‹ Microzymas et microbesChapitre 7 sur 86 · PRÉFACE XXXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXIII

changement morphologique, lorsque, comme dans le sang de rate ou telle autre afTection, tel microzyma de tel centre organique évolue et devient bactéridie, bacille, streptocoque, etc.

Pour donner à ma démonstration de l’impuissance du système des' germes de l’air son critérium de certitude, je disais un jour, à l’Académie, sans être contredit, que M. Pasteur, ni personne, n’avait jamais démontré qu’il existât dans l’air normal le microbe d’aucune maladie du cadre nosologique : tuberculose, fièvre typhoïde, typhus, choléra, syphilis, lèpre, etc., et que, en fait, toutes les fois qu’on expérimente on est obligé de prendre lé microbe, c’est-à-dire le microzyma non évolué ou le vibrionien qu’il est devenu, diplocoque, staphylocoque, streptocoque, bacille, bactéridie, etc., dans le corps malade ou dans le cadavre pendant qu’il en est temps encore.

Telles sont, en gros, mes conclusions. L’opposition qui est entre elles et celles de M. Pasteur, est aussi profonde qu’entre le jour et la nuit.

En résumé général, l’opposition est tellement absolue, que M. Pasteur, lorsque j’eus démontré la naissance des vibrioniens à même la substance organisée des organismes en santé, grâce àl’évolution des microzymas, l’a niée, en niant les microzymas eux-mêmes.

Et c’est parce que M. Pasteur ne savait rien de la naissance des vibrioniens à même la matière organisée vivante, qu’il n’a pas résolu le problème de l’hétérogénie. Pouchet l’avait acculé à la génération spontanée des vibrioniens et il n’a pas pu répondre à cette dernière expérience qu’il lui opposait et que M. Victor Meunier lui opposa. C’est la théorie du microzyma qui a définitivement résolu le problème en expliquant l’expérience de Pouchet.

Quant au protoplasma, que M. Pasteur, avec tout le monde, a cru n’être qu’un pur mixte de principes immédiats sans structure, s’il est vivant, il ne l’est, lui aussi, que grâce à ses microzymas méconnus. C’est grâce à ces microzymas, qu’il renferme nécessairement et qui le constituent vivant, que les réactions chimiques et les phénomènes physiologiques et histologiques qui s’accomplissent en lui peuvent s’accom-

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plir. Ce que les naturalistes appellent la respiration du protoplasma ne se manifesterait pas sans les microzymas, c’est-à-dire s’il était un pur mixte chimique. Sans les microzymas, les phénomènes chimiques du protoplasma seraient des effets sans cause et les phénomènes histologiques des effets de génération spontanée.

Aristote avait raison, parce que Bichat et moi lui avons donné raison! La vie est nécessairement liée à une forme spécifique, et cette forme spécifique, physiologiquement impérissable, c’est le microzyma; impérissable parce qu’il est l’atome de l’organisation en qui la vie est indissolublement liée à la structure dans la forme et non simplement à la matière.

Il résulte de cet ensemble que pas une seule des expériences de M. Pasteur, qui sont dites avoir fondé le système microbien, ne reste debout. Ceux qui pensent le contraire ne sont peut-être pas tous au courant des travaux de ce savant ou n’ont pas eu le temps de les étudier dans leurs origines et dans leurs développements. Sur la foi de certains savants, le public se figure, en effet, que M. Pasteur a conçu les applications qui ont créé sa célébrité comme une déduction logique de ses recherches sur les ferments et les fermentations ;j’ai montré que c’est là une grande erreur.

Dans l’histoire de l’origine et des variations des doctrines microbiennes, qui sera largement documentée, je montrerai comment elles découlent de mes recherches et de mes conclusions, non sans doute dans leur principe fondamental, la préexistence originelle des germes morbides dans l’air, qui n’a jamais été démontré, mais dans ce qu’elles ont d’expérimental et d’actuellement observable.

L’explication de la virulence et de la vaccination, sauf les erreurs donton les a entourées, c’est la découverte des microzymas qui l’a fournie, puisque dans le virus vaccin c’est un microzyma qui est l’agent de la virulence, tout comme dans le virus syphilitique, etc.

En fait, je le prouverai, M. Pasteur d’abord, mon ancien préparateur ensuite, ont très bien saisi la portée de la découverte des microzymas et de la théorie générale que j’en ai déduite. M. Pasteur a été si

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convaincu de l’incontestable réalité du fait que tout n’est pas mort dans une partie soustraite à un organisme vivant, qu’avec Estor, j’ai dû réclamer devant l’Académie des sciences, contre sa tentative de s’en attribuer la découverte. Mon ancien préparateur, lui aussi, a tenté d’usurper la dé.monstration de la naissance des vibrioniensà même la substance organisée, et de s’attribuer la découverte que tout n’est pas mort dans le cadavre. On trouvera sur tout cela d’utiles renseignements dans ce recueil même. C’était, sans doute là, ce que M. Armand Gautier a appelé de la polémique agressive.

Mais cette conspiration du silence, cette entente de plusieurs pour étouffer les faits relatifs à la théorie du microzyma, dont je me doutais et que M. Armand Gautier a révélée, n’était-elle pas précisément pour dissimuler ses usurpations en se couvrant du nom de M. Pasteur ? ,

Quoi qu’il en soit, c’est seulement en 1876 que M. Pasteur s’est décidé à entrer dans la voie de Davaine et que, plus tard, il a adopté le mot de microbe, pris à Sédillot, l’illustre chirurgien, pour dénommer « les êtres les plus petits » et confondre dans ce vocable les ferments tels que la levure de bière, les vibrioniens et les microzymas qu’on appelle maintenant microcoques.

En fait, aujourd’hui, toutes mes démonstrations sont tournées au profit des doctrines microbiennes, comme autant de conséquences des faits qui les auraient fondées. Les microzymas sont devenus des microcoques, des microbes qui peupleraient l’organisme et ses cellules; et ces micrccoques ou microbes sont supposés y fabriquer ce que font les microzymas, c’est-à-dire les zymases et tout ce qui est du domaine de l’activité des microzymas, pendant la vie et après la mort : les toxines, leê leucomaïnes, ptomaïnes, etc. Les cellules, dont M. Pasteur, ni personne n’invoquait la personnalité et qu’on disait des éléments anatomiques non vivants, les cellules elles-mêmes, si négligées, que M. Pasteur les voyait disparaître dans son expérience sur le sang sans en être surpris, les cellules sont réputées vivantes, que dis-je ? non seu-

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lement vivantes, mais intelligentes, faisant la guerre , s’associant pour lutter contre les microbes qui envahissent tellement l’organisme qu’on en est embarrassé; et ces cellules qu’on montre voyageant à la poursuite du microbe, sont appelées phagocijtes et leur fonction de manger le microbe phagocytose-, et cette phagocytose, un auteur, remontant à saint Thomas d’Aquin, vous dira qu’elle est providentielle, faite exprès pour manger et détruire le microbe, lequel, sans elle, nous tuerait sans pitié.

A ;mes yeux, ces nécessités de la doctrine niicrobienne ont reculé les bornes du romanesque, de l’incohérence et de l’absurde.

Mais M. Pasteur lui-même, qui prétendait démontrer la fermeture du corps en santé aux microbes du dehors, assure, aujourd’hui, que ces microbes peuvent habiter l’organisme sans danger, mais d’inoffensifs devenir dangereux, à un moment donné, par le renforcement ; remplaçant ainsi la notion expérimentale du changement de fonction du microzyma, élément anatomique, par le changement de fonction hypothétique du microbe étranger à l’organisme. Et voilà que son système le pousse, sous prétexte de guérison ou de vaccination, à inoculer ces mêmes microbes, dont il ne sait ni l’origine, ni la nature, à hommes et bêtes, malgré son hypothèse du renforcement. Heureusement que tout est illusion dans le système, autrement, je demande pardon de le rappeler, c’en serait fait de nous comme des lapins d’Australie.

Heureusement, pour la théorie du microryma, les idées sont moins guerrières que les parti-pris et les amours-propres. Gela peut faire espérer qu’un jour viendra où, dans l’intérêt de la vraie médecine, le vrai triomphera de l’hypothèse et que l’on reconnaîtra enfin que les grands médecins avaient raison de croire que la cause de nos maladies est, avant tout, en nous, et hélas! trop souvent, par notre faute, naissent en nous de nous. Non, la cause de nos maladies n’est pas dans des germes malfaisants créés dès l’origine des choses pour rendre malades hommes et bêtes, que disje? même la levure de bière!

C’est assez ; je dis seulement ceci encore : Bien que

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j’eusse à me plaindre de leurs usurpations de faits et d’idées et de leurs procédés, en revendiquant les uns, en défendant les autres avec le vrai, je n’ai outragé ni M. Armand Gautier, ni M. Pasteur dont il a voulu se couvrir et qu’il a découvert.

Ce n'est pas ma faute si, pour me défendre, j’ai été obligé de revendiquer hautement les découvertes qui ont permis de fonder la théorie du microzyma et de montrer comment ses détracteurs la confirment, dans le détail, en la détournant au profit de leurs systèmes.

Je me suis défendu, dans cette préface même, pour repousser l’accusation d’être un polémiste contentieux. Je l’ai fait, sans doute, dans fintérêt de ma dignité, me souvenant que « la bonne réputation d’un homine dépend quelquefois de la boutade d’un mal-appris aussi bien que d’une insulte restée impunie » : mais encore plus dans l’intérêt d’une théorie que je regarde de plus en plus comme profondément physiologique et médicale. Pourtant, en nïe défendant, je n’ai proféré aucune parole de mépris. Je n’ai pas manqué aux bienséances; j’ai respecté mes détracteurs, comme j’ai respecté l’Académie, en me respectant moi-même jusqu’à me contenir pendant les deux pénibles séances!

Paris, mai

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