Ils ont élé rédiges en Franco à i Ongra), qui o
parPe^
ay
qu'il» mangeaient conta rédigû pu
méprisée, maltraitée de ses aînées, sont ses favorites. Elle étend sa compassion sur la dame même du château, la plaint d'être dans les mains de ce féroce baron (Barbe- Bleue). Elle s'attendrit sur les bêtes, les console d'être encore sous des figures d'animaux. Cela passera, qu'elles patientent. Leurs âmes captives un jour reprendront des ailes, seront libres, aimables, aimées. — C'est l'autre face de Peau (TAne et autres contes semblables. Là surtout on est bien sûr qu'il y a un cœur de femme. Le rude travailleur des champs est assez dur pour ses bêtes. Hais la femme n'y voit point de bêtes. Elle en juge comme l'enfant. Tout est humain, tout est esprit. Le monde entier est ennobli. Oh! l'aimable enchantement! Si humble, et se croyant laide, elle a donné sa beauté, son charme â toute la nature.
Est-ce qu'elle est donc si laide, cette petite femme de serf, dont l'imagination rêveuse se nourrit de tout cela?Jo l'ai dit, elle fait le ménage, elle file en gardant ses bêtes, elle va à la forêt et ramasse un peu de bois. Elle n'a pas encore les rudes travaux, elle n'est point la laide paysanne que fera plus tard la grande culture du blé. Elle n'est pas non plus la grasse bourgeoise, lourde et oisive, des villes. Celle-ci n'a nulle sécurité, élis est timide, elle est douce, elle se sent sous la main de Dieu. Elle voit sur la montagne le noir et menaçant château d'où mille maux peuvent descendre. Elle craint, honore son mari. Serf ailleurs, près d'elle il est roi. Elle lui réserve le meilleur, vit de rien. Elle est svelle et mince, comme les saintes des églises. La très pauvre nourriture de ces temps doit faire des créatures fines, mais chez qui la vie est faible. —Immenses mortalités d'enfants. — Ces pâles roses n'ont que des nerfs. De là éclatera plus tard la danse épileptique du quatorzième siècle. Maintenant, vers le
douzième, deux faiblesses sont attachées à cet état de demi-jeune : la nuit, le somnambulisme, et, le jour, l'illusion, la rêverie et le don des larmes.
Cette femme, tout innocente, elle a pourtant, nous l'avons dit, un secret qu'elle enferme dans son cœur : le souvenir, la compassion des pauvres anciens dieux, tombés à l'état d'Esprits. Pour être Esprits, ne croyez pas qu'ils soient exempts de souffrances. Logés aux pierres, au cœur des chênes, ils sont bien malheureux l'hiver. Ils aiment fort la chaleur. Ils rôdent autour des maisons. Ou en a vu dans les étables se réchauffer près des bestiaux. N'ayant plus d'encens, de victimes, ils prennent parfois du lait. La ménagère, économe, ne prive pas son mari, mais elle diminue sa part, et, le soir, laisse un peu de crème.
Ces esprits qui ne paraissent plus que de nuit, exilés du jour, le regrettent et sont avides de lumière. La nuit, elle se hasarde, et. timidement, va porter un humble petit fanal au grand chêne où ils habitent, à la mystérieuse fontaine dont le miroir, doublant la flamme, égayera les tristes proscrits.
Les esprits ne sont pas ingrats. Un matin, elle s'éveille, et, sans mettre la main à rien, elle trouve le ménage fait. Elle est interdite et se signe, ne dit rien. Quand l'bomme part, elle s'interroge, mais en vain. Il faut que ce soit un esprit. «Quel est-il? et comment est-il?... Oh! que je voudrais le voir !... Mais j'ai peur... fle dit-on pas qu'on meurt à voir un esprit? » — Cependant le berceau remue, et il ondule tout seul... Elle est saisie, et entend une petite voix très douce, si basse, qu'elle la croirait en elle : « Ma chère et très chère maltresse, si j'aime à bercer votre enfant, c'est que je suis moi-même enfant. » Son cœur bat, et cependant elle se rassure un peu.
L'innocence du berceau innocente aussi cet esprit, fait croire qu'il doit être bon, doux, au moins toléré de Dieu.
Dès ce jour, elle n'est plus seule. Elle sent très bien sa présence, et il n'est pas bien loin d'elle. Il vient de raser sa robe; elle l'entend au frôlement. A tout instant, il rôde autour et visiblement ne peut la quitter. V.-i-t-el le à l'elable, il y est. Et elle croit que, l'autre jour, il était dans le pot à beurre.
Quel dommage qu'elle ne puisse le saisir et le regarder! Une fois, à l 'improviste, ayant touché les tisons, elle t'a cru voir qui se roulait, l'espiègle, dans les étincelles. Une autre fois, elle a failli le prendre dans une rose. Tout petit qu'il est, il travaille, balaye, approprie, il lui épargne mille soins.
Il glisse au cœur du mari même, lui fait sa cour, gagne ses bonnes grâces. Il lui soigne ses outils, lui travaille le jardin, et le soir, pour récompense, derrière l'enfant et le chat, se tapit dans (acheminée. On entend sa petite voix tout comme celle du grillon, mais on ne le voit pas beaucoup, à moins qu'une faible lueur n'éclaire une certaine fente où il aime à se tenir. Alors on voit, on croit voir, un minois subtil. On lui dit : « Oh 1 petit, nous t'avons vul •
ï £8 SORCIÈRES DU PATS BASQUE
Michelet raconte les assemblée» des sorcières du pays basque, d'après les descriptions qu'en a donné de Lancre, conseiller au parlement de Toulouse, chargé, à la fin du règne de Henri IV, de rechercher les femmes coupables de sorcellerie. U est à peu près certain que ces assemblées n'ont jamais existé.
Jamais les Basques ne furent mieux caractérisés que
210 I. HICHELET.
dans le livre de H. de Lancre, l'inconstance. Chez nous comme en Espagne, leurs privilèges les mettaient quasi en république'. Les nôtres ne devaient au roi que de le servir en armes; au premier coup de tambour, ils devaient armer deux mille hommes, sous leurs capitaines basques.
Les Basques de Bayonne et de Saint-Jean de Luz', têtes hasardeuses et excentriques d'une fabuleuse audace, qui .. s'en allaient en barque aux mers les plus sauvages harponner la baleine, faisaient nombre de veuves. Ils se jetèrent en masse dans les colonies d'Henri IV, l'empire du Canada ', laissant leurs femmes à Dieu ou au Diable. Les femmes, très jolies, très hardies, Imaginatives, passaient le jour, assises aux cimetières sur les tombes, à jaser du sabbat, en attendant qu'elles y allassent le soir. C'était leur rage et leur furie.
Nature les fait sorcières : ce sont les filles de la mer et de l'illusion. Elles nagent comme des poissons, jouent dans les flots. Leur maître naturel est le Prince de l'air, roi des vents et des rêves.
Leur juge qui les brûle* est pourtant charmé d'elles : t Quand on les voit, dit-il, passer les cheveux au vent et sur les épaules, elles vont, dans celte belle chevelure, si parées et si bien armées, que, le soleil y passant comme à travers une nuée, l'éclat en est violent et forme d'ardents éclairs... De là, la fascination de leurs yeux, dangereux en amour, autant qu'en sortilège. > Ce Bordelais, aimable magistrat, le premier type de
(. Le peupla basque, un des plus 3. Le Canada, dans l'Amérique du
■ qciens de l'Europe, habite des deux Nord, fui occupé au nom du roi de
cités dos Pyrénées, le plus grand Prince parChahiplain.quifoudaQué-
nombro en Espagne dans les Ireii bec en iiiOU.
provinces boiqaei. t. De Lanere.qui a condamné heau-
ces juges mondains qui ont égayé la robe au xvii' siècle, joue du luth dans les entr'actes, et fait même danser les sorcières avant de les faire brûler. Il écrit bien, il est beaucoup plus clair que tous les autres. Et cependant on démêle chez lui une cause nouvelle d'obscurité, inhérente à l'époque. C'est que, dans un si grand nombre de sorcières, que le juge ne peut brûler toutes, la plupart sentent finement qu'il sera indulgent pour celles qui entreront le mieux dans sa pensée et dans sa passion. Quelle passion ? Une passion populaire, l'amour du merveilleux horrible, le plaisir d'avoir peur. Ajoutez une affaire de vanité : plus ces femmes habites montrent le Diable terrible et furieux, plus le juge est flatté de dompter un tel adversaire. Il se drape dans sa victoire, trône dans sa sottise, triomphe de ce fou bavardage.
La plus belle pièce, en ce genre, est le procès-verbal espagnol de l'autodafé' de Logroflo' (9 novembre 1610), qu'on lit dans Lorente3. Lancre, qui le cite avec jalousie et voudrait le déprécier, avoue le charme infini de la fêle, la splendeur du spectacle, l'effet profond de la musique. Sur un échafaud étaient les brûlées, en petit nombre, et sur un autre, la foule des relâchées.
La sorcellerie, chez nos Basques, avait l'aspect moins fantastique. Il semble que le sabbat n'y fût alors qu'une grande fête où tous, les nobles même, allaient pour l'amusement*. Au premier rang y figuraient des personnes voilées, masquées, que quelques-uns croyaient des princes, a On n'y voyait autrefois, dît Lancre, que des idiots
11 Eipugne, parue on I:
. ti-i'H probable qu'il n
tl
1. Acte de foi. On epagne [es ceremo m?» étaient brûlé î. Petite rHloua
appelait ainsi eu
publiquementni de l'Espagne
r l'Ébr*