‹ Microplankton de la mer FlamandeChapitre 51 sur 70 · CRE LE · texte numérisé non relu

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EA MER FLAMANDE

LES TINTINNIDES GÉNÉRALITÉS

Les Tintinnides constituent, avec les Tiatomacées et les Péridiniacées, le troisième groupe important de protistes dont le mélange, en proportion variable, forme habituellement la grande masse des échantillons de notre microplankton marin.

Les Tintinnides ne sont plus des organismes plasmodomes comme ceux des deux premiers groupes. Ce sont des organismes plasmophages, des destructeurs de matière organique, à la façon des animaux dont ils sont les représentants les plus simples.

Ce ne sont plus, en effet, des protophytes produisant de toutes pièces aux dépens des matières minérales en solution les matières complexes qui Îles constituent et qu'ils peuvent synthétiser avec l'aide de l'énergie lumineuse pour se les assimiler directement; ce sont des protozoaires qui, dépourvus de pigments propres à la réalisation de la synthèse organique primitive, dépendent des matières organiques déjà réalisées dans d’autres organismes, quels qu'ils soient, pour pourvoir à leur alimentation.

Les protozoaires rencontrés dans nos eaux sont presque exclusivement des infusoires hétérotriches, vivant dans une sorte de capsule chitineuse, dont ils sont eux-mêmes les artisans.

C'est ce qui assure une vie indépendante, au sein des eaux, où ils flottent librement, à la manière des protophytes dont il a été question antérieurement, au contraire de leurs congénères qui, ou bien ne s'accommodent que de l'eau douce

ou bien ont besoin de se fixer sur des corps étrangers qui flottent dans l’eau et auxquels ils doivent de flotter également, mais occasionnellement.

Ces infusoires loriqués sont des Tintinnides.

Ils doivent ce nom à l’analogie que présente leur capsule, généralement ouverte d'un côté seulement, avec une clochette, #ntinnum.

Pourvus d'un corps nu, mobile, extensible et contractile dans la capsule au fond de laquelle ils sont fixés par un pédicule, ils présentent à leur sommet une sorte de bouche entourée d’un péristome, formé de lamelles vibratiles, qui prend son épanouissement lorsque l'animal le déploie en dehors de l’orifice capsulaire.

C'est dans cette attitude qu'il se meut, se met en chasse et absorbe sa proie.

Dès qu'un sujet d'appréhension se produit, cet appareil est rapidement rétracté dans la coque, où l'animal se blottit.

La multiplication s'opère par division. Celle-ci s'annonce par l'apparition sur le flanc du corps d'un nouvel appareil oral, pourvu de plaques vibratiles, mais qui reste momentanément sans usage. Plus tard, un étranglement transversal se produit au-dessus de cet organe nouveau et, lorsque la moitié antérieure s’est isolée du reste, elle s'échappe de la capsule avec les attributs d’un organisme rajeuni, mais nu, et doit s'équiper d'une autre coque, tandis que la moitié inférieure continue à occuper la capsule maternelle, où elle redresse son péristome et reprend l'attitude du sujet primitif. |

On assiste fréquemment, en outre, à des phénomènes d’enkystement, qui atteignent, soit le sujet tout entier, soit ses produits de subdivision préalable opérée au sein de la capsule. Une membrane épaisse circonscrit ensuite le protoplasme tout entier ou ses produits de subdivision, après contraction et déshydratation, et les kystes ainsi formés peuvent passer à l'état de vie latente en attendant le retour de circonstances plus favorables à l'exercice de la vie active.

La fixation qu'on leur fait subir au sortir de l’eau, pour en assurer la conservation, les prive désormais de leurs manifestations physiologiques, en les figeant dans l'attitude qu’ils avaient au moment du contact avec le réactif employé.

Il en résulte une difficulté réelle de les scruter au point de vue de leur constitution organique.

À priori, cette étude semblerait élémentaire si l’on pouvait la pratiquer sur des sujets vivants, dont on pourrait suivre les évolutions naturelles et analyser les organes qui les permettent, dans l'exercice de leurs fonctions.

Mais on se rend compte des difficultés qu'elle présente, si l'on réfléchit à la sensibilité extrême de ces organismes délicats aux moindres modifications de leur milieu, au travail que nécessite leur capture au filet fin, et aux détestables conditions d'observation microscopique que créent les mouvements du bateau.

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Ces circonstances désavantageuses rendent ce travail matériellement impossible. Mais on peut tourner la difhculté en rapprochant par la pensée les éléments de documentation recueillis occasionnellement de l'examen d’un grand nombre de sujets momifiés par les milieux conservateurs. Ce travail est plus long et plus aléatoire; mais 1l est susceptible d’être mené à bonne fin.

Comme, d'autre part, il a été reconnu que la forme de la capsule est constante dans chaque espèce et que cette forme est elle-même spécifique, l'usage s'est introduit de demander principalement à ces coques rigides et peu déformables, les caractères propres à les classer.

Aussi bien, les coques rencontrées dans les échantillons de microplankton sont souvent vides et on peut les rattacher à leur espèce, même en l'absence de l’organisme qui les a produits.

Il n’en est pas moins vrai que cette base de détermination est arbitraire et que la distinction des genres, manquant de critère tiré de l'infusoire lui-même, est souvent sujette à caution, puisqu'elle dépend, dans une certaine mesure, de l'appréclation de chacun.

Au demeurant, on peut s'accommoder, en attendant mieux, de la classification essayée par DaDpay, qui s'est aidé des observations de ses prédécesseurs et des siennes propres, faites à la station zoologique de Naples, en 1886.

Le système de cet auteur a, du reste, subi certains remaniements et reçu des compléments qui l’ont mis au courant des découvertes postérieures.

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