‹ Microplankton de la mer FlamandeChapitre 3 sur 70 · LS] [S · texte numérisé non relu

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l'autre. Entre les valves et la membrane connective, il n'y a qu'une faible dépression inhérente à la valve. Toute la surface du cytoderme est ornée d’une très délicate structure réticulée en quinconce. Les jeux de lumière qui s'y produisent leur font présenter les riches couleurs de l’arc-en-ciel, quand on les examine à sec sous un faible grossissement. Le milieu de la valve est surmonté d'une frange de courtes fibrilles serrées, difficilement visibles dans l’eau, mais évidentes à sec.

Les chromatophores sont nombreux et pariétaux; le noyau est central.

Les frustules sont généralement disposés en colonie rubanée, ne présentant qu'un petit nombre d'individus associés, tant par les soies qui s’entrecroisent entre les cellules contiguës que par la persistance de la membrane suturale des cellules mères autour des cellules filles.

Il y a lieu, nous semble-t-il, d'y distinguer deux variétés. L'une, que nous avons spécialement visée dans la description qui vient d’être faite et que nous appellerons major; l’autre, notablement plus petite, caractérisée par une plus grande dépression des valves au-dessus de la membrane suturale, des protubérances valvaires plus effilées, un rapprochement plus marqué des soïes qui hérissent les extrémités de la partie médiane, renflée, des valves. Nous en ferons la variété 7707. Voir les figures 7 et 8.

Fiqures. — Figure 4. Vue suturale d'un spécimen type. Aspect extérieur très finement réticulé en quinconce. Quatre soies, s, coudées, insérées sur le sommet des valves et séparées des protubérances, pr, par une dépression. Frange de fibrilles, #, insérée sur le milieu des valves.

Figure 5. Vue sagittale de deux cellules associées en colonie rubanée et maintenues en relation par la persistance de la membrane suturale de la cellule mère. — ch, chromatophores; #, noyau; /, frange développée au sommet des valves.

Figure 6. Vue valvaire d'un frustule d'assez grandes dimensions. On remarquera la ligne médiane, onduleuse, surmontée de la frange terminale, /, qui n'est vue ici qu’en projection. pr, protubérances valvaires.

Ces figures se rapportent à la variété zzaJor.

Les deux suivantes visent la variété 27107.

Figure 7. Vue sagittale d’un spécimen minuscule.

Figure 8. Vue sagittale d'un spécimen plus grand. — c#, chromatophores; », noyau. On remarquera l'étranglement des valves sous les deux cornes latérales, pr; la ténuité de celles-ci, leur direction plus oblique; la forme droite des soies terminales, s.

OBsERvATIONS. — Cette espèce, autrefois constante toute l’année dans la Mer flamande et spécialement abondante pendant l'automne, est devenue inconstante et beaucoup moins abondante depuis l'apparition dans les mêmes eaux de l'espèce B. Sinensis GRÉVILLE, il y a une bonne dizaine d'années.

On dirait qu'une certaine incompatibilité existe entre l'espèce indigène et sa concurrente exotique.

Les deux variétés de 2. mobrlensis coexistent souvent dans les produits de pêche, mais avec prédominance marquée de la variété 72a70r.

Biddulphia Sinensis GRÉVILLE.

(Pl:X, fig. 11etr2) BIBLIOGRAPHIE.

1866. Bidaulphia Sinensis GRÉVILLE, p. 81, pl. 9, fig. 16. 1901. Biddulhhia Sinensis OSTENFELD et SCHMIDT, p. 152, fig. 6 1902. Biddulphia Sinensis OSTENFELD, p. 243, fig. 21.

CARACTÈRES. — Cette espèce a beaucoup d'analogie avec la précédente.

Même forme en coussinet quadrangulaire, à angles saillants, à parois peu déprimées au-dessus de la membrane suturale. Cytoderme LE siliceux, chargé d'une structure réticulée, régulière et très fine, dans laquelle la diffraction des rayons lumineux crée, à sec, île vif polychroïsme de l’arc-en-ciel. Cette structure n'est visible dans l’eau que sur le sommet des valves: ailleurs, elle n ‘apparaît qu'à sec et se montre extrêmement délicate.

La différence la plus sensible consiste dans un grand rapprochement des soies et des protubérances valvaires et la séparation de ces deux groupes d'organes par une dépression du milieu de la valve; circonstance qui crée un vaste foramen entre les frustules réunis en colonie rubanée. Ajoutons que les protubérances valvaires ont une terminaison plus fluette, au-dessus de leur base qui porte en même temps l'insertion des soies. Celles-ci sont fortes, longues et légèrement arquées. Elles sont assez souvent multipliées. C’est un accident que nous avons maintes fois observé et que nous avons reproduit dans le spécimen de la figure 12.

Les chromatophores sont nombreux, petits, pariétaux.

Le noyau est central, entouré de cytoplasme et rattaché par des cordons à la périphérie.

FiGures. — Figure 11. Vue faciale d'un spécimen de dimensions assez petites, dans sa position d'équilibre stable. — «4, chromatophores; 7, novau; pr, protubérances valvaires; s, soies très rapprochées des protuberances et fixées sur la base de ces dernières.

Figure 12. Production de deux cellules sœurs aux dépens d'une cellule mère dont la membrane suturale sert à les tenir ensemble. L'une, à, a été figurée avec sa décoration cytodermique; l’autre, à, montre son contenu et ses chromatophores; #7, protubérance valvaire; s, soie y annexée. On voit, en x, la multiplication anormale des soies entre les deux valves nouvelles.

OBsERvATIONS. — Cette belle et grande espèce, autrefois inconnue dans la Mer flamande, y à fait son apparition il y a plus de dix ans, vers 1902. Depuis lors elle s’y maintient et s "y est propagée, au préjudice, semble-t- il, de l'espèce mobtlensis, qui est passée au second rang au point de vue de |’ abondance et de la vigueur de ses représentants.

Biddulphia granulata KRoper.

(PIX) Hootet ro.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.

1840. Denticella turgida EHRENBERG, pp. 13 et 207.

1859. Biddulphia granulata ROPER, p. 13, pl. 1, fig. 1o et 11, et pl. 2, fig. 12.

1861. Biddulphia turgida RALFS, dans PRITCHARD, p. 849.

1888. Biddulphia granulata V AN HEURCK, Synopsis, p. 206, pl. 90, fig. 7 et 8, et pl. 101, fig.4. 1809. Briadulhhia granulata V AN HEURCK, Traité, p. 473, pl. 20, fig. 637.

1910. Biddulhhia granulata MEUNIER, p 287, pl. XXXI, fig. 20 à 23.

CARACTÈRES. — Frustules généralement isolés ou réunis par deux, de dimensions moindres que les précédentes et à membrane mieux silicifiée, plus résistante.

Valves elliptiques, terminées par deux protubérances fortes et assez longues, au-dessous desquelles il se produit une dépression notable vis-à-vis de la membrane suturale. Deux soies fortes, arquées, distancées l’une de l’autre, occupent le sommet légèrement bombé des valves. Celles-ci présentent une texture réticulée qui s'étend sur la membrane suturale en y prenant une disposition plus régulière et qui est parfaitement visible partout même dans l’eau. Les valves portent, en outre, une foule de petits piquants disséminés, particulièrement apparents sur le sommet.

Les chromatophores sont plus gros et moins nombreux que dans les deux espèces précédentes zobrlensis et Srnensis. Le noyau est central.

FiGures. — La figure 9 donne une vue synthétique de l'espèce. En #, on voit la structure du cytoderme et ses divers appendices. En à, on peut se rendre compte de l'aspect du cvtoplasme avec les chromatophores volumineux, c#.

La figure 10 en est une vue valvaire montrant l'aspect spécial de l'espèce.

OBSERVATIONS. — Nous avons maintes fois surpris cette belle espèce en travail de régénération d’une cellule initiale agrandie au sein d’une auxospore. Ces spécimens ont alors un développement sutural très réduit relativement aux grandes dimensions des valves. Nous avons constaté trop tard que nous avions négligé d'en figurer un exemple.

Sans être jamais abondante, cette espèce, toujours facile à reconnaître par sa taille et sa configuration, s'observe, peut-on dire, dans tous les produits de pêche planktonique de la Mer flamande. Malgré sa rareté relative, elle en est un des éléments les plus constants en toutes saisons et dans toutes les parties des eaux marines belges.

Biddulphia rhombus (EHRENBERG) W. SMITH.

(Pl Xe ra a rc.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.

1844. Denticella rhombus EHRENBERG, pP. 70.

1856. Bidadulphia rhombus W. SMITH, Synopsis, p. 49, pl. 45, fig. 320. 1883 Biddulhhia rhombus VAN HEURCK, Synopsis, p. 205, 1800. Bradulphia rhombus V AN HEURCK, Traité, p. 472, pl. 20, fig. 634.

1899. Biddulphia rhombus var. Trigona VAN HEURCK, Traité, p. 472, pl. 20, fig. 635. 1900. Biddulphia rhombus BAYER, p. 704.

1910. Biddulphia rhombus MEUNIER, p. 288, pl. XXXI, fig. 24 à 26.

Co

CARACTÈRES. — Forme massive, ramassée, généralement plus large que haute, à valve bombée au milieu et relevée, à chaque extrémité, d’une protubérance forte mais courte.

Un étranglement notable s'observe latéralement en dessous de ces protubérances et contre la membrane suturale. La membrane, assez épaisse, est décorée d’une structure alvéolaire grossière et porte, en outre, sur les valves, un petit nombre de piquants peu proéminents et irrégulièrement distribués.

On y distingue deux variétés : l’une, à valves rhombo-elliptiques, variété éypica; l'autre, à valves triangulaires arrondies, variété #rigona CLEVE, cette dernière beaucoup plus rare que l’autre dans nos matériaux.

Les chromatophores sont assez gros et pariétaux.

Les frustules sont souvent agrégés en colonies zigzaguées par adhérence de l’une ou l’autre des protubérances à sa contiguë du frustule voisin.

Cette espèce est souvent recouverte, dans la Mer flamande, d'un enduit muqueux, auquel adhèrent des particules de toutes sortes qui en enlaidissent

l'aspect.

FiGurEes. — La figure 13 donne la vue sagittale d’un spécimen de la variété typica.

La figure 14 est une vue valvaire d'un spécimen de la même variété.

La figure 15 reproduit l'aspect valvaire d’un frustule de la variété #gona. — pr, protubérances; s, soies valvaires.

OBSERVATIONS. — Priddulphia r'ombus s'observe aussi en toutes saisons dans les eaux belges, mais jamais en quantité bien considérable. I] lui arrive, toutefois, de constituer l’un des éléments prépondérants du plankton, en mélange avec d’autres espèces variées, également bien représentées.

Biddulphia laevis EHRENBERG var. 71107.

(PIX RECENT.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE

1843. Biddulphia laevis EHRENBERG, p. 122. 1844. Odontella polymorpha KÜTZING.

1861. Cerataulus laevis RALFS, dans PRITCHARD, p. 847. Cerataulus laevis À. SCHMIDT, Atlas, pl. 116, fig. 13 à 15. 1883. Cerataulus polymorphus VAN HEURCK, Synopsis, pl. 104, fig. 3 et 4, et pl. 105, fig. 3 et 4, var. »”uinor.

1899. Biddulphia laevis VAN HEURCK, Traité, p. 474, pl. 20, fig. 639 et 640. 1900. Biddulhhia laevis BAYER, p. 712.

CARACTÈRES. — Les notes suivantes ne visent que la variété 1107, la seule rencontrée dans nos matériaux d'étude.

Valves largement elliptiques ou même suborbiculaires, relevées aux extrémités du grand axe par deux protubérances très courtes, à sommet obtus et lisse. Le reste est très finement réticulé et parsemé de fines ponctuations à peine visibles.

Frustules assez hauts présentant une très faible dépression près de la zone suturale. Celle-ci porte des stries longitudinales, délicates, ponctuées en quinconce, peu discernables dans l’eau.

Les frustules adhèrent généralement par l’un de leurs angles seulement et forment ainsi des colonies zigzaguées.

Cette variété se distingue du type par ses valves plus aplaties, ses protubérances plus effacées, ses formes extérieures moins différenciées.

FiGures. — Figure 16. Vue latérale d'un spécimen de la variété nor. Figure 17. Vue valvaire. pr, protubérances.

OBSERVATIONS. — Nous considérons cette forme comme très rare dans les eaux marines belges, où nous n'avons eu que de très rares occasions de l'observer à l'état planktonique. Elle est beaucoup moins rare dans les eaux saumâtres du littoral. Là, elle se montre fréquemment en longs filaments zigzagués et fixés à une extrémité.

Nous n'avons pas observé une seule fois la variété type dans les milliers d'échantillons soumis à l'examen.

Biddulphia aurita (LYNGBYE) BRÉBISSON.

(PIX he Meta NZ 2t) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.

1819. ialoma auritum LYNGBYE.

1830. Odontella auritla AGARDH, p. 56.

1838. Biddulhphia aurilx BRÉBISSON, p. 12.

1856. Biddulphia aurita NW. SMITH, p. 49, pl. 45, fig. 319.

1885. Biddulphia aurila VAN HEURCK, Synopsis, p. 205, pl. 98, fig. 4 à 12. 1899. Biddulphia aurita VAN HEURCK, Traité, p. 471, pl. 20, fig. 631. 1900. Biddulhhia aurita BAYER, p. 690.

1910. Biddulhhia aurita MEUNIER, p. 286, pl. XXXI, fig. 14 à 10.

CARACTÈRES. — Frustules souvent groupés en colonies rubanées, très longues. Valves elliptiques, fortement rétrécies au-dessus de la zone suturale, bombées au milieu et surmontées, aux extrémités, de deux fortes proéminences atténuées au sommet, entre lesquelles se profilent deux ou trois soies insérées assez près du centre.

Membranes vigoureusement réticulées, à mailles disposées en séries convergentes vers le sommet, sur les valves; en séries longitudinales moins accusées sur la zone suturale.

Frustules de dimensions très variables : tantôt assez grands et bien structurés extérieurement; tantôt de calibre fort réduit et paraissant hyalins dans l'eau, tant les détails de structure sont atténués. Ces derniers se rapportent à la variété mnintma GRUNOW.

FIGURES. — Figure 18. Deux frustules réunis par la membrane suturale de leur cellule mère. Fragment d'une longue colonie rubanée. Les dimensions figurées ici sont maximales pour les représentants de l'espèce observés dans la Mer flamande.

Figures 19 et 20. Frustules de dimensions plus réduites et offrant des proéminences valvaires plus frustes. La structure réticulée de la membrane v est moins apparente.

Figures 21 et 22. Aspects variés de la variété zz1ntma GruNow. Ces petits spécimens paraissent hyalins dans l’eau, mais présentent néanmoins, à sec, une structure réticulée, très fine, du même genre que dans les individus plus grands.

OBSERVATIONS. — Cette espèce ne paraît pas se trouver dans les eaux belges comme dans son milieu naturel. Les grandes formes associées en colonies linéaires y sont très rares et n'apparaissent dans les échantillons de produits de pêche que par intermittence et d'une manière accidentelle semble-t-il.

2) Él

Biddulphia aurita ne prend jamais chez nous les grandes dimensions, les formes opulentes que l'on observe dans les mers boréales et qui, par diminution du calibre tranversal, aboutissent à ces frustules étroits, mais relativement très longs et terminés par des proéminences courtes que nous avons figurés planche XXXI, figures 17 et 19, dans notre publication de 1910.

La plupart des spécimens observés ici sont isolés ou géminés, petits, apauvris, couverts d’un mucus qui les dissimule souvent à l'observation. Ils rentrent dans la variété wzintma GRuNOw. Ils semblent être le fait d'une dégénérescence de l'espèce qui ne s’'accommode que péniblement d’un milieu qui ne répond guère à ses exigences.

Même sous ces formes réduites, elle s'observe rarement sur la plupart des points de la Mer flamande. Ce n'est guère que sur le littoral qu’elle paraît plus constante, mais à l’état disséminé.

Biddulphia vesiculosa (AGARDH) Boyer.

(PI. X, fig. 23 et 24.)

SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE

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