LE TEMPLE DE DELPHES
Le tample de Delphes, dans les montagnes du Parnasse, au contre de la Grèce, était un sanctuaire vénéré par la plus grande partie de la Grèce. Douze peuples grecs envoyaient des délégués chargés de protéger le temple et de diriger les cérémonies.
Le plus beau jour du Grec, à l'âge où la mémoire s'empreint si fortement des grandes choses, c'était celui où il pouvait se joindre aux théories* sacrëesqu'on envoyait à Delphes, se mêler à la foule. Celte foule même était le plus grand spectacle du monde. Douze peuples à la fois, de toutes les parties de la Grèce, des villes, même ennemies,marchaientpacifiés,couronnés du laurier d'Apollon3, et chantant des hymnes, montaient vers la montagne sainte du dieu de l'harmonie, de la lumière et de la paix.
G H.cédoioe Ptil-
Delphes, on le sait, est le centre du monde, le point milieu1. Jupiter, pour s'en assurer, des pôles un jour lança deux aigles qui, justement, se rencontrèrent aux cimes du Parnasse. Tout ce pays d'âpres rochers, de précipices, de grottes obscures habitées des génies inconnus de la terre, est, — entre les contrées humaines de Thessalies,deBéolie3, — un monde à part, un sanctuaire sauvage que se sont réservé les dieux. A l'entrée, dans le défilé desThermopyles', est le temple redouté de l'antique Gérés et de sa sombre fille 6, qui gardent la porte de la Grèce. Sur les vallées étroites, souvent noires et profondes, des rochers qui s'avancent de la grande chaîne en promontoires montrent dans la lumière leurs nids d'aigles, qui sont des villes, des temples étincelants couronnés de statues.
Ces combats du jour et de l'aube rappellent au passant qu'il est dans les lieux mémorables où le beau dieu du jour, à l'arc d'argent u, vainquit le dragon des ténèbres, Python, dont l'infernale haleine répandait la nuit et la mort. Apollon siège encore au lieu de sa victoire sur les rochers qui en furent les témoins, lieu fatidique, austère, dont l'aspect seul élève, illumine, purifie l'esprit.
Un lieu moins grand que grandiose. Tout est modéré dans la Grèce, à la mesure humaine. Le Parnasse, imposant sans être gigantesque, domine de son double sommet la belle plaine qui s'en va à la mer. D'en haut, il verse Castalie, pure et froide fontaine, d'eau virginale et transparente, digne de servir un tel temple, chasle comme les Muses et leur dieu. Phœbus' est un dieu solî-
i. Ut Grecs croyaient que DelpheB I 5. Prose rpine, déesse des enfers, «lui! un milieu de ta terre. 6. C'est le surnom d'Apollon, le