CHAPITRE DEUXIÈME
et toutes les institutions religieuses. L'ami qui m'écrit demanda au supérieur du Collège Canadien s'il ne redoutait rien de ces menaces furieuses ?
« — Non, dit le supérieur; j'arborerai le drapeau britannique, si nous » sommes attaqués. Le drapeau britannique est notre talisman ici ».
» Il est impossible, poursuivit sir Wilfrid, de ne pas faire un rapprochement entre ces événements récents et ceux qui se produisirent il y a dix-neuf cents ans, alors que l'empire de Rome avait atteint le plus haut degré de sa puissance. Paul de Tarse, l'apôtre qui continuait l'œuvre de Jésus-Christ, saint Paul était assailli par une foule en délire qui le menaçait de mort. « Je suis citoyen de Rome », s'écria l'apôtre, et ces seuls mots écartèrent de lui tout danger. Sa citoyenneté romaine était son talisman !
» De nos jours, dans cette même Rome qui fut jadis la reine du monde, un disciple de saint Paul, un nouvel apôtre est menacé par la foule déchaînée. Il se souvient qu'il est sujet de l'empire qui égale en puissance et en majesté l'empire romain à ses plus beaux jours ; il arbore le drapeau britannique dans cette Rome fameuse, et tout danger est dissipé. C'est son talisman ».
Le Canada, novembre, 1909.
Sir Wilfrid Laurier