Comptes rendus, t. LXXV, p
LA PLEURÉSIE
actives et comme impérissables. La voienouvelle,nous ne l'avons pas seulement pressentie, nous l’avons véritablement ouverte depuis des années et hardiment parcourue. »
En effet, en 1869, nous disions comme conclusion de nos travaux antérieurs : « L’être vivant rempli de microzymas porte donc en lui-même les éléments essentiels de la vie, de la maladie et delà destruction totale. »
Bref, nous pouvions dire dans notre réclamation : « Nous avons donc démontré depuis longtemps, non seulement que les cellules peuvent se comporter comme les ferments, mais surtout qu’elles sont en elles les parties qui jouent ce rôle. »
Et nous ajoutions : « La cellule,, dit- on, ne meurt ■pas en même temps que l’être ou l’organe dont cette cellule fait partie. » Mais cette proposition est mal formulée : « la cellule en vérité, meurt très vite, si l’on considère comme cellule l’enveloppe extérieure ou même le noyau. On sait qu’il est impossible de faire de l’histologïe avec un cadavre bien capable cependant de fermentations variées ; quelques heures après la ■ mort, on ne peut pas quelquefois retrouver une seule cellule épithéliale intacte. Ce qu’il faut dire, c’est que la cellule ne meurt pas tout entière. Nous l’avons depuis longtemps prouvé, en élevant les parties qui survivent en elle, les microzymas. »
Pour la clarté de mon exposition, j’ajoute ici une remarcjue : L’auteur de la Communication académique, au sujet de laquelle nous avons réclamé, en disant « que tous les êtres sont des ferments dans certaines conditions de leur vie, » ajoutait en manière d’explication : « Car, disait-il, il n'en est pas chez lesquels on ne puisse momentanément suspendre Paction de l’oxygène libre. » Mais c’est là un point de vue purement systématique que l’expérience contredit absolument.
En effet, dans une communication sur l’altération spontanée du lait et des matières animales organisées en général, j’ai expliqué qu’il n’existe pas une catégorie d’êtres vivants qui méritât la qualification de ferment, c’est-à-dire possédant par destination la
PLEURÉSIE
fonction qu’on appelle de ferment, et pas de phénomène méritant d’être appelé de fermentation. En saine physiologie, il n’y a que des êtres vivants qui se nourrissent et des phénomènes de nutrition comprenant la digestion, l’assimilation et la désassimilation ; à ce point de vue, si l’on continue d’appeler la levure de bière un ferment, il faut appeler l’homme un ferment. En fait, l’animal produit l’alcool dans ses organes quoique ne pouvant pas vivre sans oxygéné libre ; la levure de bière consomme le sucre, produit de 1 alcool dans l’oxygène libre comme en son absence; mais, ]e l’ai démontré, le phénomène est plus régulier, s accomplit mieux au contact de l’air libre. ... i.
Je borne là cette revue historique rétrospective, et i’aioute que c’est avec une véritable et grande satisfaction que l’ai entendu M. Dieulafoy soutenir, avec une si grande conviction et avec tant d’autorité, que la thoracentèse, pratiquée dans les conditions de 1 antisepsie absolue, ne pouvait pas transformer « une pleurésie séro-fibrineuse ou une pleuresie hémorrhagique en pleurésie purulente; que si on avait cru le contraire, c’est qu’on n’y avait pas regarde d assez près s’en rapportant à une grossière apparence de limpidité et de coloration; » tandis que l’examen histologique et bactériologique eût montré ce liquide « déjà fort riche en globules rouges (ce qui est souvent une phase initiale de la purulence) et contenant les microbes habituels de la suppuration; » que si cet examen avait été fait « on aurait tiré comme conclusion non pas qu’on a ponctionné une pleuresie simple ou pleurésie purulente, mais qu’on a ponctionne une pleurésie en voie de purulence aux differentes phases de son évolution (1). »
Voilà donc que ce que 1 on niait : 1 apparition de vibrioniens à même nos tissus, a été expérimentalement vérifié sur des masses de ces tissus enleves à des animaux sains. Et voilà que ce que l’on refusait de croire • l’apparition des mêmes vibrioniens dans une région donnée de l’organisme malade, pendant la vie, a été si bien vérifié que cela est regarde par M. Dieu-