PRÉLIMINAIRES
sances algologiques, il y avait lieu de préciser leurs caractères distinctifs, de discuter leur synonymie et d'établir leur fréquence relative dans nos eaux.
Nous désirions ainsi combler la lacune importante que Van HEurck a délibérément, semble-t-il, laissé subsister dans son 7railé des Diato-
mées, au point de vue de la florule belge
Maintenant que le terrain est déblayé de ces formes aussi encombrantes par leur nombre qu’'intéressantes par leurs caractères subtils et leurs modalités variées, nous pourrons continuer la revue des autres Diatomacées, en nous appliquant surtout à faire connaître les particularités d'aspect ou d'étapes évolutives dont nos matériaux nous ont fourni des exemples.
Ce sera l’objet de cette deuxième partie.
DE
PSMNPE RUE ANIENNDIE
TRIBU I. - CHÉTOCÉRÉES (suite) GENRE BACTERIASTRUM SHaADpBorr.
CARACTÈRES. — Frustules cylindriques, munis sur leurs extrémités de soies en nombre variable, également distancées et dirigées perpendiculairement à l'axe des colonies qu'elles réalisent par l'intermédiaire de ces soies. Celles-ci se soudent entre frustules voisins sur un certain parcours et reprennent leur liberté
plus loin.
Les chromatophores sont nombreux et pariétaux.
Bacteriastrum varians LAUDER.
(PI. VILL, fig. 1 à 7.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1864. Bacteriastyum varians LAUDER, p. 8, pl. 3.
1883. Bacteriastrum varians LAUDER, dans VAN HEURCK, Synopsis, p. 195, pl. 80, fig. 3 à 1899. Chaetoceros (Bacteriastrum) varians V AN HEURCK, Traité, p. 422, pl. 18, fig. 605. 1901. Bacteriastrum varians var. borealis OSTENFELD, P. 293.
[Sa
CaracTÈREs. — Colonies formées de frustules cylindriques, de longueur inversement proportionnelle à la largeur, réunis par soudure locale des soies dont les parties libres sont faiblement divergentes entre elles. D'abord ondulées dans le Jeune âge, celles-ci se rectifient plus tard. Les terminales sont un peu plus fortes, courbées toutes dans le même sens et dirigées par leur partie terminale vers l'extrémité de la colonie.
Les chromatophores sont nombreux et pariétaux.
Le noyau est central.
ENDOSsPOREs. — Des spores quiescentes s’observent fréquemment. Formées généralement par couples dans des cellules sœurs, elles se montrent, à maturité, formées de deux valves inégalement bombées dont la primaire est hérissée de fines épines et entourée, à la périphérie d'une sorte de gaine appliquée contre la membrane de la matrice, sauf à son sommet libre, où elle s’infléchit légèrement vers l'intérieur. Leur déve eloppement suit une marche parallèle, en ‘opposant leurs valves secondaires.
MicrosPpores. — Nous avons observé, en outre, des phénomènes de division intracellulaire que nous croyons pouvoir interpréter comme conduisant à la formation de microspores dont la destinée reste inconnue. On voit, en effet, le contenu cellulaire se diviser en 2, en 4, en 8, en 16 parties équivalentes renfermant chacune un noyau et un nombre égal de chromatophores. Nous ignorons si la subdivision est poussée plus loin et si elle aboutit réellement à la production d'organes de reproduction destinés à être mis en liberté comme spores d'essaimage.
Ce fait est à rapprocher de ceux que nous avons signalés antérieurement dans plusieurs espèces de Chaetoceros : Ch. Ebenii et Werssflogii en 1914 et Ch. mitra et contortum en 1910, après GRAN, qui avait remarqué ‘des phénomènes semblables dans (C#. decipiens en 1904.
FiGuREs. — Figure 1. Portion de colonie montrant l’enchaînement des frustules et leur contenu cellulaire. Celui-ci est chargé de nombreux chromatophores périphériques, cz.
Les soies jeunes s7, qui apparaissent lors de la division cellulaire, sont plus courtes et se montrent ondulées dans leur partie libre. Plus tard, elles s’allongent en perdant leurs ondulations.
Figure 2. Vue valvaire montrant la distribution des soies projetées sur un plan perpendiculaire à l'axe de la colonie. — »#, noyau central; c#, chromatophores périphériques.
Figure 3. Vue analogue de l'extrémité d’une colonie montrant la projection des soies sur un plan.
Figure 4. Coupe longitudinale optique d'une colonie formée de cellules plus larges mais Moins longues — 7, Noyau; ch, Chromatophores pariétaux; 24, division récente du noyau; s7, soies Jeunes formées entre les deux cellules sœurs.
Figure 5. Phases diverses de la production des spores quiescentes.
En haut, formation de la valve primaire, v, dans deux cellules contiguës ; au milieu, spores complétées par la production de la valve secondaire, v'; et l’apparition de la gaine, x, autour de la valve primaire ; ch, chromatophores; en bas, enfin, spores mûres, figurées vides, avec la garniture d'épines, e, sur la valve primaire et la gaine qui l'entoure.
On remarquera que ces spores sont généralement disposées par couples symétriques, à moins que l’une des deux cellules sœurs ne soit frappée d’ avortement.
Figure 6. Fragment de colonie plus étroite, mais formée de frustules plus longs. Entre des cellules ordinaires, en voie de division normale, #4, on en voit d’autres qui présentent des phénomènes de division interne, amenant la production, l'une, de quatre, l’autre, de huit fragments, #7, destinés à d’autres subdivisions ultérieures.
MICROPLANKTON DE LA MER FLAMANDH. F4
Figure 7. Autre fragment de colonie dans lequel on voit deux frustules où la subdivision interne a été poussée jusqu'à seize segments, #7. Les autres frustules sont en voie d'évolution et de division normales; #, noyau; ck, chromatophores.
OBSERVATIONS. — Bien que cette belle espèce soit très affine aux Chaetoceros, on ne peut pas, comme le voulait Van HEURrCK, la réunir à ce genre déjà très complexe sans briser l’homogénéité de ce dernier. Il vaut mieux lui faire, dans la nomenclature, une place à part légitimée par sa forme réellement cylindrique et ses nombreuses soies. C'est la seule espèce connue dans nos eaux.
Souvent très abondante dans le microplankton de la Mer flamande, elle apparaît surtout pendant les mois d'été, de juillet à octobre; mais il lui arrive aussi de faire défaut, au voisinage de West-Hinder pendant toute une année.
GENRE RHIZOSOLENIA (EHRENBERG) BRIGHTWELL.
CARACTÈRES. — Cellules longues, cylindriques, droites ou courbes, généralement associées en colonies plus ou moins fragiles. Les valves portent un prolongement excentrique où tout au moins une petite soie latérale qui laisse son empreinte sur la partie correspondante de la cellule voisine. La membrane est peu silicifiée. Le pourtour cylindrique des frustules est orné de détails de structure variables et plus ou moins visibles dans l'eau. Les chromatophores sont généralement nombreux et pariétaux. Spores et auxospores connues dans certaines espèces seulement.
Rhizosolenia Stolterfothii PERAGALLO.
(PIN, ie 8retio:) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1879. Eucampia striata STOLTERFOTH., p. 835.
1887. Pyxilla Stephanos HENSEN, p. 88, pl. 5, fig. 36?
1888. Rhizosolenia Stollerfothii PERAGALLO, pl. 6, fig. 44.
1892. Rhizosolenia Stollerfothii PERAGAILLO, p. 108, pl. 1, fig. 17 et 18. 1893. Æenseniella Stephanos SCHÜTT
1902. Rhizosolenia Stoller fothii BERGON, p. 62, pl. 1, fig. 1 à 8.
1910. Rhizosolenia Stolterfothii MEUNIER, p. 257, pl. XXVIIL, fig. 28.
CaRACTÈRES. — Cellules cylindriques, arquées, terminées par un disque plan au-dessus de l’arête circulaire tronquée. Colonies spiralées, à spires rapprochées,
souvent nombreuses, résultant de la juxtaposition bout à bout des frustules. Ceux-ci sont pourvus à leurs extrémités d'une petite soie excentrique qui s'applique près de l'organe similaire du frustule voisin sur la partie déclive de celui-ci et n'est bien visible que lorsqu'il en est détaché et apparaît librement sur les cellules terminales ou désagrégées. Paroi cellulaire garnie d'anneaux incomplets, la plupart du temps bien visibles dans l'eau. Noyau pariétal; chromatophores nombreux, pariétaux également.
Pas d’endospores ni d'auxospores connues.
FiGurEs. — La figure 8 en montre un fragment de colonie de grandes dimensions dont deux frustules seulement ont été figurés : l’un vide, pour en laisser voir les anneaux extérieurs; l’autre pourvue de son contenu; #, noyau; ch, chromatophores.
La figure 9 reproduit un fragment analogue de dimensions plus restreintes.
OBSERVATIONS. — Cette espèce est constante dans la Mer flamande où elle occupe une place très importante dans le phytoplankton. Elle y est souvent très commune et lutte de fréquence avec sa congénère 24. SArubsolei CLEVE. Dans les produits de pèche du West-Hinder, elles coexistent presque toujours, mais généralement avec prédominance marquée de l’une sur l'autre, indépendamment des saisons.
Rhizosolenia Shrubsolei CLEVE.
(PEMNITL he roûr et pl er) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1881. Rhizosolenia Shrubsolei CLEVE, p. 26
1883. Rhizosolenia Shrubsolei VAN HEURCK, Synopsis, pl. 79, fig. 11 à 13.
1892. Rhizosolenia Shrubsolei PERAGALLO, p. 114, pl. 5, fig. 8et 9
1892. Rhizosolenia atlantica PERAGALLO, p. 114, pl. 5, fig. 4 et 5.
1899. Rhizosolenia imbricata BRIGHTWELL var. Shrubsolei VAN HEURCK, Traité, p. 415, pl. 33, fig. 886.
1910. Rhizosolenia Shrubsolei MEUNIER, p. 256, pl. XX VIIL, fig. 23 et 24.
CARACTÈRES. — Frustules droits, cylindriques, tronqués en biseau aux extrémités et terminés par une petite pointe qui surmonte elle-même une dilatation arrondie et transparente. :
Cytoderme garni de lignes obliques qui se coupent en déterminant des sortes d'écailles suivant lesquelles la membrane se brise aisément. Ces écailles sont elles-mêmes striées finement, mais ces détails ne se voient pas toujours aisément dans l’eau.
Colonies droites, résultant de la soudure des frustules suivant leur face biseautée sur laquelle ils impriment réciproquement une empreinte durable après leur isolement.
Noyau souvent ramené contre la paroi cellulaire au sein d’une masse de cytoplasme central. Chromatophores petits, nombreux. |
AuxospoREs. — Nous n'avons eu à relever, au cours de nos longues observations, que quelques rares cas de formation d’auxospores dans cette espèce si commune cependant dans les eaux belges. Celles-ci se forment sur le flanc de frustules arrivés à leurs dimensions minimales et s'y observent implantés perpendiculairement sur le cytoderme de la cellule génératrice, en présentant d'emblée les caractères d’une cellule régénérée. ;
Fiqures. — La figure 10 reproduit un fragment de colonie d'assez fort calibre. — En x, la soudure de deux frustules suivant leur sommet tronqué en biseau. On y voit, en outre, les détails de structure du cytoderme tels qu'ils apparaissent à sec.
La figure 11 en donne un fragment analogue, mais de dimensions plus ordinaires et orienté autrement.
La figure 12 est la reproduction d'un spécimen isolé, de dimensions maximales, et pourvu de son contenu : #, noyau; c#, chromatophores.
La figure 37, planche IX, enfin, donne l'aspect d'une auxospore, asp, en place, sur le cytoderme vide de la cellule génératrice.
OBSERVATIONS. — Comme il a été dit plus haut, cette espèce rivalise d’abondance avec la précédente dans les eaux du littoral belge. Parfois elles entrent en concurrence, parfois l'une abonde à l'exclusion plus ou moins complète de l'autre, sans que cette substitution concorde avec les saisons. Elles ne font, peut-on dire, jamais défaut simultanément au voisinage du West-Hinder.
Rhizosolenia setigera BRIGHTWELL.
(PL VILL, fig. 13 à 16, et pl. IX, fig. 38.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1858. Rhizosolenia setigera BRIGHTWELL, P. 95, pl. 5, fig. 7. 1883. Rhizosolenia setigera BRIGHTWELL, dans VAN HEURCK, Synopsis, p. 194, pl. 76, fig. 6 à 8.
1883. Pyxilla? baltica GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis. pl. 83, fig. 1 et 2 (endospore).
1887. Rhizosolenia setigera HENSEN, p. 85, pl. 5, fig. 38. 1887. Rhizosolenia setigera BRIGHTWELL, dans VAN HEURCK, Traité, p.414, pl. 17, fig. 60
1900. Rhizosolenia Hensentii SCHÜTT, p. 510, pl. 12, fig. 25 à 27. 1910. Rhizosolenia setigera MEUNIER, p 253, pl. XXVIIT, fig. 1
Le]
CARACTÈRES. — Frustules longs, peu silicifiés, en forme de cylindre droit terminé par deux prolongements excentriques, coniques, que termine une soie pleine et longue. Celle-ci est parfois fine, très longue et flexible à l'extrémité, parfois, au contraire, elle est plus courte, plus trapue, rigide, plus épaissie sur les deux tiers inférieurs ou seulement vers le milieu et "prend alors la forme d'une alène.
Les détails de structure du cytoderme sont insaisissables dans l’eau; on ne remarque pas non plus de traces d'empreinte laissée par le frustule contigu.
Les cellules issues de divisions répétées restent assez longtemps associées en colonie par persistance plus ou moins durable du cytoderme des cellules mères.
Les chromatophores sont nombreux et pariétaux; le noyau est aussi généralement blotti contre la paroi.
ENDosporEes. — Les spores quiescentes résultent, comme nous l'avons signalé ailleurs (1910) à propos de l'espèce StyZformis BRIGHTWELL, d'une rénovation cellulaire, en forme de cylindre court, inséré dans la matricule et inégalement bombé aux deux extrémités. On n'y observe qu'un nombre réduit de chromatophores.
Ces productions sont très rares dans nos matériaux.
FiGures. — La figure 13 en reproduit un spécimen isolé, large mais très court, terminé par des soies robustes.
Figure 14. Fragment de colonie montrant les extrémités de deux cellules sœurs maintenues en contact par le cytoderme de la cellule dont elles dérivent.
Figure 15. Partie d'un frustule terminée par une soie en alène.
Figure 16. Spécimen libre de dimensions minimales, terminé par des soies longues, grêles et flexibles.
Figure 38, planche IX. Aspect d’une endospore, sp, logée dans sa matricule.
OBSERVATIONS. — Cette es est beaucoup plus rare dans nos matériaux que les deux précédentes. On l'y observe cependant en spécimens assez nombreux vers la fin de l'été, en septembre, et elle y persiste jusqu'en mars avec diminution progressive des individus.
Rhizosolenia robusta NOoRMAX.
(PI. VIIL, fig. 19 à 21.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE,
1861. ARhizosolenia robusta NORMAN, dans PRITCHARD, p. 866, pl. 8, fig. 42.
1892. ARhizosolenia robusta PERAGALLO, p. 109, pl. 1, fig. 1 et 1a; pl. 2, fig. 1 et 2. 18934. Rhizosolenia sigma SCHÜTT, p. 22, fig. 12?
1899. Rhizosolenia robusta NORMAN, dans VAN HEURCK, Traité, p. 414, pl. 33, fig. 883.
CARACTÈRES. — Frustules grands et gros, peu silicifiés, en forme de cylindre souvent un peu aplati, terminé par deux prolongements coniques, courbés, que surmonte une petite pointe implantée sur le sommet un peu épaissi des valves.
Aspect variable suivant l'orientation des frustules, le degré de courbure de leur axe et leur étape d'évolution au sortir du cytoderme de la cellule mère.
Membrane ornée d'anneaux transversaux incomplets sur le corps du frustule et de stries longitudinales convergentes sur la partie conique qui les termine.
Chromatophores très petits, fort nombreux, pariétaux, plus ou moins groupés suivant les lignes qui décorent la membrane cellulaire.
Noyau volumineux, central, maintenu en place, au sein de cytoplasme périnucléaire, par de nombreux cordons protoplasmatiques, ou ramené sur un point de la paroi, par rupture d’une partie de ces cordons.
Endospores inconnues.
Fiaures. — La figure 19 en reproduit un specimen vu un peu obliquement et de dimensions assez petites. Le noyau, 7, y est devenu pariétal.
Figure 20. Coupe longitudinale optique de deux frustules issus d’une division récente. On y voit la position normale du novau, #, qui est central; les cordons cytoplasmatiques qui le maintiennent en place et la position pariétale des chromatophores, ch.
Du frustule inférieur le sommet seul a été figuré, faute de place, pour montrer les rapports des deux cellules sœurs dans le cytoderme, cd, de la cellule mère.
Figure 21. Aspect extérieur d'un frustule aux deux cônes terminaux diversement inclinés sur l'axe longitudinal, ce qui lui vaut une forme sigmoïde.
OBSERVATIONS. — (ette espèce peut être considérée comme rare dans nos eaux malgré sa fréquence exceptionnelle dans des circonstances déterminées.
Elle n'apparaît, en effet, dans nos parages qu'à des intervalles distancés par des éclipses complètes. Ce sont les produits des croisières trimestrielles de novembre qui nous en ont parfois présenté d'assez nombreux exemples pêchés au voisinage de nos côtes.
Rhizosolenia fragilissima BERGON.
(PIRE Te net2) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1900. Leptocylindrus danicus SCHÜTT, p. 504, pl. 12, fig. 13 à 24 et 33 (non CLEVE). 19024. Rhizosolenia fragilissima BERGON, p. 49, pl. 1, fig. 9 et 10. 1903. Rhizosolenia delicatula OSTENFELD, p. 568, fig. 123 (non CLEVE).
CaracrÈREs. — Frustules cylindriques, peu silicifiés, réunis en colonie droite, fragile, par une étroite surface de contact, au sommet arrondi des individus.
Cette surface est limitée d'un côté, vers le milieu de la valve, par une très courte soie qui se croise avec sa voisine du frustule contigu et s’y loge dans une faible dépression. Ces soies occupent donc le fond d’une sorte de sinus interfrustulaire qui ne s'observe bien qu'entre ceux des frustules qui sont orientés convenablement pour présenter cette particularité de profil, car on pourrait ne pas la remarquer quand elle se montre de face.
Quant à l'observation des soies elles-mêmes, elle n’est guère possible que sur les bouts libres des frustules.
Chromatophores nombreux, allongés, pariétaux, radiants autour du noyau qui est, lui aussi, pariétal. Ce grand nombre de chromatophores est le caractère distinctif le plus apparent d'avec l'espèce suivante 4. delicatula CLEVE qui n’en présente Jamais qu'un nombre beaucoup plus limité.
Pas de spores connues, si ce n’est une forme d’auxospore douteuse signalée par BERGON.
FIGURES. La figure 1 en reproduit un fragment de colonie d'assez fort calibre. — chromatophores minces, allongés, nombreux, convergents vers le noyau, #. — 74, division du noyau et du Hrustule en même temps; s, soies
courtes, croisées au fond du sinus interfrustulaire. La figure 2 donne la reproduction d’un fragment de calibre plus petit et plus ordinaire. — s, soies terminales; c4, chromatophores; #, noyau.
OBSERVATIONS. — Cette espèce se montre couramment dans le voisinage du West-Hinder vers le mois de mars; mais elle n'y est jamais très abondante.
Nous l'y avons observée plusieurs fois en beaux exemplaires, beaucoup plus grands que ceux de l'espèce suivante, avec laquelle le nombre, l'aspect et la disposition des chromatophores ne permet pas de la confondre.
Rhizosolenia delicatula CrEvE. (PI. IX, fig. 3à 8.)
1900. Auzosolenia delicatula CLEVE, p. 28, fig. 11 19034. Rhizosolenia delicalula BERGON, p. 51, fig. rc, d. 1910. ÆRhizosolenia delicatula MEUNIER, p. 257, pl. XXVIIL, fig. 25 à 27.
ND
CARACTÈRES. — Frustules cylindriques, très peu silicifiés, groupés en colonie fragile, par leur soudure suivant une surface presque plane ménagée à leur sommet. Une courte soie latérale émerge de chaque valve et croise sa voisine du frustule contigu. Bien qu'elle soit un peu plus longue que dans l'espèce précédente, elle ne se montre bien visible qu'au bout libre des frustules,
La très faible silicification du cytoderme permet la gélification partielle de celui-ci et amène fréquemment sa déformation.
Chromatophores peu nombreux, quatre à huit généralement, pariétaux, assez volumineux, souvent aplatis mais d'aspect variable suivant l'état de végétation et aussi sans doute suivant le mode de fixation des spécimens recueillis. Noyau pariétal, tenant sous sa dépendance les chromatophores qui sont rattachés par des cordons au cytoplasme périnucléaire.
FiGurEes. — La figure 3 en reproduit un fragment de dimensions presque maximales, dont les chromatophores, c4, affectent la forme d'une croix ou celle de la lettre x.
Nous leur avons fréquemment observé cet aspect exceptionnel dans des produits bien fixés ; mais nous ne saurions dire s'ils ont subi une influence déformatrice de la part des réactifs employés ou s'ils répondent à des conditions spéciales du milieu dans lequel les spécimens ont végété. — s, soies terminales des frustules; 7, noyau.
Figure 4. Déformation fréquente des frustules, due, sans doute, à la faible silicification du cytoderme qui se brise ou plutôt se dissout, en y, et permet ainsi la courbure de ceux-là.
Les chromatophores, c4, peu nombreux, ont ici leur aspect le plus habituel.
Figure 5. — Aspect différent des chromatophores, c4, dans un autre fragment de colonie. Ces organes sont ici plus gros, aplatis, plus ou moins irréguliers sur les bords, autour d'une partie centrale plus dense.
Figure 6. Fragment de colonie de frustules plus petits. Ceux-ci présentent des chromatophores en petit nombre, orientés autour du noyau.
Figures 7, 8, 9. Divers frustules isolés présentant des corpuscules anormaux qui nous paraissent être des chromatophores isolés ou groupés à deux ou plusieurs au sein d’un protoplasme bien délimité, o, de nature parasitaire; celui d'un Ofpidium, sans doute, bien que nous n'en ayons jamais vu la forme enkystée ni assisté à la formation des zoopores.
Nous comptons revenir plus tard sur ces productions énigmatiques que nous ne pouvons pas considérer comme de simples produits d'altération du cytoplasme après la mort des frustules.
OBSERVATIONS. /Æhizosolenta delicatula est une espèce habituelle du microplankton de la Mer flamande. Rarement en quantité excessive comme nous l'avons vue dans un des produits de pêche de la croisière d'août 1909, elle s'y observe cependant avec régularité, principalement dans les mois de juillet à novembre, dans les environs du West-Hinder et aussi ailleurs, au voisinage des côtes.
Rhizosolenia longiseta O. ZAccHaRIAS.
(PI he role ture)
1893. Rhizosolenia longiseta O. ZACCHARIAS. Ploen. Forsch.-Ber.
CARACTÈRES. — Frustules libres ou géminés, très délicats, terminés excentriquement par de fins prolongements creux, diversement mais légèrement courbés vis-à-vis de l'axe longitudinal. Le cytoderme, peu silicifié, ne traduit aucune structure visible dans il eau.
Les cellules sœurs s'observent souvent associées au sein de la cellule mère, avec leurs soies terminales projetées sur le corps de leur jumelle.
FIGURES. — La figure 10 en montre deux frustules jumeaux encore sertis dans le cytoderme de late cellule mère commune.
La figure 11 en reproduit un frustule de dimensions normales.
OBSERVATIONS. — C'est une forme planktonique d’eau douce que nous signalons néanmoins ici pour combler une lacune du Zrarté de VAN HEURCK.
Nous l'avons maintes fois pêchée au filet fin dans les étangs de Groenendael et dans ceux de Vieux-Héverlé lez-Louvain.
Trop délicate pour résister au traitement énergique que VAN HEURCH faisait subir à ses matériaux d'étude, elle a dû lui échapper comme les deux espèces précédentes Æ/1z0s0/enta delicatula et fragilissina.
GENRE ATTHEVYVA Wesr.
CARACTÈRES. — Frustules en forme de cylindre aplati, annelés latéralement. Valves elliptiques, munies de deux cornes creuses aux extrémités:
Attheya Zacchariasi BRUN (PI. VIIL, fig. 17 et 18.) BIBLIOGRAPHIE.
1894. Attheya Zacchariasi BRUN. Berichte der Biol. Station Ploen., p. 52, pl. 1, fig. 11 a, à. 1898. Attheva Zacchariasi O. ZACCHARIAS. Biol. central., vol. XVIII.
CARACTÈRES, — Frustules très délicats, peu silicifiés, dificilement perceptibles
dans l’eau ; mais bien visibles à sec et se présentant alors en vue sagittale surtout. Le corps se montre alors garni de deux séries transversales qui alternent entre elles et se recoupent sur la ligne médiale du frustule. Les cornes terminales sont creuses, assez longues et peu divergentes de l'axe longitudinal de la cellule.
FiGures. — La figure 17 en donne une vue sagittale d'un specimen d'assez grandes dimensions, chez lequel l’annélation transversale devient indistincte vers lé centre.
La figure 18 en reproduit deux frustules géminés, encore réunis dans le cytoderme maternel.
OBSERVATIONS. — C'est encore une forme planktonique d'eau douce que nous tenons de plusieurs étangs du centre de la Belgique, à la suite de recherches au filet fin.
Comme elle n’est pas figurée par VAN HEURCK, qui la mentionne néanmoins dans son 7Yaité, page 426, 1l nous à paru utile, au point de vue de la florule belge, de la signaler ici, au milieu des Chétocérées marines malgré la différence de son habitat.
C'est, à n'en pas douter, la technique violente suivie par VAN HEURCK qui l’a privé de l'observation personnelle de cette délicate espèce, car celle-ci n’est pas très rare dans nos eaux.
GENRE DITYLIUM Barrey
. CARACTÈRES. — Frustules en forme de prisme ou de cylindre irrégulier, froncés vers les bouts et limités par des surfaces planes, plus étroites, de forme polygonale, dont le pourtour porte une frange d'appendices disposés en palissade. Du milieu de l'aire centrale s'élève une soie forte, rigide, droite, qui ne sert toutefois pas à retenir les frustules en colonie.
Chromatophores nombreux, pariétaux.
Ditylium Brightwellii (West) GRUNOW.
1858. Zriceratium undulatum BRIGHTWELL, P. 153, « 8, fig. 1, 3 et 4. 1860. Triceratium Brightwellii NWEST., p. 149, pl. 8, fig. 1, 5 et 8. 1885. Ditylium Brighawellii (West) GRUNOW, dans . HEURCK, Synopsis, p. 196, Pl. 114, fig. 4, 8 et 0.
1899. Ditylium Brightwellii (West) GRUNOW, Traité, p. 424, pl. 17, fig. 606 et fig. 141 dans Jertexte:
CARACTÈRES. — Frustules prismatiques, aux angles arrondis ou presque cylindriques, de deux à six fois plus longs que larges. Sommets rétrécis, froncés, garnis d'une palissade d'appendices disposés autour d'une aire terminale, presque plane, ornée de ponctuations rayonnantes. Stylet terminal, droit, rigide. Corps de la cellule peu silicifié, porteur d'anneaux incomplets, assez distancés, souvent visibles, même dans l'eau.
Chromatophores nombreux, pariétaux. Noyau central ou ramené contre la paroi par rupture des cordons cytoplasmatiques.
FIGURES. — La figure 27 en montre un spécimen type de grandes dimensions. — p, hbrilles disposées en palissade.
Figure 28. Spécimen complet, beaucoup plus long que large, avec ses chromatophores, ch, et Son noyau, 7.
Figure 29. Vue valvaire, avec les ponctuations rayonnantes autour du stylet terminal, et la palissade de fibrilles vue en projection.
Figure 30. Phase de division, montrant les deux cellules sœurs au sein du cytoderme maternel.
Figure 31. Phase de division avortée par résorption de l’une des deux cellules filles et le maintien d'une seule cellule ; jeune, 7, au sein de la matricule.
Figure 32. Petit spécimen parasité par Olpidium phycophagum. Ce dernier est représenté par deux exemplaires : l’un, 0, représenté par un zoosporange déjà vidé de son contenu par l'ouverture qui perce le cytoderme; l’autre, 0”, en voie de développement végétatif, au milieu des restes du cytoplasme de l'hôte.
Figure 33. Autre aspect d'un sporange ouvert, 0, d'Ofprdium phycophagum, choisi parmi les nombreux spécimens de Ditylium Prightwellir qui semblent parfois sujets à une épidémie parasitaire.
OBSERVATIONS. — Cette espèce est commune dans les eaux marines belges. On l'y rencontre plus ou moins abondamment presque toute l’année. Toutefois, nous avons constaté qu'au voisinage du West-Hinder, elle subit une éclipse presque complète pendant les mois d'avril à août.
Nous l'avons vue maintes fois soumise à une sorte d'épidémie de parasitisme de la part d'un Olpidium. Cette chrytridiacée se traduisant sous des phases analogues et souvent en même temps dans un grand nombre de diatomacées planktoniques : Thalassiosira, Lauderta, Chacticerce, Ditylium, ÆEucampia, Licmophora et Naviculées diverses, nous avons proposé (1910) de la désigner du nom de O/pidiurm phycophagum, pour marquer son identité probable, malgré la diversité de ses hôtes.
TRIBU II. — BIDDULPHIÉES
Ce n'est pas le lieu de chercher à délimiter rigoureusement l'extension de cette tribu, encore moins d'en discuter l'opportunité. Cette division n’a guère de base naturelle. Nous l’envisageons comme un expédient de classification et nous comptons y rapporter des Diatomacées qui ont des analogies même vagues avec les Biddulphia et présentent généralement comme celles-ci des protubérances valvaires par lesquelles se touchent les éléments des colonies auxquelles elles donnent souvent naissance, Nous y rangerons même des espèces dépourvues de ces protubérances, comme Séreptotheca tlamesis, par exemple, mais qu'il serait dificile de placer dans d’autres groupements, à moins de multiplier ceux-ci d'une façon excessive et de leur enlever conséquemment leur caractère synthétique.
GENRE CERATAULINA PÉRAGALLO.
CARACTÈRES. — Cellules cylindriques, peu silicifiées, dont les valves un peu bombées sont surmontées de deux petits prolongements tronqués, par lesquels les frustules se soudent en colonies souvent longues, mais fragiles. À chaque prolongement est adossé, du côté extérieur, une très petite soie dont la partie émergeante se soude latéralement au frustule voisin, en y cotovant l'organe similaire de celui-ci.
Cerataulina Bergonii PÉRAGALLO.
(PL AX 0, 34430) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE
1889. Zygoceros pelagicum CLEVE, P. 54.
1892. Cerataulina Bergonii PÉRAGALLO, p. 7, pl. 1, fig. 15. 1894. Cerataulina Bergonii CLEVE, p. 11, pl. 1, fig. 6.
1896. Cerataulina Bergonii SCHÜTT, p. 65, fig. 165.
1900 Cerataulina Bergonii SCHUTT, p. 508, pl. 12, fig. 45 et 47. 1902. Cerataulina Bergonii BERGON, p. 86, pl. IE, fig. 9 à tr. 1903. Cerataulina Bergonii OSTENFELD, p. 570, fig. 126.
CARACTÈRES. — Outre les caractères du genre, dont elle est le seul représentant connu, on peut noter la faible torsion des colonies due à ce que les protubérances valvaires ne se tiennent pas rigoureusement dans un même plan sagittal.
Les valves présentent, à égale distance des deux protubérances, une légère dépression très localisée et soulignée d'un faible renforcement de la paroi; elles ne présentent pas d'autre structure visible dans l’eau. Il en est de même de la partie suturale qui est longue et exempte aussi de sculptures.
Chromatophores nombreux et pariétaux. Noyau central.
FIGURES. — Figure 34. Fragment de colonie de calibre moyen. — c#, chromatophores; 7, noyau; s, soies ne ee aux prolongements terminaux des valtes. Figure 35. Spécimen plus grand, libre, vu de face. Figure 36. Vue oblique d’un autre fr sole isolé. — 5, soies.
OBSERVATIONS. — Cette espèce est très répandue dans la Mer flamande.
Elle y est presque constante en toutes saisons, mais se montre cependant plus rare en Juin et en janvier dans les pêches hebdomadaires pratiquées au voisinage du West-Hinder.
IT est étonnant que VAN HEURCK qui a connu cette forme ne l'ait pas indiquée comme s'étendant aux eaux belges. Il la possédait cependant dans de nombreux produits de pêches effectuées dans le bas-Escaut.
Par les petites soies qu'elle porte sur les prolongements des valves, cette espèce pourrait se réclamer du groupe des Chétocérées ; mais par ces prolongements eux-mêmes elle se rapproche bien plus des Biddulphiées.
GENRE LITHODESMIUM EHRENBERG.
CARACTÈRES. — Valves triangulaires, à pourtour ondulé, donnant naissance à des frustules prismatiques, cannelés. Ceux-ci restent unis en colonies droites, par des membranes réticulées qui, par leur insertion sur le bord des valves, ferment extérieurement les larges foramens interfrustulaires. Les valves, légèrement relevées aux trois angles, portent en leur milieu faiblement bombé, un stylet de la longueur des membranes latérales.
Lithodesmium undulatum EHRENBERG.
(ŒLAIX fe 2354260") BIBLIOGRAPHIE.
1840. Lithodesmium undulatum EHRENBERG, pl. 4, fig. 13. 1883. Lithodesmium undulatum V AN HEURCK, Synopsis, p. 202, pl. 116, fig. 8 à 11.
1899. Lithodesmium undulatum V AN HEURCK, Traité, p. 465, fig. 190 dans le texte et pl. 19, fig. 627.
CARACTÈRES. — Outre les caractères génériques exposés plus haut, on peut
signaler les ponctuations rayonnées de la valve qui débordent sur les extrémités des flancs de celle-ci. Le reste de la zone suturale ne présente que de très fines ponctuations, invisibles dans l'eau, que nous nous sommes dispensé de figurer. La membrane qui surmonte les bords des valves présente, au contraire, une structure réticulée très distincte.
Les chromatophores sont nombreux et pariétaux; le noyau est central.
FiGures. — Figure 23. Vue valvaire, abstraction faite de la membrane structurée qui se dresse sur le pourtour de la valve et qui ne pourrait être figurée qu'en projection. On y voit la ponctuation radiée autour du stylet central, qui n'est lui-même représenté qu'en projection, sous la forme d'un point plus accusé.
Figure 24. Fragment de colonie, en forme de prisme triangulaire, cannelé, posé à plat sur l’une de ses trois faces, de manière à présenter les deux autres en vue oblique. On remarquera les membranes structurées qui surmontent les frustules et les tiennent réunis en filament, bien plus que les stylets qui s'élèvent du centre des valves et qui souvent se touchent à peine par leur sommet.
La face suturale ne paraît pas structurée dans les conditions ordinaires d'observation, si ce n'est aux deux extrémités où elle accuse une faible striation ponctuée.
Figure 25. Petit fragment de colonie de deux frustules seulement, vu normalement à l’une des faces du prisme triangulaire. Mêmes observations que pour la figure précédente.
Figure 26. Vue sagittale d'un fragment de spécimen plus petit, dont les frustules sont pourvus ‘de leur contenu et dont l'un a été l'objet d’une division récente. — c4, chromatophores nombreux appliqués contre la paroi des cellules; n, noyau; z2d, noyau récemment divisé et dédoublement consécutif de la cellule mère en deux cellules filles dont les dimensions sont encore très réduites. Entre ces dernières se développent les membranes réticulées qui ferment le foramen intercellulaire.
OBSERVATIONS. — Cette belle espèce apparaît parfois en assez grande abondance dans les eaux belges, particulièrement vers les mois de septembre et octobre, dans les environs du West-Hinder. En général, elle est constante dans ces eaux en colonies disséminées. Elle devient néanmoins parfois dominante dans les échantillons de pêche provenant des côtes anglaises, qui sont généralement peu riches en espèces.
GENRE BELLEROCHEA VAN HEURCK
CARACTÈRES. — Colonies rubanées, formées de frustules soudés à la fois par leur milieu et par leurs extrémités un peu relevées au delà d’une légère dépression. Valves de forme elliptique ou de forme triangulaire, à côtés déprimés et onduleux. Cellules toujours plus larges que hautes.
Bellerochea malleus (BRIGHTWELL) VAN HEURCK.
(PM EN r814 22")
SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE
1858. Zriceratium malleus BRIGHTWELL, p. 154, pl. 8, fig. 6 et 7.
1883. Bellerochea malleus VAN HEURCK, Synopsis, p. 203, pl. 114, fig. 1 1897a. Bellerochea malleus CLEVE, pl. 2, fig
1809. Bellerochea malleus VAN HEURCK, Traité, p. 464, fig. 195 dans le texte.
CARACTÈRES. — Colonies très stables, grâce à l'étendue des surfaces de contact entre les frustules. Valves le plus souvent elliptiques, parfois triangulaires, à surface lisse, mais ornées tout autour des bords d'une rangée de ponctuations déterminées par l'insertion de très petites soies qui établissent la liaison entre les frustules voisins. Ces soies sont difhciles à percevoir en dehors des foramens intercellulaires qui existent près des deux ou des trois extrémités des éléments associés.
Des stries transversales s'observent sur les faces suturales de ces derniers.
Les frustules, de forme elliptique, laissent voir souvent une petite échancrure médiane.
La silicification de la membrane est faible, circonstance qui lui permet de se colorer vivement en violet, sous l’action du bleu de méthylène.
Les chromatophores sont nombreux et pariétaux; le noyau est central.
Ficures. — Figure 18. Vue sagittale d'un fragment de colonie rubanée, formée d'éléments de forme elliptique. — ch, chromatophores ; 7, noyau central; nd, noyau qui vient de se diviser, entraînant la production de deux cellules filles, dont on aperçoit déjà les deux nouvelles valves intérieures. On remarquera, sur les bords des frustules, les nombreuses petites soies particulièrement visibles au niveau des foramens qu'ils voilent extérieurement. Remarquons, en passant, que ces foramens sont beaucoup moins ouverts et moins étendus qu'ils ne sont dessinés dans la figure de VAN HEURCK.
Figure 19. Vue latérale d'un fragment de colonie be au précédent. On distingue mieux, sous cet aspect, les fines soies qui rattachent extérieurement les frutules entre eux.
Figure 20. Vue valvaire d'un frustule de forme elliptique, atténué aux deux bouts. On n'y remarque aucun détail de structure.
Figure 21. Vue sagittale d’un petit fragment de colonie constituée de frustules triangulaires de la forme de la figure 22, qui en montre la vue valvaire. La colonie se développe donc en un filament à trois côtes saillantes dont deux lui servent d'assiette stable et la troisième est vue en projection sur le corps du filament Les détails de structure sont les mêmes que dans la variété précédente.
Figure 22. Vue valvaire d'un frustule triangulaire. Les contours en sont plus ou moins régulièrement sinueux.
OBSERVATIONS. — Cette forme est, d'une manière générale, plutôt rare dans les produits planktoniques de la Mer flamande. Ses apparitions en certaine abondance sont surtout estivales.
On ne la rencontre qu'à l’état de colonies plus ou moins fragmentées : jamais à l’état de frustules dissociés. l
GENRE STREPTOTHECA SHRUBSOLE.
CARACTÈRES. — Les caractères du genre n'étant connus que de l'unique espèce qui le représente, nous les rappellerons ci-après.
Streptotheca Tamesis SHRUBSOLE.
(PARK er) BIBLIOGRAPHIE.
1890. Séreptotheca Thamensis SHRUBSOLE, p. 259, pl. 13, fig. 4 et 6.
1807a. Streptotheca Tamesis CLEVE, p. 25, pl. 2, fig. 19.
1899. Séreptotheca Tamesis VAN HEURCK, Traité, p. 463, fig. 194 dans le texte. 1902. Séreptotheca Thamesis BERGON, p. 83, pl. IL, fig. 8.
CARACTÈRES. — Cellules très aplaties, quadrangulaires, soudées bout à bout en un filament résistant, plus ou moins fortement tordu sur son axe. ù
Le cytoderme très peu siliceux se colore intensément en violet en présence d'une solution de méthylène.
Valves difhciles à voir de face, très étroites, à surface inégale, dont les légers dénivellements de l’une entrent adéquatement dans ceux de la cellule voisine et y adhèrent sur toute son étendue. Face suturale fortement développée et striée ou plissée transversalement. Chromatophores nombreux, rayonnants autour du noyau central.
FIGURE. — Figure 17. Vue stéréoscopique d’un fragment de colonie.
ch, chromatophores; 7, noyau. En à, les stries transversales du cytoderme ont été figurées; en b, les parois ont été laissées lisses, comme elles apparaissent vues dans l’eau.
OBSERVATIONS. — Cette forme aberrante de Diatomacée s’observe régulièrement dans nos eaux marines, pendant les mois d'automne et d'hiver principalement; mais elle n'y est jamais en grande abondance.
Malgré son peu d’analogie avec la forme des Biddulphiées, nous la glissons dans ce groupe, à défaut de lui trouver des affinités meilleures.
GENRE EUCAMPIA EHRENBERG.
CARACTÈRES. — Frustules dissymétriques, associés en colonies planes, spiralées, par deux protubérances terminales, laissant entre elles une dépression qui ménage un foramen très apparent.
Eucampia zodiacus EHRENBERG.
(PI. IX, fig. 12 à 16.) BIBLIOGRAPHIE.
1839. Eucamphia zodiacus EHRENBERG, p. 71, pl. 4, fig. 8.
1883. Eucampia zodiacus V AN HEURCK, Synopsis, p. 203, pl. 05, fig. 17 et 18.
1890. Eucampia zodiacus VAN HEURCK, Traité, p. 461, fig. 191 dans le texte, et pl. 19, fig. 628.
1902. Eucamphia zodiacus BERGON, p. 81, pl. II, fig. 4 à 7.
CARACTÈRES. — Frustules disposés en colonie spiralée dans la direction du plan sagittal et formant souvent plusieurs tours de spire, que les heurts disloquent aisément. Face connective en forme de trapèze, à côtés obliques échancrés, ornée de stries tranversales dans la partie connective et d’une très fine structure ponctuée dans les parties valvaires. Valves ovales elliptiques, allongées, déprimées au centre, où elles portent un nodule central, relevées aux deux extrémités pour former deux protubérances, à surface lisse, par lesquelles s'établit la soudure entre les cellules contiguës.
Chromatophores assez gros, allongés, nombreux, pariétaux, rayonnants plus ou moins autour du centre. Noyau central rattaché au cytoplasme pariétal par des ue protoplasmatiques. Foramen fusiforme, avec une légère dilatation locale au milieu.
FIGURES. — Figure 12. Fragment de colonie de petites dimensions, en vue sagittale.
En à, deux cellules pourvues de leur cytoplasme, dans lequel on observe de nombreux chromatophores rayonnants, c4, et le noyau, #.
En 6, deux cellules supposées vides et montrant la décoration extérieure du cytoderme.
En c, cellule envahie par un O/pidium phycophagum enkysté, o.
Figure 13. Fragment de colonie de grandes dimensions, en vue sagittale,
présentant, en 4, des frustules avec leur contenu : c, chromatophores; #, noyau; en à, l'aspect extérieur du cytoderme; en c, des frustules occupés par des kystes en formation de O/prdium, au milieu des débris du cytoplasme.
Figure 14. Frustules de calibre moyen, en voie de division, marquée en @, par la division du noyau, #4, et l'apparition de deux nouvelles valves internes.
Figure 15. Vue valvaire, portant au centre un petit nodule et ornée partout de stries ponctuées, très serrées, sauf sur les deux protubérances latérales par lesquelles se fait la soudure des frustules contigus.
Figure 16. Coupe transversale optique, montrant la disposition intracellulaire des chromatophores pariétaux et du noyau central.
OBSERVATIONS. — Nous considérons le champignon parasite signalé ici comme identique à la Chytridiacée signalée plus haut dans 2réylum Brightwellii et pour laquelle nous avons proposé le nom de Ofprdium phycophagum, pour l'avoir rencontrée dans de nombreuses formes de Diatomacées planktoniques. Nous en verrons plus loin d’autres exemples.
Eucampia zodiacus est presque constante dans les eaux avoisinant le West- Hinder, mais s'y présente en proportion très variable. C'est en tous cas une des espèces les plus caractéristiques du microplankton de la Mer flamande. Elle est loin de présenter le caractère de rareté que lui assigne VAN HEURCK dans son Traité.
GENRE BIDDULPHIA Gray
CARACTÈRES. — Genre très vaste et polymorphe, englobant des formes à face suturale généralement quadrangulaire, mais à valves variables, orbiculaires, elliptiques, triangulaires, quadrangulaires, etc., à bords entiers ou ondulés, ordinairement renflées dans la partie médiane, montrant, aux extrémités, des appendices obtus et souvent aussi des piquants ou des soies de longueur variée qui contribuent à maintenir les éléments en colonie plus ou moins fragile.
Le détail des caractères spécifiques fera mieux comprendre le polymorphisme du genre.
Biddulphia Smithii (Rarrs) Van HEURCK.
(Pl. X, fle 14,3.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE,
1853. Eupodiscus ? radiatus W. SMITH, Synopsis I, pl. 30, fig. 255 (non Bailey).
1859. Biddulphia radiata ROPER, p. 19, pl. 2, fig. 27 à 29.
1861. Cerataulus Smithii RALFS, dans PRITCHARD, p. 847.
1883. Biddulphia Smithii VAN HEURCK, Synopsis, p. 207, pl. 105, fig. 1 et 2.
1899. Biddulphia Smithii VAN HEURCK, Traité, p. 474, fig. 202, dans le texte. et pl. 21 fig. 641.
CARACTÈRES. — Valves à peu près circulaires, surmontées de deux prolongements coniques, entièrement couvertes d’une structure réticulée et présentant, en outre, deux soies courtes, submarginales, qui alternent avec les prolongements. Zone connective finement réticulée comme les valves, mais avec une disposition plus régulière des mailles. Frustules généralement peu allongés, tordus sur leur axe longitudinal, rarement réunis par plus de deux.
FIGURES. — Figure 1. Vue valvaire à surface réticulée, montrant en projection les deux prolongements coniques et les deux soies submarginales qui alternent avec eux.
Figure 2. Vue suturale montrant la torsion du frustule et le développement
des appendices.
Figure 3. Autre vue suturale d’un spécimen plus étroit mais plus longuement
développé.
OBSERVATIONS. — Dans les produits de pêche planktonique de la Mer flamande cette espèce est généralement enrobée dans une espèce de mucus auquel adhèrent des particules étrangères qui en cachent les caractères et parfois même la dissimulent complètement.
Elle n'est jamais abondamment répandue; elle n'apparaît qu'en spécimens clairsemés, mais se montre presque en toutes saisons.
Biddulphia mobilensis (BAïLEY) GRUNOW.
(PI. X, fig. 48.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1850. Zygoceros mobilensis BAILEY, p. 40.
1856. Biddulphia Baïleyii W. SMITH, Synopsis IL, p. 50, pl. 45, fig. 322.
83. Biddulphia mobiliensis GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis, pl. 101, fig. 5 et 6 (pas 4), et pl. 103, fig. A.
1885. Biddulphia Baileyii VAN HEURCK. Texte du Synopsis, p. 205.
1899. Biddulphia Baileyii VAN HEURCK, Traité, p. 473, pl. 20, fig. 636.
1900. Biddulphia mobilensis BAYER, p. 698.
CARACTÈRES. — Diatomée de grandes dimensions habituellement, à membrane délicate, peu siliceuse, d'aspect quadrangulaire, en vue suturale et rappelant la forme d'un coussinet rembourré modérément. Valves longuement lancéolées, prolongées aux extrémités par deux protubérances séparées elles-mêmes, par une dépression, de la partie centrale un peu surélevée qui porte deux soies fortes, longues, arquées, diversement orientées et plus ou moins distancées l’une de