LS] NI
observations cursives, des /)ip/opsalis avec lesquels ils sont très souvent mélangés et dont les ailettes sont dépourvues de structure.
FIGURES. — Figure 10, planche XVI. Forme adulte de er. ovatum en vue ventrale.
On notera son caractère de planozone, la direction dextrogvre du sillon transversal, la forme pentagonale de la plaque frontale, la faible protubérance qui termine le cône apical, les deux spinules du cône antapical et l'aspect de l'ailette ventrale qui est assez développée du côté gauche, mais qui ne se profile pas au delà du bord inférieur de la coque, quand celle-ci est en position normale. On remarquera, en outre, l'aspect réticulé de la capsule dont l'épaisseur de paroi est généralement notable. [l n'y a pas de sinus sensible au sommet du sillon ventral ; celui-ci est relativement court.
Figure 11. Vue apicale, en projection sur la coupe transversale de l'objet.
Ce dessin se prête à constater, aussi bien que le précédent, la zone pentagonale de la plaque frontale — détail que nous avions négligé dans nos planches du Microplankton des mers de Barents et de Kara et qui a cependant son importance dans la configuration de l'espèce.
Cette figure, de même que la suivante, 12, se prête aussi très bien à apprécier la structure radiée des ailettes zonales.
Figure 12. Vue antapicale du même individu, très propre à représenter le faible développement en longueur du sillon ventral et de ses annexes, ainsi que la projection des deux spinules qui surmontent le cône antapical, non pas au milieu, mais du côté antérieur. Il en résulte que les deux plaques terminales peuvent prendre des dimensions inaccoutumées.
Figure 13. Vue de profil droit, un peu oblique vers le devant, pour montrer la direction déxtrogyre de la ceinture et, en même temps, sa position transversale à l'axe polaire. On verra également se profiler l’ailette ventrale et les spinules insérées en avant de l'axe, du côté antérieur et légèrement infléchies de ce côté.
Figure 14. Vue latérale gauche d'un spécimen un peu plus petit, présentant des sutures simples et permettant de faire, sous cette autre incidence, les mêmes constatations que dans la reproduction précédente.
Figure 15. Spécimen plus gros, plus arrondi, sinon plus grand, que celui de la figure 10, présenté en vue faciale. Les sutures sont aussi plus étirées, la paroi de la capsule plus épaisse : indices sans doute d’un âge plus avancé.
Figure Spécimen plus petit, plus grêle, à sutures simples, permettant d'estimer Pie des variations de grandeur que l'espèce peut subir. Cet échantillon compte parmi les plus petits que nous ayons observés, mais on peut dire néanmoins que les dimensions oscillent peu, communément, autour de la taille normale et moyenne de nos figures.
OBSERVATIONS. — Le vocable ovatum, donné à cette espèce par POUCHET, suggère l'idée de la forme d'un œuf chez l’objet ainsi désigné, et spécialement d'un œuf de poule. Ce n'est pas précisément la forme du Peridinium ovatum. Toutefois l'approximation peut paraître suflisante, si l'on tient compte de la difhculté qu'il y aurait de lui donner une désignation analogique avec un objet connu de tout le monde. La figure qu'en donne l'auteur est assez bonne dans ses contours, mais les détails n’en ont pas été fouillés. La reproduction de PAULSEN
[Se] (o 1
pèche par l'exagération routinière du sillon transversal qui ferait verser l'espèce dans la série des cavozones. Les dessins de BroCH négligent la forme générale et laissent dans l'ombre les détails spécifiques de la structure, tels la forme du sillon transversal et sa direction, pour n'appuver que sur la disposition des plaques de la cuirasse.
DisrriBuTION. — C'est une bonne espèce à caractères fixes, peu variables, que les planktonistes ont reconnue et traduite, bien qu'avec des défauts accessoires, dans l'exposé des caractères.
C'est aussi le plus répandu des Peridinium de la Mer flamande.
Souvent très abondant dans les produits de pêche, il ne fait presque jamais défaut complètement, quelle que soit la saison. Ceci résulte particulièrement de l'examen des échantillons prélevés toutes les semaines au voisinage du West- Hinder, où on peut la considérer comme endémique.
Peridinium globulus STEIN.
(PI. XVI, fig. 24 à 36.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1883. Peridinium globulus STEIN, pl. IX, fig. 5 à 7. 1805. Peridinium globulus SCHUTT, pl. XV, fig. 48. 1907. Peridinium Cerasus PAULSEN, P. 12, fig. 12. 19100. Peridinium globulus BROCH, p. 182, fig. 2.
19100. Peridinium quarnerense BROCH, p. 183, fig. 3 CARACTÈRES. — Forme petite, planozone, dextrogvre, globuleuse, surmontée
d'une courte protubérance sur le cône apical et présentant souvent, sur le cône antapical, deux spinules grêles, non manifestement ailées, insérées vers l'avant et dirigées dans le même sens.
La plaque frontale est généralement tétragonale, rarement pentagonale, et les autres sont disposées suivant l’ordre classique. Les trois axes sont égaux, les ailettes zonales sont bien striées radialement et le sillon lui-même est perpendiculaire sur l’axe polaire. Une ailette ventrale se profile sur le devant, parfois avec une saillie notable.
La coque paraît complètement lisse.
FIGURES. — Figure 24. Vue ventrale d'un spécimen de dimensions normales, traduisant une forme à peu près rigoureusement sphérique et ne traduisant qu'une très courte protubérance apicale. La ceinture est planozone, dextrogyre, le sillon ventral est court, étroit et bordé de deux spinules généralement peu “développées aussi.
Figure 25. Vue dorsale du même individu.
Figure 26. Vue de profil droit, montrant la saillie de l’ailette ventrale et le profilement antérieur des deux spinules.
Figure 27. Vue apicale, en projection sur la coupe transversale, qui entoure l’une des ailettes zonales. Celle-ci est bien striée radialement comme dans toutes les espèces planozones.
Figure 28. Vue antapicale permettant de juger du peu de développement du
sillon ventral et présentant, en outre, les caractères visibles de ce côté.
Les figures 29, 30, 31, 32 se rapportent à une forme plus petite, mais douée des mêmes caractères spécifiques que la précédente.
Les figures 33, 34, 35 mettent en évidence une particularité que présentent bon nombre de petits spécimens. Nous voulons dire la perte de l'une des spinules, celle de gauche, et en même temps l'extension plus grande de l'ailette ventrale, qui se substitue, en quelque sorte, à la spinule absente.
Celle qui est conservée paraît alors manifestement ailée.
Cela se voit surtout bien sur la vue antapicale de la figure 35 que, contrairement à notre usage, nous avons dessinée malgré son manque de rapport déterminé avec l’un des axes de la forme.
La figure 36, enfin, est la reproduction ventrale d'un spécimen très petit, encore fort jeune sans doute et se réclamant du même tvpe spécifique, bien que la distinction des plaques ne soit pas encore saisissable.
Les spinules antapicales font défaut ou sont à peine indiquées par une légère saillie des bords du sillon ventral.
OBSERVATIONS. — Ne nous trouvons-nous pas ici en présence du /er. globulus STEIN? La question est spécieuse. STEIN figure l'espèce sans te inférieures. SCHUTT la montre avec des spinules, l’un et l’autre guidés par des considérations étrangères aux éléments d'appréciation systématique actuels.
Tous deux la reproduisent à un agrandissement anormal et sont portés, par le fait même, à exagérer des caractères naturellement peu visibles.
SCHÜTIT, en particulier, scrute davantage la structure du cytoplasme, aux dépens des particularités morphologiques externes, conformément à l'objet spéclal de son étude de 1895.
Ne peut-on pas croire que les auteurs ont négligé certains éléments d'appréciation et ont ainsi laissé planer l’équivoque sur un type dont PAULSEN a rectifié la diagnose en lui assignant le nom de Cerasus?
D'ailleurs, comment expliquer la rareté si grande, dans la mer du Nord, du ci-devant Per. globulus et le silence observé par les anciens sur le Per. Cerasus PAULSEN, dont l'abondance dans ces eaux n’est certainement pas un fait nouveau ?
Pour nous, nous sommes porté à croire qu'il y a identité dans l'objet visé.
Il n'est conséquemment pas téméraire de penser que PAULSEN a tiré parti du quiproquo créé par cette espèce pour en rajeunir la notion en établissant son espèce Cerasus, dont les notes caractéristiques sauraient difhcilement passer pour spécifiquement distinctes du Per. globulus de SCHÜTT et même de STEIN, si l’on fait abstraction de ce que leurs figures présentent de trop particulariste, en excès comme en défaut.
Sous l'influence des idées de PAULSEN, nous avons nous-même fait, en 1910, l'attribution d’une forme globuleuse dépourvue de spinules au 2er. o/obulus STEIN. Malheureusement nous n'avons pas pu examiner assez de spécimens pour pouvoir porter un jugement sur sa véritable nature
D'autre part, nous avons rapporté, avec doutes, au Per. Cerasus PAULSEN, une autre forme à deux spinules, en sphérule un peu surhaussée, qui ne correspond pas non plus adéquatement à la forme que nous avons en vue dans nos reproductions actuelles
À notre avis, la forme globuleuse, de petites dimensions dont il s’agit ici, est assez indicatrice de l'espèce g/obulus STEIN, pour qu'il soit inutile de lui en substituer une autre, basée sur le même caractère fondamental.
Il faut, en effet, interpréter avec un maximum de condescendance bienveillante les données des anciens auteurs et leur attribuer tout ce qui est légitimement acceptable.
Il faut encore ne créer des appellations nouvelles que pour désigner des types bien définis et distincts de tous autres.
Il convient, en outre, de se garder d’attacher trop d'importance à des caractères fugitifs ou difhcilement observables dans certains milieux d’enrobage.
Enfin, il est à désirer que chacun réfrène le désir d’attacher son nom à des formes insufhsamment étudiées, se rapportant à des objets vus accidentellement, apparussent-ils, à première vue, sous un aspect étrange, dans l’une ou l’autre particularité de structure. Ceci est particulièrement vrai pour ces nombreuses formes, petites, frustes, indécises, que l’on rencontre fortuitement au cours de longues observations et dont on ne saurait pas même dire si elles ne sont que l'expression de phases évolutives d'espèces connues autrement, plutôt que des représentants d'espèces réellement distinctes mais dont on ne saurait établir les titres différentiels.
Les formes que nous avons décrites plus haut, les plus grandes comme les plus petites, peuvent s'entendre aussi bien du Per. globulus STEIN, auquel nous les rapportons, en faisant la part de ce que les figures originales ont d'imprécis, que du Per. Cerasus PAULSEN qui est du même type fondamental, mais plus explicitement formulé. Si cette assimilation est fondée, la priorité du nom revient à l'espèce Per. g/obulus STEIN.
Peut-être les Re décrites, de « Val di Bora », par BROCH, en 1910, sous les noms de Per. globulus et de Per. quarnerense, que l'auteur lui-même assimile au Per. Cerasus de PAULSEN, rentrent-elles aussi dans l'orbite de cette forme petite et globuleuse.
Pour s'en assurer, il faudrait pouvoir en faire la comparaison sur des objets naturels, plutôt que d’ après des dessins dont il est difhcile de dégager ce qui revient à la touche de l’auteur et à l'objet spécial de son attention.
Il nous paraît prudent toutefois de ne rien préjuger de ces formes d’un autre habitat, ignorant l'influence que celui-ci peut exercer sur ces formes délicates.
DISTRIBUTION. — On rencontre souvent ces petites formes, en spécimens clairsemés, dans les échantillons de la Mer flamande. Peut- être sont-ils plus nombreux qu'ils n'y paraissent à un examen rapide, si l'on n'a pas pris soin de les colorer au préalable par l'iode; car leurs petites dimensions et leur hyalinité les dissimule aisément sous les objets disparates, souvent plus grands, qui encombrent les préparations.
Peridinium micrapium sp. nov.
(PI. XVI, fig. 37 à 45.)
Nous ne trouvons rien dans la monographie de PAULSEN (1908), ni ailleurs, qui rappelle l'aspect piriforme du petit Perrdinrum dont nous ne des vues variées dans les figures 7 à 45, planche XVI de ce mémoire, sous le nom de Per. micr apium (mixpds et ämuov — poire).
Les spécimens sont toujours fort petits; ils présentent un axe longitudinal toujours plus long que les deux autres, et les trois sont perpendiculaires entre eux.
Ils sont planozones, dextrogvres, à ceinture normale à l'axe polaire.
Le cône apical est allongé, longuement atténué vers le sommet et souvent déprimé latéralement. La plaque frontale est pentagonale comme dans plusieurs autres espèces planozones, dextrogyres. Le cône antapical est hémisphérique et terminé par deux spinules longues, étroitement ailées et situées dans la direction de l’axe longitudinal. Les ailettes zonales sont striées radialement. La coque est lisse, exempte de détails sculpturaux.
FIGURES. — Figure 37. Vue ventrale d’un spécimen d'assez grandes dimensions du type Per. micrapium. 11 est, comme on peut le constater, planozone, dextrogyre, à sillon transversal perpendiculaire à l'axe polaire. Celui-ci est notablement plus grand que les deux autres. La plaque frontale est pentagonale. Les striations des ailettes zonales sont manifestement radiées. Les deux spinules antapicales sont assez longues, droites et soulignées d'ailettes qui n'ont rien de l'ampleur de celles que les auteurs attribuent à l'espèce Per. Sternre JORGENSEN.
Figure 38. Vue faciale d'un autre spécimen un peu plus écourté, à cône apical plus obtus.
Figures 39 et 40. Vues ventrale et latérale gauche d’un individu plus petit encore qui ne révèle, même après l’action de l’iode, aucun caractère de tabulation. La rareté relative de ces petits spécimens, au milieu de beaucoup d’autres objets disparates, ne nous à pas permis de les soumettre à la macération, pour constater si leur état anhiste persistait après cette opération. Leur forme extérieure plaide assez, du reste, en faveur de leur attribution au type dont il est ici question. Nous les tenons pour des individus jeunes, encore exempts des caractères de différenciation que le développement ultérieur leur imprimera.
Les figures 41, 42, 43, 44 et 45 se rapportent à un même sujet présenté sous ses différents aspects classiques.
La figure 41 en est la vue antapicale.
La figure 42 est la vue ventrale d'un beau spécimen de l'espèce, présentant un cône apical élégamment élancé et de fortes spinules antapicales.
La figure 43 en est la vue apicale, avec sa tabulation spéciale et l'aspect strié des ailettes zonales. Comme c'est le cas, en général, dans les espèces planozones, dextrogyres, à deux épines antapicales, la gauche est située plus haut, c'est-à-dire plus près de la naissance du sillon transversal que la droite dont l'insertion se rapproche davantage du sommet antapical.
La figure 44 en est une vue de profil droit, montrant le parallélisme des spinules antapicales avec l'axe polaire.
La figure 45, enfin, en fait voir l'aspect dorsal, qui n’a rien de particulièrement suguestif, mais confirme, en les présentant sous un autre angle, les caractères perçus d’ailleurs.
OBSERVATIONS. — Les caractères attribués à cette espèce Per. micrapium l'écartent des autres formes ayant quelque analogie avec la forme d’une poire, telles que Per. piriforme PAULSEN, Sternii JORGENSEN, pedunculatum SCHUTT et autres, qu'on pourrait lui assimiler.
Au reste, ces échantillons proviennent presque tous du bassin à flot de Nieuport dont nous avons déjà signalé le caractère favorable des eaux sédentaires à l'expansion d'un nombre considérable de Péridiniens qui y revêtent une empreinte d'origine, ou se montrent d'un type inconnu aux espèces du large.
Il y a lieu, sans doute, d'y rapporter les petites formes figurées dans notre travail de 1910, spécialement les formes 22, 23 et 26 de la planche IT qui ont, somme toute, la même physionomie, à part, peut-être, la forme de la plaque frontale dont l'examen a certainement été négligé, dans la hâte que nous avons dû mettre à terminer ce long travail.
DISTRIBUTION. — Le Peridinium micrapium, ainsi défini, se trouve presque exclusivement, dans les limites de nos observations actuelles, répandu dans Îles eaux du bassin à flot de Nieuport et dans d’autres eaux plus où moins saumâtres du littoral belge. La petitesse de beaucoup de ses représentants fait qu'elle attire assez peu l'attention de l'observateur. Elle ne montre, à première vue, qu'une coque anhiste, si l’on n’a recours à des procédés propres à en révéler la tabulation, même chez les spécimens les plus développés.
SÉRIE B. — ESPÈCES CAVOZONES.
De même que dans la série des planozones, le caractère tiré de la forme de la ceinture se solidarise avec d’autres, particulièrement dans la section des dextrogyres, pour fortifier l’idée d’un groupement naturel, — tel l'aspect radialement strié des ailettes zonales et la forme souvent pentagonale, Per. granri, ovatum, micrapium où hexagonale, Per. pallidum, pellucidum, de la plaque frontale, la présence fréquente de simples spinules antapicales, indépendantes du corps, Per. pallidum, pellucidum, ovaturm, globulus et micrapium, caractères. de généralité moindre qui permettent de distinguer les espèces, — ainsi le caractère cavozone des espèces qui ont la ceinture creusée en gouttière est corroboré par d'autres d'une portée moins absolue, mais également significatifs d’une harmonie
constitutionnelle de tous les représentants de la série. l'outes les espèces cavozones sont sinistrogyres, à moins que la conformation du
corps de l'espèce ne permette la disposition spiralée de la ceinture et que celle-ci ne devienne circulaire par nécessité, exemple : Per. excentricum PAULSEN.
Les ailettes zonales y sont d'un aspect plus compliqué et sont une dépendance plus immédiate des plaques équatoriales supérieures et inférieures, dont elles portent les prolongements des lignes de suture.
La plaque frontale est généralement losangique, donc tétragonale.
Le sommet apical est généralement raccouret et souvent obtus.
On peut encore signaler l'absence d’ailette ventrale proéminente.
Il faut encore noter les sculptures de la cuirasse qui, généralement, se traduisent suivant des modes suë generis, qui dénotent à leur tour la parenté générique plus étroite, entre tous les représentants de cette série.
Bien entendu, il ne faut pas chercher l'expression précise de ces faits dans les dessins originaux des auteurs. Ceux-ci, exécutés d’après les aptitudes, le tempérament et les préoccupations de chacun, traduisent tout au plus ce qui leur a semblé constituer un caractère spécifique, négligeant les autres caractères comme n'étant que des éléments accessoires dont ils n'avaient pas à tenir compte.
Nous aurons l'occasion, en cours de route, de retirer de leur cadre taxinomique, actuellement reçu, plusieurs espèces, pour les rattacher mieux par leurs afhnités naturelles.
Nous ferons, de cette série des Cavozones, notre troisième section du genre
Peridintum.
Section II — Cavozones.
Ici aussi, nous procéderons, dans l'étude des formes, du plus composé au plus
simple, cherchant d'abord, dans les plus différenciées, le fil conducteur qui nous guidera dans l'examen des formes moins bien caractérisées.
Peridinium pentagonum GRAN.
(PL. XVI, fig. 46 à 50.) BIBLIOGRAPHIE.
1902. Peridinium pentagonum GRAN, pp. 185 et 190. 1907. Peridinium pentagonum PAULSEN, p. 18, fig. 1911. Peridinium pentagonum MANGIN, p. 28, fig. 15, et pl. [, fig. 1oet 11.
Nous prenons pour type de notre section des Cavozones, le er. pentagonum de GRAN, à cause de ses grandes dimensions et de la complexité de sa forme.
CARACTÈRES. — Forme cavozone, sinistrogyre, à sillon transversal perpendiculaire à l’axe polaire.
L'axe longitudinal et l'axe transversal sont sensiblement de mêmes dimensions.
L'axe antéro-postérieur est beaucoup plus petit, à cause de l'inflexion de la face ventrale qui fait que cette partie, qui est déprimée, rentre en quelque sorte dans le dos. En vue faciale, la forme du corps est vaguement pentagonale; deux côtés formés par la silhouette du cône apical, les trois autres par celle du cône anti ipical dont les deux pointes inférieures, assez distantes et séparées par une dépression légère, démarquent le troisième. Même aspect naturellement de la silhouette dorsale.
Le cône apical comprend les quatorze plaques réglementaires. Des quatre plaques terminales, la frontale, en avant, et l'occipitale, en arrière, ont un grand développement latéral, en harmonie avec l'extension du cône dans cette direction. Les deux autres ont, par contre, une faible largeur, en raison du faible développement antéro-postérieur du corps. Les trois plaques intermédiaires et les sept équatoriales ont des dimensions et une distribution harmoniques avec les terminales et avec la conformation spéciale du cône. Celui-ci, vu en section, offre, en effet, un aspect bilobé, causé par l'inflexion de la région ventrale; les deux lobes sont inégaux. Celui de droite est plus grand, plus arrondi, plus replet; celui de gauche est plus petit, plus étroit et présente, vers l'avant, une pointe presque aiguë.
Le cône antapical a deux sommets se profilant à une assez grande distance l’un de l’autre, mais séparés par un sinus peu profond, marqué lui-même d’une légère protubérance au milieu. On y observe les sept plaques d'ordonnance, sans compter celle qui constitue le sillon ventral. Celui-ci se déploie dans une profonde dépression et aboutit, en s'élargissant, sous le sommet antapical.
La ceinture est cavozone, c'est-à-dire creusée en gouttière dans le corps même de l’objet. Elle est, en outre, sinistrogyre et sans inclinaison marquée sur l'axe polaire.
Les ailettes zonales sont solidaires des plaques équatoriales dont elles portent la trace des lignes suturales; elles présentent, en outre, des détails de structure plus compliquée que celle observée chez les Planozones.
La coque toute entière est plus ou moins fortement burinée à l'extérieur, décorée d'un réticulum irrégulier, relevé ou non de ponctuations aux nœuds des
petites mailles.
FiGures. — Les figures 46 à 50 sont empruntées à un même spécimen, dont les caractères spécifiques sont bien accentués. Dans le cône apical, les sutures sont simples ; elles sont dédoublées dans le cône antapical, mais leur étirement y est encore peu marqué.
Figure 46. Vue antapicale. On constatera la forme particulière de la section transversale, la disposition propre des plaques dessinées en projection, l'aspect de l'ailette zonale inférieure.
Figure 47. Vue apicale offrant une section bilobée, dont la partie de gauche est notablement plus petite, plus aiguë que celle de droite, plus ample, plus obtuse. On notera la forme et la distribution des plaques, notamment la largeur relative des deux plaques frontale et occipitale, qui aboutissent au sommet du cône, l’une, en avant, l’autre, en arrière, et l’étroitesse particulière des deux
autres plaques terminales, qui regardent les expansions lobées du cône. Les plaques équatoriales, qui sont directement en connexion avec elles, participent au même caractère.
Figure 48. Vue dorsale donnant, comme la figure 50 qui est ventrale, l'aspect pentagonal en silhouette, dont l'espèce tire son nom. On y vérifiera en même temps la forme cavozone du sillon transversal. Celui-ci forme, en effet, une dépression semi-lunaire, en section, qui entame le corps de l'objet, au contraire du sillon des formes planozones qui ne déprime pas le corps à son niveau, mais est plutôt déterminé par la seule saillie des ailettes qui le bordent.
Figure 49. Vue de profil gauche. À remarquer que le sillon est normal à l’axe polaire et que les plaques latérales du cône apical sont rejetées en avant.
La direction sinistrogyre de la ceinture y est aussi rendue palpable, par le profil, à un niveau supérieur, du côté gauche vis-à-vis du côté droit de cet élément.
Figure 50. Vue faciale ou ventrale. Cette vue synthétise presque tous les éléments d'analyse de l'espèce. Forme pentagonale, cavozone, sinistrogyre, à ceinture normale sur l'axe polaire. |
On pourra noter, en outre, que les deux légères saillies antapicales sont terminées se un mucron plein, dont l'accentuation plus où moins prononcée est sans doute un effet de l’âge des individus.
OBSERVATIONS. — Les figures de GRAN, reproduites par PAULSEN, sont bien représentatives des principaux caractères de l'espèce. IT n'en est pas de même de celles de MANGIN, que nous n'avons signalées qu'avec doute dans les données bibliographiques. Il présente la forme comme légèrement dextrogyre, alors qu'elle est sinistrogyre d'une façon très accusée. Il est vrai que cet auteur paraît brouillé avec la direction de cet organe; nous en avons déjà fait la remarque à propos d’autres espèces, 2er. oceanicurr, notamment.
Au demeurant, Per. pentagonuwm est une espèce bien caractérisée que l’on ne saurait être exposé à confondre qu'avec certaines formes de er. conicum, dont les caractères, assez variables selon nous, pourraient parfois donner le change, si l’on ne prenait soin d'en bien repérer les points essentiels.
DISTRIBUTION. — Peridintum pentagonum s'observe souvent dans nos échantillons, sans que nous ayons songé à noter l'époque saisonnière de sa plus | grande abondance. Elle y est bien dans son habitation normale, sans qu'elle s’y traduise jamais autrement qu'en spécimens clairsemés et en mélange avec d’autres espèces variées.
Peridinium excentricum PAULSEN.
(PI. XVIL, fig. 1à 7.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE,
1905. Peridinium decipiens VAN BREEMEN, P. 43, fig. 12 — non JORGENSEN. 1907. Peridinium excentricum PAULSEN, p. 14, fig. 17.
CARACTÈRES. — Forme discoïdale, aplatie, cavozone, légèrement sinistrogyre, ou à ceinture presque circulaire et fortement inclinée en arrière sur l'axe polaire, si l'on fait passer celui-ci, comme il convient, par les sommets des deux cônes, qui sont en discordance de direction vis-à-vis du plan transversal.
Le cône apical est très déprimé, particulièrement du côté dorsal. Il ne s’érige un peu que du côté ventral, pour y former un bec peu saillant. C'est de ce côté seulement que l'on remarque la tabulation, sur les objets qui n'ont pas été soumis à des manipulations préalables. La plaque frontale est en forme de losange étroit et l'on distingue très bien les autres plaques contiguës à celle-là du côté ventral, mais les sutures des plaques postérieures ne sont pas directement discernables des granules du protoplasme sous-jacent. Elles ne deviennent observables que si l’on prend soin de débarrasser d’abord la cuirasse de son contenu protoplasmatique par macération. On observe alors que la plaque médiane des trois intermédiaires est fort distendue et présente même parfois une sorte de confluence avec la troisième intermédiaire, celle de droite.
Le cône antapical est un peu moins déprimé, particulièrement du côté gauche, où il se forme comme un pied excentrique, court et où son sommet se trouve.
La ceinture est cavozone, et si elle n'est pas manifestement sinistrogyre, cela tient à la configuration du corps, qui est très aplati dans le sens de l'axe polaire.
Les ailettes zonales ont les caractères que ces organes revêtent dans les autres espèces de la mème section, mais avec des nuances dificiles à décrire, qui sont cependant révélatrices de l'espèce pour quiconque s’en est pénétré.
La coque est couverte d’un fin réticulum relevé de ponctuations.
Les lignes suturales se dédoublent aussi avec la croissance de l'individu.
Fiqures. — Figure 1, planche XVII. Aspect ventral d'un individu dont les sutures sont simples. Elle montre les deux cônes excentriques, aplatis, séparés par le sillon transversal qui est creux et légèrement sinistrogyre. Le sommet apical est rapproché du côté ventral, l'antapical est fuvant vers le côté dorsal; particularité qui apparaît mieux dans les autres dessins. On remarquera la sorte de protubérance excentrique, développée inférieurement du côté gauche. Dans le cône supérieur, on distingue nettement les sutures des plaques dont la frontale est losangique.
Figure 2. Vue latérale droite, un peu inclinée vers le devant, pour marquer le caractère légèrement sinistrogyre de la forme. Cet aspect rend bien compte de l’excentricité des deux sommets et met aussi en relief le prolongement à bord pectiné du côté antapical gauche, en même temps que la dépression profonde de la partie postérieure du cône apical.
Figure 3. Vue apicale, avec les détails de la tabulation. On voit que la section transversale du corps est circulaire, un peu réniforme, bordée par les ailettes zonales qui ont une texture dense, un peu différentes de l'aspect qu'elles présentent ailleurs.
On pourra remarquer les traits suivants de la tabulation. Les plaques antérieures sont petites en regard des postérieures; l’occipitale est particulièrement grande et beaucoup plus grande encore la médiane des trois intermédiaires, qui lui est contiguë. Celle-ci entre souvent en concrescence avec l'intermédiaire de droite, en ce sens que la ligne de suture qui devrait les séparer normalement n'existe pas. Des sept plaques équatoriales, trois seulement sont développées du côté
[e2] NI
droit, les quatre autres occupent le côté gauche, ce qui établit une ligne de suture en pleine région dorsale.
Figure 4. Vue antapicale, avec son sillon ventral longuement développé vers le sommet organique de ce cône. La tabulation y est nor male.
Figure 5. Vue dorsale montrant la dépression, visible aussi sous cette incidence, causée du côté inférieur par le sillon ventral et bordée du côté gauche par une protubérance coupée à pic du côté interne.
Figure 6. Position qu'il faudrait donner au sujet pour que son axe polaire fût vertical. On peut juger par là de l'inflexion en arrière du sillon transversal. C'est à notre connaissance la seule espèce de Perrdinrium présentant ce caractère d'une façon aussi prononcée. La vue est latérale, gauche.
Figure 7. Vue dorsale, oblique, permettant de mieux apprécier la forme du sinus antapical en le présentant sous l'incidence la plus favorable à l'examen.
OBSERVATIONS. — Les figures au trait de PAULSEN sont bien représentatives des principaux caractères de l'espèce. Bien que les détails aient été laissés dans l'ombre, nous n'avons pas hésité à reconnaître, sous ces traits, la forme que nous connaissions depuis 1903, bien avant que VAN BREEMEN l'ait signalée. Ses caractères tranchés en font une très bonne espèce, aussi facile à reconnaître qu’à distinguer de toute autre
Remarquons toutefois que, à notre avis, PAULSEN a eu tort de la classer dans le sous-genre ÆProtoperidinium BERGH. C'est une espèce cavozone, à ceinture circulaire, mais à tendance sinistrogyre, qui aurait dû trouver sa place dans le sous-genre Æuperidinium GRAN. Nous n’hésitons pas à la ranger parmi nos Cavozones, dont c'est l’un des meilleurs types.
DISTRIBUTION. — Peridintium excentricum est une espèce plutôt rare dans les eaux de la Mer flamande. C’est dans un échantillon du West-Hinder (3 novembre 1903) que nous l'avons repérée pour la première fois. Elle était là en nombre
assez limité d'exemplaires. Dans la suite, elle s’est montrée inconstante et n'a plus fait que de rares apparitions, en spécimens très clairsemés.
Peridinium conicum GRAN.
(PI. XVII, fig. 8 à 22.)
1902. Peridinium conicum GRAN, pp. 185 et 180, fig. 14.
1907. Peridinium conicum OKAMURA, pl V, fig. 36.
Il existe, crovons-nous, entre En formes de Peridinium décrites et interprétées par différents auteurs, — . . divergens, d'après PAULSEN, mais non pour nous, ler. crassipes Koroïp, Per. pe ou Per. divergens var. contcurm GRAN,
[8S) Co
dont OSTENFELD a fait Per. conicum simplement, — des analogies qui dissimulent insuffisamment des modifications légères de la forme pour ne pas être tenté de les prendre pour des modalités d'un mème type spécifique. Nous ne pouvons-nous défendre de les tenir en suspicion, à défaut de renseignements plus précis sur leurs caractères spécifiques propres.
C'est que, même dans les limites étroites de la Mer flamande, des formes analogues se présentent et se coudoient constamment, qui laissent planer un doute sur leur diversité spécifique, malgré l'impression d'identité générale qu'elles laissent dans l'esprit.
Si l'on tient compte des différences d'aspect que peuvent introduire en elles l'âge, la saison, le milieu spécial où elles s’agitent, on se demande à quelles limites peuvent s'arrêter les modifications du type sans franchir les frontières d'un type voisin.
Jusqu'à plus ample information, nous tenons pour appartenir au type Zer. contcum les formes sinistrogyres, cavozones, à ceinture oblique, inclinée en avant, sur l'axe polaire, à face ventrale plus ou moins déprimée, à section transversale plus où moins largement réniforme et à cône antapical plus où moins profondément bifurqué en deux cornes creuses, larges, trapues.
CARACTÈRES. — Pour en préciser davantage les caractères, prenons comme exemple le spécimen des figures 8 à 13.
Forme cavozone, sinistrogyre, à ceinture inclinée en avant sur l'axe polaire qui est plus long que le transversal et surtout que le dorso-ventral. Le cône antapical est bifurqué en deux cornes coniques séparées par un sinus assez ouvert et profond. Le cône apical est en forme de cône émoussé au sommet et présente ses plaques disposées en séries convergentes de la base au sommet.
L'examen des figures nous permettra de pointer les autres caractères secondaires, sur les dessins bien orientés pour les présenter avec un maximum d'évidence.
FiGures. — Figure 8. Vue sagittale, parallèle conséquemment à l'axe polaire. On remarquera la forme, creusée en gouttière, de la ceinture, sa direction sinistrogvre, son obliquité sur l'axe polaire. On notera également la forme losangique de la plaque frontale et les deux cornes coniques qui se partagent le sommet de l'axe antapical. La coque est décorée d'un réticulum dont les mailles sont orientées suivant le sens longitudinal de l’objet.
Figure 9. Vue antapicale, réniforme, plus ou moins profondément lobée suivant l’accentuation de l’aplatissement antéro-postérieur.
Figure 10. Vue apicale du même individu, montrant les plaques disposées en séries convergentes vers le sommet. La forme de la coupe transversale n’est pas sans analogie avec celle de Per. pentagonum, mais le lobule gauche n'est pas aussi aigu et n'entraîne pas avec lui l'étroitesse des plaques latérales.
Figure 11. Vue dorsale de l'objet orienté parallèlement à son axe polaire. La ceinture apparaît ainsi relevée, de ce côté, vers le sommet apical, ce qui prouve son inclinaison sur l'axe.
Figure 12. Vue de profil droit. L'inclinaison de la ceinture vers le devant est ici tangible.
Figure 13. Vue de profil gauche, un peu inclinée à dessein vers le côté ventral, pour montrer la différence de niveau des deux bouts de la ceinture et afhrmer davantage la direction sinistrogyre de cet organe.
On remarquera que les figures 12 et 13 mettent l'axe polaire en position verticale.
La figure 14 présente de face, non plus parallèlement à l'axe polaire, mais perpendiculairement au plan de la ceinture, un autre spécimen d’un facies morphologique apparemment différent. Il a un aspect plus turgide, plus renflé, ses lignes suturales sont dédoublées et la capsule est couverte de ponctuations égales. Et cependant 1l est pour nous du même type que le précédent. Car la ceinture est encore oblique sur l'axe polaire, comme il apparaît dans la vue latérale gauche de la figure 15, et la coupe transversale, quoique de forme plus arrondie (fig. 16), ne diffère pas essentiellement de celle du spécimen présenté d'abord.
La figure 17 affecte encore une autre physionomie — le spécimen est aussi placé perpendiculairement au plan de la ceinture. Sous des dimensions un peu plus grandes, 1l présente un contour d'un module un peu différent et la sculpture réticulée, qui orne la capsule, rappelle l'ordonnance générale de celle du premier.
En fait, bien que nous n'en n'ayons pas figuré tous les aspects, il traduirait ‘également toutes les notes que nous portons au signalement du type spécifique.
La figure 18 est d'un individu un peu plus petit, plus efflanqué et présenté de vue ventrale sous la même incidence que les deux derniers (fig. 14 et 17). Les sommets antapicaux sont plus amincis, par le fait de l’incurvation des lignes latérales du sujet. Si l'on met en regard la figure 19, qui le présente de profil latéral gauche, on se rend compte à nouveau de l’obliquité du sillon transversal sur l'axe polaire.
La figure 20 est d’un spécimen plus petit encore, aux contours extérieurs limités par des lignes droites et prenant de ce chef un caractère différent des autres, d'autant plus prononcé que les extrémités des cornes antapicales sont légèrement divergentes. De fines ponctuations couvrent toute la cuirasse.
La figure 21 est d'un spécimen analogue, un peu plus grand, à sutures dédoublées, présenté en vue latérale droite.
La figure 22, enfin, en reproduit un semblable en vue ventrale.
OBSERVATIONS. — Nous aurions pu multiplier davantage ces exemples, si nous n'avions appréhendé la multiplication de nos planches. |
Mais, dans la mesure apportée, l'uniformité du type ne se retrouve-t-elle pas sous des dehors apparemment dissemblables? C'est notre conviction jusqu'ici et c’est pourquoi nous prenons toutes ces modalités pour des variantes sans valeur taxonomique.
Si l'on pouvait suivre ces entités diverses à travers tout leur cycle évolutif, peut-être y saisirait-on des motifs de les distinguer, si non comme des espèces, du moins comme des variétés rendues dignes de ce nom par la transmission de leurs caractères. Nous y reviendrons peut-être un jour, pour les scruter à ce point de vue. En attendant, nous les tenons provisoirement pour de simples modalités du type spécifique Peridintum conicum, que nous avons défini plus haut.
C'est encore à ce type, entendu dans le sens large qui résulte des explications antérieures, que nous croyons pouvoir rattacher les spores reproduites planche XXI, figures 24 et 25, et que nous trouvons fréquemment à l'état isolé dans nos échantillons.
Celle de la figure 24, à membrane épaisse et à contenu protoplasmatique, est d'une spore mûre, arrivée au terme de son développement. Celle de la figure 25
est d'une spore stérile, frappée d'arrêt de développement dans le cours de son évolution et se présentant sous la forme d'un cytoderme vide, souvent déformé par plasmolvse, que sa légèreté tient en suspension dans les flots.
La forme bilobée de leur partie inférieure rappelle, en effet, en l’atténuant, la silhouette antérieure de cette espèce.
Nous ne nous demandons pas si Per. divergens EHRENBERG, d'après PAULSEN, et Per. crassipes Koroïp diffèrent essentiellement du type contcum. Ces formes paraissent étrangères au milieu de la Mer flamande et les éléments iconographiques, que nous en connaissons, nous paraissent trop peu précis et trop limités pour pouvoir se passer de l'observation personnelle des objets visés.
Nous n'évoquons pas ici les figures que nous avons rapportées dubitativement à cette espèce dans notre travail de 1910. Ces figures sont trop individuelles pour y chercher des éléments d'appréciation.
DISTRIBUTION. — Sous ses multiples aspects, cette espèce, assurément polymorphe, se rencontre abondamment dans le plankton de la Mer flamande.
Il est peu d'échantillons de pêche qui n'en présentent des spécimens variés.
Elle mériterait plus d'attention que nous ne pouvons lui en accorder ici. Aussi nous proposons-nous d'en reprendre l'étude plus tard pour chercher à débrouiller le mystère de son polymorphisme en comparant ses manifestations morphologiques pendant le cours d'une ou de plusieurs années, dans un même lieu de pêche, au West-Hinder, par exemple, où des pèches planktoniques se pratiquent, de semaine en semaine, depuis le commencement de l'exploration scientifique de cette partie de la mer du Nord.
Peridinium conicoïdes PAULSEN.
(Pl. XVIL, fig. 23431.)
BB ETO'GRAMPIETEE
1905. Peridinium conicoïdes PAULSEN, p. 3, fig. 2. 1910. Peridinium conicoïdes MEUNIER, p. 39, pl. I, fig. 31 à 34.
CARACTÈRES. — Forme sensiblement isodiamétrale, d'aspect antérieur rhombique, à bords légèrement convexes, à ceinture cavozone, légèrement sinistrogyre ou presque circulaire et perpendiculaire sur l’axe polaire, à cône antapical faiblement partagé au sommet en deux lobules égaux, pointus, séparés par un sinus courbe et peu profond. Cytoderme paraissant lisse à première vue, mais réellement couverte d'un fin réticulum que l'action de l’iode met en évidence.
FIGURES. — Figure 23, planche XVII. Vue ventrale d'un spécimen. Abstraction faite de la bifurcation de la partie inférieure, la forme est quadratique, à côtés légèrement convexes. La ceinture est creuse et légèrement sinistrogyre. Le cône apical est sensiblement symétrique à l’antapical. La plaque frontale est
losangique et la tabulation normale. Le cône inférieur est divisé à son sommet en deux lobules courts, pointus, séparés par une faible dépression concave.
Figure 24. Vue de profil droit du même, montrant la direction perpendiculaire sur l'axe polaire du plan de la ceinture. Ce spécimen présente des sutures doubles.
Figure 25. Vue apicale d’un autre individu, dont les lignes suturales sont simples. Elle permet de constater, par sa forme arrondie, que le diamètre latéral diffère peu de l’antéro-postérieur. La tabulation, figurée en projection sur le plan équatorial, ne présente rien de particulier à noter, les ailettes zonales non plus.
Figure 26. Vue antapicale d'un autre individu encore, avec les particularités d'aspect que l'espèce présente de ce côté. La tabulation compte les sept plaques réglementaires.
Figure 27. Vue de profil gauche, un peu oblique vers l’avant, pour marquer que le sillon transversal est à peine spiralé, conséquemment à peu près circulaire, comme le montre la position respective des deux bouts antérieurs de cet organe.
Figure 28. Vue ventrale. On remarquera la forme plus élégante du corps qui, d’ailleurs, présente tous les caractères propres à l'espèce.
Figure 29. Vue ventrale prise un peu d'en dessous pour mettre en évidence la courbe du bord gauche du sillon ventral. Cette courbe est un bon caractère extérieur du type conicoides. ‘
Figure 30. Autre spécimen à axe polaire un peu plus long que de coutume, mais ‘offrant, néanmoins, les notes spécifiques déjà signalées dans les pr écédentes figures.
Figure 31. Vue apicale encore d'un autre sujet, à sutures simples, destinée à montrer le peu de variabilité de ce type spécifique.
OBSERVATIONS. — Nos figures actuelles concordent adéquatement avec celles empruntées à des spécimens trouvés dans le nord de la mer de Barents et reproduites dans notre publication de 1910. La présence de cette espèce dans la Mer flamande prouve que son aire d'habitation est plus vaste que ne le supposait PAULSEN.
DISTRIBUTION. — Le Peridinium conicoides est aussi une bonne espèce de la Mer flamande. On l'y trouve cependant beaucoup moins fréquemment et en bien moindre quantité que l'espèce conicum. Quand il lui arrive d'être en société d'autres espèces de dimensions sensiblement égales, il ne suffit pas toujours d’un examen Cursif et rapide pour la reconnaître. Il faut, au contraire, s'attarder à lui faire prendre, sous le couvre-objet, les positions aptes à mettre au jour ses particularités spécifiques.
Peridinium punctulatum PAULSEN.
(PI XVI Hp. 324035.) BIBLIOGRAPHIE.
1907. Peridinium punclulalum PAULSEN, p. 19, fig. 28.
CARACTÈRES. — Forme cavozone, légèrement sinistrogyre, plus large que haute, à extrémité antapicale courbe, déformée seulement du côté ventral par la dépression du sillon longitudinal, lequel est profond mais peu large.
Le cytoderme est uniformément couvert de fines ponctuations serrées qui y simulent comme une sorte de velours.
FIGURES. — Figure 32. Vue ventrale d'un spécimen de dimensions normales.
On remarquera de peu d'élévation des deux cônes et conséquemment la réduction de l’axe polaire vis-à-vis de l’axe latéral qui est ici le plus grand.
Le sillon transversal est creux, à peu près circulaire et transversal à l'axe polaire. Le cône apical est peu profilé en hauteur, son sommet est peu saillant; il se profile comme un toit à deux directions de versant.
Le cône antapical est aussi déprimé, tronqué au sommet, arrondi en deux parties aux côtés de la dépression ventrale et exempt de toute proéminence à l'extérieur.
L'orifice oral, qui se trouve au fond de l’échancrure ventrale, se voit par transparence en dessous de la saillie gauche qui limite ce sillon.
La coque toute entière, à part la surface des sillons transversal et ventral, est semée de ponctuations modérément saillantes et très rapprochées de manière à lui donner l'aspect velouté, dont on voit l'évocation dans le nom de punctulatumn, que PAULSEN lui a judicieusement donné.
Figure 33. Vue apicale. La tabulation, tout en étant normale au point de vue du nombre des plaques, est remarquable par le grand développement de la plaque terminale postérieure, celle que nous appelons occipitale. Sa forme particulière rejette du côté gauche deux des trois plaques intermédiaires et, par solidarité, quatre des sept plaques pré-équatoriales.
C'est là un caractère qui renforce la spécificité de la forme, contre l'opinion de ceux qui n'y verraient qu'une modalité d'un autre type connu.
Les ailettes zonales sont aussi dotées de caractères différentiels. Nous en donnons un aspect dans la même figure
Figure 34. Vue antapicale, d'aspect réniforme arrondi, montrant l’étroitesse - relative du sillon ventral et l'orifice oral partiellement caché sous le repli que le corps dessine du côté gauche. Le sommet du cône est dépourvu de tout prolongement ou appendice.
Figure 35. Profil gauche, donnant une idée très nette de la courbe régulière que décrit le sommet du cône antapical, vu sous cette incidence.
La légère obliquité du profil vers la face antérieure permet de constater le
faible écart de niveau entre les deux bouts du sillon transversal. Quant au plan décrit par ce sillon, il est bien perpendiculaire à l'axe polaire.
OBSERVATIONS. — Nous croyons inutile de multiplier les figures. Les caractères individuels s'observent peu entre les sujets de ce type. Seules les dimensions acquises et le dédoublement des sutures peuvent intervenir comme variantes, modifiant légèrement l'aspect, sans parvenir à altérer le moins du monde les caractères classiques mentionnés ci-dessus.
Nous connaissons cette espèce depuis 1902, alors que nous avons commencé à prendre connaissance des produits de pêches planktoniques réalisées dans la Mer flamande. Dans les listes de dépouillement des échantillons, nous l'avons indiquée sous le vocable indéterminé de spectres, n’en ayant trouvé encore aucune indication bibliographique. Ses caractères sont assez marqués pour ne pas prêter à confusion avec aucune autre espèce du même groupe des cavozones. Le signalement qu’en donne PAULSEN est bien incomplet; mais, malgré ses défectuosités, il suffit à la faire reconnaître.
DIsTRIBUTION. — Cette forme apparaît fréquemment et parfois en grande abondance dans nos échantillons. Nous n'avons pas repéré les époques saisonnières où sa fréquence est la plus grande, mais nous nous rappelons très bien l'avoir surtout remarquée dans les produits des croisières du mois d'août et aussi en octobre, dans les pêches du West-Hinder.
Peridinium subinerme PAULSEN.
(PI. XVIL fig. 36 à 40.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1904. Peridinium subinermis PAULSEN, p. 24, fig. 10.
1905. Peridinium conicum var. VAN BREMEN, p. 43, fig. 11. 1907. Peridinium Subinermis PAULSEN, p. 18, fig. 26 et 27.
1910. Peridinium subinerme MEUNIER, p. 40, pl. IL, fig. 43 et 44.
CARACTÈRES. — Forme isodiamétrale, globuleuse, formée de deux cônes symétriques séparés par un sillon creux, à peine spiralé à gauche et à plan zonal perpendiculaire sur l'axe polaire. Cuirasse couverte d’un réticulum plus ou moins accusé.
Précisons ces caractères généraux, trop peu expressifs en eux-mêines, en les particularisant dans les figures représentatives d'objets observés.
FiGurEs. — Figure 36. Vue ventrale d’un exemplaire calé perpendiculairement à son axe dorso-ventral. La forme du corps est rendue globuleuse par la convexité des limites périphériques. Le cône apical est terminé en pointe peu
saillante. Le cône antapical est arrondi au sommet suivant une courbe un peu défléchie du côté gauche. La ceinture est creuse, et à peu près circulaire, à peine légèrement spirale-sinistrogyre. Le sillon ventral, étroit dans le tiers supérieur de son parcours, s'élargit brusquement dans la partie inférieure, où deux très petites pointes, visibles du côté ventral seulement, marquent ses limites vers le sommet du cône antapical.
C'est vraisemblablement à ce détail que PAULSEN a fait allusion dans la désignation spécifique qu'il lui a attribuée.
Figure 37. Vue dorsale d’un autre spécimen, montrant la courbe un peu irrégulière du sommet antapical, sans qu'apparaissent les deux pointes dont il vient d'être question.
Figure 38. Vue apicale, montrant la tabulation qui n'a rien d’anormal. On voit que la coupe transversale est à peu près circulaire, rendue toutefois un peu réniforme par la rentrée ventrale, que l'on observe chez la plupart des espèces cavozones.
Figure 39. Vue antapicale, où l'on pourra repérer la tabulation normale et l'aspect, en projection, d’une des aïlettes de la ceinture.
Figure 40. Vue latérale gauche. Cette figure montre à l'évidence la perpendicularité respective des axes, la forme globoïde de l'objet et la courbure du cône antapical, à son sommet.
OBsERVATIONS. — Cette espèce ne se traduit pas par des caractères susceptibles d'accrocher l'attention de l'observateur. Il faut s'y arrêter, l’examiner, lui demander en quelque sorte ses papiers d'identité, si l'on ne veut pas la confondre avec d’autres, avec lesquelles elle a des afhinités d'aspect.
DisrriBurioN. — Nous ne la connaissons dans nos eaux que des pêches pratiquées dans l’Escaut, à Walsoorden, et dont Van HEuURCK, qui les avait effectuées, a bien voulu nous passer des échantillons. De ce chef, elle nous paraît saumûtre.
Peridinium deficiens sp. nov.
(PI. XX, fig. 5 à 8.)
CARACTÈRES. — Forme cavozone, légèrement sinistrogyre, sensiblement isodiamétrale, à ceinture perpendiculaire à l’axe polaire.
La tabulation du cône apical serait normale, si la concrescence de la plaque frontale avec la terminale de droite, sa voisine, ne réduisait le nombre des plaques à treize. Cette forme manque done morphologiquement d'une plaque. C'est ce qui nous suggère le nom de deficrens que nous donnons, tout en l'inserivant au nombre des Peridinium vrais, dont elle présente du reste tous les autres caractères.
Croyant d'abord à une anomalie accidentelle, nous avons examiné de nombreux exemplaires, qui nous ont invariablement présenté la même particularité. La plaque frontale, ainsi anormalement agrandie aux dépens d'une de ses
voisines, prend une forme excentrique, limitée d’un côté par une ligne sinueuse.
Le cône antapical est arrondi à son sommet et ne présente aucun appendice.
Le sillon ventral est assez étroit et ne prend une certaine ampleur qu'à la base du sujet.
La sculpture du cytoderme est aussi particulière. Elle est creusée de petits trous assez espacés, de pores apparemment, sans qu’un réticulum se dessine extérieurement.
La forme est assez grande, la cuirasse résistante.
On en verra le signalement plus précis dans les reproductions suivantes.
FiGures. — Figure 5, planche XX. Vue faciale d'un spécimen de dimensions moyennes, à axe polaire un peu plus long que les deux autres.
La ceinture est creuse et légèrement sinistrogyre. Le sillon ventra l est assez étroit sur la plus grande partie de son parcours et ne s'élargit qu'au voisinage du sommet antapical. On remarquera surtout que la plaque frontale est fusionnée avec la terminale qui lui est contiguë, du côté droit, et que le tout petit sillon, dans lequel s'épanouissent les deux côtés terminaux de cette plaque et qui aboutit à la protubérance apicale, plonge actuellement dans la plaque agrandie, sans se raccorder à ses bords comme de coutume.
C'est en cela que gît le caractère spécifique de cette forme.
Le sommet antapical est courbe et n’est surmonté d'aucune protubérance ni d'appendice d'aucune sorte.
Figure 6. Vue apicale du même, en projection sur la coupe transversale.
Cette coupe optique est largement réniforme et prend plus d'ampleur dans le côté droit que dans l’autre.
On se rendra bien compte sur cette figure de l'absorption, par la plaque ventrale, de sa voisine de droite et l’ indépendance du petit sillon terminal qui plonge au milieu supérieur de cette plaque, sans en constituer les deux bords terminaux.
Malgré cette anomalie, nous ne croyons pas devoir distraire cette forme aberrante du genre Peridinium, dont elle présente tous les autres caractères et garde la physionomie. Mais nous soulignons cette particularité dans le nom que nous lui attribuons.
Figure 7. Vue antapicale, à tabulation normale.
Figure 8. Vue de profil droit destinée à compléter les indications morphologiques.
On remarquera encore une fois l'absence de la quatrième plaque terminale qui est comme fusionnée avec la frontale. On constatera, une fois de plus, la courbure inférieure de l’objet, en même temps que l'absence d'inclinaison du sillon transversal sur l’axe polaire.
OBSERVATIONS. — (Jue cette forme ne soit pas réductible à l’une des espèces déjà vues et présentant également un sommet apical arrondi, 2er. punctulatun, Per. subinerme, malgré certaines analogies d'aspect, cela résulte à l'évidence des caractères que nous avons mis en relief chez chacun de ces types.
DisTRIBUTION. — Cette espèce peut être considérée comme exceptionnelle dans la Mer flamande. Nous ne l'avons trouvée en spécimens nombreux que dans un échantillon de la croisière du mois d'août 1911, qui nous a permis de constater
aussi, pour la première fois, la présence du Ceratium tripos dans les eaux belges.
Nous devons présumer que ces deux espèces, Perrdinium deficiens et Ceratium tripos, sont entrées accidentellement dans nos eaux par la même voie. Quelle est celle-ci? Nous l'ignorons; mais il importe de signaler le fait pour en rechercher la cause; il indique peut-être une condition anormale de l’état de la mer sur nos côtes, à cette époque.
Peridinium nudum sp. nov.
(PI. -XNIIL, fig. ra
CARACTÈRES. Forme globuleuse, un peu plus haute que large, cavozone, sinistrogyre, à lon transversal perpendiculaire sur l'axe polaire, remarquable par l'étroitesse de la plaque frontale et l'aspect faiblement bilobé du cône antapical.
Le cône apical est arrondi au sommet et terminé par une pustule très courte.
La tabulation y est régulière, elle ne présente de remarquable que la plaque frontale qui est relativement étroite.
Les ailettes zonales sont très étroites, rudimentaires et manquent de la striation ordinaire à ces organes.
FiGures. — Figure 1. Vue faciale, rendue globuleuse par la convexité générale des lignes du pourtour. Le cône apical est hémisphérique, un peu surhaussé et terminé par une très courte protubérance. A signaler la forme losangique, étroite, de la plaque frontale. Le sillon transversal est creux et sinistrogyre.
Le sillon ventral est resserré en haut, plus épanoui en bas, où il dessine un sinus arrondi, visible même du côté dorsal. On remarquera encore la faible saillie des ailettes zonales.
Figure 2. Vue de profil droit, montrant la disposition perpendiculaire du sillon transversal sur l'axe polaire. On notera aussi la forme courbe du cône antapical, vu sous cette incidence, et l'égalité des diamètres horizontaux.
Figure 3. Vue dorsale; on y repèrera la disposition des plaques de ce côté, pour en constater la régularité propre au type Peridinium.
Figure 4. Vue antapicale, avec la coupe optique de la ceinture, qui est rendue un peu réniforme par la dépression de la face ventrale.
Figure 5. Vue apicale, donnant le même aspect de la coupe transversale et permettant d'y contrôler la tabulation. On remarquera que les ailettes zonales, qui sont fort étroites, ne sont pas striées. Leur aspect homogène les rend diffcilement discernables aussi bien de face que de profil.
L'espèce est couverte d'un très fin réseau à mailles incomplètes et à direction longitudinale.
DISTRIBUTION. — Cette espèce assez fruste de Perrdinium, que nous appelons nudum, à cause de sa forme simple et de l'absence d'appendices susceptibles d'en rehausser l'aspect, nous a paru assez rare dans les échantillons de la Mer
flamande; peut-être est-ce le fait de son manque de caractères propres à fixer l'attention. Nous l'avons observée d'abord dans les produits de pêche du West- Hinder de septembre 1906, et nous l'avons dans la suite reconnue ailleurs, mais jamais en bien grande quantité.
Peridinium fimbriatum sp. nov.
(PI. XVII, fig. 6 à 10.)
CARACTÈRES. — Forme petite, d'aspect rhombique en vue ventrale, à sillon CTEUX, a ou très légèrement sinistrogyre et transversal à l'axe polaire.
Le cône apical est à bords rectilignes ou légèrement convexes.
Le cône antapical est à sommet courbe, un peu défléchi et surmonté d’une frange hvaline, dont la vue en coupe donne l'illusion d'une ou de deux spinules déplaçables suivant l'orientation de l’objet.
Les ailettes zonales, peu apparentes en coupe, deviennent manifestes quand elles sont vues de face. La cuirasse paraît exempte de sculptures.
FiGures. — Figure 6. Vue faciale ou ventrale. On remarquera que le sillon transversal est creux, presque circulaire, que le cône apical est à bords rectilignes ou même un peu concave, que le cône antapical est arrondi au sommet, mais qu'il est surmonté d’une frange semi-circulaire, imitant la dépression ventrale. Ce petit organe est difficile à voir si on ne le colore par l'iode. Mais coloré ou non, on le voit généralement en coupe et se profilant sous la forme d'une ou de deux petites spinules, dont le déplacement avec l'orientation de l'objet fait reconnaître la nature.
Figure 7. Vue latérale droite.
Figure 8. Vue de profil gauche; on remarquera, de même que dans la figure précédente, que la ceinture est perpendiculaire sur l'axe polaire. On notera aussi le profil de la frange inférieure.
Figure 9. Vue apicale, en projection sur la coupe optique transversale.
Celle-ci se montre presque circulaire. Quant au diagramme des plaques, il est conforme à celui des Perzdinium vrais, mais il est remarquable toutefois par l'étroitesse exceptionnelle de la plaque frontale.
Figure 10. Vue antapicale qui donne lieu à des observations similaires. La frange antapicale est trop hyaline pour pouvoir être figurée en projection.
OBSERVATIONS. — L'analogie de cette forme avec le Per. achromaticum LEVANDER, publiée par PAULSEN, en 1907, nous paraît très grande. La différence semble tenir principalement dans l'absence de frange antapicale dans cette dernière.
DisrRiBUTION. — Nous avons trouvé le Per. fmbriatum abondamment répandu dans les eaux de l’huîtrière de Nieuport et aussi dans le canal de l Yser, au voisinage des écluses de cette même localité, vers le mois d'août. Elle s 'accommode donc des eaux plus ou moins saumatres.
Peridinium divaricatum sp. nov.
(PI. XIX, fig. 55 à 58.)
CARACTÈRES. — Forme sensiblement isodiamétrale, cavozone, sinistrogyre, à plan zonal perpendiculaire sur l'axe polaire, à cône apical régulier, à cône antapical divisé en deux lobes pointus dont les sommets s'écartent ortement l'un de l’autre, au delà du sinus large et profond qui les sépare. C'est de cette forte divergence des sommets antapicaux que nous prenons le caractère que rappelle le vocable divar icatum, par lequel nous désigrons l'espèce.
Le cytoderme paraît dépourvu de sculptures.
FIGURES. — Figure 55, planche XIX. Vue ventrale, présentant presque tous les caractères de la forme.
Le sillon creux, sa direction sinistrogyre, la forme tétragonale de la plaque frontale sont toutes notes qui le différencient du Per . Grant, avec lequel il a certaine analogie d'aspect, par ses deux pointes M mais celles-ci sont rejetées plus en dehors et s'écartent davantage de l'axe longitudinal.
Figure 56. Vue dorsale d'un spécimen un peu plus petit, mais reproduisant les mêmes caractères.
Figure 57. Vue apicale, présentant bien les caractères des Cavozones. La forme de la coupe transversale se rapproche du cercle, les ailettes zonales sont bien apparentes quand elles sont vues ainsi de face.
Figure 58. Vue de profil droit, confirmant les caractères déjà suggérés par l'examen des autres vues. À noter, toutefois, la direction en avant des sommets antapicaux, Ce qui ajoute à leur divergence.
OBSERVATIONS. — Certaine confusion pourrait naître entre le Per. divaricatum et le Per. Granii, si l'on oubliait de prendre garde aux caractères différentiels, si faciles, toutefois, à constater. Dans le premier, le sillon est creux et sinistrogvre, la plaque frontale est à quatre côtés, les cornes antapicales sont rendues très divergentes, au delà d'un ressaut du sinus qui les sépare. C'est une forme cavozone. Dans l’autre, le sillon est plan et dextrogvre, la plaque frontale est à cinq côtés, les cornes inférieures ne se profilent pas vers l'avant. C'est une forme planozone. |
La figure reproduite par MANGIN, en 1913, figure 10, forme &, nous paraît présenter assez d’analogie avec notre 2er. divaricatumn, pour nous permettre de l'y rapporter.
DISTRIBUTION. — Nous tenons cette espèce de beaucoup d'échantillons prélevés soit au West-Hinder, en novembre, soit pendant les croisières du même mois, mais elle n'y est jamais abondante.
Peridinium Yserense sp. nov.
(PI. XIX, fig. 50 à 54.)
CARACTÈRES. — Forme à axe polaire beaucoup plus long que les deux autres qui sont sensiblement égaux. Les sommets de deux cônes sont ramenés en avant, ce qui rend le côté ventral, vu de profil, à peu près rectiligne. Le cône apical est surhaussé, à sommet obtus, la plaque frontale est losangique, les sutures sont généralement dédoublées, mais sans structure visible, de même que les plaques elles-mêmes qui nous ont toujours paru lisses, même après l’action de l'iode.
Le sillon transversal est creux, sinistrogyre, à ailettes non apparentes.
Le cône antapical est arrondi au sommet, plus développé du côté droit, et laisse voir deux spinules qui se prolongent en frange du côté postérieur, et semblent disparaître, comme spinules, sous certaine incidence, si l'on n'a pas pris soin de colorer la frange, dont ils ne sont qu'un effet d'optique.
FiGurEs. — Figure 50. Vue ventrale, montrant le grand développement de l'axe polaire vis-à-vis de l'axe transversal. On remarquera la forme surhaussée du cône apical et sa terminaison obtuse, le caractère cavozone du sillon transversal et sa direction sinistrogyre, la courbure excentrique du cône antapical, l'aspect spinuleux des franges qui la surmontent.
Figure 51. Vue de profil gauche. On y verra que les sommets des deux cônes sont ramenés en avant, ce qui rend la face antérieure beaucoup moins bombée que la face postérieure ou dorsale.
Figure 52. Vue dorsale, confirmant les particularités déjà relevées dans les vues précédentes.
Figure 53. Vue apicale, montrant les sutures dédoublées et habituellement non structurées, pas plus que les plaques elles-mêmes. La coupe transversale optique est à peu près circulaire et l’axe antéro-postérieur est au moins aussi long que le latéral. Les ailettes font défaut aux deux côtés de la ceinture.
Figure 54. Vue antapicale chez un spécimen dont les lignes de suture dédoublées sont marquées de nombreux traits transversaux, comme c'est généralement le cas dans les espèces du genre Peridinium.
Les spécimens reproduits sont d'assez grande taille, s'étant accrus proportionnellement à l'écartement des lignes de sutures dédoublées. Les exemplaires à suture simple sont plus petits mais plus rares dans nos échantillons.
DISTRIBUTION. — Nous tenons cette espèce des eaux légèrement saumâtres de l'Yser, près des écluses de Nieuport. Nous l'avons également rencontrée, mais en plus faible quantité, dans les eaux du bassin à flot de la même localité, qui ne sont pas en communication directe avec les eaux de l’Yser.
Tout le monde connaît maintenant ce minuscule cours d’eau sur lequel les Belges ont victorieusement tenu en échec les redoutables envahisseurs de leur pays. Nous voulons consacrer ce nom en l’attribuant à cette espèce pour laquelle nous trouverions difficilement une allusion symbolique de sa forme dans des objets généralement connus. |
Peridinium species.
(PI. XXI, fig. 26.)
Nous devons signaler en passant une forme probable de lerridinium trouvée très rarement dans nos échantillons marins et se présentant sous l'aspect géminé reproduit dans la figure 26 de la planche XXI.
Il s'agit d'une espèce cavozone, sinistrogvre, aplatie et toujours géminée, dont nous avons omis de repérer la tabulation, à cause de la difhculté d'en retrouver un spécimen lorsque nous avons dû procéder à la gravure du dessin que nous avions ébauché d’après nature.
La carapace en est lisse et dépourvue de piquants.
Cet organisme n'a donc rien de commun avec notre Awmylax catenata ou Gontaulax catenata des auteurs.
La rareté doit la faire considérer comme généralement étrangère à nos eaux. Nous ne la présentons qu’à titre documentaire.
A côté de ces espèces marines ou saumâtres, il ne saurait être inopportun de présenter certaines formes d’eau douce qui peuvent accidentellement se rencontrer dans les eaux saumâtres et qui présentent des variantes de détails qui n'entament pas la notion du type Peridinium.
A la vérité, les quelques espèces que nous allons examiner n'appartiennent pas à la Mer flamande, aussi les tenons-nous hors de notre exposé et passerons-nous légèrement sur leur analyse.
Peridinium tabulatum EHRENBERG.
(PI. XVII, fig. 11 à 16.) BIBLIOGRAPHIE.
1938. Peridinium tabulatum EHRENBERG, pl. XXII, fig. XXII.
1883. Peridinium tabulatum KLEBS, pl. I, fig. 22 à 24 et 28.
1883. Peridinium tabulatum STEIN, pl. XI, fig. 9 à 18.
1891. Peridinium tabulatum SCHILLING, p. 69, pl. ILL, fig. 20
1891. Peridinium tabulatum PÉNARD, p. 50, pl. IL, fig. 8 à e plie net; 1596. Peridinium tabulatum APSTEIN, p. 152, fig. 52.
1904. Peridinium tabulatum ENTZ, p. 15, fig. 7.
1913. Peridinium tabulatum SCHILLING, p. 34, fig. 38.
MICROPLANKTON DE LA MER FLAMANDK.
un
Les auteurs sont unanimes dans la désignation de cette espèce très répandue et connue depuis longtemps.
CARACTÈRES. — Forme assez grande, à trois axes inégaux et perpendiculaires.
Sillon transversal creux, sinistrogyre. Plaque ventrale débordant vers le haut le sillon transversal et rejetant vers le sommet apical la plaque frontale qui est tétragonale. Le cône apical, plus longuement développé que l'antapical, est à deux inclinaisons différentes, à partir des sutures supérieures des plaques équatoriales. Le versant supérieur est à angle obtus, l'inférieur se rapproche de la verticale
Le sillon ventral est peu déprimé. Assez étroit vers la ceinture, il s’élargit en bas pour se terminer au sommet déprimé du cône antapical. Celui-ci est dépourvu d’appendices ou présente deux petites protubérances dont l'une est souvent plus développée que l'autre.
La tabulation des deux cônes est conforme à celle du type Perrdinium.
La cuirasse est fortement réticulée.
FiGurEs. — Figure 11. Vue ventrale d'un spécimen bien différencié. Voir les caractères rappelés plus haut.
Figure 12. Vue dorsale du même.
Figure 13. Vue apicale, avec le diagramme de la tabulation en projection sur la coupe transversale optique. On voit que Îles plaques sont au nombre de quatorze et que leur distribution est conforme au tvpe normal. Les sutures sont dédoublées.
Figure 14. Vue antapicale, avec ses sept plaques réglementaires. On pourra remarquer que l'axe antéro-postérieur est très réduit, grâce à l’aplatissement ventral.
Figure 15. Vue ventrale d'un sujet plus jeune, à sutures simples.
Figure 16. Vue latérale gauche du même, montrant mieux encore l’aplatissement antérieur de la forme.
DISTRIBUTION. — Cette espèce est très commune dans les eaux stagnantes, mares et étangs. On la rencontre partout en Belgique.
Peridinium Willei HurrrerpT-Kaas.
(PI. XVIII, fig. 17 à 22.
1905. Peridinium Willei HUITFELDT-KAAS, p. 5, fig. 6 à 9. 1913. Peridinium Willei SCHILLING, p. 45, fig. 51.
CarACTÈRES. — Cette forme, analogue comme grandeur à la précédente, s'en distingue aisément par l'aspect ventral et particulièrement par la plaque frontale qui est à quatre côtés, mais forme un angle obtus vers le haut et confine de ce
côté aux deux plaques terminales de droite et de gauche qui se touchent et rejettent en arrière la plaque occipitale qui n'est plus, à proprement parler,
terminale.
Ce dérangement des plaques terminales a son retentissement sur la vue apicale,
où l'on voit les plaques disposées en séries parallèles d'avant en arrière : trois antérieures, d'abord, qui occupent toute la face ventrale; puis une série de quatre, suivie d’une autre série de cinq, et, finalement, les deux dorsales l’une derrière l'autre.
La forme est cavozone, sinistrogyre, à trois axes perpendiculaires dont l’antéropostérieur est beaucoup plus court que les deux autres.
Le sillon ventral empiète sur le cône apical et s'élargit vers le bas où il dessine un faible sinus limité par deux petites arêtes au sommet du cône antapical. La cuirasse est vigoureusement réticulée.
FiGures. — Figure 17. Vue ventrale d'un spécimen jeune, à en juger par ses sutures simples. On remarquera la forme de la plaque frontale et sa situation élevée vers le sommet apical du sujet. C’est le trait le plus distinctif de l'espèce. On observera, en outre, que la ceinture est du type cavozone et sinistrogyre.
Figure 18. Vue dorsale du même. (
Figure 19. Diagramme de la tabulation du cône apical en projection sur la” coupe transversale optique. On verra que les quatre plaques dites terminales ne le sont pas toutes manifestement. Seules les deux latérales le sont réellement, à l'exclusion de la frontale et de l’occipitale.
Figure 20. Vue antapicale montrant, comme la précédente, l'aplatissement dorso-ventral de l’objet.
Figure 21. Vue latérale gauche montrant, elle aussi, la réduction de l'axe antéro-postérieur et indiquant la disposition des plaques de ce côté.
Figure 22. Vue ventrale d'un sujet plus différencié, sans doute par son âge plus avancé. Les sutures sont ici dédoublées.
OBSERVATIONS. — Nous prenons, sans examen, cette espèce sous le nom de Per. Willei, que PauLzsEx lui prête, dans sa monographie, sous le couvert de Huirrecpr-KAAS, 1905, page 5, figures 6 à 9. Il nous paraît bien peu probable que cette forme n'ait été décrite et dénommée qu'en 1905. Elle est si répandue dans nos eaux douces qu'elle n'a pu échapper à l'observation des micrographes jusque dans ces dernières années.
DISTRIBUTION. — Cette espèce peut se rencontrer partout dans les eaux stagnantes des mares et des étangs.
Peridinium tuberosum sp. nov.
(PLERVITL fe 231427)
CARACTÈRES. — Forme isodiamétrale à peu près globuleuse, cavozone, sinistrogyre, à ceinture perpendiculaire à l'axe polaire, remar quable avant tout par les trois protubérances massives qui émergent du cône antapical et la place comme sur un trépied.
Des trois plaques intermédiaires, deux sont rejetées du côté gauche par l'extension de la troisième qui occupe seule le côté droit. De là une certaine excentricité dans la tabulation du cône apical.
FiGures. — Figure 23. Vue ventrale montrant la forme creuse et l'orientation sinistrogyre de la ceinture. La plaque frontale, qui est tétragonale, n'atteint pas rigoureusement le sommet apical. Le cône antapical se continue inférieurement en trois émergences coniques, de grosseur égale et situées, deux en avant, l'autre en arrière, de manière à leur permettre de se profiler toutes trois sur la vue ventrale.
Figure 24. Vue dorsale du même, montrant la disposition des prolongements inférieurs, sous cette orientation de l'objet.
Figure 25. Vue apicale, avec tabulation en diagramme. On remarquera la forme irrégulière de la plaque occipitale et le grand c léveloppement consécutif de la plaque intermédiaire de droite. On constatera aussi que la forme de la section transversale optique est plus arrondie que dans les deux espèces précédentes.
Figure 26. Vue antapicale, avec emplacement des trois protubérances et leurs rapports avec les lignes de suture, lesquelles sont ici dédoublées.
Figure 27. Vue latérale droite un peu inclinée vers la face ventrale, pour laisser voir la direction sinistrogyre de la ceinture et faire apparaître sous une autre incidence les trois tubérosités inférieures.
OBSERVATIONS. — Obligé de donner le bon à tirer pour cette feuille, nous devons renoncer à établir la bibliographie de cette intéressante espèce, l'incendie total de la bibliothèque de notre Université par l’armée allemande nous ayant privé des movens nécessaires.
Nous l’appelons DIONRAERENT Per. tuberosum, pour en marquer la particularité la plus frappante, c'est-à-dire la subdivision du cône antapical en trois segments que nous comparons à des tubérosités. Il sera toujours très facile au lecteur de l'identifier et, éventuellement, de lui restituer le nom sous lequel elle doit être connue.
DISTRIBUTION. — Peridinium tuberosurr nous à pÈs plutôt rare dans les eaux belges. Bien qu'ayant exploré un grand nombre de mares et d’étangs dans les diverses parties du pays, nous ne É connaissons que des marais de Genck, en Campine, où elle est même clairsemée. Certains étangs seulement nous en ont fourni des spécimens assez abondants, en août 1908, bien que nous ayons souvent procédé à des pêches planktoniques dans ces eaux riches en matières humiques.
Peridinium stagnale sp. nov, (PI. XVIII, fig. 28 à 32.)
CARACTÈRES. — Forme petite, délicate, cavozone, sinistrogyre, à axe polaire plus long que les deux autres qui lui sont perpendiculaires.
La plaque frontale est très étroite et monte jusqu'au sommet de la partie apicale. Celle-ci est en forme de cône assez efhlé.
un
Le cône antapical est plus court et présente, autour du sillon ventral, trois spinules dont l'une occupe le sommet, les deux autres les parties latérales. Celles-ci sont difhcilement visibles en même temps, car elles se profilent sur la face ventrale et ne deviennent bien distinctes que séparément, en vue oblique.
On perçoit un faible réticulum sur la capsule traitée par l’iode.
FIGURES. — Figure 28. Vue ventrale. On remarquera la spinule terminale en dessous et, avec un peu d'attention, on pourra distinguer également les deux autres en projection sur le cône antapical.
Figure 29. Vue dorsale chez laquelle le prolongement des spinules latérales a été un peu exagéré pour les rendre visibles de profil.
Figure 30. Le diagramme de la tabulation montre les quatorze plaques réglementaires, à condition de traiter l’objet par l'iode, sinon leur distinction est obscure.
Figure 31. Diagramme du cône antapical.
Figure 32. Vue latérale gauche un peu oblique vers le côté dorsal, pour laisser voir nettement au moins deux des trois spinules antapicales.
DisrriBuTioN. — Cette petite espèce, Perrdinium stagnale, est très abondante en hiver dans l’eau des mares. Nous l'avons pêchée en très grande abondance sous la glace du petit étang du Jardin botanique de Louvain, en plein mois de janvier. Elle communiquait à l’eau une légère teinte d'infusion de café.
GENRE PROPERIDINIUM gen. nov.
Toutes les espèces recensées Jusqu'ici répondent au type Peridinium, tel que nous l'avons défini plus haut. Outre leurs sept plaques antapicales, elles comportent toutes quatorze plaques apicales, dont trois intermédiaires qui donnent à l'occipitale une forme pentagonale caractéristique.
Il n'en est pas de même pour quelques autres espèces, que la plupart des auteurs placent routinièrement dans le même genre et qu'il nous paraît logique d'en distraire pour les ranger dans un genre nouveau que, par analogie avec le genre 6 T'IdENTUIR, nous proposons d' appeler Properidintium.
Nous n'écrivons pas ?rotoper idintum, ce qui préjugerait une question ouverte, mais Properidinium, dans le sens de collectivité d'espèces que l’on prendrait pour des Peridinium, si l'on ne prenait soin de se renseigner sur les caractères anatomiques distinctifs de celles-ci.
Elles n'ont, en effet, que treize plaques apicales, par suppression d’une des intermédiaires, celle du milieu. Cette modification dans la tabulation entraîne la perte d’un des côtés de la plaque occipitale qui devient tétragonale généralement.
Dans les limites de nos connaissances, la constatation de ce caractère suffit comme critère du genre. Ajoutons que les ailettes de la ceinture sont très étroites et ne sont pas généralement striées.
On peut y distinguer aussi des espèces planozones et d’autres cavozones, plus nombreuses, parmi les formes actuellement connues.
Nous ne pouvons nous rallier non plus à l'idée d'appliquer le nom générique de Archaeperidintum à ces espèces.
Ce vocable, mis en avant par JORGENSEN, en 1912, présume, en effet, ce qui n'est pas démontré, que ces formes incomplètes vis-à-vis des Perrdinium vrais sont plus anciennes dans la série phylogénique des Péridiniens.
Properidinium aspinum (PAULSEN) nobis.
(PI. XVIII, fig. 33 à 36.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1907. Peridinium monospinum PAULSEN, p. 12, fig. 11 1907. Peridinium minutum KOFOID, p. 310, pl. XXXI, fig. 42 à 45.
CARACTÈRES. — Forme globuleuse, presque isodiamétrale, à ceinture superficielle, plane, circulaire, sinon légèrement sinistrogvre. Cône apical brièvement pointu au sommet. Cône antapical arrondi et dépourvu d'épine d'aucune sorte, surface légèrement réticulée. Sillon longitudinal bordé d'un côté d’une ailette saillante qu'on ne peut prendre pour une épine, et qui ne se profile pas en dessous du cône antapical, quand l'objet est présenté de face, parallèlement à l'axe polaire.
La tabulation apicale est à treize plaques, dont quatre terminales, deux intermédiaires seulement et sept équatoriales où périphériques.
FiGurEs. — Figure 33. Vue faciale d’un spécimen de grandeur normale, ayant de ce côté l'aspect d'un Perrdinium à plaque frontale tétragonale.
On remarquera la ceinture planozone, presque circulaire et bordée d'ailettes très étroites et peu différenciées.
Figure 34. Vue apicale dont le diagramme des plaques donne le caractère du genre Properidinium, dans la présence de deux intermédiaires seulement, et la forme tétragonale de l’occipitale.
A remarquer l'étroitesse des ailettes zonales et la vue en projection de l’ailette ventrale qui est située du côté droit.
Figure 35. Vue latérale gauche, montrant la saillie faite par l’ailette ventrale dans sa longueur.
Figure 36. Vue dorsale, permettant d'observer la disposition des plaques postérieures et de saisir le critère du genre, par la constatation de deux intermédiaires seulement et la forme quadrangulaire qui en résulte dans l'occipitale.
OBSERVATIONS. — À part le caractère d'espèce cavozone que PAULSEN imprime abusivement à cette forme dans ses figures, elle répond adéquatement au signale-
ment rectifié que nous en donnons. Mais il nous paraît illogique de l'appeler monospinum, alors qu'elle n'a pas d'épine du tout. On ne peut pas considérer, en effet, comme une épine, la saillie de l’ailette ventrale, si l'on veut conserver à chaque chose sa signification. Elle s'appellerait beaucoup mieux aspinum, de a privatif, si on veut la désigner d'un nom suggestif d’un caractère qui est ici négatif.
Les figures que Koroib donne de son Per. minutum sont beaucoup plus conformes aux caractères de l'objet. Mais il n’y a, toutefois, pas de doute possible sur l'identité de la forme visée par ces deux auteurs.
Nous ne connaissons pas de la Mer flamande le Perrdinrum latum, que PAULSEN décrit, d'après des figures de ENTrz, dans « Nordisches Plankton », à côté de l'espèce précédente, mais sa description en ferait aussi un Propertdinium pour nous.
DisTRIBUTION. — Nous avons rencontré maintes fois roperidinium aspinum dans nos échantillons au large de la Mer flamande; mais nous n'avons pas songé à en noter la récurrence saisonnière.
Properidinium avellana sp. nov.
(PI. XVII, fig. 37 à 41.)
CARACTÈRES. — Forme cavozone, simstrogyre, à axe longitudinal un peu plus long que les deux autres. Ceux-ci sont sensiblement égaux et perpendiculaires au premier.
Les deux cônes sont obtus, arrondis au sommet. Le cône apical comporte treize plaques. La frontale n'atteint pas le sommet et l’occipitale est tétragonale et située en arrière des deux autres terminales, qui se touchent directement suivant un de leurs côtés.
Le cône antapical, légèrement bilobé, est lui-même arrondi et ne porte aucun appendice. La cuirasse est couverte d’un réticulum plus ou moins léger, à mailles souvent incomplètement fermées et orientées suivant la longueur de l’objet.
La vague analogie de sa forme avec celle d'une noisette nous le fait appeler avellana.
FiGures. — Figure 37. Vue ventrale, montrant les bouts du sillon tranversal qui plongent dans la profonde dépression du sillon ventral. Ce dernier, étroit d'abord, s'élargit progressivement pour rendre légèrement bilobé le sommet du cône antapical.
L'autre, l’apical, est obtus et dépourvu de protubérance terminale.
Figure 38. Vue dorsale. On notera la tabulation visible de ce côté.
Figure 39. Vue latérale droite, oblique sur la face ventrale et montrant l’infléchissement des extrémités de la ceinture dans le sillon ventral. On se rendra compte également de la direction sinistrogyre de cet organe.
Figure 40. Vue apicale en projection sur la coupe transversale optique de
l'objet.
ui NI
Le diagramme de la tabulation montre que des quatre plaques terminales les deux laterales, devenues contiguës suivant une ligne mitovenne entre elles,
disjoignent la frontale de |’ occipitale.
Figure 41. Vue antapicale. On notera la forme de la section transversale dont
les deux axes sont à peu près égaux. Les ailettes zonales sont peu développées.
DISTRIBUTION. — Nous connaissons 2roperidinium avellana des eaux du bassin à flot de Nieuport et de celles de l’huîtrière de la même localité, où elle est relativement abondante. Elle nous a paru très rare en pleine mer.
C'est done une espèce littorale où même saumâtre. Elle fournit une nouvelle preuve de la richesse des eaux de Nieuport en espèces nouvelles.
Properidinium Thorianum (PAULSEN) nobis.
(P1. XVIIL, fig. 42 à 46.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1905. Peridinium Thorianum PAULSEN, p. 3, fig. 1
1910. Peridinium T'horianum MEUNIER, p. 40, pl. L'Ÿ, fig. 20 à 23, et pl. IL, fig. 5 et 6.
CARACTÈRES. — Forme assez grande, globuleuse, cavozone, sinistrogvre, à sillon ventral étroit, profond, divisant le cône antapical en deux lobules situés du côté antérieur et n'entamant guère le sommet du côté postérieur.
La tabulation est bien d’un Properidinium et non d'un Peridinium, comme nous l'avons figurée en 1910, par défaut d'attention sur cette particularité et par suggestion des auteurs précédents.
La membrane capsulaire est mince, comme finement plissée, ondulée et creusée de nombreuses petites dépressions qui en rendent la coupe optique finement ondulée. Elle ne porte aucun appendice, ni spinules, ni ailettes saillantes.
FiGures. — Figure 42. Vue ventrale. Sous cet aspect, elle a le facies d’un Peridinium cavozone, sinistrogyre, à sillon ventral étroit et profond.
Figure 43. Vue apicale. C'est cet aspect qui en fait un /ropertdimium, par la présence de deux plaques intermédiaires seulement et la forme tétragonale adoptée conséquemment par la plaque occipitale.
On remarquera que les axes sont sensiblement égaux. On notera aussi l'aspect variolé que donnent à la cuirasse toute entière les nombreuses petites fossettes qui en entament la surface.
Figure 44. Vue antapicale, montrant la dépression profonde formée par le
sillon ventral, On remarquera dans cette figure, aussi bien que dans la précédente, S Le,
le peu de largeur des ailettes de la ceinture et leur manque de structure visible. Figure 45. Vue dorsale. À noter, de ce côté, la disposition des plaques intermédiaires qui ne sont que deux.
Figure 46. Vue latérale gauche, montrant, du côté ventral, le dénivellement existant entre les deux extrémités du sillon ventral; preuve que la forme est bien sinistrogyre.
OBSERVATIONS. — Comme nous le disions en 1910, c'est une bonne espèce marine, à caractères bien distincts, non référable, toutefois, au genre Peridinrium, mais qu'il faut rapporter au genre Properidinium. Il nous paraît, en effet, plus simple et en même temps plus logique de distraire cette espèce du genre Perzdinium et de la ranger avec d'autres, avec lesquelles elle a des caractères communs de structure, dans un genre propre. Aussi bien faudrait-il pour la conserver dans le genre Perrdinium, elle et ses pareilles, en faire une section à part, la section des Peridinium à treize plaques apicales et, par extension, créer encore d’autres sections pour d'autres formes à douze plaques, à onze plaques, etc., et, finalement, réunir tous les Péridiniens dans un seul groupement extrêmement polymorphe dont le classement donnerait lieu à des difhcultés toujours grandissantes.
DISTRIBUTION. — Properidinium Thorianum est une espèce très répandue, non seulement dans les échantillons de pêches pratiquées au large, mais aussi dans les eaux du bassin à flot de Nieuport, où elle se trouve en abondance, vers le mois d'août, avec des caractères de jeunesse et de fragilité exceptionnels.
Si l’on veut bien se rappeler que nous l'avons signalée également, en 1910, des mers polaires de Barents, on se fera une idée de son aire d'habitation.
Properidinium Heterocapsa (STEIN) nobis.
Glenodinium triquetrum EHRENBERG, d’après STEIN. 1883. {Zelerocapsa triquetra STEIN, pl. I, fig. 30 à 40. 1885. /leterocapsa triquetra BÜTSCHLI, pl. LIL, fig. 1. 1805. {Zeterocapsa triquetra SCHÜTT, pl. XXIL, fig. 62 1904. {/eleroca psa triquetra PAULSEN, p. 22, fig. 6. 1910. {Zeterocapsa triquetra MEUNIER, p. 45, pl. IV, fig. 5 à 8.
CARACTÈRES. — Petite espèce fusiforme, cavozone et sinistrogyre, connue depuis longtemps et désignée par un nom emprunté à son aspect morphologique seulement.
Le cône apical est plus ou moins haut, comme tordu et à sommet émoussé.
Le cône antapical est prolongé inférieurement en une protubérance pointue et plus ou moins excentrique. Il en résulte que l'axe longitudinal est plus long que les deux autres. Tous les trois sont perpendiculaires entre eux.
Le cône apical, quoique d'apparence anhiste, est formé de treize plaques disposées comme dans ses congénères, les Properidinium. Ces plaques sont facilement mises en évidence par l’action de l'iode, après traitement de l'objet par l'hypochlorite de potassium.
La ceinture est cavozone, sinistrogvre. Le sillon ventral empiète, vers le haut, sur le cône apical et, d'autre part, n’atteint pas le sommet antapical.
Les ailettes lee sont peu saillantes, l’ailette ventrale fait défaut.
FiGures. — Figures 43, planche XIX. Vue ventrale d'un spécimen d'assez grandes dimensions. Remarquez l’étroitesse de la plaque frontale, laquelle est relevée sous la poussée du sillon ventral qui empiète notablement sur le cône apical. Notez encore l'aspect fusiforme irrégulier de l'objet et la direction sinistrogyre de la ceinture qui rappelle le type cavozone.
Figure 414. Vue dorsale du même, avec la tabulation visible de ce côté et révélatrice du caractère générique des Properidinium; nous voulons dire, la présence de deux plaques intermédiaires seulement et la forme tétragonale de l’occipitale.
Figure 45. Vue de profil droit. On remarquera que ce spécimen présente des sutures doubles sous la forme de zones intercalaires étroites et anhistes.
Figure 46. Diagramme de la tabulation apicale, en projection sur la coupe transversale optique de l’objet. Le caractère générique des Properidinium est ici évident.
Figure 47. Vue ventrale d'un spécimen plus petit, à sutures simples.
Figure 48. Vue ventrale aussi d'un spécimen plus réduit encore en dimensions.
Figure 49. Vue ventrale du précédent.
OBSERVATIONS. — L'indétermination de ses caractères anatomiques et la forme exceptionnelle de cette espèce ont fait subir jusqu'icià celle-ci un isolement que rien ne justifie. C'est un Péridinien à forme aberrante, sans doute, mais ce caractère extérieur n'est bon qu'à être pris comme caractère spécifique, tandis que sa
tabulation le fait rentrer dans le genre /roperidinrum, tel que nous l'avons défini.
Les auteurs, l'identifiant facilement à la simple e vue de sa forme expressive, ont négligé sans doute d'examiner ses autres pièces d'identité et l'ont laissé jouir, sans contrôle, d’une place à part dans les cadres taxinomiques. C’est ainsi que nous lui avions, nous-même, conservé son nom d'origine dans notre travail
de 1910.
DisTRiIBUTION. — Properidinium Heterocapsa est abondante, à certaine saison, dans le bassin à flot de Nieuport qui est, semble-t-il, un excellent bassin d° élevage de beaucoup de formes marines et d'autres saumätres, qui sv présentent en doses massives, alors que les individus sont clairsemés au large. C'est le cas, en particulier, pour l'espèce en question. Les spécimens pêchés au large de la Mer flamande nous ont toujours paru très rares.
(te) ALPH. MEUNIER
Properidinium apiculatum (EHRENBERG) nobis.
(PI. XVII, fig. 47 à 52.)
1838. Glenodinium apiculatum EHRENBERG, pl. XXII, fig. XXIV.
Il s’agit ici d'une forme d'eau douce que ses caractères anatomiques nous font ranger aussi dans le genre ?roperidintium.
CARACTÈRES. — Elle est à trois axes inégaux, cavozone, sinistrogyre, à plaques plus ou moins couvertes de piquants et toujours séparées par des zones intercalaires lisses. Son cône apical, arrondi au sommet, comporte treize plaques, dont deux intermédiaires seulement entre les quatre terminales et les sept équatoriales. Son cône antapical, également arrondi et plus court que l’autre, comporte aussi sept plaques, dont cinq équatoriales et deux terminales.
MULTIPLICATION. — L'espèce se multiplie par division de tout le corps, capsule comprise, à la suite de phénomènes d’accroissement et de mouvements plastiques qui finissent par donner naissance à deux individus aux dépens du premier. C'est comme une scissiparité qui ne devient définitive que lorsque les deux cellules sœurs sont devenues complètes, même dans leur cuirasse.
Nous en donnons ici quelques exemples, en attendant que nous en puissions faire une étude plus complète, sur des matériaux recueillis dans un petit vivier du parc de Tervueren.
FIGURES. Figure 47. Vue ventrale d'un spécimen à coque nue. On remarquera l'éencion plus grande du cône apical, la ceinture cavozone et sinistrogyre, la présence constante de zones intercalaires entre les plaques.
Figure 48. Vue apicale. Le diagramme comporte treize plaques disposées
comme dans le type Pr operidinium. Les ailettes de la ceinture sont peu développées. L'axe antéro-postérieur est plus court que les deux autres, sur lesquels il est perpendiculaire.
Figure 49. Vue dorsale d’un autre spécimen. Ici les plaques sont couvertes de piquants, les zones intermédiaires restant nues.
Figure 50. Vue de profil droit du même, un peu orienté vers le devant, pour présenter la direction de la ceinture de la façon la plus tangible.
Figure 51. Phase de la division d’un individu. La cellule a grandi et est en train de s'élaborer un second sillon transversal.
Figure 52. Après la formation des éléments essentiels de deux capsules, celles-ci, qui ont pris des orientations variables l’une sur l’autre, grâce à une plasticité insoupçonnée des plaques, tendent à s’isoler pour apparaître complètement armées l’une et l’autre
Figure 53. Phase analogue, mais plus rapprochée de l'achèvement du phéno-
MICROPLANKTON DE LA MER FLAMANDE. ôI
mène. On voit que les deux produits de la scissiparité ne tiennent plus ensemble que par un isthme. Celui-ci montre, par sa constitution, la plasticité de la cuirasse dont les plaques et les zones intermédiaires se prêtent aux mouvements nécessités par la reconstitution des deux individus. On y verra aussi pourquoi les
zones intercalaires apparaissent 1c1 dans le principe. Elles sont, en eflet, primordiales au même titre que les plaques elles-mêmes.
OBSERVATIONS. — On voit par l'exemple de ces quelques figures combien, chez cette espèce, le procédé de division diffère de ce qui s'observe communément chez d’autres, où la scissiparité met chacune des cellules filles en possession d'une partie dissymétrique seulement de la capsule mère, les mettant ainsi dans l'obligation de parfaire leur coque, en reconstituant la portion qui leur manque.
Il est probable que si l’on devait tenir compte des caractères physiologiques des Péridiniens, comme il le faudra sans doute dans un avenir rapproché, au lieu de s'en tenir comme actuellement aux seuls caractères morphologiques, on serait amené à classer autrement cette espèce.
Ajoutons que nous ne pouvons pas garantir l'exactitude de notre référence à la forme reproduite par EHRENBERG, en 1538, planche XXII, figure xxiv, dont l'incendie nous a privé du texte. Pour les mêmes raisons, nous n'avons pu rappeler les appréciations des auteurs plus récents sur cette intéressante espèce.
Disrrigurion. — Cette forme est très commune dans les eaux douces. Nous ne la signalons iei que pour montrer l'extension du caractère de /roperidintum en dehors des espèces marines.
Properidinium umbonatum (STEIN) nobis.
(PI. XXI, fig. 18 à 23.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1883. Peridinium umbonatum STEIN, pl. XII, fig. 1 à 8.
1913. Peridinium umbonatun SCHILLING, p. 40, fig. 43
CARACTÈRES. — Forme petite, cavozone, sinistrogyre, à trois axes perpendiculaires mais inégaux; le polaire dépassant les deux autres en longueur.
Cône apical arrondi, aigu au sommet, plus développé que le cône antapical. Celui-ci présente à son sommet une échancrure large, peu profonde, qui déprime surtout le côté droit de l’objet.
La tabulation du cône apical ne comporte que treize plaques, à la suite, semble-t-il, de la fusion de l'équatoriale postérieure avec celle des trois intermédiaires qui lui est contiguë. On observe souvent, en effet, une sorte de crochet, x, figure 19, que l’on peut considérer comme un vestige de cette fusion.
D'autre part, nous avons constaté plusieurs fois la bipartition longitudinale de
cette grande plaque dorsale suivant une ligne qui aboutit à un angle supplémentaire de l’occipitale. Dans ce dernier cas, les quatorze plaques se retrouvent, mais avec huit pré-équatoriales.
Nous l'avons souvent observée à l’état d’enkystement.
Le kyste adopte une forme ovale qui occupe toute la partie intérieure utilisable de la coque.
Cette petite espèce, très délicate, fragile, à surface lisse, est peu colorable par l'iode. Ces circonstances en rendent l'étude difhicile dans nos matériaux, où elle ne se rencontre qu'accidentellement, comme espèce égarée d'eau douce.
FiGures. — Figure 18. Vue antérieure. On remarquera sa forme cavozone, sinistrogyre, son extension relative en hauteur, à l'avantage du cône apical.
Figure 19. Vue dorsale, présentant, en x, un crochet qui semble indiquer le point d'attache d'une suture transversale qui a disparu entre la plaque équatoriale et celle des trois intermédiaires qui lui était contiguë.
Figure 20. Vue apicale, montrant les quatre plaques du sommet disposées comme dans le genre Perrdinium, avec l'occipitale à cinq côtés.
Elle ne diffère donc du type que par la soudure de l'une des trois intermédiaires, celle du milieu, avec la pré-équatoriale qui y confine de ce côté.
Figure 21. Vue dorsale d'un spécimen enkysté.
Le kyste, de forme ovale, est étroitement logé dans la coque, qui représente le cytoderme primitif.
‘Figure 22. Vue dorsale d'un spécimen anormal, où le nombre des plaques se trouve ramené au chiffre régulier par un procédé insolite : la division longitudinale de la grande plaque dorsale.
Figure 23. Vue apicale du même.
OBSERVATIONS. — Par les anomalies de sa structure, cette petite forme semble ménager la transition entre les Peridinium vrais et les Properidinium, à treize plaques apicales seulement. Elle partage ce caractère de réduction du nombre des plaques avec plusieurs autres d’eau douce, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, parce que nous ne les avons pas rencontrées sur notre chemin, lors de l'analyse de nos matériaux de la Mer flamande.
DISTRIBUTION. — Espèce très commune dans certaines mares d'eau douce;
très exceptionnellement rencontrée en eaux marines où saumâtres, par entraînement accidentel.
Properidinium inaequale (LEMMERMANN) nobis.
(PER ie trotet 7) SYNONYMIE: ET, BIBLIOGRAPHIE"
Peridintum umbonatum vax. inaequale LEMMERMANN.
1913. eridinium umbonatum var. inaequale SCHILLING, p. 40, fig. 44.
ee)
CARACTÈRES. — Forme petite, ovale, à ceinture creuse, sinistrogyre, située vers le tiers inférieur du corps et à cône antapical notablement réduit en largeur, circonstance d'où elle emprunte son nom.
Le cône apical, en forme de dôme, est, en effet, beaucoup plus développé que l'inférieur.
La tabulation est nettement marquée du côté antérieur, elle est beaucoup moins manifeste du côté dorsal, où nous la soupçonnons conforme à celle de - Properidintum umbonatum, qui précède; bien que nous n'ayons pas pu la reconnaître d’une façon certaine, à cause de la faible résistance de la cuirasse à l'action de l'hypochlorite de potassium, qui la désagrège complètement au moindre contact.
La coque est lisse, souvent à sutures simples, mais montre souvent aussi des sutures doubles, à lignes très rapprochées et parallèles.
Les bords inférieurs du sillon ventral sont soulignés par deux petits piquants qui proéminent sur le sommet antapical.
FIGURES. — Figure 16. Vue ventrale d'un individu choisi parmi les plus
grands.
Figure 17. Vue latérale droite du même.
DISTRIBUTION. — Espèce très commune dans les eaux douces, particulièrement dans les eaux tourbeuses.
Rencontrée aussi accidentellement dans les eaux saumâtres des environs de Nieuport.
GENRE DIPLOPSALOPSIS.
Nous réservons ce nom générique pour les espèces péridiniformes qui ne comptent que douze plaques apicales, dont quatre terminales, une intermédiaire seulement et sept équatoriales. Ce nom a sa raison d’être dans l'aspect extérieur du ci-devant Perrdinium orbiculare PAULSEN, l'extension de ses plaques terminales et la structure anhiste des ailettes zonales, qui le feraient prendre, sans examen minutieux, pour un Diplopsalis.
Nous n’en avons pas rencontré dans la Mer flamande.
GENRE DIPLOPSALIS BErG«.
D'accord avec plusieurs planktonistes, nous conservons ce nom générique pour l'appliquer à la forme que BERGH a figurée d'une manière incomplète sous le nom de /)rplopsalis lenticula. Les dessins originaux qu'il en donne sont assurément imparfaits, mais en même temps excusables de la part d'un auteur qui ne soupçonnait pas l'importance que l'on attacherait un jour à des éléments d'appréciation tels que ceux de la tabulation, qui sont, du reste, souvent difhciles à déceler.
Les dessins de BERGH ne donnent, d’ailleurs, qu'une bonne idée de la morphologie extérieure de l'objet.
STEIN, qui à repris pour son compte cette forme, avec son appellation, en précise certains détails de la tabulation, mais d'une manière incomplète et en partie erronée.
PAULSEN, enfin, se croit autorisé, en raison des détails nouveaux qu'il découvre dans la forme extrêmement répandue dans la mer du Nord, à en faire une forma minor de la même espèce /iplopsalis lenticula de BERGH; mais, à notre avis, ses dessins présentent encore quelque inexactitude. C'est en tout cas un type bien défini de Péridinien.
Cette forme est à onze plaques épivalvaires, dont six équatoriales, très étroites, quatre apicales, dont une très grande, l’occipitale qui couvre à elle seule presque la moitié postérieure du cône et trois autres qui se partagent la moitié antérieure et, enfin, une seule petite plaque intermédiaire logée du côté gauche.
Autour de ce type peuvent se ranger des variantes que l'on pourra considérer soit comme des espèces, soit plutôt comme de simples variétés d’après la valeur des caractères aberrants qu'ils présentent.
Diplopsalis lenticula BERGH.
PLRI Me.tnasr2 etpl 6 ie Tia 1;) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1881. Diplopsalis lenticula BERGH., p. 244, fig. 60 à 62.
1883. Diplopsalis lenticula STEIN, pl. VIT, fig. 12 à 14, pl. IX, fig. 1 à 4. 1883. Glenodinium lenticula POUCHET, p. 44, pl. XX et XXI, fig. 35. 1805. Diplopsalis lenticula SCHÜTT, pl. XV, fig. 50.
1907. Diplopsalis lenticula f. minor PAULSEN, p. 9, fig. 0.
1910. Diplopsalis lenticula MEUNIER, p. 47, pl. LT, fig. 19 à 22.
1910. Diplopsalis sphaerica MEUNIER, p. 47, pl. IV, fig. 9 à r2.
1910. Peridiniopsis assymetrica MANGIN, p. 30, fig. 10.
1913. Peridinium Paulseni MANGIN, p. 228, fig. 12.
La plupart des auteurs cités par PAULSEN dans sa monographie ne donnent pas de figures bien recommandables. Nous n'y attachons donc guère d'importance.
CARACTÈRES. — Notre forme correspond au type défini plus haut.
Forme planozone, à ailettes zonales anhistes, à sillon transversal circulaire, à sillon ventral superficiel mais pourvu d'une ailette droite, saillante.
EÉpivalve ou cône apical formé de onze plaques, dont six équatoriales remarquables par leur étroitesse, une intermédiaire très petite, de forme losangique, située du côté gauche, quatre terminales dont l'une très grande, la postérieure ou oCCipitale, et trois autres plus petites confinées sur la moitié antérieure du cône. De celles-ci, la frontale est très étroite et se profile longuement vers le sommet
qui est central et marqué par une pustule tellement courte qu'elle reste noyée dans l'épaisseur du cytoderme.
La surface est lisse ou diversement décorée de ponctuations ou de macules irrégulièrement éparses.
La forme du corps n'est lenticulaire que pour autant que les zones intercalaires ou sutures doubles n'aient pas pris une grande largeur, sinon elles soulèvent les deux cônes et donnent au corps une forme sphérique.
Quant à la tabulation de l’hypovalve, elle est variable. Nous la connaissons pourvue d'une seule valve terminale, nous la connaissons aussi à deux plaques terminales. MANGIN la figure encore à trois plaques au sommet de l’hypovalve, mais nous ne l'avons jamais vue ainsi.
ENKYSTEMENT. — La production de kystes s'observe fréquemment. Ceux-ci sont sphériques et se forment, comme d'habitude, par rénovation cellulaire au sein de la capsule primitive.
FiGurEs. — Figure 1, planche XIX. Vue ventrale d'un spécimen jeune de forme lenticulaire, qui sufit à caractériser le type. Plaque frontale très étroite, plaques équatoriales peu développées en hauteur, sillon transversal plan, sillon ventral très peu déprimé et pourvu d'une ailette du côté gauche.
Figure 2. Vue apicale, remarquable par l'étendue de la plaque occipitale qui occupe presque la moitié de l'épivalve et qu'une ligne méridienne sépare des trois autres apicales qui se partagent la moitié antérieure. À noter également la petite plaque intermédiaire, logée à gauche, et le peu de développement en hauteur des six plaques équatoriales de grandeur très difiérente.
Figure 3. Vue antapicale, ne présentant qu'une seule plaque terminale et cinq équatoriales. On remarquera que les ailettes zonales sont homogènes et ne se montrent aucunement striées.
Figure 4. Vue latérale droite, montrant la proéminence de l'ailette ventrale.
Figure 5. Vue de profil gauche. La petite plaque intermédiaire est ici vue de face. C'est la meilleure orientation de l objet pour saisir cet élément et se rendre compte de la très petite suture qui la ue à l'équateur, en déterminant la limite de deux plaques périphériques. Notez qu'il existe une autre suture un peu en arrière. L'objet reproduit dans les figures 1 à 5, porte des macules éparpillées sur toute sa surface.
Figure 6. Spécimen beaucoup plus petit. Nous en avons trouvé de dimensions plus réduites encore. On voit par là la valeur que l'on peut attribuer à des dimensions fournies par certains auteurs dont la précision va jusqu'au dixième de micromillimètre.
Figure 7. Spécimen globuleux, presque isodiamétral. La forme sphérique lui vient tout simplement de l' élargissement des zones intercalaires, qui surélève les deux cônes et modifie la forme lenticulaire que le sujet présentait dans le jeune âge. En devenant adulte, il perd son caractère lenticulaire de jeunesse
Mais alors pourquoi lui imposer un nom qui le tient sous la sujétion de sa forme primitive et ne pas lui donner le nom de sphaerica, plus en harmonie avec
sa forme adulte? Cela tient évidemment au grand nombre de sujets que l’on rencontre doués de cette empreinte de jeunesse qu'ils tiennent de leur rapide multiplication.
Figure 8. Vue apicale du même. La comparaison avec la figure 2 permettra de constater qu'elle n'en diffère que par l'extension des sutures intercalaires.
La cuirasse est couverte de ponctuations.
Figure 9. Vue antapicale. Mêmes observations. Terminale unique.
Figure 10. Vue de profil gauche, la plus intéressante, puisqu'elle met en bonne place la petite plaque intermédiaire qui n'existe que de ce côté.
Le peu de hauteur des plaques périphériques permet de saisir la difhculté qu'il peut y avoir à établir leur distinction les unes d'avec les autres.
Figure 11. Vue ventrale d'un spécimen enkysté. La forme en est encore lenticulaire et les zones intercalaires étroites. 11 faut en conclure que le phénomène d'enkystement peut prévenir le plein développement de l'individu.
Figure 12. Aspect d'un kyste isolé. Il est sphérique, à membrane épaisse et exempte de sculptures.
Figure 1, planche XX. Vue ventrale d’un spécimen qui se distingue des formes précédentes par la présence de deux plaques terminales sur l’hypovalve. Mais vu sous cette incidence, il ne manifeste aucunement cette particularité et on le confondrait aisément avec les autres, si l’on ne prenait soin de le retourner pour examiner la structure de T° hypovalve, comme dans la figure 3. La forme est toujours planozone, le sillon circulaire.
Figure 2. Vue apicale du même. On y observera la même tabulation que CI- devant, avec peut-être une légère flexion vers le dos des deux lignes de suture qui passent par le sommet de l’ épivalve et qui d'habitude sont dans le prolongement rectiligne l’une de l’autre.
Figure 3. Vue antapicale, montrant les deux plaques qui se partagent le sommet du cône, conformément à ce qui se passe chez la plupart des Péridiniens.
Figure 4. Vue latérale gauche. Cette vue permet à nouveau de mettre bien en évidence la petite plaque intermédiaire, de forme losangique qui rend dissymétrique la tabulation épivalvaire de cette forme. Cette dissymétrie est encore augmentée par la petite plaque périphérique qui existe immédiatement en arrière de celle-là et qui n'a pas de symétrique non plus du côté droit.
OBSERVATIONS. — On sait que MANGIN, dans les Annales océanographiques du prince de Monaco, en 1911, figure un individu anormal, pourvu de trois plaques au sommet de l'hypovalve auquel il donne le nom de Pertdiniopsis asymetrica.
En 1913, dans les VMouvelles Archives du Muséum, le même auteur désigne, sous le nom de Pertdinium Paulsent, une forme à sept plaques équatoriales dans l’épivalve, par la subdivision de la plaque périphérique postérieure au moyen d'une ligne de suture supplémentaire que nous n'avons Jamais vue.
D'autre part, la figure de PAULSEN, en 1907, en néglige une, en arrière de la petite plaque intermédiaire de gauche, qui nous paraît toujours présente, bien que difhcile à constater, à cause de la faible largeur des plaques périphériques particulièrement dans cette région postérieure.
Le spécimen normal figuré par MANGIN est à une seule plaque au sommet de l hypovalve, de même que celui représenté par PAULSEN.
Le même ManGix figure, en outre, une forme qu'il considère comme anormale et qui présente, dans la tabulation épivalvaire, une symétrie parfaite, avec deux
petites plaques intermédiaires, symétriquement placées l’une à gauche, l’autre à droite, et sept plaques périphériques.
En acceptant même l'exactitude rigoureuse de toutes ces figures, nous n'y trouvons aucun motif sérieux pour scinder le genre Diplopsalis, qui conserve, malgré toutes ces divergences de détails, ses caractères typiques : nous voulons dire, la grande extension des plaques terminales de l’épivalve aux dépens des plaques périphériques. Peu importerait même qu'il y eût accidentellement deux plaques intermédiaires placées symétriquement, au lieu d'une seule, comme c'est le cas habituel.
Ces modalités, figurées par les auteurs et dont certaines sont peut-être des erreurs d’ observations, ne font que confirmer les caractères essentiels de la forme.
Nous ne voyons pas de bonnes raisons pour compliquer la nomenclature de noms génériques distincts, basés sur d'aussi faibles anomalies, qui n'arriveraient pas à obscurcir la notion d’un type commun.
On peut dire, toutefois, que ce type est polymorphe et qu'il doit sa variabilité à l’action de causes que l’on débrouillera sans doute un jour. C’est pourquoi, il convient que les auteurs signalent les anomalies qu'il leur est donné de constater, pour mesurer l'étendue des variations dont il est susceptible et démêler si possible les causes qui les provoquent.
Nous ne nous attarderons pas à réfuter les idées de Pavillard (*) au sujet de cette forme. Son idée d’en faire un Peridinium est inacceptable pour nous; elle va à l'encontre de notre concept de ce genre.
Quant à l'identification qu'il fait de sa forme de Péridinien, trouvée dans l'étang de Thau, avec la figure de BERGH, il doit supposer dans celle-ci l’expression prophétique d'une forme que BERG n avait, sans doute, jamais vue, aux dépens d’une autre qu'il a dû observer et qu'il a incomplètement reproduite.
DISTRIBUTION. — Jiplopsalis lenticula, avec ses différences de grandeur absolue, la diversité de sa forme lenticulaire ou sphérique, les variantes de sa structure hypovalvaire et d'autres modalités inhérentes à la décoration de sa cuirasse, est extraordinairement répandu dans nos échantillons. Les spécimens pourvus d'une seule plaque terminale à l'hypovalve étaient abondants dans le bassin de Nieuport, en août 1908. Ceux qui offrent deux plaques terminales sur le cône antapical nous ont paru plus spécialement propres au large. [ls présentaient aussi une coque à membrane généralement plus épaisse. La différence du milieu pourrait-elle être invoquée pour expliquer cette différence de caractères?
GENRE COOLIA gen. nov.
Nous proposons ce nom, emprunté à notre ami TH. Coor, pharmacien à Nieuport, pour désigner un petit Péridinien que nous devons à son obligeance.
(1) J. PaviiLarp. Le genre Diplopsalis BEKRGH et Les genres voisins. 1913.
Pendant les années 1907 et 1908, M. Coor. s’est dévoué à exécuter pour nous de très nombreuses pêches dans les eaux des environs de Nieuport et même de tout le bassin de l’Yser. C’est dans des échantillons provenant de l’huîtrière DESWARTES, à Nieuport même, du côté de Lombartzyde, que nous avons trouvé l'unique espèce du genre que nous ferons connaître ci-après.
Coolia monotis sp. nov.
(PI. XIX, fig. 13 à 19.)
CARACTÈRES. — Forme très petite, à sillon creux, circulaire, très oblique sur l'axe polaire et à axe transversal plus court que les deux autres.
Le sommet apical est reporté fort en arrière, l’antapical est ramené en avant. S1 l’on fait passer l'axe polaire par ces deux sommets, on remarquera que la ceinture est fortement inclinée en avant.
La tabulation est asymétrique. L'épivalve comporte onze plaques, dont trois terminales, sept périphériques, presque toutes développées à gauche et en arrière, et, enfin, une intermédiaire placée aussi du côté gauche, vers l'arrière, dans laquelle s'observe comme une sorte de petite ouverture rénifor me, limitée par un rebord accusé, que nous assimilons à une oreille et dont nous prenons prétexte pour désigner l'espèce du nom de w7onot1s. Des trois plaques terminales, l’une, celle de droite, la plus grande, aboutit directement au sillon transversal.
L'hypovalve est formée de cinq plaques qui rayonnent du sommet vers la périphérie et englobent une sixième dans laquelle est creusé le sillon ventral.
Il n’y a pas d’ailettes saillantes aux côtés de la ceinture.
La coque est toute parsemée de ponctuations disposées dans un certain ordre.
La description des figures fera mieux saisir l’étrangeté structurale de cette curieuse espèce.
FiGures. — Figure 13. Vue ventrale. On remarquera l'inflexion des deux bouts du sillon transversal, qui se croisent comme les extrémités d’une cravate, avant de se confondre dans le sillon ventral qui est court et peu profond.
La forme est cavozone. On aperçoit sur le côté gauche, près du sommet apical, la partie visible, sous cette incidence, du petit organe que nous comparons, vu sa position, à un organe auriculaire unique, mais évidemment sans aucune idée de lui en attribuer la fonction.
Figure 14. Vue apicale. Elle comporte trois plaques terminales, dont l’une, la plus grande, celle de droite, aboutit inférieurement au sillon. Celle de gauche est plus petite et bordée par plusieurs périphériques. Celle du sommet, enfin, est plus petite encore, de forme hexagonale et bordée, elle aussi, par d’autres périphériques. On pourrait douter de l'existence d’une plaque intermédiaire au sein de laquelle s’ouvrirait le petit organe réniforme, à bords épaissis et plus fortement teintés par l’iode, dont la portée concave se confond plus ou moins avec la suture qui séparerait cette petite plaque de la terminale de gauche.
On constatera, en outre, la présence de sept plaques périphériques disposées
asymétriquement et plus nombreuses du côté gauche. Les postérieures sont petites et difhciles à saisir à cause de l’inclinaison abrupte du derrière du cône.
On fera peut-être mieux de se référer au schéma de la figure 18, d'où nous avons éliminé les effets de perspective. |
Figure 15. Vue antapicale. De la plaque antérieure, dans laquelle se développe le sillon ventral, partent cinq plaques qui aboutissent toutes au sillon transversal. Elles sont donc toutes aussi bien périphériques que terminales. Le schéma de la figure 19 montre plus clairement leur distribution, en les dégageant des grisailles nécessitées par la perspective.
Figure 16. Vue latérale gauche, la plus favorable pour montrer la forme et la situation du petit organe auquel nous avons déjà fait plusieurs fois allusion. On voit que la figure est présentée de manière à placer horizontalement la ceinture. Si on la redressait de façon à présenter verticalement l'axe polaire, la ceinture apparaîtrait très oblique et inclinée vers le devant de l'objet.
Figure 17. Vue latérale droite, sujette pour sa position aux mêmes observations que la précédente.
En les comparant entre elles et avec les précédentes, on se rendra compte de l'irrégularité de la tabulation dans les deux cônes et de l’excentricité complète de l’objet.
OBSERVATIONS. — L'analyse de la tabulation de cette espèce étant très difhcile, même après macération et coloration par l'iode, il se peut que nous nous soyons trompé involontairement sur quelque point. [l n'en resterait pas moins vrai que cette forme ne répond au signalement d'aucune autre connue Jusqu'ici.
DISTRIBUTION. — Coolia monotis nous est connu surtout de l’huîtrière de Deswartes, à Nieuport, où certains échantillons de pêche planktonique en sont réellement farcis. Nous l'avons rencontré aussi, mais en moins grande quantité, dans d’autres eaux des environs de cette localité.
GENRE GONIAULAX DrEsinc.
Ce genre est bien polymorphe; il est donc difficile d'en donner une définition susceptible d'atteindre toutes les espèces que l'on fait rentrer dans son cadre.
Ethymologiquement le nom de Gontaulax veut dire sillon genouillé, ce que l'on peut considérer comme caractéristique du sillon transversal qui, toujours spiralé à gauche, décrit généralement plus d'un tour complet de spire, avant de perdre ses deux extrémités dans le sillon ventral. Celui-ci est ainsi dévié de sa direction rectiligne et présente, en outre, la particularité de s'étendre longuement depuis le sommet antapical jusqu'au sommet opposé, où il s'atténue de plus en plus.
Les autres modalités de forme, de dimensions, de sculptures, de crêtes, d'épines, etc., sont purement spécifiques.
Goniaulax polyedra STEIN.
(PI. XIX, fig. 20 à 25.) BIBLIOGRAPHIE.
1SS3. Goniaulax polvedra STEIN, pl. IV, fig. 7 à 0. 1SS5sa. Goniaulax polvedra BÜTSCHLI, pl. LI, fig. 3. ISS50. Goniaulax polvetra BÜTSCHLI, fig. 20 et 21. 1806. Goniaulax polvedra SCHÜTT, p. 21, fig. 29.
1907. Goniaulax polvedra PAULSEN, p. &, fig. 5. 1011. Goniaulax polvedra KOFOID, p. 238, pl. — fig- 16 à 20; pl. XIV, fig. 28, 20, 31, et
pl. XVI, fig.
CARACTÈRES. — Forme à diamètre un peu plus long que les deux autres, à contour plus ou moins polyédrique et dépourvue de toute corne et de tout
appendice.
Sillon transversal creux, sinistrogvre, atteignant mais ne dépassant pas un tour complet de spire.
Sillon longitudinal développé vers le haut d'une façon peu manifeste, en se perdant dans une sorte de plaque frontale, tandis qu'il se traduit en dépression vers le bas, sans subir d'étranglement entre les deux bouts de la ceinture et sans s'élargir notablement à la base.
La tabulation apicale comporte six plaques périphériques, quatre terminales bien visibles et une toute petite bien difhcile à saisir, à gauche du sommet. Celui-ci paraît ouvert.
L'hypovalve comprend cinq plaques périphériques, une terminale et une intermédiaire située à gauche du sillon longitudinal. Le sommet est aplati.
La surface est vigoureusement sculptée et présente des renforcements aux nœuds des mailles du réticulum. Les sutures simples ou doubles sont bien marquées par une bordure de mailles plus grandes et dont les trabécules leur sont perpendiculaires.
Les ailettes de la ceinture sont saillantes et bien structurées.
Fiqures. — Figure 20. Vue ventrale d'un spécimen bien développé. On remarquera que les deux bouts de la ceinture n'empiètent pas l’un sur l’autre, et que le sillon ventral, assez peu déprimé, est prolongé vers les deux sommets.
Figure 21. Vue apicale, montrant mieux que la précédente, la dépression du sillon ventral, même du côté apical. On en peut suivre le trajet sinueux jusqu'au sommet qui est légèrement ouvert. À noter la disposition des plaques de l'épivalve.
Figure 22. Vue antapicale permettant de repérer les cinq plaques périphériques, la terminale, qui est plate, et l'intermédiaire située du côté gauche.
Ces deux figures 21 et 22 montrent bien les détails des ailettes zonales.
Figure 23. Vue de profil droit, avec la tabulation visible de ce côté. Le fond, comme on le voit, est plat.
Figure 24. Vue ventrale d'un spécimen plus jeune, à en juger par ses dimensions moindres et les détails moins prononcés de la structure extérieure.
Figure 25. — Vue apicale du même.
DISTRIBUTION. — Cette espèce est très rare dans les échantillons provenant du large de la Mer flamande. Elle abonde, au contraire, dans d’autres produits de pêche pratiquée dans le bassin à flot de Nieuport, où nous rencontrons aussi les deux espèces suivantes qui lui sont souvent associées.
Goniaulax cochlea sp. nov.
(PI. XIX, fig. 26 à 32.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1910. Goniaulax polygramma MEUNIER, p. 54, pl. I, fig. 5 à 13.
CARACTÈRES. — Forme ovale, assez petite, cavozone, sinistrogyre, à sillon transversal dessinant plus d’un tour complet de spire et rattachant ses deux extrémités au sillon longitudinal par un étranglement très prononcé de celui-ci.
Cône apical à six plaques périphériques surmontées de quatre plaques terminales.
Cône antapical arrondi ou prolongé soit par une seule expansion terminale, soit par deux latérales de même structure que la membrane elle-même.
Le sillon ventral s'élargit en dessous de l'extrémité droite de la ceinture et se termine en s'arrondissant inférieurement.
La coque est couverte d’un réticulum plus ou moins prononcé suivant l’état de développement des spécimens.
Ficures. — Figure 26. Vue ventrale d'un spécimen qui ne présente qu'une seule expansion membraneuse, en arrière du sommet antapical.
On remarquera que la ceinture dessine plus d’un tour complet de spire et que les deux extrémités sont raccordées par une sinuosité étroite du sillon ventral.
Ce dernier atteint les deux sommets : l'apical, en devenant très étroit; l’antapical, en s'épanouissant en une aire assez large et arrondie en bas.
L'expansion que l'on observe en arrière n'est pas une simple épine, mais une expansion de la coque dont elle traduit la structure réticulée.
Figure 27. Vue latérale droite du même, montrant la dépression ventrale et la forme spiralée de la ceinture, dont les deux extrémités sont fort écartées en hauteur.
Figure 28. Vue ventrale d'un sujet portant deux expansions membraneuses, aux côtés du sommet inférieur. La forme du corps est sensiblement la même, la
direction du sillon est pareille, l'extrémité inférieure du corps est également arrondie, enfin, le relief de la capsule est du même style.
Figure 29. Vue latérale gauche du même, où l’on voit les deux expansions terminales se profiler en bas, l’une, la gauche qui est plus petite, sur l’autre, la droite, qui est plus longuement développée.
Figure 30. Vue apicale en projection sur la coupe transversale du corps. On remarquera que l'épivalve comporte six plaques périphériques et quatre terminales.
Figure 31. Vue antapicale, montrant les cinq plaques périphériques, la plaque terminale et la petite plaque intermédiaire qui est mal délimitée de la terminale, du côté gauche.
Figure 32. Vue ventrale d'une forme qui a la même physionomie que les précédentes, mais qui paraît présenter des caractères de jeunesse, par l’indétermination des plaques, l'absence de sculptures sur la coque et le manque de prolongements sur le sommet antapical.
OBSERVATIONS. — Dans notre publication de 1910, nous avons reproduit toute une série de figures, planche ITT, figures 5 à 13, qui nous ont semblé empruntées à des individus du même type et que nous avons rapportées à Gontaulax polygTarmuna STEIN, d'après PAULSEN, mais sans conviction aucune, à cause des différences frappantes qui nous heurtaient. Poussé par le désir de leur trouver une famille parmi les espèces connues de la mer du Nord, nous avons passé outre à l'insufhsance des dessins et mis les écarts constatés sur le compte de ceux-ci. Aurait-il mieux valu les rapporter à G. Levanderit PAULSEN? C'est possible, tant il est vrai que les figures de ces auteurs sont peu explicites sur la physionomie des objets qu'ils représentent.
D'autre part, Koroïp verse le G. Zevanderi PAULSEN dans le G. spinifera de même auteur et 1l rattache nos figures à son G. diegensis. Ce dernier ne présente pas plus qu'un tour complet dans sa ceinture et présente sur son sommet antapical trois spinules ailées, caractères que nos figures ne présentent pas. Par contre, son G. spinifera, dans lequel il fait rentrer le G. Zevandert PAULSEN, porte deux fortes épines non ailées à la base, mais la ceinture y est manifestement spiralée, alors que la figure de PAULSEN, relative à cette espèce, n'offre pas ce caractère.
Nos figures de 1910, identiques pour nous avec celles de ce travail, quoique sous des dimensions un peu moindres, ce qui tient probablement à la différence du milieu, montrent toujours le sommet antapical avec une seule ou deux protubérances issues de la membrane et couvertes du même rétieulum qui s’observe sur tout le corps de l'objet. De plus, la spirale décrite par la ceinture dépasse toujours notablement un tour complet de spire.
N'ayant pas un goût bien prononcé pour la solution des énigmes bibliographiques, nous pourrions abandonner ces discussions, sur des pièces mal établies, à ceux qui en ont le loisir et tourner la difhculté en désignant notre espèce du nom de G. cochlea, par exemple, qui serait au moins symbolique de l'un de ses principaux caractères : la forme spiralée de sa ceinture
DISTRIBUTION. — Cette forme s’est trouvée très abondante dans le bassin de Nieuport, pendant le mois d'août 1907. Par contre, elle est très rare dans les
échantillons prélevés au large, à la même époque, et exceptionnelle en tous temps.
Le calme habituel de ces eaux du bassin de Nieuport doit être très favorable à beaucoup de Péridiniens qui s'y multiplient énormément. Le G. cochlea S'v montre à diverses phases de son évolution et sous les deux variantes que nous avons signalées : à une seule protubérance médiane ou à deux protubérances latérales au sommet de l’hypovalve.
Goniaulax loculatum sp. nov.
(PI. XIX, fig. 37 et 38.)
Nous nous contentons de reproduire ici deux figures d’une forme de Gontaulax que nous n'avons rencontrée qu'une fois, 1l v a plus de dix ans, dans les échantillons rapportés d’une croisière dans la Mer flamande. Nous en avons pris des croquis, au moment même de l'observation, et nous avons dû les graver tels quels, à défaut d'avoir pu retrouver l'objet, dans les matériaux où 1l s'était montré d'abord.
La forme semble être celle d'un Gontaulax. La ceinture sinistrogyre dessine plus d’un tour complet de spire et est bordée d’ailettes très proéminentes en même temps que robustes. Le sillon longitudinal semble occuper toute la longueur du corps et s'élargir vers le bas, entre deux expansions terminales de la coque. Celle-ci est couverte d’une vigoureuse décoration alvéolaire, qui nous a empêché de porter notre attention sur les détails de la tabulation, qui devaient être peu discernables. C'est cette particularité qui nous la fait désigner du nom de loculaturn.
FiGures. — Figure 37. Vue ventrale, présentée un peu d’en dessous, montrant la disposition de la ceinture ornée d'ailettes saillantes et dépassant un tour complet de spire. On remarquera l'inflexion prononcée du sillon ventral, qui s'élargit inférieurement entre deux prolongements latéraux de la coque.
On notera également la texture alvéolaire, qui est comme incrustée vigoureusement dans la cuirasse et qui s'observe jusque dans les deux sortes de cornes, dans lesquelles aboutit le sommet antapical.
Figure 38. Vue latérale gauche. On distinguera ici, d’une façon plus nette, la dépression ventrale et le grand dénivellement qui existe entre les deux extrémités de la ceinture.
Nous regrettons de n'avoir pu retrouver de spécimens de cette espèce pour en donner des figures plus complètes, quant à ses multiples aspects et à sa tabulation. Telle quelle, elle présente, toutefois, des caractères qui ne permettent de la rapporter à aucune des espèces que Koroïp rencontre dans sa monographie du genre Gontaulax.
GENRE AMYLAX MEUNIER.
Nous avons proposé le genre Awy/ax, en 1910, pour grouper des Péridiniens balancés jusque là, au gré de chacun, dans des genres disparates et qui ont des analogies étroites avec es Gontautax, mais qui s'en distinguent morphologiquement par leur aplatissement antéro-postérieur et par l'aspect particulier que présentent les sculptures de la cuirasse.
Nous y avons groupé : Arylax lata, synonyme de Gontaulax triacantha dont nous avons changé le nom spécifique, parce que celui-ci établissait une contrevérité; Arnylax calenata, Connu avant, soit comme errdinium catenatum, soit comme Gontaulax catenata ; Amylax nivicola que nous avons signalé dans la neige jaune de la mer de Kara, et, enfin, Awzylax perpusilla trouvé dans les eaux de la même mer. Toutes ces formes présentent un air de famille que nous ne pouvons méconnaître.
Koroip, qui avait des raisons personnelles pour ne pas scinder le genre Gontaulax dont il faisait la monographie, n'a pas jugé bon d'adopter notre manière de voir; c'est son droit.
Nous n'avons pas les mêmes raisons pour respecter l'unité de ce groupe artificiel et nous en détachons les espèces rappelées plus haut qui offrent un aplatissement marqué dans le sens antéro-postérieur, et sont, en outre, ornées d’ épines plus ou moins nombreuses sur l'hypovalve.
A ces espèces boréales, nous devons en ajouter une autre que nous tenons de la Mer flamande, c’est la suivante.
Amylax diacantha sp. nov.
(PI. XIX, fig. 33 à 36.)
CARACTÈRES. — Forme à la fois petite et fluette, haute relativement à sa largeur et particulièrement à sa faible épaisseur dorso-ventrale. Ses trois axes sont, en effet, très inégaux. Elle est sinistrogyre, cavozone. Le sillon transversal fait un tour complet de spire et ses deux extrémités aboutissent à des niveaux très différents dans le sillon ventral, qui parcourt toute la longueur du corps, en s'élargissant vers le bas, où il se dilate entre deux longues épines ailées.
Le cône apical, très surélevé et souvent un peu efllanqué, se termine par une pointe émoussée. L'hypovalve se développe davantage du côté gauche.
La tabulation paraît semblable à celle de ses congénères, mais la distinction des plaques terminales est difhcile à établir en projection, à cause de l’étroitesse de cette partie de l’épivalve. La cuirasse est faible; elle est légèrement sculptée, couverte d’un fin réticulum et de pores.
FIGURES. — Figure
3. Vue ventrale d'un spécimen de taille moyenne. Notez la ceinture cavozone, sin
sinistrogyre, dépassant un peu le tour de spire complet et
EN | ui
la hauteur du corps par rapport à sa largeur. On voit aussi que le sillon ventral s'étend d’un bout à l’autre du corps et s'étrangle comme une fissure entre les deux bouts de la ceinture pour s'élargir ensuite vers le bas, où elle est limitée par deux fortes spinules ailées.
Figure 34. Vue dorsale du même. On y remarquera l'élévation des plaques périphériques et, par contre, le faible développement des plaques terminales.
Figure 35. Vue latérale droite. On notera le faible développement dorsoventral du corps dont la base est inclinée vers le devant.
Figure 36. Vue apicale. Cette vue est très difhcile à bien saisir, d’abord à cause de la dificulté de bien orienter et de maintenir en position l'organisme suivant son axe longitudinal et, ensuite, à cause des bords fuyants du sommet apical.
On observera que les ailettes de la ceinture sont bien développées.
OBSERVATIONS. — Aynylax diacantha à beaucoup d'afhinité avec les autres espèces du genre que nous avons décrites en 1910 et qui provenaient des mers glaciales.
A part sa petitesse relative, elle se rapproche singulièrement de l'espèce À. data (Gontaulax triacantha JüRGENSEN). Mais celle-ci n’a pas que trois épines, comme son ancien nom le faisait supposer, mais au moins cinq, dont deux surnuméraires placées sur les flancs de l'hypovalve, une dans le prolongement du sillon ventral et deux plus fortes distancées l’une de l’autre au sommet du cône antapical.
A. diacantha n'en a que deux placées à peu près parallèlement à l'axe polaire, mais celles-ci sont fortes et mamifestement ailées. Elle a, comme elle, sa surface si finement sculptée, que la reproduction adéquate, au faible grossissement employé, en serait très difhcile, mais inopérante pour fixer les Caractères de l'espèce. Comme ses autres congénères, A. lata, catenata, nivicola, perpusilla, elle est très aplatie dans le sens dorso- ventral, ce qui, outre la présence d’épines plus ou moins nombreuses, les distingue du genre Gontaulax proprement dit, dont les représentants authentiques ont la section transversale arrondie.
DISTRIBUTION. — C'est encore dans les eaux du bassin à flot de Nieuport que nous avons trouvé cette curieuse espèce en quantité notable, pendant le mois d'août 1907. Il nous est arrivé cependant d'en saisir exceptionnellement de rares échantillons dans les produits de pêche des croisières, mais c'est dans Îles produits de Nieuport que nous avons pu l’étudier à loisir pour en reconnaître les caractères.
GENRE PROTOCERATIUM BErcxH
Le terme ?rofoceratium a-t-1l été créé par BERGH de façon heureuse pour l'appliquer au Péridinien qu'il a fait connaître sous le nom de ?7o{oceratium
reticulatumn ?
Etymologiquement, ce terme suppose des rapports étroits de filiation entre le
susdit organisme et ceux que leurs prolongements en forme de cornes ont fait ranger sous la dénomination générique de Ceratium.
Ces rapports ne nous paraissent pas justifiés au point de nous autoriser à prendre ce vocable dans son sens étymologique ; mais nous estimons néanmoins qu'on peut le maintenir, parce que l'usage l’a consacré.
Ce genre est caractérisé Jusqu'ici par une ceinture cavozone, sinistrogyre, située vers le tiers supérieur du corps, et un sillon ventral peu déprimé qui ne s'étend pas jusqu'aux sommets du corps. La tabulation y est assez difhcile à saisir à cause de la forte réticulation qui couvre la cuirasse et rend souvent douteuse la position véritable des lignes de suture.
Le corps est globuleux, légèrement plus haut que large.
Protoceratium reticulatum (CLAPARÈDE et LACHMANN) BÜTSCHLI. (PI. XIX, fig. 39 à 42.)
1859. Peridinium reticulatum CLAPARÈDE et LACHMANN, pl. XX, fig. 3.
1881. Protoceratium Aceros BERGH, p. 242, fig. 36.
1883. Clathrocysta reticulata STEIN? pl. IV, fig. 4 ets.
1885. Protoceratium reliculatum BÜTSCHLI, pl. LIT, fig. 2.
1805. Protoceratium rehiculatum SCHÜTT, pl. VIE, fig. 28.
1907. Protoceralium reticulatum PAULSEN, p. 7, fige. 3 et 4.
1910. Protoceratium reliculatum MEUNIER, p. 49, pl. I, fig. 1 à 4, et pl. LPS, fig. 38
CARACTÈRES. — Forme cavozone, sinistrogyre, à ceinture ramenée vers le sommet du corps qui est plus ou moins anguleux, ovoïde, à diamètres sensiblement égaux, sauf le polaire qui est un peu plus long que les deux autres. Sillon ventral peu déprimé, superficiel, assez prolongé vers le bas mais dépassant peu la ceinture vers le haut. Le corps tout entier est fortement réticulé, comme le sillon ventral lui-même, mais celui-ci l’est autrement et à trabécules moins
denses.
FIGURES. — Figure 39. Vue ventrale d'un spécimen de forme plus arrondie que de coutume, sur lequel on pourra vérifier les caractères signalés plus haut; la forme cavozone de la ceinture, sa direction simistrogyre, sa situation élevée sur le corps, l'aspect du sillon ventral et sa brièveté relative, te:
Figure 40. Vue latérale gauche du même. On remarquera l’ailette plus ou moins développée sur le bord du sillon ventral, particularité qui ne s’apercevrait que difhcilement sur le sujet vu de face.
Figure 41. Vue apicale. On y distingue un certain nombre de plaques périphériques que l’on ne déméle pas sans difficulté, à cause de la confusion qu ’introduisent les trabécules fortement prononcées dont elle est couverte. Il n'y aurait sans doute qu'une seule terminale.
Figure 42. Vue antapicale. On constatera que ce cône n'a non plus qu'une seule plaque terminale qui couronne un certain nombre de périphériques, probablement cinq, celles-ci sont séparées de la terminale par des lignes de sutures multiples dont la délimitation est rendue également difhcile à préciser.
OBSERVATIONS. — Cette forme, qui nous est aussi connue, principalement dans les limites de ce travail, des eaux de Nieuport, vrai bassin d'élevage de formes péridiniennes, s'y manifeste sous des dimensions très variables dont les spécimens reproduits traduisent la moyenne. Beaucoup sont plus petites, plus anguleuses, d’autres sont plus grandes, mais sans atteindre jamais les dimensions que nous avons attribuées, en 1910, au Protoceratium splendens.
Il est possible, toutefois, que cette grande forme, non rencontrée ici, ne soit qu'une forme de grandeur maximale de même espèce que celle-ci et plus différentiée.
Cette forme a eu le mauvais sort d'être mal figurée.
BERGH n'en a reproduit que gauchement les traits, mais 1l en a donné tout au moins une silhouette non équivoque.
STEIN, qui en à fait un C/afhrocysta reticulata, en a dénaturé l'aspect en rabaissant la ceinture vers le milieu du corps et en lui donnant une homogénéité de structure qu'elle n'a pas.
SCHUTT n'en donne pas une figure d'ensemble reconnaissable.
DISTRIBUTION. — Ce n'est que très exceptionnellement que le /rotoceratium reticulatuim s'est présenté dans les échantillons prélevés au large de la Mer flamande, où il peut être considéré comme très rare.
Sa grande fréquence dans les eaux du bassin à flot de Nieuport serait donc le fait de sa multiplication dans ces eaux peu agitées et rarement renouvelées.
GENRE PYROPHACUS STeEIx.
Forme lenticulaire aplatie, à axe polaire beaucoup plus court que les deux autres qui sont à peu près égaux et perpendiculaires sur le premier. Sillon transversal creux, circulaire, séparant les deux cônes dont l'inférieur est beaucoup plus surbaissé encore que le supérieur. Ceux-ci, vus de face, sont circulaires, rendus un peu réniformes, toutefois, par la dépression antérieure qui marque le sillon ventral. Ce dernier n'a qu'un faible développement.
Tabulation variable au point de vue du nombre des plaques : généralement neuf périphériques et cinq terminales, en y comprenant la longue et étroite plaque qui tient lieu de frontale, du côté apical; neuf périphériques et trois terminales du côté antapical.
Les sutures simples ou larges, peu distinctes, sont marquées seulement par l'orientation des traits de sculpture qui couvrent toute la surface de l'objet.
Le sommet apical porte une sorte de petit organe en forme d'oreille.
Pyrophacus horologium STEIN.
(PL'XX fe. ga/r3.) BIBLIOGRAPHIE
1883. Pyrophacus horologium STEIN, pl. XXIV, fig. 1 à 13, et pl. XXV, fig. 1. 1885. l’yrophacus horologium BÜTSCHLI, pl. LIV, fig. 3.
1893. Pyrophacus horologium SCHÜTT, pl. XVII, fig. 51.
1896. Pyrophacus horologium SCHÜTT, p. 13, fig. 17; p. 15, fig. 21; p. 19, fig. 25.
CARACTÈRES. Le genre n'étant connu jusqu'ici que par une espèce, c'est à celle-ci que s'appliquent les caractères reproduits plus haut comme génériques.
FiGures. — Figure 9. Vue ventrale de l'objet, montrant sa forme lenticulaire, sa ceinture creuse et circulaire, l'aspect du sillon ventral, et, en coupe seulement, la logette occupée par le protoplasme.
Figure 10. Vue épivalvaire d'un spécimen d’assez grande taille. On notera que le sommet est occupé par un corps en forme de petit cercle déformé et incomplet, qui se traduit par une coloration brune plus intense que le reste sous l'action de l’iode.
Vers ce corps convergent cinq plaques terminales dont l'antérieure ou frontale est très étroite et présente une courbure convexe vers la gauche. A la périphérie règnent neuf plaques en rapport direct avec les terminales, à défaut d'intermédiaires.
Les zones intercalaires sont largement développées. Elles se distinguent des plaques proprement dites par des lignes ponctuées parallèles, tandis que sur les plaques les ponctuations, plus où moins réticulées, paraissent plus homogènes. Le contraste entre ces diverses parties n'est, en effet, pas toujours aussi frappant que dans le spécimen que nous avons choisi pour les figurer.
Nous n'avons jamais vu les traits parallèles que STEIN figure au milieu des plaques périphériques et qui rendent plus frappantes l'analogie de l'épivalve avec un cadran d'horloge. Est-ce un fait observé par cet auteur? n'est-ce pas plutôt malice de sa part?
Figure 11. — Vue antapicale du même, présentant trois plaques terminales et neuf périphériques qui enserrent, du côté antérieur, un sillon ventral étroit et peu développé en longueur.
Les zones intercalaires sont très développées, sauf du côté antérieur, où plusieurs lignes de suture ne subissent pas d'élargissement.
Les ailettes de la ceinture sont étroites et homogènes.
Figure 12. Vue apicale d’un individu plus petit. Sa structure paraît plus homogène. À part la plaque frontale qui est nettement dessinée, les autres sutures n'apparaissent que péniblement et ne peuvent être interprétées que par comparaison avec d'autres individus plus explicites sous ce rapport.
Figure 13. Vue hypovalvaire d'un autre spécimen encore, où, malgré sa petitesse relative, les lignes de suture se résolvent en larges zones intercalaires qui,
dans leur structure, accusent des glissements progressifs des pièces les unes sur les autres.
DISTRIBUTION. — yrophacus horologium est une espèce endémique de la Mer flamande. Elle s'y observe presque en tout temps, parfois en grande quantité, plus souvent en spécimens épars.
GENRE DINOPHYSIS EHRENBERG.
Corps en forme de graine d'amande, divisible en deux parties, comme les cotylédons de cette graine. Ceinture située très haut et bordée d’ailettes striées dirigées obliquement vers le sommet. Sillon ventral superficiel bordé d'une ailette fortement développée et sous-tendue par trois piquants, en y comprenant celui qui la rattache au bord inférieur de la ceinture.
La partie antapicale est formée de deux plaques symétriques, par rapport au plan antéro-postérieur; la partie apicale aussi, mais celles-ci sont beaucoup moins amples.
La surface de la capsule est plus ou moins décorée : réticulée ou ponctuée.
Dinophysis rotundata CLAPARÈDE et LACHMANN.
(PI. XX, fig. 14 à 20.) BIBLIOGRAPHIE.
1859. Dinophysis rotundata CLAPARÈDE et LACHMANN, pl. XX, fig. 16. 1883. Dinophysis rotundata STEIN, pl. XIX, fig. 9 à 11.
1895 Dinophysis rotundata SCHÜTT, pl. [, fig. 5.
1907. Dinophysis rotundata RAMSAY WRIGHT, pl. I, fig. 11.
1910. Dinophysis rotundata MEUNIER, p. 59, pl. IL, fig. 43 à 46.
CARACTÈRES. — Forme arrondie en vue latérale, plus ou moins lenticulaire en vue ventrale, suivant la phase évolutive à laquelle l'individu est parvenu.
Ceinture située vers la partie supérieure, mais bordée d’ailettes qui ne cachent pas le sommet apical. Capsule à sculptures poroïdes ou anhiste.
Division par formation de deux nouvelles moitiés de la capsule à l'intérieur de l’ancienne, comme dans les Diatomacées.
Fiqures. — Figure 14. Vue latérale droite d'un individu à cuirasse criblée de grands pores.
Figure 15. Vue ventrale du même.
Figure 16. Vue latérale gauche d'un spécimen à parois anhistes.
Figure 17. Vue ventrale “d'un individu en voie de division. On voit se dessiner à l'intérieur les deux nouvelles moitiés de capsule.
Figure 18. Vue latérale droite du même.
Figure 19. Vue latérale gauche d’un spécimen plus petit.
Figure 20. Vue dorsale du même, provenant sans doute d’une division récente, comme en témoigne sa minceur, sous cet aspect.
OBSERVATIONS. — Il est étonnant que cette espèce de Dinophysis soit la seule qui hante les parages de la Mer flamande. Sous ses multiples aspects, elle v est même assez rare, aussi bien au large que dans les eaux littorales de Nieuport, bien qu'elle y apparaisse à peu près en toutes saisons.
GENRE CERATIUM ScHRANK.
Genre très riche en espèces et aussi très polymorphe. C'est comme le pendant du genre Peridinium.
Le grand développement des cornes en est le caractère dominant. Celles-ci sont habituellement au nombre de trois, une apicale et deux antapicales, diversement orientées.
La tabulation en est assez simple. Outre la ceinture, qui est toujours cavozone et sinistrogvre et le sillon ventral qui occupe une large place de la face antérieure du corps, on voit, dans l'épivalve, quatre plaques terminales reposant soit sur trois plaques périphériques, soit sur cinq, Si l'on subdivise les deux latérales suivant la ligne de pourtour de l'objet placé à plat, dans sa position d'équilibre la plus stable. De même l'hypovalve comporte trois plaques périphériques et une terminale. Celle-ci est seule à former la corne gauche, l’autre dépend de la périphérique latérale de droite, à moins que l’on admette la subdivision de ces deux plaques suivant la ligne de pourtour de l’objet, ce qui ne peut bien s'observer qu'en dissociant celui-ci par macération.
Le grand nombre des espèces connues que ce genre comporte et la difhculté de les “différencier, y a fait établir des sections ou des sous- genres, qui sont, d'après JÔRGENSEN :
I. Les Poroceratiumn, à portion apicale largement développée et dépourvue décorne.
IT. Les Priceratium, à cornes antapicales droites.
III. Les Arrphiceratium, à corps droit, allongé, paraissant à deux cornes dans le prolongement l’une de l’autre.
IV. Les Æuceratium, à deux cornes antapicales dont l’une au moins et le plus souvent les deux sont recourbées vers la partie apicale.
Nous n'avons dans nos eaux belges que peu de représentants de ce genre complexe.
Ceux du groupe des Poroceratium en sont totalement absents; ceux des autres groupes sont eux-mêmes très limités. Nous les rencontrerons dans les groupements suivants :
° Les Æ£uceratiuin ;
2° Les Oréhoceratium, nom que nous substituons à celui de Prceratium, qui est mensonger, faisant croire à la présence de deux cornes seulement ;
3° Les Asmnphiceratium.
SOUS-GENRE EUCERATIUM.
Dans ce groupe viennent se ranger les espèces les plus complexes, celles que l’on peut considérer comme se rapprochant le plus du type idéal du genre et qui sont caractérisées par l'incurvation vers la partie apicale de leurs deux cornes antapicales ou, au moins, de l’une d'elles.
Ceratium longipes (BAILEY) GRAN.
(PLES 9,206, etipl XXI, He; T3") SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1855. Peridinium longipes BAILEY, p. 12, fig. 35.
1881. Ceratium tripos Var. BERGH, fig. 26.
1807a. Ceratium tripos var. longibes CLEVE, p. 302, pl. VIIT, fig. 2.
1902. Ceralium longipes GRAN, pp. 52, 193, fig. 1 et 2.
1903. Ceratium longipes OSTENFELD, p. 586, fig. 140 à 143.
1905. Ceratium longipes VAN BREEMEN, p. 37, fig. 8.
1906. Ceratium longifes KARSTEN, p. 144, pl. XXI, fig. 25 a-c.
1910. Ceratium longipes MEUNIER, p. 56, pl. [', fig. 39 et 40; pl. IL, fig. 47 et 48; pl. III, fig. 23
1911. Ceratium longipes JORGENSEN, p. 84, pl. x. fig. 178.
CARACTÈRES. — Corps de dimensions moyennes, à corne apicale oblique à droite et plus ou moins parallèle aux deux cornes antapicales, après que celles-ci se sont incurvées pour se prolonger plus ou moins dans la direction de l'apicale.
Leur développement est variable, souvent elles atteignent la longueur de l'apicale, elles sont d'habitude plus courtes et parfois elles ne dépassent pas les limites de l'incurvation basale
La cuirasse qui est percée de pores est, en outre, relevée de crêtes saillantes
eo] [
qui déterminent un réseau à mailles irrégulières. On ne trouve guère d'ailettes sur les cornes dans nos spécimens ; il n'y a non plus de spinules pour les soustendre.
FiGures. — Figure 11, planche XXI. Vue ventrale d'un spécimen bien développé, dont les cornes, devenues parallèles et également inclinées à droite, atteignent une longueur à peu près égale.
Figure 26, planche XX. Spécimen écourté dont les cornes antapicales ne sont guère développées au delà de la partie incurvée de leur base.
Entre ces deux formes, on trouve toutes les variantes de développement relatif des cornes.
OBSERVATIONS. — Ces spécimens nous semblent se rattacher à une même variété, la variété bal/tica OSTENFELD, si l’on tient compte de l’absence habituelle d'épines sur les cornes.
DISTRIBUTION. — C'est la plus commune des espèces d’Æuceratium que l'on rencontre dans la Mer flamande. Elle n'y est cependant jamais très abondante, n'apparaissant le plus souvent qu'en spécimens disséminés. Elle s'y montre, toutefois, comme endémique par ses récursions fréquentes.
Ceratium batavum PAULSEN.
(PIX io 24tet 26") SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1883. Ceralium tripos var. STEIN, pl. XVII, fig. 1.
1905. Ceratium longipes aff. VAN BREEMEN, P. 38, fig. 0.
1907. Ceratium batavum PAULSEN, P. 23, fig. 33.
1o11. Ceratium intermedium var. batavum JÜRGENSEN, p. 83, pl. X, fig. 177.
CARACTÈRES. — Forme à corps de dimensions moyennes, à corne apicale presque droite, au-dessus d'une légère flexion subie par cet organe dès sa base, à cornes antapicales arquées, plus ou moins longues et tronquées au sommet.
Les cornes ne présentent guère d'’ailettes spinuleuses, si ce n'est sur le bord inférieur de la corne antapicale de gauche, la plus développée.
Elle présente, sur sa cuirasse, le même réseau en saillie de crêtes entre lesquelles le cvtoderme montre une structure poroïde.
FIGURES. — Figure 24, planche XX. Vue ventrale d’un spécimen de dimensions ordinaires.
Cornes antapicales longuement arquées et divergentes. Corne apicale présentant, près de sa base, une légère flexion qui lui fait prendre une direction plus
MICROPLANKION DE LA MER FLAMANDE. a
droite que dans l'espèce C. longipes, avec laquelle elle a, du reste, beaucoup d'analogie.
Figure 25. Vue dorsale du même individu.
OBSERVATIONS. — PAULSEN a élevé au rang d'espèce cette forme que VAN BREEMEN avait signalée d'abord comme affine au C. /ongipes.
ÔRGENSEN, de son côté, doute de sa spécificité réelle et la rattache plutôt à C. intermedium JôRGENSEN comme simple variété batavum,; mais la figure qu'il en donne ne marque pas sufhisamment la flexion qui s’observe à la base de la corne apicale et exagère, d'autre part, l’écartement des sommets des cornes antapicales, ce qui est loin de s'observer toujours dans nos spécimens.
Manquant de base d'appréciation, par l'absence dans nos eaux de C. 2ntermedium, nous la tenons pour plus apparentée à Ceratium longipes avec laquelle elle se coudoie souvent dans nos échantillons; mais nous la maintenons, provisoirement du moins, comme distincte de celle-ci pour marquer sa différence d’allure.
DISTRIBUTION. — Cette espèce s'observe accidentellement dans nos échantillons, où nous l'avons longtemps considérée comme un des multiples aspects que revêt C. longipes.
Ceratium tripos (O.-F. Müirer) NrrzscH.
(PI. XX, fig. 27 à 29.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1781. Cercaria tripos O.-F. MÜLLER, p. 206.
1786. Cercaria tripos O.-F. MÜLLER, p. 130, pl. XIX, fig. 22.
1817. Ceratium tripos NITZSCH, P. 4.
1838. Peridinium tripos EHRENBERG, p. 255, pl. XXII, fig. XVII, 1 et 3. 1859. Ceratium tripos CLAPARÈDE et LACHMANN, p. 397, pl. XI, fig. 2. 1881. Ceratium tripos BERGH, p. 204, fig. 4 à 6, 21 à 20.
1883. Ceratium tripos STEIN, pl. XVI, fig. 1 à 7; pl. XXV, fig. 11 et r2. 18850. Ceratium tripos BÜTSCHLI, fig. 10 à 15, 17 et 18, 24 à 29.
1887. Ceratium tripos HENSEN, p. 72, pl. VI, fig. 57.
1895. Ceratium tripos SCHÜTT, pl. X, fig. 40, 1 et 2; pl. XI, fig. 40, 29 et 30. 1897. Ceratium arcuatum V ANHÔFFEN, pl. V, fig. 14.
1897. Ceratium arcuatum CLEVE, p. 301, pl. VIIT, fig. r.
1903. Ceratium neglectum OSTENFELD, p. 584, fig. 135. 1905. Ceratium tripos PAVILLARD, p. 50, pl. I, fig. 5 à
NI
1911. Ceratium tribos JoRGENSEN, p. 55, pl. I, fig. 1 et 2; pl. IV, fig. 65 à 79.
CARACTÈRES. — Corps gros, à corne apicale droite, à cornes antapicales courtes, trapues, et fermées à leur extrémité. Ces dernières, brièvement incurvées, continuent la courbure du cône antapical, sans faire notablement saillie du côté inférieur.
La cuirasse est à structure poroïde et décorée d'un réseau irrégulier de crêtes, qui s'accusent avec le développement de la partie du cytoderme qui les présente.
FiGures. — Figure 27. Vue antérieure d'un spécimen. On remarquera que les cornes antapicales sont particulièrement courtes et fermées au sommet.
Figure 28. Vue dorsale du même.
Figure 29. Vue de profil gauche d’un autre individu, montrant l’inflexion vers
l'av ane des deux cornes antapicales.
DisrriIBUTION. — Cette forme ne nous paraît pas propre à la Mer flamande.
Pendant plus de dix ans, nous ne l'avons observée qu'une fois dans les produits de pêche de la croisière XXXIII du mois d'août 1911, et seulement dans les pêches B2 pratiquées à quelque distance du littoral belge.
À quoi est due cette apparition anormale dans notre plankton? Nous ne saurions le dire, ignorant les circonstances qui ont pu y introduire ces éléments habituellement étrangers. :
On se rappellera sans doute que ce sont les produits de la même croisière qui nous ont mis en présence de Peridinium deficiens, autre espèce exceptionnelle dans nos eaux.
Nous l'avons aussi rencontrée dans les produits des pêches hebdomadaires pratiquées au West-Hinder; mais ces rencontres furent très rares.
SOUS-GENRE ORTHOCERATIUM.
Espèces à cornes antapicales droites.
Le nom de Prceratiurr donné par V ANHÔFFEN à ce sous-genre, ne nous paraît pas adéquat au caractère principal des espèces qu'on y range habituellement. Il ferait croire que celles-ci n'ont que deux cornes, alors qu ils en ont au moins trois et parfois ur plus grand nombre. Nous voudrions lui substituer le nom de Orthoceratium, qui marque mieux le caractère dominant du groupe.
Le terme de Ærceratium s appliquerait mieux au groupe des Aphiceratiumn, qui n'ont que deux cornes opposées, bien développées, mais nous COnserverons néanmoins celui-ci qui, somme toute, peut s'interpréter de même.
Ceratium furca (EHRENBERG) CLAPARÈDE et LACHMANN. (PI. XX, fig. 30 à 32.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1838. Peridinium furca EHRENBERG, p. 256, pl. XXII, fig. XXI. 1859. Ceralium furca CLAPARÈDE et LACHMANN, p. 20, pl. XVIIT et XIX, fig. 2. 1883. Ceratium furca GOURRET, p. 48, pl. I, fig. 14.
1883. Ceratium furca STEIN, pl. XV, fig. 7 à 9; pl. XXV, fig. 8 à 10. 1883. Ceratium furca POUCHET, p. 417, pl. XVITI-NIX, fig. 2.
887. Ceratium furca HENSEN, p. 76, pl. VE, fig. 56, 63 et 64.
1895. Ceratium furca SCHÜTT, pl. IX, fig. 37.
1897. Biceratium furca V ANHÔFFEN, pl. V, fig. 15.
1905. Ceratium furca ENTZ, fig. 2 à 5.
1906. Ceratium furca KARSTEN, pl. XXII, 44, à.
1911. Ceratium furca JORGENSEN, p. 17, pl. I, fig. 23a, b.
CARACTÈRES. — Forme étroite, mais longue, présentant trois cornes robustes, dirigées suivant l'axe : une apicale prolongeant le corps, deux antapicales droites, rapprochées, parallèles, mais de longueur très inégale. Cuirasse percée de pores et marquée d'un réseau à mailles longitudinales de crêtes qui dessinent des denticules sur la corne antapicale gauche.
FiGures. — Figure 30. Vue ventrale. On remarquera la forme étroite du corps, qui se prolonge en s'atténuant insensiblement dans la corne apicale, et les deux cornes antapicales trapues, parallèles, inégales, fermées au bout, dont la gauche est beaucoup plus développée et plus forte que la droite. On notera aussi les denticules qui hérissent la corne gauche.
Figure 31. Vue dorsale du même.
Figure 32. Vue de profil droit montrant la minceur dorso-ventrale du sujet et la direction axiale des cornes.
OBsERvATIONS. — Nous avons aussi rencontré rarement la forme plus svelte, à cornes antapicales moins inégales et légèrement divergentes que JÜRGENSEN reproduit dans sa figure 27 et dont il fait l'espèce C. k/rcus SCHRôDER. La considérant comme une simple modalité de l'espèce furca, nous nous sommes dispensé de la reproduire.
DISTRIBUTION. — Ceratium furca est assez rare dans les eaux belges. Ses apparitions sont souvent fort espacées et, sauf des cas exceptionnels, clle nerse montre qu'en spécimens clairsemés.
Ceratium lineatum (EHRENBERG) CLEVE.
(PIX MoN 31et 340) SYNONYMIE: ET BIBLIOGRAPENE:
1854. Peridinium lineatum EHRENBERG, pl. 25c.
1881. Ceratium furca BERGH, pl. XII, fig. 1 et 2.
1887. Ceralium furca HENSEN, p. 76, pl. VI, fig. 63 et 66. 1895. Ceratium furca Var. baltica SCHÜTT, pl. IX, fig. 36. 1897. Biceratiurn debile VANHÔFFEN, pl. V, fig. 16.
1809. Ceratium lineatum (EHRENBERG) CLEVE, pP. 36.
1903. Ceratium furca var. baltica ENTZ, fig. 6 à 11.
1907. Ceratium lineatum OKAMURA, pl. I, fig. 7.
1011. Ceratium lineatum JORGENSEN, p. 22, pl. IT, fig. 36 et 37.
CARACTÈRES. — Forme petite, à corps ramassé et porteur de trois cornes grêles.
Le corps est de forme pentagonale irrégulière, dont l'angle supérieur porte une corne efhlée et les deux inférieurs chacun une corne plus courte, inégale et légèrement divergente. Les deux angles intermédiaires correspondent aux saillies de la ceinture. La structure de la cuirasse est réticulée, poroïde.
Fiaures. — Figure 33. Ceratium lineatuwm en vue ventrale. On remarquera les dimensions réduites de cette petite forme et l'aspect grêle de ses cornes.
Figure 34. Vue dorsale du même individu. On notera la grandeur des mailles du réseau formé par les crêtes peu saillantes qui relèvent la cuirasse.
DISTRIBUTION. — Ceratium lineaturm est plus rare encore dans nos eaux que la forme précédente. Elle n'y apparaît qu'accidentellement.
Ceratium hirundinella (O.-F. MüLLER) BERGH.
(PI XXT, fie. 3416.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1786. Bursaria hirundinella O.-F. MÜLLER, p. 117, pl. XVII, fig. 9 à 12. 1881. Ceratium hirundinella BERGH, p. 215, fig. 12. 1883. Ceratium macroceros SCHRANK chez STEIN, pl. XIV, fig. 1 à 11.
1896. Ceratium hirundinella APSTEIN, p. 149, fig. 45 à 50.
1904. Ceratium hirundinella ENTZ, p. 16, fig. 9 à 17.
1904. Ceratium hirundinella LEMMERMANN, p. 125, pl. II, fig. 1 à 40. 1905. Ceratium hirundinella LEVANDER, p. 17, pl. I, fig. 24 et 23. 1907. Ceratium hirundinella LE ROUX, p. 234, fig. 4 (en partie)
1907. Ceratium hirundinella OKAMURA, pl. IV, fig. 24.
1911. Ceratium hirundinella JORGENSEN, p. 14, pl. IL, fig. 19 et 204, b.
1913. Ceratium hirundinella SCHILLING, p. 55, fig. 62 à 67.
CARACTÈRES. — Forme très polymorphe, à corps large, vu de face; étroit, vu de profil, à cône apical surmonté d'une corne robuste et à cône antapical pourvu, suivant les cas, de deux, souvent de trois et, parfois même, de quatre cornes inégales et divergentes. La plus forte se trouve du côté gauche, mais a une tendance à se placer dans la direction de l'axe longitudinal quand une troisième, plus petite, apparaît du même côté. Celle-ci a même une tendance à se ramifier latéralement et, quand ce phénomène se produit, le nombre des cornes antapicales se trouve porté à quatre, mais cette dernière reste petite et n'apparaît que comme une ramification de la troisième. Celle-ci fait même souvent défaut et alors on n'aperçoit plus que deux cornes inégales, la droite restant toujours plus petite que la gauche.
La ceinture est cavozone et sinistrogyre comme dans les autres espèces de Ceratium.
La cuirasse est vigoureusement réticulée.
C'est une espèce d’eau douce.
ENKYSTEMENT. — On observe souvent, en août, la formation de spores, par rénovation cellulaire, de forme plus simple mais reproduisant cependant vaguement la disposition des cornes des individus au sein desquels ils se sont formés.
La capsule anhyste en est mince et hyaline; les cornes en sont ténues, efhlées et terminées en pointe aiguë.
FiGurEs. — Figure 4, planche XXI. Vue de profil droit d'un spécimen pourvu de deux cornes antapicales seulement. On remarquera la courbure en avant du corps prolongé dans les cornes et son aplatissement dorso-ventral.
Figure 3. Vue ventrale d'un spécimen de même conformation. On notera la forme creuse de la ceinture, sa direction sinistrogyre et le large sillon ventral.
Figure 5. Vue dorsale d'un individu pourvu d'une troisième corne antapicale du côté gauche.
Figure 6. Autre individu, également en vue dorsale, présentant trois cornes antapicales bien développées, très divergentes et inégales.
Nous en avons observé qui portaient sur la troisième corne, celle de gauche, une ramification plus ténue. Le nombre de ces appendices était ainsi exceptionnellement porté à quatre. Mais nous avons dû renoncer, par manque de place, à figurer toutes les modalités que ce type peut revêtir.
Figure 7. Spore issue d’un spécimen de la forme représentée dans la figure 3. Vue antérieure.
Figure 8. Spore se rapportant à un individu pourvu de trois cornes antapicales, comme ceux reproduits dans les figures 5 et 6. Vue postérieure.
OBSERVATIONS. — Ceratium hirundinella est, en effet, très polymorphe, et ce polymorphisme s'observe simultanément, dans le même milieu, à la même époque, entre les produits souvent très nombreux d'un même coup de filet. On pourrait croire que la complexité de la forme est le résultat de l'évolution du type, si l’on ne voyait les individus à deux cornes antapicales, les plus simples conséquemment, s'enkyster aussi bien que ceux qui ont trois cornes et que l'on prendrait à priori pour plus parfaites et plus rapprochées du terme évolutif.
Bien qu'elle ne soit pas marine et ne puisse avoir avec le sujet qui nous occupe que des rapports assez éloignés, nous croyons utile de la signaler ici pour marquer l'originalité des formes d’eau douce vis-à-vis de leurs congénères des eaux salées.
DISTRIBUTION. — Cette belle espèce d'eau douce est extrêmement répandue dans beaucoup d'étangs du territoire belge. Nous l'avons trouvée très abondante, en été, dans les eaux de Tervueren, de Groenendael, de Genck, etc.
Il arrive, disent certains auteurs, qu'on peut la rencontrer accidentellement dans les eaux saumâtres. Nous l'admettons bien volontiers, mais il ne nous est pas arrivé de la trouver dans les eaux plus ou moins salées du littoral belge.
Ceratium cornutum (EHRENBERG) CLAPARÈDE et LACHMANN. (PI. XXI, fig. 9 à 12.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1838. Peridinium cornutum EHRENBERG, pl. 22, fig. XVII. 1859. Ceralium cornutum CLAPARÈDE et LACHMANN, pl. 20, fig. 1 et 2. 1866. Dimastigoaulax cornutum DIESING, p. 392.
1883. Ceralium cornutum STEIN, pl. 13, fig. 6 à 10. 1907. Ceralium cornutum LE ROUX, p. 236, fig. 4 (en partie). 1911. Ceralium cornutum JORGENSEN, p. 13, pl. I, fig. 16.
1913. Ceratium cornutum SCHILLING, p. 54, fig. 59 et 60.
CARACTÈRES. — Forme massive, trapue, arquée sur le devant et portant trois cornes inégales, dont une apicale à sommet tronqué et deux antapicales de dimensions très différentes et fort distancées l'une de l'autre sur le cône inférieur, la plus forte se trouvant à peu près dans l'axe longitudinal du corps, la plus petite développée à droite sur ce qui ne paraît qu'un appendice de la partie inférieure du COTps.
La Ccuirasse est grossièrement aréolée. La ceinture est cavozone et sinistrogyre.
ENKYSTEMENT. — Le kyste résulte d'une rénovation cellulaire, à l'intérieur de la cuirasse dont il épouse vaguement la forme, en réduisant les cornes. Il se revêt d'une membrane épaisse et lisse.
FIGURES. — Figure 9. Vue antérieure d'un spécimen normal comme dimensions et comme aspect.
Figure 10. Vue de profil gauche, montrant la forme arquée qu'elle présente sous cette incidence et, en outre, son aplatissement dans le sens antéro-postérieur.
Figure 11. Le même individu en vue dorsale.
Figure 12. Vue ventrale d'un spécimen enkysté, dont on aperçoit la spore à l’intérieur de la cuirasse. On remarquera l'épaisseur de sa membrane.
OBSERVATIONS. — Ceratium cornutum est aussi une espèce d’eau douce qui nous paraît particulièrement propre aux eaux marécageuses, riches en acide humique, comme celles des marais de Genck, par exemple.
Nous la signalons comme la précédente à seule fin de permettre la comparaison avec ses congénères marines.
DISTRIBUTION. — Commune partout dans les étangs et marécages, mais ne se présentant pas en masse comme la précédente.
SOUS-GENRE AMPHICERATIUM.
Ïl n'ya ici qu'une seule corne antapicale apparente.
Ceratium fusus (EHRENBERG) CLAPARÈDE et LACHMANN. (PI. XXI, fig. 1 et 2.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1838. Peridinium fusus EHRENBERG, p. 256, pl. XXII, fig. XX. 1859. Ceratium fusus CLAPARÈDE et LACHMANN, pl. XIX, fig. 7. 1873. Peridinium sela EHRENBERG, p. 3, fig. 5 et 6. 1881. Ceratium fusus BERGH, p. 208, fig. 7 et 8 et 28 à 32. 1881. Ceratium fusus KENT, p. 456, pl. XXV, fig. 40. 1883. Ceratium fusus POUCHET, p. 424, fig. E, dans le texte. 1883. Ceratium fusus STEIN, pl. XV, fig. 1 à 6. 1884. Ceratium fusus KLEBS, fig. 15.
1885a. Ceratium fusus BÜTSCHLI, pi. LIV, fig. 2. 1887. Ceratium fusus SCHÜTT, fig. 4 à 6.
1887. Ceratium jusus HENSEN, p. 75, pl. VI, fig. 58.
1805. Ceratium fusus SCHÜTT, pl. IX, fig. 33.
1890. Amphiceratium fusus V ANHOÔFFEN.
1903. Ceratium fusus OSTENFELD, p. 587, fig. 145 et 146. 1907. Ceratium fusus RAMSAY WRIGHT, pl. I, fig. 17.
o11. Ceratium fusus JORGENSEN, p. 29, pl. IT, fig. 51 à 55.
CarACTÈRES. — Corps étroit, fusiforme, longuement prolongé par deux cornes opposées, grêles, longues, un peu arquées du côté gauche. La corne antapicale droite fait défaut ou n'est représentée que par une dent.
La cuirasse se montre couverte d'un réticulum à longues mailles saillantes et dirigées suivant la longueur du sujet. Elle est, en outre, percée de pores.
FiGures. — Figure 1, planche XXI. Vue dorsale d'un spécimen d'assez grandes dimensions.
Figure 2. Le même, en vue ventrale.
OBsERvATIONS. — Cette espèce varie d'ampleur suivant les circonstances, mais il nous à semblé superflu d'en multiplier les figures.
DisrRIBUTION. — Ceratium fusus est de loin l'espèce la plus répandue des Ceratiurm dans la Mer flamande. On l'y trouve toute l’année au voisinage du West- Hinder, mais avec des variantes dans l'abondance relative des sujets observés.
On peut donc la considérer comme endémique dans nos eaux.