Définitions de l’échantillon normal
Il s’agit ici des témoins normaux accompagnant la plupart du temps des travaux sur des modifications pathologiques, leur nombre est peu élevé et leur âge en général pas précisé. L'exploitation des résultats fournis par l’électrophorèse en milieu liquide a été spécialement définie par ENSELME et TIGAUD (21) (79).
Les valeurs relatives déterminées ou rapportées par différents auteurs (1, 4, 15, 20, 22, 26, 49, 51, 58, 63, 64, 70, 72) s’étalent entre 48,6 % et 70,8 %; ces différences sont en partie expliquées par des variations des conditions expérimentales qui malheureusement ne sont pas toujours précisées par tous les auteurs. Un résultat pathologique ne peut donc être interprété qu’en fonction des chiffres normaux déterminés dans les mêmes conditions.
Il est évident que les mêmes remarques sont valables pour les électrophorèses sur papier. Nous avons publié dans le tableau ci-dessous les chiffres globaux publiés par quelques auteurs. Les techniques employées sont indiquées ainsi que le nombre de sérums lorsqu'il était indiqué par l’auteur.
OP PONT ON Li an
4 Nombre
à | Auteurs de cas | Méthode |Albumine| © CL B Y
MUISELIUS (80) .... Folin 52,9 6,3 12,2 10,1 18,5
à Elution
Ù du color. 65,9 9: 8 9 HR
“GRASSMANN et HAN-
MANIG (30) . 25 G. et H. 61,3 4,1 8,1 11 15,5
RENAPP (4) ........ G. et H. 60,5 4 9,5 11,6 15,0
M Ecart 2,4 1,8 1,8 2,1 2,3
RIVA et MARTINI (71)| 12 ÉVeRR 65,2 4,1 6,7 9,8 14,1 LOT INTER En EE 4,3 1,14 1,28 1,6 2,9
De TRAVERSE (40) . ÉeUUTIT, 59,5 4 ja 11 177
DELMON (14) ......…. Folin
Valeurs extrêmes . Ciocalteu 49 - 62 4-7 5-9 11 -4 15 - 21
PERGER 6) ........ 20 G. et H. 61,8 1,2 6,5 14,3 16,2
10 G. et H. 54,2 4 7,5 1195 21.8 SOS ein, 26 B. de B. 66,5 10,1 y) 14,5 r Ecart D Vin ete 5,5 2,6 2,14 3,1 ROULET A. (74) ....| 50 Cru 57,4 4,1 7,6 12,3 18.3 KOIW, WALLENIUS
et GRONWALD (46).| 10 B. de B. 72,9 1,4 3,5 8,6 13,6 CASPANI et BERNA- ;
SÉONT (88) ER 0 il G. et H. 62, 3,9 7,5 10,7 14,9 SOMMERFELT (103)..| 13 G. et H. r 44 8,1 10 22.2 IGROULADE et TIZ-
PANI (32, 33) ..….... 37 G. et H. 58,6 3,3 7,8 12,9 17,5 3,2 0,9 1,5 A SE
G. et H. : Méthode de GRASSMANN et HANNIG.
B. de B. : Méthode au Bleu de Bromophénol.
La méthode de GRASSMANN ‘et HANNIG donne,
entre les mains d'auteurs très variés, des résultats dont
: la concordance paraît satisfaisante, comme on le sait jl les résultats obtenus après coloration au bleu de Bromophénol donne des valeurs d’albumine nettement plus
élevées parce que les globulines fixent ce colorant avec
un coefficient inférieur à celui des albumines. D'ailleurs
; certains auteurs ont proposé d’appliquer aux chiffres de L globulines ainsi obtenus un coefficient variable pouvant atteindre 1,6 (46). Nos résultats dans l’ensemble donnent
des valeurs d’albumine moins élevées que celles publiées
par GRASSMANN et HANNIG. Nous pensons que cette
LAON Er
différence s'explique par le fait que les auteurs proposent d'éliminer l'absorption par le papier de différentes fractions au cours de leur cheminement en corrigeant l'axe des abscisses. En effet, dans les courbes densitométriques obtenues par cette méthode, on observe, la plupart du temps, un décalage du zéro vers le haut, d'environ 2 à 4 centièmes de densité optique. Il paraît logique de joindre ce «zéro » à l’origine : il en résulte une diminution de l'aire des globulines qui est d’autant plus importante qu’on a affaire à une fraction plus lente. Nous n’avons pas fait cette ‘rectification, d’une part parce que nous avons eu connaissance de cette modification de GRASSMANN et HANNIG alors que le travail était commencé et que, d’autre part, le décalage des zéros n’est pas constant. Nos écarts quadratiques moyens sont dans l’ensemble du même ordre que ceux des auteurs ci-dessus.
Variations avec l’âge.
Pour le fœtus, les fractions albumines et y s’accroissent jusqu’à la naissance, — MOORE et collaborateurs (100 —, chez le prématuré — NORTON P. M. 101), MARTIN DU PAN R. (57), EWERBECK (22) —, les protéines totales, les albumines et les globulines y sont inférieures à celles du nouveau-né normal (100, 22). Après la naissance les protéines totales ont une tendance à s’abaisser et les y globulines s’abaissent nettement. Ces variations étant plus accentuées chez le prématuré (57). DREVON (17) a trouvé des valeurs relatives d’albumine plus élevées chez le nourrisson que chez l’adulte, alors que les globulines sont toujours diminuées.
Vers 5 ans, le taux des protéines totales de l'adulte est atteint, les autres valeurs se rapprochent de celles de l’adulte, les globulines « ont tendance à diminuer, tandis que le taux des globulines $ augmente (LUB-
SCHEZ, ROUTH et ses collaborateurs, cités par RAFSKY) (64).
À l’âge adulte les valeurs connues ont été résumées dans le tableau suivant :
ES Auteurs et Méthodes Age Albumine A Lo B Y
De MENDE (48). 18-30 60 12060 15 13 (Milieu liquide) Tampon phosphate pH 7,
Force ionique 0,2. 40-60 56,1 10,7 17,6 15,5 DELMONT (14). 20-30 62-58 4-5 5-7 11-12 15-18 (Appareil Machebœuf) 30-40 60-55 4-6 5-7 11-12 15-19 Elution et colorimétrie. 40-50 57-51 4-6 5-8 11-13 15-20 Total : 50 sujets. 50-70 55-49 4-7 5-9 11-14 16-21
MATHIEU (59). moins
(Appareil de Kern) de 40 60,6 8,7 13,6 ut
Tampon de Longsworth. plus
de 40 58 8,9 15,3 17,8
RAFSKY (64).
(Milieu liquide)
pH 8, 5-8, 6. 65-95 48,6 8,5 10,2 16,7 15,9 Tampon barbiturique. ans
Force ionique 0,1.
31 sujets.
Avec l’âge les albumines diminuent et les globulines augmentent dans leur ensemble avec pour certains auteurs une augmentation des globulines 6 (64, 59, 48).
MATHIEU et ses collaborateurs (59) ont trouvé une corrélation graphique de l’âge et de l’abaissement de l’albumine, de l’augmentation des globulines B et de la dispersion des globulines «. Les globulines y ne paraissent pas influencées par l’âge. Nous avons retrouvé labaissement des albumines et l’élévation des globulines y déjà signalées par DELMONT (14) et RAFSKY (64), De MENDE (48).
SOU Variations avec le sexe.
PORTILLO (63), en milieu liquide (appareil de ANT- WEILLER), tampon Veronal pH 8-6, 5, force ionique 0,1, trouve pour l’albumine une valeur un peu inféreure chez la femme (60,3 au lieu de 63,7 chez l’homme) et des globulines y augmentées (16,3 au lieu de 14%). Nous avons des résultats du même ordre. MATHIEU (59) ne trouve aucune différence entre les deux sexes.
Gestation.
Nous n’avons fait aucun examen au cours de la grossesse, bien que la grossesse normale soit un événement physiologique. MOORE D, MARTIN DU PAN R. et BUXTON (100) ont trouvé un abaissement de l’albumine, une augmentation des globulines a et f pendant la gestation. CHARVILLAT, BLANC, CREYSSEL et CHAR- VET (10), sur 40 gestantes, trouvent un abaïissement d’albumine (de 12 %) en fin de grossesse et une augmentation de globulines a; (61 %) et de globulines f. STURMER in ANTWEILLER (1) fait la même remarque pour l’albumine, mais conclut comme les auteurs précédents que l'interprétation des globulines est plus difficile. MACK (56) a fait 88 déterminations pour 80 sujets répartis en série variant de 3 à 16, il trouve une chute d’albumine atteignant son maximum de 12 à 24 heures après l’accouchement. Les globulines à augmentent pour atteindre un maximum 5 à 6 jours après Paccouchement, les globulines $ atteignent un maximum au moment de l’accouchement, les globulines y diminuent et atteignent leur minimum peu de temps après l'accouchement.
SAP Fractions et sous-fractions.
JAYLE et ses collaborateurs (41, 42) ont identifié dans les globulines & lhaptoglobuline qu'ils ont pu isoler à l’état pur. GRABAR et BURTIN (27), par des méthodes immuno-électrophorétiques sur gélose, ont identifié 22 composés antigéniques, 3 pour l’albumine dont une fraction plus rapide habituellement non décelée, 9 pour les globulines a, 5 pour les globulines
et une pour les globulines +.
Cette étude montre que l’hétérogénéité de toutes ces : fractions est beaucoup plus grande que ne le ferait prévoir le maximum de concentration des fractions que l’on a l’habitude de considérer en électrophorèse ordinaire. En effet, il ne s’agit là que d’un minimum. Cette complexité explique les difficultés que l’on éprouve à séparer avec précision les différents pics globuliniques.
En milieu liquide la séparation du fibrinogène est bien connue. DOLE (15) a trouvé, avec un tampon véronal de pH 8,6, une valeur relative égale à 5 % + 0,6.
BERKES et KARAS (6) ont pu réaliser cette séparation sur papier.
GROULADE et JACQUELINE (31) ont établi sur le plasma lépariné de 15 sujets âgés de 30 à 50 ans et de 20 sujets âgés de 20 à 25 ans une valeur relative de 8,8 + 1,3, ce qui correspond à 6,7 + 1,1 g/l. Les écarts des deux séries étant identiques. On admet habituellement que le fibrinogène est absorbé sur le papier et qu’il se transforme en fibrine très près de la ligne de départ, or il suffit de doubler la concentration d’héparine pour que le fibrinogène migre avec une vitesse intermédiaire à celle des globulines f et y, comme on le voit dans la technique en milieu liquide.
RENE Lipoprotéines.
Les travaux sur les lipoprotéines séparées par électrophorèse sur papier sont relativement nombreux, mais la plupart d’entre eux ne font pas état de résultats quantitatifs. L’électrophorèse sur papier a permis de faire des études nouvelles qui, jusqu'ici, étaient impossibles par les autres méthodes. |
RAFSTEDT et SWAHN (65), chez 50 nouveau-nés, ont trouvé une très nette augmentation des lipides totaux dans les six premiers jours; c’est la fraction $ qui en est responsable avec des valeurs doublées et même quelquefois quadruplées. C’est dans les trois premiers jours que les 6 lipides prennent une valeur comparable à celle de l'adulte, alors qu’à la naissance elles sont du même ordre de grandeur que la fraction a,. Les fractions lentes (chylomicrons) sont presque doublées. Chez l'adulte, par des méthodes en milieu liquide, BLIX, TISELIUS et SVENSSON (in GRABAR) (26) avaient établi que les fractions æ et B étaient les plus riches en cholesterol, la fraction B étant 2 fois plus riche que la fraction a. La majeure partie des phospho-lipides se trouvent dans les globulines a et B, leur concentration est légèrement plus élevée dans la fraction f.
FASOLI (24) a trouvé que les globulines à contenaient environ le 1/4 du cholesterol et les phospho-lipides, le reste étant contenu dans les fractions $, et les fractions y ne représentent que des quantités faibles ou nulles. Les résultats de NIKKILA (61) sur 60 sujets normaux sont du même ordre. Mais chez les sujets masculins, les concentrations en albumine et a;, exprimées en valeur relative de cholesterol sont en majorité inférieures à 25 %, alors que chez la femme elles sont de l’ordre de 30 %. L’élévation étant d’autant plus grande qu’il s’agit de sujets plus jeunes. Chez l’homme, les fractions f, par contre, sont plus concentrées que chez la femme.
On retrouve ici une notion comparable à celle que nous avons mise en évidence pour les fractions a; et f-lipides dosées d’après leur capacité d'absorption du noir cérol B.
Parmi les rares résultats quantitatifs, nous retiendrons les suivants :
Albumines y ou et œ É chylomicron SA ENT TS RENE RE RC Ie 25 à 30% | 50 à 60% | 10 à 20% SCHMID et collaborateurs (76) ..... 10 à 25% | 40 à 50% | 30 à 40% ROSENBERG et collaborateurs (73) .. 29,7 70,3 + 6,1 (8 sujets).
RAYNAUD et collaborateurs (66) .. 28 +2% 45 % 25 LORENZINMUHI ESA AS VE HT UTRRES 28,9 71,1
A l’aide de l’électrophorèse sur gélose, GRABAR (27) a observé un seul clocher de lipoprotéines ayant une mobilité intermédiaire aux a, et œ, Ce qui constitue une énorme différence par rapport à la séparation en trois groupes des lipoprotéines que l’on observe sur papier.
Nos valeurs se rapprochent en général de celles données par SWAHN, celles des autres auteurs diffèrent sensiblement, ce qui s'explique peut-être par le fait qu’elles sont tirées de petits échantillons destinés à servir de témoins à des études de variations pathologiques.
Glycoprotéines.
BLIX, TISELIUS et SVENSSON in GRABAR (26) ont trouvé des valeurs suivantes exprimées en mannose :
& : 6,0; 6: 6,2; y: 3, qui montrent une répartition égale entre la fraction à et B et nettement inférieure
pour la fraction y.
Nous avons trouvé 4 résultats quantitatifs de glycoprotéines. BRAUN-FALCO, WEBER, THAESLER (8) et BJORNESJO (7) ont employé la technique de KOIW et GRONWALL :
Album. ce 6 Y BRAUN-FALCO 8,4 % 18,8 % 38,4 % 21,5 % 13,0 % BJORNESJO 27,3 % 36,5 % 28,6% 94%
RAYNAUD (69) et ses collaborateurs expriment leurs fractions glycoprotéiques en mm? (surface de la courbe densitométrique), et pour les fractions a; et æ on peut déduire de leur donnée les valeurs relatives :
cu» de -8 à 15 D; œ, de 23 à 34 %.
Nous n’avons pas pu prendre connaissance de LAU- RENT (97) et de WUNDERLY et PILLER (107).
Chez les sujets âgés, VANZETTI et ses collaborateurs (104, 105) ont noté une augmentation des polysaccharides totaux et des fractions globuliniques.
Etude des variations pendant la digestion.
Nous avons étudié chez 6 sujets d’âge variant entre 20 et 38 ans (trois hommes et trois femmes), les sérums prélevés à différents moments de la journée, en particulier à jeun, avant le repas de midi, 2 h, 4 h 30 et 7 heures après le repas. A la suite de deux expériences, les prélèvements avant le repas de midi ont été supprimés, les valeurs correspondant à celles obtenues à jeun.
Chez les individus qui ont montré la plus forte variation de la lipoprotéinémie post-prandiale, les sérums présentaient une opalescence nette. Les variations des fractions protéiques et glycoprotéiques sont négligeables à côté de celles des lipoprotéines. Cependant le coefficient
St
‘glycoprotéique marque une tendance à s’élever 5 heures
en Re
après le repas, cette élévation est due à l’augmentation des fractions albumines et œ.
Le coefficient lipoprotéique subit la même forte variation chez trois sujets masculins : il augmente de 25 % après le repas, l’un de ces sujets montre une ascension continue jusqu’à 7 heures après le repas, alors que pour les 5 autres sujets on note un maximum 4 heures après le repas.
Les valeurs à jeun sont variables malgré la certitude du jeun. Le chiffre le plus bas — 0,73 — a été observé chez un sujet féminin âgé de 20 ans. La valeur la plus élevée, chez le sujet masculin le plus âgé. Les lipoprotéines a, sont stationnaires chez 4 sujets avec une légère baisse chez deux autres.
La quantité de lipoprotéines $ varie peu, mais le clocher très net chez les sujets à jeun s’étale durant la période digestive et ne reprend sa morphologie primitive que 5 heures après le repas, même lorsque le coefficient lipoprotéique tend encore à monter. RAYNAUD et ses collaborateurs (68) ont trouvé des résultats analogues. Chez un des sujets féminins on a vu apparaître au cours de la digestion une fraction $ plus rapide, peu importante, mais très nette (Cf. cliché lipoprotéinogramme L 3).
Les lipoprotéines y paraissent subir les plus importantes variations de toutes les fractions. Pour les rendre comparables, nous avons exprimé le coefficient de variation à partir de la valeur de départ. Chez trois sujets masculins on observe des maxima extrêmement variables A heures après le repas, dont les valeurs sont 133, 197 et 309 %.
Chez les trois sujets féminins les valeurs sont beaucoup moins élevées : 114, 140, 188.
On peut définir deux types apparents de variation post-prandiale, l’un dans lequel il y a un retour vers les