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On leur attribue, en outre, un ou deux flagellums; mais l’état toujours fixé de nos matériaux ne nous a jamais permis de les observer pourvus de ces appendices.
Le plus souvent on n'aperçoit même que les pièces disjointes de leur squelette qui continuent à flotter.
GENRE DISTEPHANUS Srüxe.
Distephanus speculum (EHRENBERG) HAECKEI.
(PI. XXIIL, fig. 14.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1837. Dictyocha sheculum EHRENBERG, P. 50.
1844. Dictyocha speculum EHRENBERG, p. 80.
1854. Dyctyocha speculum EHRENBERG, pl. XVIII, fig. 57; pl. XIX, fig. 41; pl. XXI, fig. 44; pl. XXII, fig. 47.
1880. Distephanus rotundus STÔHR, pl. VIT, fig. 0.
1889. Distephanus speculum HAECKEL, p. 1565.
1891. Distephanus sheculum BORGERT, p. 629.
CARACTÈRES. — Pièces squelettiques hexagonales dont les angles sont prolongés en épines longues. Du milieu de chaque travée de l'hexagone s’en élèvent six autres disposées comme les angles d'une pyramide tronquée, qui aboutissent au sommet, où ils sont réunis pour former la troncature de la pyramide. De petites dents s’articulent sur la base de l'organe, à côté de chacune des travées pyramidales, et prennent une direction oblique, vers le bas.
Toutes ces travées sont creuses, ce qui les rend plus réfringentes.
Dans l'organisme vivant, les deux pièces squelettiques sont opposées l'une à l’autre symétriquement par leur partie concave, de matière à faire concorder leurs épines, et circonscrivent le corps protoplasmatique entre elles. Mais le plus souvent, ces pièces sont détachées l’une de l’autre et se rencontrent isolément, au milieu des autres organismes planktoniques, où leur réfringence exceptionnelle les signale vivement à l'attention de l'observateur.
Ficure. — Figure 14, planche XXIII. Pièce squelettique vue du sommet de la pyramide tronquée qui en fait la partie convexe.
OBSERVATIONS. — Sans être jamais fréquentes, ces pièces squelettiques apparaissent sporadiquement dans nos échantillons de la Mer flamande. Beaucoup plus rares sont les individus complets.
Faut-il les considérer comme des organismes commensaux de certains Radiolaires, comme certains auteurs en suggèrent l'idée? Rien ne nous autorise à le penser, car les Radiolaires sont très rares dans nos eaux.
GENRE DICTYOCHA EHRENBERG.
Dictyocha fibula EHRENBERG var. longispina LEMMERMANN. (CAE COUPS) BIBLIOGRAPHIE.
1854. Dictvocha fibula pr. p. EHRENBERG, pl. XVIIL, fig. 54. 1897. Dictyocha fibula V ANHÔFFEN, pl. 20, fig. 18. 1901. Dictyocha fibula var. longishina LEMMERMANN, p. 260, pl. X, fig. 26.
CARACTÈRES. — Pièce squelettique à base carrée prolongée en épines aux quatre angles. Du milieu des quatre travées s’en élèvent d'autres qui se rejoignent deux à deux pour s'unir ensuite par une dernière dont la direction est parallèle à l’une des diagonales du carré basal. De petites dents s'échappent de ce carré, au voisinage des travées qui s'en élèvent, et prennent une direction oblique
inverse.
FIGURE. — Figure 15, planche XXIII. Vue d’une pièce squelettique du côté convexe.
OBSERVATIONS. — Ces organismes n'apparaissent jamais dans nos eaux qu'à
l'état de pièces squelettiques isolées. Elles y sont elles-mêmes fort rares. Nous n'en avons reconnu qu'un nombre relativement restreint pendant la longue durée
de nos observations.
GENRE EBRIA BoRrGERrtr.
Ebria tripartita (SCHUMANN) LEMMERMANN.
(PL. XXIIL, fig. 16.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1867. Dictvocha tripartita SCHUMANN, p. 67, pl. 1, fig. 28. 1887. Dictyocha fornix MOEBIUS, p. 122, pl. VII, fig. 53 à 50. 1891. Æbria fornix BORGERT, p. 662.
1901. Ebria tripartila LEMMERMANN, p. 268.
CARACTÈRES. — Pièces squelettiques, siliceuses, concaves, ajourées, résultant de mailles irrégulières, arrondies, de dimensions diverses et anastomosées entre elles, sans contours extérieurs bien définis.
FiGure. — Figure 16, planche XXIII. Vue d’une pièce squelettique, sous certaine incidence.
OBSERVATIONS. — Ces pièces s'observent plus rarement encore que les précédentes. Peut-être est-ce en partie à cause de leur petitesse et à cause aussi de leur dissimulation sous les objets disparates qui encombrent les préparations. Elles nous ont, en réalité, toujours paru fort rares.
FLAGELLATES
GENRE PHŒOCYSTIS LAGERHEIM.
Cellules réunies en grand nombre dans des colonies gélatineuses, en forme de
vésicules, qui flottent librement.
Phœæœocystis Poucheti (HaAR1IOT) LAGERHEIM.
(Pl XKIIT Ge; 17 et 18.) SYNONYMIE ET BIBLIOGRAPHIE.
1802. Tetraspora Poucheti HARIOT, dans POUCHET. 1806. Phœocystis Poucheti LAGERHEIM.
CARACTÈRES. — Cette algue formerait, dit-on, à l’état vivant, des colonies vésiculeuses, rarement globuleuses, plus souvent de forme irrégulière et hérissées de boursouflures. Leur diamètre varierait d'ordinaire entre 1 et 2 millimètres.
La forme conditionnelle que nous donnons à cet énoncé n'est pas dubitative, mais témoigne de notre ignorance expérimentale de l'aspect réel de ces colonies que nous n'avons vues qu'à l'état dégonflé, gisant pêle-mêle avec d'autres espèces planktoniques avec lesquelles elles réalisent, dans les préparations, des enchevêtrements inextricables.
C'est que nos matériaux toujours fixés préalablement à l'examen ont, en outre, été violemment agités dans l’eau pour en tamiser les éléments microplanktoniques et séparer de ceux-ci les parties plus grossières qui servent à l'étude du macroplankton.
Dans ces conditions, les colonies déformées, déchirées, fusionnées, ne forment plus que des traînées de membranes mucilagineuses, dans lesquelles on aperçoit disséminées des cellules homogènes, de quatre à huit microns de dimensions, orientées en tous sens et manifestement déformées elles aussi par l’action des réactifs.
Ces cellules, dont la membrane est très mince, laissent voir, à une extrémité, un chromatophore qui a dû être jaune pendant la vie et que l'on aperçoit soit divisé en quatre lobes, soit en deux lobes seulement, ce qui peut être le résultat d'une division, ou le fait d'une superposition de l'une des moitiés sur l’autre, dans les cellules vues de profil.
Nous en indiquons l'aspect dans les figures 17 et 18 de la planche XXIII, en tenant compte des différences de grandeur observée.
Nous n'avons pu en démêler les zoospores qui, dit-on, sont garnies de deux cils vibratiles, mais qui ont dû être détruits et conséquemment rendus invisibles dans nos conditions d'observation.
Nous croyons être en présence de PAæocystis Poucheti LAGERHEIM plutôt que de PAœæocystis globosa SCHERFFEL; mais les deux espèces auraient parfois été mélangées que nous nous en serions difficilement aperçu, l’une et l’autre ayant perdu leurs caractères différentiels.
On voit par là que nous nous sommes trouvé dans des conditions très peu favorables pour étudier cet organisme délicat. 11 faudrait, pour en entamer l'étude avec fruit, disposer de matériaux frais et vivants.
Ce que nous pouvons avancer, c'est le développement excessif que présente généralement cette algue dans les mois de mars à mai.
Sa présence en masse dans les eaux marines se révèle même aux pêcheurs, par la glu dont elle encrasse leurs filets et par l'exagération de l'odeur de marée qui s'en dégage.
On se rappellera sans doute les rapports étroits de commensalisme que l'on constate entre cette espèce et Æomæocladia delicatissima MEUNIER ou Vifzschia delicatissima CLEvE, dont les frustules ne se présentent guère, dans les préparatons, en dehors des traînées mucilagineuses qu’elle forme; si bien qu'on peut dire que leur développement est parallèle et qu'on ne les rencontre que très exceptionnellement l’une sans l’autre.
CHYTRIDIACÉE
Un organisme auquel nous devons une mention spéciale, c'est une Chytridiacée, sorte de champignon parasite dont GRAN, qui l’a signalé d’abord, a fait une espèce d'Ofpidium, qu'il détermine spécifiquement par le nom de Lauderiae, emprunté à une Diatomée marine, Zauderia borealis dans les cellules de laquelle elle est particulièrement répandue dans certains cas.
Ayant eu nous-même l'occasion de le rencontrer, sous les mêmes apparences,
dans beaucoup d’autres espèces de Diatomées à membranes peu silicifiées, nous lui avons substitué le nom plus extensif de O/pidium phycophagum.
Bien que nos matériaux d'étude, toujours fixés avant l'examen, ne nous aient pas permis de suivre sur le vif les manifestations biologiques de cet infime champignon, le grand nombre d'observations faites sur les différents aspects qu'il présente, permettent tout au moins de résumer comme suit ses phases évolutives principales.
La spore qui le propage, probablement une zoospore, se fixe sur un point quelconque d’une Diatomée, en perce la membrane et se transforme en amibe à l'intérieur. Là l’amibe s'en prend au protoplasme de son hôte, s'en assimile les chromatophores et grandit. Arrivée à un certain développement, sans avoir nécessairement consommé tout ce qu’elle trouve à sa disposition, elle se ramasse sur elle-même et s'enkyste à l’intérieur d'une membrane de nouvelle formation. C'est à l'intérieur de ce kyste que s'élaborent en grand nombre les petites zoospores qui serviront d'organes de dissémination. Elles prennent, en effet, plus tard leur liberté, grâce à un allongement, en forme de tubulure, qui se produit sur la paroi du zoosporange et qui aboutit au cytoderme de la cellule parasitée, où il détermine une perforation locale et où il s'ouvre lui-même à l'extérieur. Les spores mises ainsi en liberté s'évacuent successivement, se disséminent dans le milieu ambiant et se livrent à de nouvelles conquêtes. Il n’est pas rare de voir plusieurs O/pidium développés dans un même hôte, parce que vraisemblablement plusieurs zoospores l’ont envahi. Quoiqu'il en soit, dès qu'une Diatomée est attaquée par ce redoutable ennemi, elle est condamnée à mourir sous peu. Elle peut grandir encore, mais elle perd l'aptitude à se multiplier par division et l'on n’en retrouve plus bientôt que le cytoderme vide qui continue, toutefois, à abriter la membrane kystique du champignon.
C'est, en effet, dans Zauderia borealis que ce parasite se prête le plus aisément à l'observation. Cette Diatomée marine formant des colonies linéaires parfois très longues et se montrant particulièrement sujette à l'infection, présente quelquefois un si grand nombre d'individus contaminés que ceux-ci semblent prédominer sur les sujets sains.
Nous en avons figuré toute une série dans les figures 10 et 11 de la planche XII du deuxième fascicule de ce travail. Les cellules de la figure 10, choisies individuellement, ont été artificiellement mises en série suivant l’ordre supposé des étapes successives du développement parasitaire.
Les figures 12 et 13 de la planche IX montrent plusieurs aspects du développement de ce parasite dans des cellules de Æucampia zodracus, les figures 32 et 33 de la même planche en montrent plusieurs exemples dans 2rty/um Brigtwellit et aussi les figures 7, 8, 9 montrent des phénomènes analogues, peut-être
dus à une autre espèce de champignon du même genre, dans Æ#zzosolenia delicatula. On retrouve encore le même parasitisme, chez Zicmophora anglica, dans la figure 28 de la planche XIV.
Si l’on veut, en outre, se rappeler les exemples d'infections signalés dans notre mémoire de 1910 — Microplankton des mers de Barents et de Kara — chez Chaetoceros contortum, figure 27, planche XX V ; CA. diadema, figures 15, 19, 22, 23; Ch. laciniosum, figures 25, 28, planche XXVI; C4. species, figures 1, 2, 4, planche XXVII; Bacterosira fragilis, figure 10, planche XXX; Æragilaria islandica, figure 1, 2, 6; Fragilaria mollis, figure 8, 9; Achnanthes taeniata, figures 41, 43, 44, planche XXXIII; MVzzschia species, figure 12, planche XXXIV, on jugera, sans doute, qu'il y a lieu de lui attribuer un nom spécifique plus extensif. Nous l'avons désigné du nom de Olpidium phycophagum, pour marquer qu'il peut s'attaquer à beaucoup de Diatomacées marines indistinctement.
Peut-être se rencontre-t-elle plus communément chez les espèces dont la membrane est peu silicifiée, comme le sont la plupart des espèces citées. Il est possible aussi que ces multiples manifestations de parasitisme ne soient pas le fait d'une espèce unique d'O/prdium; mais nous ne nous sommes pas attaché à saisir le particularisme qui pourrait les différencier, si ce n’est peut-être pour celui qui s'observe dans ÆAizosolenia delicatula.