EXPOSÉ ANALYTIQUE
GENRE CYTTAROCYLIS For.
Capsule à membrane double, dont les deux lamelles, l’interne et l’externe, sont reliées par de minces cloisons disposées perpendiculairement, qui les rattachent en déterminant un réseau alvéolaire. Celui-ci se traduit extérieurement par un aspect nettement réticulé de la capsule. Aucune applique superficielle de corps étrangers ne vient en surcharge sur cette trame plus ou moins régulière.
Cyttarocylis serrata (Môügius) BRANDT.
(PI. XXIL, fig. 1.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1887. Tintinnus serratus MÔBIUS, p. 120, pl. 8, fig. 40. 1806. Cyttarocylis serrata BRANDT, p. 60.
1899. Cyétarocylis serrata JüRGENSEN, p. 30, pl. I, fig. tr. 1900. Cyétarocylis Ehrenber gii CLÈVE, dans le texte.
1905. Cyétarocylis Ehrenbergii VAN BREEMEN, avec kyste.
CARACTÈRES. — Capsule assez volumineuse, cylindrique, atténuée en dôme à l'extrémité inférieure et surmontée, de ce côté, d'un prolongement assez court et obtus, largement ouverte à la partie antérieure, au-dessus d'une dilatation circulaire, localisée et couronnée, sur l'ouverture, d'une rangée de très petites dents nombreuses mais peu proéminentes.
L'aspect réticulé de la coque est bien accusé, mais les mailles du réticulum ne sont pas régulièrement hexagonales comme dans d’autres espèces : C. gigantea BRANDT, C. apiculata MEUNIER, C. kemifusus MEUNIER, par exemple, qui sont plutôt propres aux régions polaires.
FIGURE. — Figure 1, planche XXII. Vue stéréoscopique d'une capsule vide.
OBSERVATIONS. — Cette forme nous a paru susceptible de certaines modifications qui se traduisent particulièrement à l'orifice de l'organe.
Nous en avons trouvé d'assez nombreux exemplaires où se trouvait substitué à la couronne de petites dents une sorte de col hyalin, simple ou marqué, vers le milieu, d’un replis circulaire qui le partage en deux. Cette collerette, qui surmonte l'orifice de la capsule, est exempte du réticulum qui se traduit sur le reste de la membrane. Elle s’en détache nettement au-dessus d’un ressaut de la membranelle externe, et quand elle est dédoublée par un replis circulaire, celui-ci fait aussi un léger ressaut qui s'aperçoit très bien en coupe optique.
Nous ne disposions pas d'assez de place dans nos planches pour traduire ces particularités secondaires qui n’altèrent pas sensiblement la forme typique de l'espèce. Nous la signalons toutefois comme var. #1arginata de C. serrata.
VAN BREEMEN (1905) figure un spécimen de cette espèce dont l'animal est enkysté au fond de la capsule, sous la forme d'un corps globuleux surmonté d'une papule du côté inférieur et entouré, à distance, d'une fine membrane hyaline qui disparaît tôt ou tard, après la mise en liberté du kyste. Nous l'avons rencontré aussi plusieurs fois sous cette forme; mais nous nous sommes dispensé de la reproduire par défaut de place et parce que nous aurons l'occasion de relever une formation analogue dans l'espèce C. Æhrenbergri dont il sera question ci-après.
DISTRIBUTION. — Cyétaroc y/2s serrala Se présente rarement dans les eaux de la Mer flamande, bien qu'elle paraisse y être dans son habitat normal; ses spécimens sont toujours peu nombreux et ses apparitions subissent parfois de longues intermittences. .
Cyttarocylis Ehrenbergii (CLAPARÈDE et LACHMANN) For. (PI. XXIL, fig. 2 et 3, et pl. XXII, fig. 1.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1858. Zintinnus Ehrenbergii CLAPARÈDE et LACHMANN, p. 203, pl. 8, fig. 6 et 7. 1880. Zintinnus Ehrenbergii KENT, p. 607, fig. 1 et 2
1854. Cyttarocylis Ehrenbergii FOI, p. 57.
1886. Cyttarocylis Ehrenbergii DADAY, p. 583.
1886. Cyttarocylis Markusovszkyi DADAY, p. 581, pl. 21, fig. 4.
CARACTÈRES. — Capsule grande, cylindrique, atténuée à l'extrémité inférieure et prolongée plus ou moins fortement en une sorte de queue conique, émoussée au bout.
L'ouverture, de diamètre égal à celui du corps de la coque, est tronquée perpendiculairement à l'axe longitudinal et dépourvue de dents.
La membrane, assez peu rigide, est formée de deux membranelles, distancées l'une de l’autre et réunies par un réticulum de petites cloisons qui dessinent extérieurement une maillure fine, irrégulière, mais de calibre assez constant dans les mailles.
FiGures. — Figure 2. Aspect extérieur, en vue stéréoscopique, d'une capsule vide.
Figure 3. Aspect extérieur d'un autre spécimen plus petit, dont on pourrait faire une forme warginata, en raison du col hyalin qui surmonte la capsule à son orifice.
Figure 1, planche XXIIT. Vue de l'animal enkvysté, au fond de la capsule qui n'a été qu'incomplètement figurée.
OBSERVATIONS. — Nous croyons devoir considérer, comme une simple anomale du Cyftarocylis Ehrenbergré type, la forme reproduite figure 3 de notre planche XXIT, qui se particularise par la présence d’un col hvalin, une sorte de margelle, qui se profile autour de l'orifice de la capsule, au-dessus d'un faible ressaut marqué à la limite de la partie normalement structurée.
Cette forme est évidemment analogue à celle du type, quoique sous des dimensions un peu moindres que le spécimen que nous avons choisi pour reproduire ce dernier, mais ces dimensions sont du reste assez variables pour qu'il n'y ait pas lieu de tenir compte de la différence qui s'observe, à ce point de vue, entre les deux dessins.
La maillure de la coque est ici plus lâche, moins définie; les mailles y ont une orientation plus longitudinale, surtout dans la partie inférieure ; mais ces différences de structure intime rentrent aussi dans les limites des variations possibles de l'espèce.
Nous en faisons une variété z2arginata de C. Ehrenbergii.
Il nous paraît inutile de faire remarquer l'identification évidente, selon nous, de C. Markusovszkyi DADbay avec C. Ehrenbergii For.
C'est la même forme, la même structure, les mêmes dimensions, sous deux appellations différentes, dont l'une, celle de DADAY, est certainement inutile.
Les caractères qu'il décèle dans le corps de l'animal sont personnels au sujet qu'il a vu en état de demi-extension. S'il avait voulu en dessiner un autre spécimen, il l'aurait vu dans une attitude probablement différente, tant il est vrai que ces organismes, à corps plastique, varient tellement leurs aspects, qu'on ne peut trouver aucun caractère fixe dans les modalités de forme qu'ils peuvent revêtir au moment de leur fixation.
Quant à C. Claparedit DADpay, nous estimons aussi que ce n’est qu'une variété de C. Ehrenbergir For. ;
On sait, en effet, que cette forme se caractérise par la présence à la partie antérieure de la capsule, d'une zone plus ou moins large, découpée par un sillon spiralé, décrivant un ou plusieurs tours de spire, dans laquelle se continue la structure alvéolaire qui se traduit dans le reste de la coque.
N'est-ce pas tout simplement le résultat d'une reprise dans l'édification de l'organe, après une période de repos causée soit par l'inactivité passagère de l'animal constructeur, soit par un accident qui l'a privé momentanément de sa faculté constructive?
On n'ignore pas, en effet, que l'accroissement de cet organe se fait souvent suivant un mode hélicoïdal qui, dans bon nombre d'espèces de Tintinnides, se traduit d'une façon manifeste par un sillon spiralé qui s'imprime dans la partie antérieure principalement, la dernière formée.
Le processus de construction de la coque n’a guère été étudié Jusqu'ici.
C'est cependant un point de vue physiologique qui a son importance, mais qui est généralement tenu dans l'ombre par les planktonistes, plus soucieux d'opérer le recensement des espèces qu'ils rencontrent, d’après leurs caractères morphologiques.
On prend cet organe comme un attribut de l'espèce, sans se demander comment l’a produit le jeune infusoire qui est expulsé, à l’état nu, de l'enveloppe maternelle, dès sa séparation d'avec la cellule sœur, qui continue à l’occuper.
Il semble bien que la coque nouvelle doive se faire suivant un processus très rapide, probablement par la mise en œuvre presque instantanée de matériaux de réserve, que le jeune sujet utilise dès sa mise en liberté, car on en trouve rarement dans les produits de pêche planktonique qui soient encore dépourvus de cet organe de protection et comme tels, ils passent facilement inaperçus, n'ayant pas encore revêtu les attributs de leur caste. Mais son parachèvement peut se faire attendre et semble résulter, dans bien des espèces du moins, non pas d’une superposition d'assises annulaires produite d’une manière continue ou par à-coups, mais plutôt suivant une spirale, qui lui donne, quand le mode de progression reste marqué par un accident quelconque de la trame, un aspect cochléaire, au moins dans sa partie antérieure.
Certaines espèces révèlent cet aspect cochléaire même dans la partie inférieure et traduisent ainsi le processus spiralé suivi dans l'édification de leur capsule, dès son origine.
C'est ce que l'on peut constater dans l'espèce C. spiralis, qui nous occcupera plus loin.
Bref, nous tenons C. Markusouszkyt DaADaAyY comme identique à C. Æhrenbergit For. et nous rattachons à cette dernière espèce, comme deux variantes physiologiques, la forme 7arginata, décrite plus haut, et la forme C/aparedir Dapay, qui se présentent aussi accidentellement, l’une et l’autre, dans nos échantillons de la Mer flamande.
Cette grande espèce nous a offert plusieurs fois des phénomènes d'enkystement.
L'animal perd son appareil adoral, se contracte au fond de la capsule et s'entoure d'une membrane nouvelle, assez épaisse, portant, au côté inférieur, une sorte de bouchon conique qui proémine sur la partie globuleuse : c'est le kyste. Celui-ci est enveloppé, à distance, dans une membrane extérieure, fine, hyaline, mr, qui se plisse progressivement et se retrouve souvent encore autour de la spore, quand celle-ci s’est libérée de la capsule et se rencontre dans le milieu aquatique où elle persiste à flotter.
Ficure. — Figure 1, planche XXIII. Kyste en place, au fond de la capsule d’un C. Ehrenbergii, dont la partie inférieure seule a été figurée.
Les organismes que nous avons décrits, en 1910, comme organismes énigmatiques, sous l'étiquette générale de Papulifères, page 97, planches VI et VII, et plus spécialement sous les noms provisoires de /#ropsis et de Sfhaeropsis, présentent le même aspect.
Certaines de ces formes énigmatiques reçoivent donc ici leur attribution véritable, comme kystes de Tintinnides, et il nous parait probable que tous les Papu-