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Le triomphe était «ne cérémonie

l'Egypte, pour le Pont et pour l'Afrique1; on ne parla pas de Pharsale. Derrière le char marchaient en même temps les déplorables représentants de l'Orient et de l'Occident : le Vercingétorix* gaulois, la sœur de Cléopâtre 3, Arsinoé, et le fils du roi Juba*. Autour, selon l'usage, les soldats, hardis compagnons du triomphateur, lui chantaient de tout leur cœur des vers outrageants pour lui.

: galant chauve.

Sauf un couplet sanglant sur l'amitié de Nieomède, César ne haïssait pas ces grossières dérisions de la victoire. Elles rompaient l'ennuyeuse uniformité de l'adulation, et le délassaient de sa divinité.

D'abord, il distribua aux citoyens du blé et trois cents sesterces * par tète; vingt mille sesterces à chaque soldat. Ensuite il les traita tous, soldats et peuples, sur vingttrois mille tables de trois lits* chacune : on sait que chaque lit recevait plusieurs convives.

Et quand la multitude fut rassasiée de vin et de viande, on la soûla de spectacles et de combats. Combats de gladiateurs et de captifs, combats à pied et à cheval, combats d'éléphants, combat naval dans le Champ-de-Mars ' transformé en lac. Celte fête de la guerre fut sanglante

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Î58 J. MICHKLET.

comme une guerre. On dédommagea Rome de n'avoir pas vu les massacres de Thapsus1 et de Pharsale. Une joie frénétique saisit le peuple. Les chevaliers* descendirent dans l'arène et combattirent en gladiateurs3; le fils d'un préteur se fit mirmillon*. Un sénateur voulait combattre, si César le lui eut permis. Il fallait laisser quelque chose à faire aux temps de Domitîen et de Commode''.

Par-dessus les massacres de l'amphithéâtre * flottait pour la première fois l'immense velarium'1 aux mille couleurs, vaste et ondoyant comme le peuple qu'il défendait du soleil . Ce velarium était de soie , de ce précieux tissu dont une livre se donnait pour une livre pesant d'or.

Le soir, César traversa Rome entre quarante éléphants qui portaient des lustres étincelants de cristal de roche. Il assista aux fêtes, aux farces du théâtre. Il força le vieux Laberius, chevalier romain, de se faire mime8 et de jouer lui-même ses pièces : « Hélas! s'écriait dans le prologue le pauvre vieillard obligé d'amuser le peuple, où la nécessité m'a-t-elle poussé, presque à mon dernier jour? Après soixante ans d'une vie honorable, sorti chevalier de ma maison, j'y rentrerai mime. Oh ! j'ai vécu trop d'un jour!... » César n'avait voulu que l'avilir; il lui refusa le prix; Laberius ne fut pas même le premier des mimes.

Pompée en Afrique.

3. On appel*!! chevaliers les toyens qui possédaient une fort supérieore à UH) 000 sesterces.

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