LE CURÉ F.-X. COTÉ
L'abbé François-Xavier Côté, curé de Sainte- Geneviève de Batiscan de 1818 à 1862, fut un guérisseur renommé.
Pour préparer ses médicaments, l'abbé Côté employait souvent des plantes, mais son guérisseur par excellence, son « Eau divine », que le peuple nommait « l'Eau rousse » ou « l'Eau rouge », était d'une autre composition.
Avec ce liquide, la profonde confiance qu'il inspirait à ses patients et surtout la foi en Dieu qu'il savait admirablement développer, chez ceux qui avaient recours à ses soins, il obtint des guérisons qui tiennent du prodige.
On cite, encore, par exemple, le cas d'un nommé Casimir Sanscartier qui travaillait aux scieries des Grandes Chutes, sur la rivière Batiscan. Ce malheureux, par une fausse manœuvre ou une imprudence, s'était fait entamer un bras et il avait perdu beaucoup de sang. On envoya aussitôt chercher le docteur Ross, de Ste-Anne, et M. le curé Côté. Le médecin était d'avis de pratiquer l'amputation d'urgence, et le blessé allait consentir, lorsque le vieux curé défendit à Sanscartier de se laisser mutiler. Il
avait examiné la blessure et prétendait qu'avec l'aide du Souverain Maître et de son « eau rouge », il lui conserverait le membre endommagé.
Aussitôt, il lui fit une application de l'« eau» , puis lui banda le bras très habilement avec des éclisses et de la toile. Il continua le traitement, renouvela les applications, puis, un jour, Sanscartier reprit son train de vie avec ses deux bras.
Cette « eau rouge » dont on a ignoré pendant longtemps la composition semble maintenant connue. Du moins, la « Matière médicale » des RR. SS. de la Providence prétend en donner la formule, car voici ce qu'on lit aux mots « Peroxyde de fer, colcotar ou rouille de fer : Poudre d'un rouge brun, insipide, insoluble dans l'eau... On ne l'emploie plus qu'en emplâtre et en poudre... « L'Eau divine » de M. Côté composée d'une grande cuillerée de colcotar pour une chopine d'eau bouillante forme une des meilleures lotions à employer pour la cure radicale des plaies et pour l'inflammation des yeux. Pour ce dernier cas, l'eau doit être affaiblie »...
M. le docteur Baril qui est né à Ste-Geneviève et qui y exerce sa profession depuis 1878 a été témoin, dans son enfance, de la guérison d'un homme des Grondines qui arriva, un soir, chez le fameux curé, tellement souffrant de rhumatisme ou de paralysie, qu'il pouvait à peine marcher. M. Côté le confessa, lui fit entendre la messe, puis, le saint office terminé, frictionna le malade pendant que celui-ci adressait d'ardentes prières au Souverain Maître. Soudain, le perclus de la veille, se sentit parfaitement bien et il retourna chez lui ingambe et allègrement.
On venait de partout se mettre sous les soins de ce guérisseur, M. le chanoine Charles Bellema-