AT
à disque couvert de stries rayonnantes et à côté orné de fines ponctuations en quinconce.
FiGures. — Figure 1. Fragment de colonie vu latéralement. On notera l’adhérence des frustules suivant toute la largeur du disque des valves. L'aspect de ces dernières n'a été rendu qu'approximativement, tel qu’on le voit dans l'eau.
Figure 2. Aspect du disque valvaire, avec sa structure rayonnante, devenant ponctuée au centre.
OBSERVATIONS. — M. arenarta est une espèce d’eau douce très rarement repêchée des eaux marines belges où elle a été amenée en qualité de particule sédimentaire.
GENRE PARALIA HEIBERG.
CaracTÈREs. — Cellules brièvement cylindriques, réunies en colonies rigides, à cytoderme épais et largement aréolé à l'extérieur, à cavité cellulaire réduite et arrondie aux deux bouts.
Paralia sulcata (EHRENBERG) CLEVE.
(PL XI, fig. 34 à 37.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1840. Gallionella sulcata EHRENBERG, pl. 3, fig. 5 1844. Melosira sulcata KÜTZING, p. 55, pl. 2, fig. 7. 1856. Orthosira marina W. SMITH, Synopsis Il, p. 59, pl. 53, fig. 338. 1863. Paralia marina HEIBERG, p. 33.
1873a. Paralia sulcata CLEVE, p. 7.
1885. Melosira sulcata V AN HEURCK, Synopsis, p. 201, pl. 01, fig. 15 et 16. 1899. Melosira sulcata VAN HEURCK, Traité, p. 444, pl. 19, fig. 624.
1910. Paralia sulcata MEUNIER, p. 274, pl. XXX, fig. 29 à 32.
CO
CARACTÈRES. — Frustules brièvement cylindriques, bien silicifiés, réunis en colonies rigides et cassantes. Membrane inégalement épaisse, réduisant la cavité cellulaire et donnant à celle-ci une forme lenticulaire ou sphérique. Décoration extérieure très accusée et se traduisant sous la forme de mailles alternes dont les travées se rattachent à la surface interne des valves. Il en résulte une certaine difficulté à en reconstituer l'aspect véritable, en vue latérale et plus encore en vue valvaire.
AUXOSPORES. — Les auxospores se produisent, comme dans beaucoup de Melosira, par agrandissement sphérique du contenu d’une cellule génératrice et la formation ultérieure d'une cellule régénérée dont les deux valves apparaissent successivement.
FiGures. — Figure 34. Fragment de colonie de grand calibre, vu par transparenee:
Figure 35. Vue valvaire.
Figure 36. Autre fragment de colonie, de dimensions moindres, dont la cavité des frustules est à peu près sphérique.
Figure 37. Aspect d'une auxospore, asp, adhérente d'un côté à l’une des valves de la cellule génératrice. — v et v', les deux valves de la cellule régénérée
: DE ee À AR. 8 dépourvues jusqu'ici de la décoration qu'elles prendront plus tard, sans doute
P Je AE après la première division.
OBSERVATIONS. — Forme très répandue dans la Mer flamande, où elle est constante et se retrouve, peut-on dire, dans tous les échantillons de pêche planktonique, mais jamais en grande quantité d'exemplaires. Les colonies sont souvent mortes et flottent à la façon d'un sédiment léger.
GENRE SKELETONEMA GRÉVILLE.
CARACTÈRES. — Frustules cylindriques, bombés légèrement aux deux bouts et groupés en colonie linéaire par l'intermédiaire de fibrilles nombreuses, assez longues, insérées sur le pourtour périphérique des valves et disposées parallèlement à l'axe longitudinal de la colonie.
Skeletonema costatum (GRÉVILLE) CLEVE.
(PI. XL, fig. 39 à 41.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1866. Melosira costala GRÉVILLE, p. 77, pl. 8, fig. 3 à 6.
1878. Skelelonema costalum CLEVE, p. 18.
1883. Skeletonema costatum V AN HEURCK, Synopsis, pl. 01, fig. 4 et 6.
1893. Skeletonema costatum SCHUTT, p. 568, pl. 30, fig. 1 et 2.
1898. Skeletonema costatum KARSTEN, pl. 1, fig. 1 à 7.
1899. Skeletonema costatum VAN HEURCK, Traité, p.437, pl. 33, fig. 889 et 890. 1900. Skeletonema costatum SCHUTT, p. 482, pl. 12, fig. 1 à 10.
1910. Shkelelonema costatum MEUNIER, p. 259, pl. XXVIII, fig. 33 à 36.
CARACTÈRES. — Colonies droites, rigides, formées de cellules cylindriques, à valves arrondies au sommet et surmontées d'un cercle de soies rapprochées, grêles, droites, qui s'unissent à celles des éléments contigus en formant un cylindre à claire-voie, du même calibre que les frustules. Les parois latérales de ceux-ci sont dépourvues de tout détail de structure visible.
FiGures. — Figure 39. Fragment de colonie de grandes dimensions, à cellules courtes. |
Figure 40. — Fragment de colonie de calibre moyen. — En &, cellules adultes; en b, cellules provenant d’une division récente.
Figure 41. — Fragment de colonie de très petit calibre. Le corps des cellules
y est très allongé pour en compenser l'étroitesse, conformément à la loi de constance de volume.
OBSERVATIONS. — Cette forme s’observe régulièrement, à l'état disséminé, dans les eaux marines de la côte belge, en toutes saisons, mais plus spécialement pendant les mois d'hiver et de printemps. Ce n’est qu'exceptionnellement qu'elle devient assez nombreuse pour constituer un des produits importants des pêches planktoniques.
GENRE GUINARDIA PERAGALLO.
CARACTÈRES. — Frustules volumineux, cylindriques, vivant isolément ou groupés en série linéaire. Parois minces, annelées sur la face latérale, exemptes de structure visible sur la face valvaire, mais présentant sur celle-ci une légère ondulation qui aboutit à un mucron rudimentaire, à peine indiqué par une flexion locale du bord de la valve.
Guinardia flaccida (CASTRACANE) PERAGALLO.
(PI. XI, fig. 42 à 44.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1886. Rhizosolenia ? flaccida CASTRACANE, p.72, pl. 29, fig.4(frustule déformé par écrasement). 1887. Pyxilla baltica HENSEN, p. 87, pl. 5, fig. 33 et 34. 1889. Rhizosolenia Castracanei CLEVE, P. 2.
1892. Guinardia flaccida PERAGALLO, p. 107, pl. 1, fig. 1804. Guinardia flaccida CLEVE, p. 15, pl. 2, fig. 1. 1804. Henseniella baltica SCHÜTT, dans DE Toni, Sylluge Algarum I, 3, p. 1425.
[#2] nm un
1896 Guinardia baltica SCHÜTT, p. 84, fig. 138. 1899. Guinardia flaccida VAN HEURCK, Traité, p. 417, fig. 135, dans le texte. 1902. Guinardia flaccida BERGON, p. 78, pl. 2, fig. 1 à 3.
CARACTÈRES. — Les caractères du genre Guinardia s'appliquent à l'espèce Jflaccida, la seule connue. Dans les frustules réunis en colonie, les valves des éléments contigus s'adaptent adéquatement sur toute leur surface. Les chromatophores sont nombreux et tapissent intérieurement la paroi; le noyau est central, au milieu d'une petite partie de cytoplasme qui se rattache par des cordons rayonnants au cytoplasme périphérique.
FiGures. — Figure 42. Vue latérale d’un frustule de grandes dimensions. — ch, chromatophores; #, noyau central. En x, échancrure locale, bordée d’un faible éperon.
Figure 43. Coupe transversale optique, passant par le noyau central, ,
maintenu en De on par des cordons protoplasmatiques rayonnants. — £4, chromatophores blottis contre la paroi.
Figure 44. Fragment de colonie linéaire de calibre plus petit. — 7, noyau;
nd, noyau en division ; x, échancrures unilatérales des valves contiguës qui s engrènent mutuellement.
OBSERVATIONS. — La forme cylindrique de cette espèce et le groupement habituel de ses frustules en colonie linéaire nous la font placer ici parmi les Mélosirées, bien que l'annélation des valves pourrait lui revendiquer une place ailleurs.
Nous l'avons trouvée constante dans les pêches planktoniques effectuées hebdomadairement au voisinage du West-Hinder; elle est moins constante ailleurs, si ce n’est près des côtes belges où elle se traduit comme l'un des éléments les plus caractéristiques du plankton, presque en toutes saisons.
GENRE LEPTOCYLINDRUS CLEvE.
CARACTÈRES. — Cellules cylindriques, longues, étroites, à paroïs hyalines, peu silicifiées, disposées en filaments souvent longs.
Leptocylindrus danicus CLEVE.
(PI. XII, fig. 1 à 3.) BIBLIOGRAPHIE.
1889. Leptocylindrus danicus CLEVE, p. 54.
1894. Leplocylindrus danicus CLEVE, p. 15, pl. 2, fig. 4ets
1910. Leptocylindrus danicus MEUNIER, p. 258, pl. XXV IL, fig. 31 et 32
CARACTÈRES. — Cellules cylindriques, toujours plus longues que larges, forte-
ment rattachées les unes aux autres en colonie linéaire. Valves dépourvues de toute sculpture, indistinctes de la membrane connective, à fond plat, à bords émoussés, sauf d’un côté où se traduit une légère saillie locale.
Chromatophores plus où moins nombreux, pariétaux, souvent orientés autour du noyau qui est lui-même pariétal.
FiGures. — Figure 1. Fragment de colonie de dimensions maximales. — ch, chromatophores disséminés, mais manifestement orientés autour du noyau, x, en a, et plus étroitement rassemblés, en à. |
Figure 2. Autre spécimen à chromatophores, c4, plus minces, d'aspect plus ou moins Ccruciforme,
Figure 3. — Spécimen de petit calibre.
OBSERVATIONS. — Espèce assez commune dans la Mer flamande, mais disparaissant parfois pendant des saisons entières. Plus abondante en été et en automne.
Leptocylindrus belgicus sf. 707.
(PIE ge 40)
CARACTÈRES. — FFrustules extrêmement étroits (2 microns de large en moyenne), disposés en colonie droite, rigide, exempte de toute différenciation perceptible. Chromatophores peu nombreux, allongés dans le sens longitudinal des frustules.
Figure 4. — Fragment de colonie de dimensions ordinaires.
OBSERVATIONS. — Par sa ténuité extrême, cette petite forme a pu passer longtemps inaperçue. On la confondrait aisément avec des fragments de soies de Chaetoceros densum, espèce de Phaeoceras à soies fortes dans lesquelles se disséminent des chromatophores, si l'on ne remarquait les cloisons transversales qui limitent ici les frustules disposés en colonie linéaire.
Nous l’avons observée d'une façon intermittente, pendant plus de dix ans, dans les produits planktoniques de la Mer flamande. Elle s'y montre, particulièrement en été, en spécimens clairsemés.
GENRE LAUDERIA CLEvE.
CARACTÈRES. — Cellules cylindriques, groupées en colonie linéaire par l'appoint tout au moins de soies gommeuses qui laissent leur empreinte d'insertion sur la face valvaire. Celle-ci est circulaire et présente d’un côté, vers le bord, une faible épine oblique.
La face suturale est généralement annelée d’une façon apparente.
Les chromatophores sont nombreux et pariétaux; le noyau est maintenu au milieu de l’une des valves par un cordon cytoplasmatique qui traverse la cellule suivant son axe longitudinal.
Lauderia borealis GRAN.
(CPIXTT ES arr) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1897a. Lauderia annulata CLEVE, pl. 2, fig. 13 à 15. 1899. Lauderia annulata V AN HEURCK, Traité, p. 418, fig. 136, dans le texte. 19000. Lauderia borealis GRAN, p. 110, pl. 9, fig. 5 à 9
CARACTÈRES. — Cellules cylindriques, réunies en colonie linéaire par contact immédiat des éléments contigus suivant une aire circulaire de leurs valves et subsidiairement par de nombreux filaments fugaces, de nature gommeuse, visibles sur leur zone périphérique.
Vues de face, les valves se montrent couvertes, sur leur pourtour, de fines ponctuations réparties irrégulièrement sur leur partie déclive. On en observe également un certain nombre vers leur milieu, portion légèrement concave. Les valves sont, en effet, un peu renflées, à partir d'une petite distance du bord et légèrement déprimées au milieu, ce qui ménage un étroit foramen entre les frustules contigus.
Chromatophores nombreux parfois disséminés sur toute la paroi interne, mais souvent ramassés contre les deux valves, aux extrémités du gros cordon cytoplasmatique qui traverse longitudinalement le frustule.
SPORES. — Nous ne lui connaissons pas de spores quiescentes, ni d’auxospores, malgré les innombrables spécimens observés, en toutes saisons, pendant une période de plus de dix ans.
PARASITISME. — Par contre, elle est souvent la proie d’un parasite : Olpidium phycophagum, déjà signalé dans d'autres Diatomacées planktoniques.
FiGures. — Figure 5. Fragment de colonie de calibre assez fort. — c#, chromatophores pariétaux disséminés sur toute la paroi interne du frustule; a, cordon cytoplasmatique axial; 4, frustule en division; s, soies fugaces étirées entre les frustules voisins.
Figure 6. Vue valvaire, avec la distribution des chromatophores, c#, sous cet aspect.
Figure 7. Vue d'une valve vide portant l'empreinte de l’épine délicate, x, et les ponctuations irrégulièrement disséminées sur une zone submarginale et au milieu.
Figure 8. Autre vue d'un fragment de colonie montrant, en &, l'aspect intérieur des frustules dont les chromatophores, c4, sont plus ou moins groupés sous les deux valves, à l'extrémité de l'axe cytoplasmatique, à, et, en à, la décoration annelée des frustules, à l'extérieur. — s, soies gommeuses unissant les frustules entre eux.
Figure 9. Coupe longitudinale optique de quelques éléments, montrant la forme réelle des frustules et les foramens étroits, /, qu’ils ménagent entre eux. — a, axe cytoplasmatique rattaché aux deux groupements subvalvaires des chromatophores. — s, soies gommeuses.
Figure 10. Vue synthétique du développement de O/pidium phycophagum, dans une collection de frustules choisis et rapprochés artificiellement.
En à, invasion du parasite, 0, dans un frustule dont le cytoplasme présente déjà des effets de plasmolyse. — ck, chromatophores.
En 6, disparition progressive des chromatophores, sous l’action du parasite, 0, qui grandit.
En cet en @, aspects variés du parasite 0, avant son enkystement.
Ene, enkystement du parasite, 0, qui s'entoure d'une membrane propre.
En f, deux parasites dans un même frustule; l’un, 0, en voie de développement, ae 0", déjà enkysté.
En , deux Olpidium, 0, également développés dans un même frustule.
En ; kyste de Olpidium, 0, dans lequel s'opère la formation des zoospores.
En 7 et en #, kyste vidé de ses zoospores et conservé comme membrane zoosporangiale ouverte à l'extérieur par un petit orifice circulaire.
En 7, deux kystes en présence dans un même frustule. L'un, 0, est encore en voie de développement, tandis que l’autre, 0!, s'est déjà vidé de ses zoospores.
Figure 11. Vue valvaire d'un frustule envahi par trois parasites, 0, 0’, 0", à diverses phases évolutives.
OBsERvATIONS. — Cette espèce est l'une des plus caractéristiques du microplankton des eaux marines du littoral belge. Elle y devient prédominante pendant les mois de janvier à avril, mais n’en “disp paraît presque jamais complètement. On peut s'étonner de ne l'y rencontrer jamais qu'à l’état végétatif.
Lauderia borealis est très souvent sujette à une sorte d’ infection épidémique de la part de O/pidium phycophagum, qui atteint la plupart des individus.
Il nous a semblé intéressant, eu égard au développement excessif de cette Chytridiacée, d'en reproduire Les principaux aspects chez cet hôte privilégié.
Gran l'a appelée Olpidium Laudertae; désignation trop particulariste, si l’on tient compte de son extension, sous la même forme spécifique, crovons-nous, à un grand nombre d’autres Diatomacées.
Lauderia glacialis (GRUNOW) GRAN.
(PI. XII, fig. 46 à 50.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1884. Podosira hormoïdes var. glacialis GRUNOW, p. 108, pl. 4, fig. 32.
1806. Podosira glacialis CLEVE, p. 12, pl. 2, fig. 17 à 20.
19006. Lauderia glacialis GRAN, p. 111, pl. 9, fig. 10 à 14.
1905. Podosira glacialis JORGENSEN, p. 07, pl. 6, fig. 7.
1910. Lauderia glacialis MEUNIER, p. 269, pl. XXIX, fig. 63 à 66, et pl. XXX, fig. 5 à 0.
CaracrÈères. — Cellules cylindriques, courtes, à valves légèrement bombées, à partir de leur extrême bord marginal. Colonies résultant de frustules non soudés immédiatement les uns aux autres, mais maintenus vaguement en relation, à distance les uns des autres, par des filaments muqueux, fugaces, très difciles à percevoir et fragiles à l'excès. Valves circulaires, garnies de ponctuations disséminées à distance sur toute la surface, mais plus rapprochées vers la périphérie qu’au centre. Ces ponctuations sont sans doute en relation avec Îles filaments muqueux qui tiennent les frustules en colonies lâches, faciles à dislo-
quer.
ENDosPoREs. — Productions lenticulaires résultant d’un phénomène de régénération cellulaire et formées de deux valves qui se produisent successivement en englobant tout le cytoplasme de la cellule génératrice. Les valves ainsi formées sont ornées d’un réticulum extrêmement fin et portent, tout autour du disque, une couronne de piquants courts et délicats.
Fieures. — Figure 46. Vue suturale d’un frustule de grandes dimensions. Figure 47. Vue valvaire du même. L ee n . ñ à ñ . .
Figure 48. Vue d'un frustule en voie de régénération cellulaire et en possession de la valve primaire, v, d'une endospore.
Figure 49. Frustule pourvu d'une endospore complète, dont les deux valves, v et v', présentent par leur rapprochement la forme d'une lentille.
Figure 50. Vue de face d’une valve d'endospore.
OBSERVATIONS. — La rareté des circonstances dans lesquelles nous avons pu observer cette forme, plutôt boréale, dans les eaux belges, nous fait croire qu’elle n’est pas habituelle dans nos parages. Peut-être, cependant, le tamisage auquel les prises de plankton ont généralement été soumises pour en isoler les éléments les plus gros, est-il pour quelque chose dans la dislocation des colonies et l'isolement consécutif des frustules. Ceux-ci, à l'état disséminé, attirent beaucoup moins l'attention que les colonies et peuvent passer inaperçus. Néanmoins, nous tenons cette forme comme très rare dans nos eaux.
MICROPLANKTON DE LA MER FLAMANDE. 51 GENRE THALASSIOSIRA CLEvE.
CaRACTÈRES. — Cellules cylindriques, courtes, réunies en colonie par un cordon muqueux axial qui les tient à distance. Thalassiosira Nordenskiôldii CLEVE.
(PI. XII, fig. 12 à 23.) BIBLIOGRAPHIE.
1873a. T'halassiosira Nordenskiôldir CLEVE, p. 6, pl. 2, fig. 1. 1883. T'halassiosira Nordenskiôldii VAN HEURCK, Synopsis, pl. 83, fig. 0. 1897a. Thalassiosira Nordenskiüldii GRAN, p. 28, pl. 4, fig. 59. 1807. Thalassiosira Nordenskiôüldii V ANHÔFFEN, Pl. 3, fig. 20 à 22. 1899. Z'halassiosira Nordenskiüldii VAN HEURCK, Traité, p. 436, fig. 161, dans le texte. 1910. Z'halassiosira Nordenskhiôldi MEUNIER, p. 265, pl. XXIX, fig. 33 à 44. CARACTÈRES. — Frustules petits, cylindriques, courts, à bords rabattus suivant
une zone marginale déclive, sur laquelle se trouvent insérées de nombreuses petites épines disposées en couronne. Le milieu des valves est déprimé en fossette et porte au centre un filament muqueux assez rigide qui groupe les frustules en colonies souvent très longues.
Les valves paraissent hyalines dans l’eau et ne présentent qu'une couronne d'épines submarginales.
Les chromatophores sont nombreux, petits, pariétaux; le noyau est central, logé dans un cordon axial de cytoplasme.
SPoREs. — Les endospores se rencontrent fréquemment. Elles se forment simultanément dans deux cellules sœurs et produisent d'abord leur valve primaire du côté des valves anciennes des frustules et plus tard leur valve secondaire, symétrique à la première, du côté opposé. Ces valves, bombées et légèrement déprimées en leur centre, englobent tout le cytoplasme de la cellule génératrice et donnent à la spore quiescente une forme lenticulaire. Leur structure finement réticulée, en mailles hexagonales, leur donne à peu près la physionomie bien connue, mais en modèle réduit, de Coscinodiscus excentricus.
Ficures. — Figure 12. Fragment de colonie d'assez grandes dimensions, dont plusieurs éléments proviennent d'une division récente. — 4, funicule muqueux servant de trait d'union entre les frustules. Vue extérieure.
Figure 13. Coupe longitudinale optique d’un fragment de colonie, révélant la
forme octogonale de la section des frustules et la dépression des valves dans leur milieu. — c, chromatophores. En 4, cellule adulte; en 4, cellule récemment divisée.
Figure 14. Vue valvaire, avec la disposition des chromatophores, c4, vus sous cette incidence, et le noyau, 7.
Figure 15. Vue d'une valve, avec projection de la couronne de petites épines insérées sur la zone déclive de la périphérie.
Figure 16. Vue de face d’une valve d'endospore.
Figure 17. Vue extérieure de frustules présentant des endospores en voie d'élaboration. — sp, spore complètement développée, avec ses deux valves; v, valve primaire; v', valve secondaire. Dans les deux autres frustules, les endospores n'ont encore formé que leur valve primaire, v.
Figure 18. Coupe longitudinale optique de cellules en voie de sporification. — sp, Spore complètement formée au sein de sa matricule, avec ses deux valves, v et v', et son contenu cytoplasmatique. — 7, valve primaire d’autres spores en voie de formation dans deux couples de cellules sœurs.
Figure 19. Vue valvaire d'une spore de petites dimensions.
Figure 20. Fragment de colonie de calibre moyen, en coupe longitudinale optique.
Figure 21. Fragment analogue, en vue extérieure.
Figure 22. Vue valvaire de calibre minimal.
Figure 23. Fragment de colonie, à frustules très rapprochés et de petites
dimensions.
OBSERVATIONS. — Espèce particulièrement abondante, au voisinage du West- Hinder, de février en avril, plus rare pendant les autres mois d'hiver, absente pendant les mois chauds. Elle fait généralement défaut au voisinage plus immédiat du littoral, à l'époque des croisières trimestrielles de février, mai, août et
novembre.
Thalassiosira rotula MEUNIER.
(PI. XII, fig. 24 à 30.) BIBLIOGRAPHIE.
1910. Z'halassiosira rotula MEUNIER, p. 264, pl. XXIX, fig. 67 à 7o.
CarACTÈRES. — Frustules cylindriques, courts, plats, rabattus légèrement sur les bords et porteurs, sur la partie cylindrique, d'un anneau fort, d'épaisseur inégale sur son pourtour et souvent isolé dans les préparations. Valves décorées de ponctuations distancées irrégulièrement sur toute la surface, plus denses à la périphérie qu'au centre.
Les individus sont reliés entre eux par un fort funicule muqueux qui donne de la rigidité aux colonies qui en résultent. Celles-ci font l'effet d'un ensemble de petites roues pleines, serties sur un essieu commun.
[Sa [#2]
Chromatophores pariétaux; noyau central, fixé dans un cordon axial du cytoplasme.
Endospores inconnues.
FiGures. — Figure 24. Aspect extérieur d’un fragment de colonie. — fu, funicule ; c, anneau. .
Figure 25. Aspect valvaire d’un frustule, avec ses chromatophores, cZ, et son noyau central, #.
Figure 26. Vue d'une valve, à sec, avec ses ponctuations disséminées sur toute la surface, plus denses à la périphérie.
Figure 27. Aspect d’un anneau isolé, vu à plat, dans la position qu'il prend naturellement dans les préparations. Cet anneau est toujours plus développé en épaisseur d’un côté que de l’autre; mais cette épaisseur a été un peu exagérée dans la figure.
Figure 28. Frustules un peu plus petits, les uns figurés vides, les autres avec leur contenu cytoplasmatique, c#.
Figure 29. Coupe longitudinale optique d'une portion de colonie. — #, noyau fixé dans le cordon central de cytoplasme; 4, phénomène de division d'un frustule.
Figure 30. Diverses phases de division cellulaire, présentées en coupe axiale optique et montrant la naissance du foramen, /, qui produit la disjonction des cellules filles, au centre d'abord, et se maintient plus tard sous la forme d’une légère dépression du milieu de la valve. — fx, funicule.
OBSERVATIONS. — Espèce caractéristique du microplankton de la Mer flamande, d’où elle n'est absente que pendant les mois les plus chauds, juin, juillet, août. Pendant le reste de l’année on l'observe en plus ou moins grande quantité.
Nous ne l'avons jamais vue former des spores quiescentes.
Nous avons dit, ailleurs, les raisons qui nous avaient induit à désigner d’abord cette espèce sous le nom de 7%. gravida CLevE, dans le dépouillement des pêches exécutées à l’occasion des expéditions périodiques pour l'exploration de la Mer du Nord. Cette dernière espèce est étrangère à nos eaux.
Thalassiosira decipiens (GRUNOW) JÜRGENSEN.
(PI. XIL, fig. 32 à 34.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1873. Coscinodiscus excentricus À. SCHMIDT, pl. 3, fig. 38. 1887. T'halassiosira gelatinosa HENSEN, p. 87.
1897a. Coscinodiscus excentricus var. calenala GRAN, p. 30. 1897a. Coscinodiscus excentricus var. gelatinosa CLEVE, P. 25. 19000. Thalassiosira gelatinosa GRAN, p. 116.
1900. Coscinodiscus gelatinosus LEMMERMAN, P. 377.
1905. Z'halassiosira decipiens JORGENSEN, p. 96, pl. 6, fig. 3.
CARACTÈRES. — Frustules cylindriques, courts, à valves planes au milieu, déclives à la périphérie et ornées sur le bord de très petites épines, assez fugaces et difficiles à saisir dans l’eau.
Face suturale avec quelques anneaux faiblement accusés. Valve décorée d'un réseau de mailles égales, visibles dans l’eau et disposées comme dans Coscrnodiscus excentricus. Cet aspect est propre à induire en erreur quand on n'a devant soi que des individus isolés. Normalement, ceux-ci sont réunis en colonie à la faveur d'un funicule muqueux, long, flexible, peu visible et facile à détruire.
Chromatophores nombreux et pariétaux; noyau central, logé dans un cordon axial du cytoplasme.
Endospores inconnues.
FiGurEs. — Figure 31. Fragment de colonie dont les individus très distancés . S ah . . sont réunis par un funicule délicat et flexible, f#. Figure 32. Coupe longitudinale optique d’un frustule. — c#, chromatophores;
n, noyau central.
Figure 33. Aspect de la valve et de son réseau de mailles égales, orientées comme dans Coscinodiscus excentricus.
Figure 34. Vue valvaire d’un frustule, avec ses chromatophores, c#, et son noyau, 7.
OBsERvATIONS. — Cette forme de Diatomacée nous a paru assez rare dans nos échantillons. Peut-être y est-elle moins exceptionnelle en réalité; mais comme ces produits ont été presque tous soumis à un tamisage violent dans l’eau, il se peut que les colonies aient été disloquées et que les frustules isolés aient été pris, dans des observations cursives, pour de petits individus de Coscinodiscus exCentricus.
Sa grande analogie avec cette dernière et la difhculté réelle de les débrouiller l'une de l’autre se révèlent très bien dans la synonymie par laquelle elle à passé dans le cours du dernier quart de siècle.
un
GENRE HYALODISCUS EHRENBERG.
CARACTÈRES. — Frustules lenticulaires, à valves orbiculaires bombées, marquées dans leur milieu d'un ombilic très distinct et découpées, dans une large zone marginale, en rayons égaux, décorés eux-mêmes de fines stries décussées.
Hyalodiscus stelliger Baie.
(PERTE 25 440.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE
1855. //yalodiscus stelliger BAILEY, p. 10.
1856. Podosira maculata W. SMITH, Synopsis, IT, p. 54, pl. 49, fig. 328. 1875. /{valodiscus stelliger À. SCHMIDT, pl. 3, fig. 26.
1883. /lvalodiscus stelliger V AN HEURCK, Synopsis, pl. 84, fig. 1 et 2.
1899. //valodiscus stelliger VAN HEURCK, Traité, p. 449, fig. 173, dans le texte, et pl 22, fig. 650.
1910. /yalodiscus stelliger MEUNIER, p. 282, pl. XXXI, fig. 28 et 20. CARACTÈRES. — Frustules lenticulaires, formés de deux valves courbes, à
membrane épaisse, dont l'aire centrale, aux contours déchiquetés, est irrégulièrement ponctuée, tandis que le reste, une large zone marginale, est divisé en un nombre variable de compartiments rayonnants dont chacun porte un réseau de mailles disposées en quinconce.
Membrane suturale développée au moment de la division et longtemps persistante entre les deux cellules sœurs pour les tenir géminées ou, plus rarement, réunies en colonie courte. Cette membrane est épaisse, mais transparente et porte de nombreux anneaux équidistants.
Chromatophores nombreux, pariétaux, de forme variable suivant les conditions de végétation ou l'action des liquides fixateurs employés.
Noyau central, maintenu en place par des cordons cytoplasmatiques rayonnants qui se rattachent à la périphérie. |
FiGures. — Figure 35. Vue de côté d'un couple de frustules réunis par une ceinture persistante, €. — 0, ombilic vu en section, au sommet des valves. Dimensions à peu près maximales.
Figure 36. Vue de face d'une valve, avec son aire centrale, ou ombilic, o, irrégulièrement ponctuée et la zone marginale divisée en compartiments rayonnants. Ceux-ci sont couverts d'un réseau de mailles disposées en quinconce et en lignes parallèles à l’un des côtés de chaque secteur.
Figure 37. Vue valvaire d’un frustule pourvu de son contenu : ck, chromatophores ; #, noyau central.
Figure 38. Coupe longitudinale optique d'un couple de frustules réunis par la ceinture, €, à l'abri de laquelle la division de la cellule mère s’est produite. — ch, chromatophores pariétaux; #, noyau central.
On remarquera que l’ombilic est déterminé par l'aire de contact des cellules filles.
Figure 39. Couple de frustules restés inclus dans une ceinture propre à une division antérieure à celle qui leur a donné naissance immédiatement; celle-ci est engaînée dans la première, dont le calibre est notablement plus grand.
Figure 40. Couple de frustules de dimensions minimales.
Figure 41. Vue valvaire des mêmes.
OBSERVATIONS. — /7/yalodiscus stelliger est une des espèces les plus caractéristiques et des plus constantes du microplankton de la Mer flamande. On l'y observe en toutes saisons, à l'état plus ou moins disséminé, jamais en grande
quantité.
Hyalodiscus subtilis BaAILEY.
(PI. XII, fig. 42 et 43.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1844. Cyclotella scottica KUTZING.
1855. Æyalodiscus subtilis BAILEY, p. 10, fig. 12.
1883. /lvalodiscus scotticus GRUNOW, dans VAN HEURCK, Synopsis, pl. 84, fig. 15 à 18. 1899. /yalodiscus subtilis BAILEY, forma minor, VAN HEURCK, Traité, p. 449, pl. 35, fig. 917.
CARACTÈRES. — Très petite forme, de même aspect extérieur que la précédente, mais à valves paraissant hyalines, autour de l'aire centrale, qui est relativement grande.
FIGURES. — Figure 42. Aspect latéral d'un couple de frustules. Figure 43. Vue valvaire. — o, ombilic.
OBSERV A’ TIONS. — Cette petite forme paraît très rare dans les eaux belges.
Nous n’en avons remarqué qu ‘un petit nombre d'exemplaires, toujours vides et qui semblent avoir été ramenés du fond par les remous et les courants à la façon d'autres produits sédimentaires.
TRIBU IV. — EUPODISCÉES.
Valves rondes ou très largement elliptiques, munies d’un ou de plusieurs ocelles ou de cornes très courtes, obtuses, simulant des ocelles.