonté associe toute la nature. Qu'elle ait en main surtout la Bible de la Perse *. Ici, tout est dans le grand jour de la vraie sainteté . C'est le pays des purs. Le purificateur, le tout-puis-

ï. La presqn'He du Mont Sinnï *. Le héros du Ramajana.

enire l'Egypte el l'Arabie. 5. Co qui nous reale du livre roli-

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