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i novembre. — Jour des morts. — Porté des (leurs sur lu lombe de mon ami. 11 y avait dans ce bouquet, où dominaient les couleurs funèbres, une élégie tout entière.
En rentrant, je jette sur le papier le litre d'un beau livre: Dialogues des morts. Ce lieu m'est devenu si familier qu'il me semble èlre déjà des leurs. Les étrangers pourraient me prendre pour leur guide. Je sais la demeure de tous les morts illustres. Depuis que je viens ici, pour ainsi dire journellement, à combien d'inhumations n'aî-je pas assisté ? Combien de sépultures me sont devenues chères! Je puis dire que j'ai fait amitié avec la mort. En retour, elle m'a livré les mystères delà tombe. 11 a suffi de l'interroger d'un cœur compatissant. Je pourrais donc, réellement, faire ce livre, non comme témoin et narrateur, mais, nouveau Lazare1, en ressuscité du tombeau. Je suis tant de fois mort par la douleur !
Donc, comme mon pauvre Poinsot, on m'aurait enterré en février, et je serais dans la période intermédiaire où l'âme, ayant de la peine à quitter ce monde, erre autour de sa sépulture. Point de pierre sur ma tombe, rien que la terre, ce qui faciliterait les communications avec les morts de mon voisinage.
La première fois que je serais tiré de mon sommeil, mon premier soin serait de chercher à reconnaître mon nouveau gîte, non sans effroi. Obligé d'y rester pendant le jour, chaque soir à l'heure où le cimetière est redevenu désert, où les vivants s'endorment, moi, je m'échapperais de mon funèbre domicile, pour revenir sur la