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CAETERA

Ayant terminé le dépouillement des micro-organismes du plankton de la Mer flamande, quant aux espèces qui se rattachent aux très grands groupes des Diatomacées, des Péridiniens et des Tintinnides, nous sommes bien près de la fin de notre tâche.

Il ne nous reste plus, en effet, qu'à recenser un petit nombre d'espèces appartenant à des groupes divers et que nous désignons tout simplement sous la dénomination vulgaire de Caetera, pour éviter d'allonger le titre de ce travail en les spécifiant nommément.

Il s'agit surtout des organismes suivants :

1° Noctiluca miliaris SuRIRAY, cystoflagellate dont le rôle dans le plankton de nos eaux est primordial ;

Un petit groupe de silicoflagellates dont une espèce au moins, 2istephanus speculum, ne manque presque jamais de représentants dans les pêches au filet fin; 3° Une petite algue flagellate, PAaeocystis Poucheti (HaAR1IOT) LAGERHEIM, dont l'abondance est souvent telle qu'elle contrarie beaucoup les pêcheurs, en enduisant leurs filets de leur gangue visqueuse;

4 Un champignon parasite, une Chytridiacée, qui s'attaque à un grand nombre de Diatomacées marines;

5° Œufs, kystes et organismes non sufhisamment connus qui se présentent fortuitement dans les produits de pêche.

Nous en rappellerons sommairement les caractères.

CYSTOFLAGELLATES Noctiluca miliaris SURIRAY.

(PIERRE Ge era)

CARACTÈRES. — Sorte de gros infusoire aberrant, nu et marin.

C'est un organisme globuleux, présentant la forme d’une pêche, grâce à un sillon développé d'un côté seulement, en dessous d'un appendice locomoteur ou flagellum.

Le corps est transparent, hyalin, limité par une membrane mince et gorgé d’eau.

Le protoplasme y est très peu dense. Il forme une petite masse autour du noyau qui est logé dans le voisinage de l'orifice bucceal, lequel s'ouvre dans la partie la plus profonde du sillon, et de là irradie, sous forme de cordons ténus, vers des

points quelconques de la membrane périphérique. Il se continue, d'autre part, dans le flagellum, en y présentant une texture qui rappelle l'aspect strié d’une cellule musculaire. Ce flagellum lui-même a la forme d'une lanière creusée en gouttière d’un côté.

L'organisme est plasmophage. On y trouve souvent, logés dans des vacuoles transformées en poches digestives, des Diatomacées ou des Péridiniens, dont le volume prouve la grande élasticité de l’orifice buccal et la plasticité du corps qui se déforme pour se prêter à leur logement. Après digestion de ces proies, le résidu inassimilable est rejeté par le même orifice, qui sert aussi bien d’anus que de bouche.

On connaît sufhsamment les phénomènes de division et de sporulation qui président à sa multiplication. Il serait oiseux de redire ici tout ce que la littérature comporte sur ce sujet bien connu.

Fiqures. — Figures 11, 12 et 13, planche XXIIT. Vues diverses de sujets de petites dimensions destinées à montrer les rapports de position relative des trois points organiques principaux : le flagellum, le noyau et le sillon.

Dans la figure 11, la naissance du flagellum et le noyau se voient au premier plan, vers le haut du dessin. Le sillon, qui s’accuse déjà au-dessus du flagellum, se développe surtout au revers de la partie figurée.

La figure 12 montre, en haut, le sillon dans sa portion la plus profonde.

La figure 13, enfin, qui est l’envers de la figure 11, montre le peu d’étendue du sillon de ce même côté, où il prend le plus d'extension.

La base du flagellum située du côté postérieur ne se voit pas dans le dessin, on n’en aperçoit que le bout qui se profile au-dessus du corps de l'organisme.

DisTRIBUTION. — ÂVoctiluca miliaris est parfois extrêmement abondant dans les produits de pêche au filet fin. Souvent même il détermine dans les lieux calmes de la côte, où les vents ont poussé d'innombrables individus, une sorte d'écume d'un blanc sale, un peu rosé, où l’on peut le recueillir aisément à dose

massive et à l’état de pureté.

On sait que c’est lui qui contribue, pour une très large part du moins, à rendre la mer phosphorescente pendant les nuits sombres de l'été.

SILICOFLAGELLATES

Ce petit groupe de Silicoflagellates, dont les afhinités restent problématives et dont le mode de reproduction est encore ignoré, n'est pas absent de notre plankton; mais ses représentants sont fort rares et leur observation intermittente ne les présente jamais dans des conditions favorables à éclairer leur physiologie.

Nous ne les connaissons que comme de petits organismes à corps nu, dépourvu de membrane propre, mais emprisonné dans deux organes ajourés de nature siliceuse et disposés symétriquement l’un contre l’autre par la portion concave.

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