A. Béchamp
LES ALBUMINURIES
line, il faudrait l’aciduler très légèrement par l’acide acétique de façon qu’elle rougisse le papier de tournesol à la manière de l’urine normale.
Le précipité est recueilli sur un filtre taré par un autre filtre de même poids dont on a d’avance déterminé la quantité de cendres qu’il laisse à Tincinération. Le précipité recueilli est lavé, sur le filtre, à l’alcool à 85 degrés centésimaux, séché à 1.10 degrés jusqu’à poids constant. On a ainsi le poids des matières albuminoïdes et des matières minérales. Par l’incinération dans une capsule de porcelaine tarée on obtient le poids des matières minérales, lequel, soustrait du poids total, donne par différence celui des matières albumineuses contenues dans le volume d’urine donné.
Pendant que la précipitation pour le dosage s’accomplit, on fait les deux opérations que voici ;
1“ A l’empois de fécule au d /30' (environ 20 c. c.), on ajoute lü centimètres cubes de la même urine filtrée. Le mélange étant bien intime dans un tube, celui-ci est mis dans un bain-marie dont on élève peu à peu la température à 60 degrés. Si l’urine contient la néfrozymase, l’empois est d’abord rapidement liquéfié et limpide, et après quelque temps on y peut constater la réduction du réactif de Fehling.
2° En même temps, une autre partie, sous volume connu, de la même urine filtrée, est précipité par l’a,lcool ; le précipité recueilli, lavé à Falcool plus faible, comme il a été dit, et essoré, est repris par l’eau distillée de façon à obtenir la solution la plus concentrée possible en y comprenant les liqueurs du lavage. Delà solution on fait deux parts égales rl’une est mise avec l’empois pour s’assurer qu’il en est fluidifié et sacharifié ; l’autre est évaporée à siccité, et le résidu séché à 110 degrés pour déterminer la quantité de néfrozymase ou de matière albuminoïde • restée soluble, que le précipité, et par suite l’urine^ contient.
Ces renseignements préliminaires sont nécessaires, pour se diriger dans l’étude ultérieure des albumines de l’urine considérée.
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, h T néfrozymase et de l’albumine coaqu-
lable dans l urine de la grossesse. — La néfrozymase existe toujours dans l'urine des femmes enceintes bien portantes, et elle y varie comme pendant l’état normal, bien que la quantité en soit généralement augmentée.
Dans le Mémoire de 1865, j’ai fait voir qu’ü n’v a pas dans 1 urine de la grossesse ce que Nauche appelait kyestéine, Golding Bird matière caséeuse imparfaite et btark gramdine\ et j’ai démontré qu’une telle urine, très riche en néfrozymase, ne donnait pas la pellicule de kyestéine, lorsqu’on y ajoutait de une à deux gouttes de créosote par 100 centimètres cubes
Avant de rechercher la néfrozymase dans ces urines je m assurais qu’elles n’étaient point albumineuses’ dans le sens classique. Il est vrai que plusieurs de celles quej ai examinées, étant soigneusement filtrées se troublaient sous l’influence de la chaleur, mais 1 addition de quelques gouttes d’acide nitrique étendu a la liqueur troublée, où les flocons prenaient l’apparence d un précipité albumineux, fit toujours instantanément disparaître le nuage, ce qui n’arrive jamais pour 1 urine vraiment albumineuse dans le sens classique. Cela posé, nous donnons ci-après le tableau des expériences. (Tableau IV, p. 312.)
Il résulte de ce tableau que, même en tenant compte de 1 équation personnelle, la grossesse est réellement une cause d augmentation de la néfrozymase, ce oui paraîtra évident en comparant ses nombres à ceux . du tableau n" 1 pour l’urine des femmes. Si des expériences plus nombreuses démontraient la généralité QU fait, la considération de la néfrozymase deviendrait un signe de grande valeur pour le diagnostic de la grossesse dans les cas douteux.
~ néfrozymase et des albumines dans les mines de l état pathologique. — Dans un grand nombre de maladies la néfrozymase, avec d’énormes variations peut exister dans Turine sans aucune autre matière albuminoïde soluble ; mais dans d’autres maladies, où sa quantité peut descendre jusqu’à zéro elle peut etre accompagnée de plusieurs albumines'
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coagulables et non coagulables. Avant de réunir les résultats en tableaux, il faut citer comme exemples typiques, quelques analyses des. albumines de W tames urines pathologiques, afin de bien montrer quelles ne sont jamais identiques à l’albumine du sérum, quoique provenant d’affections fort différentes.
Fièvre intermittente avec œdème généralisé. Le
malade n avait jamais eu d’autre maladie que des fièvres intermittentes contractées en Afrique. J’ai analyse 1 urine de la nuit, elle était acide, limpide, jaune assez fonce et albumineuse, coagulant parla chaleur, le précipité ne disparaissant pas par l’addition de 1 acide nitrique etendu.Elle ne fluidifie quetrès lentement 1 empois, sans que la solution devienne limpide, SI bien qu apres deux heures d’action, on ne constate quune faible réduction du réactif de Febling. Elle ne contient donc point de néfrozymase. L’analyse du précipité par 1 alcool y démontre l’existence d’une albumine soluble et d une albumine que Talcool coagule :
P. 1.000 cent, cubes : Albumine soluble, non
coagulableparl’àlcool 0 gr 815 — — Albumine coagulable
par l’alcool . 0 gr. 370
0 gr. 885
1. Maladie de Bright. — Jeune marin de vingt-cina ans. Urine des vingt-quatre heures 630 centimètres cubes, légèrement acide, assez peu colorée. Léger qnnîiT" “'“t L^urine filtrée a donné, en portât 300 centimètres cubes à l’ébullition ;
. coagulée par la chaleur pour