‹ Miettes de bonheurChapitre 10 sur 17 · ARCHITECTURE - PEINTURE - SCULPTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE - PEINTURE - SCULPTURE

L'art s'exprime dans la construction d'édifices, sur un tableau, sur une statue de marbre ou de pierre. II demeure toujours dans le domaine constant de diverses manifestations de l'âme humaine.

Rien de matériel, dans la jouissance que nous apportent ces œuvres d'architecture, de peinture ou de sculpture.

Musique gelée ...

Madame de Staël définissait l'architecture « une musique gelée », et les cathédrales représentaient pour elle, autant de magnifiques spécimens de la « pensée en pierre ».

L'art Egyptien, puis l'art Grec, Romain, nous ont laissé des souvenirs durables de la pensée austère, riante ou religieuse de ces peuples.

L'étude de leurs œuvres appartient plutôt aux plaisirs de l'histoire.

Plus de vie, de vérité ...

Les dieux, les grands maîtres du ciel et de la terre, ont fait les frais quasi exclusifs des œuvres d'art des anciens.

Il faut se réjouir que nos artistes étendent aujourd'hui leur sympathie à toute la nature, à tous les êtres, et nous apportent, avec simplicité et harmonie plus de vie et de vérité.

L'homme connaît dans sa vie certaines heures banales, tristes ou mauvaises qui paraissent inévitables et qu'il cherche à se rappeler le moins possible.

Il en rencontre d'autres plus gaies, plus heureuses dont il aime à garder le souvenir.

Ainsi en est-il de l'humanité. Les monuments Egyptiens paraissent nous remémorer une époque d'absolutisme et d'esclavage peu réconfortants. L'âme s'assombrit et s'attriste devant ces travaux gigantesques du peuple esclave.

Uinfini entrevu ...

L'allure de l'art Grec ramène la gaieté. Une

Art — Architecture, etc.

âme déjà heureuse, pleine de vie, se manifeste dans les édifices élégants, largement ouverts à la lumière.

La pensée rêveuse, attendrie, croyante du chrétien, s'exprime dans la demi-clarté des vastes cathédrales, dans les fresques qui retracent quelques-unes des terreurs qui l'épouvantent, comme dans ces tableaux sublimes qui indiquent jusqu'à quel degré, des âmes de saints peuvent entrevoir l'infini.

Notre époque, pour continuer ces œuvres de vie, se rapproche de plus en plus de la vérité, elle ne paraît pas faire marche en arrière.

Dans ces œuvres d'architecture, de peinture, de sculpture, retracer la vie, telle qu'elle se manifeste à une certaine époque, c'est en somme, perpétuer ce contact de l'âme avec ce qui j'entoure.

Les gloires de notre époque ...

Que les âmes d'artistes sachent cueillir de la multitude d'événements qui les assaillent, quelques faits plus importants, exposent de beaux états d'âme, de grands actes de dévouement ou d'héroïsme ; notre époque n'en manque certes pas.

Si d'autres siècles ont connu leurs gloires, ces gloires se multiplient aujourd'hui sous tous fies cieux, dans toutes les sphères d'activité.

L'âme contemporaine n'est pas moins bonne que celle de nos devanciers ; nous pourrons l'analyser plus tard sous plusieurs angles qui réconfortent.

Tous en retiennent déjà un mouvement d'altruisme qui ne manque pas de sincérité, et prêt à sacrifier beaucoup au bonheur du plus grand nombre.

Nos meilleures tendances ...

Comme toujours, nos artistes ne manquent pas, sinon de devancer, du moins de refléter les meilleures parmi les tendances de notre époque.

Et nous nous arrêterons avec complaisance devant nos grands édifices, nos monuments, ces nombreuses expositions de peinture et de sculpture ; nous en analyserons scrupuleusement les lignes. Si les styles anciens y reparaissent, nous en chercherons les raisons profondes.

Même lorsque les tableaux de nos peintres, les œuvres de nos sculpteurs ne connaissent pas de ces manifestations ambitieuses qui parlent puissamment à l'esprit et au cœur, le souci d'une

Art — Architecture, etc.

réalité rigoureuse peut encore permettre des œuvres dont l'exacte vérité a aussi son éloquence.

Avec Vart de chez nous ...

Chacun constate que ce sentiment général d'altruïsme nous rapproche plus intimement des choses qui nous entourent.

A mesure que les relations plus faciles entre peuples, abaissent certaines cloisons nationales, l'homme paraît s'attacher de plus en plus profondément à son coin de terre, à ses amis, à tout ce qui prend contact prolongé avec son âme, et auquel il laisserait comme une part de lui-même en s'éloignant.

Précurseur de Vhumanité heureuse ...

Que l'art continue d'exprimer ces scènes intimes du foyer, de l'amitié, de la vieille maison, de nos fidèles animaux.

Pour retrouver un peu de notre âme à revoir ces œuvres d'art, nous goûterons un renouveau de vie, d'affection, d'appui moral, de chaleur réconfortante.

Savourant tout ce qu'il y a de délicieux dans les meilleures Miettes de Bonheur d'aujourd'hui.

nous devançons avec l'artiste, l'humanité plus heureuse qui continuera à s'abreuver à ces sources immortelles.

Sîeligl

on

Louis est libre-penseur. Les pratiques religieuses ne l'embarrassent plus. Il n'entend plus se déranger pour aucune religion.

Lihre-penseur sans parti pris ...

Louis prétend n'avoir aucun parti pris.

Il a étudié beaucoup depuis trente ans, lu une foule de livres religieux, côtoyé nombre de ministres de diverses religions.

Louis estime la religion. Il respecte de même ses ministres, en général. Il considère que dans les diverses classes sociales, les gens du clergé se rangent parmi les plus cultivées, les mieux douées d'esprit public, les moins à charge à la société.

Louis admet que le catéchisme apporte une instruction précieuse à l'homme qui ne peut compter sur les freins d'une raison suffisamment éclairée. Sentiments religieux, lois religieuses

peuvent devenir indispensables à l'homme du peuple, retenir ses activités dans les limites d'une civilisation moyenne.

Avide de perfection, Louis n'entend s'arrêter qu'aux limites où il rencontrera le bonheur de sa nature dans ses sens, dans son intelligence, jusque dans son besoin de mystères.

Personne, depuis trente ans et plus, n'a réussi à convaincre notre libre-penseur bien disposé, qu'il gagnerait en intelligence, en dignité, en bonheur, à jeter son âme dans l'inconnu. Or Dieu, pour Louis demeure l'inconnu. La religion, quelle qu'elle soit demeure pour Louis la grande dame, dont l'on a beaucoup entendu parler, que l'on n'a jamais pu rencontrer, toucher, analyser, comprendre.

JjC voyage du hon Michel ...

Une connaissance, Michel, a proposé à Louis ainsi qu'à deux de ses amis, François et Georges, un voyage au cours duquel ils pourront rencontrer le Maître des religions.

Georges s'empresse lentement pour ce voyage,

Michel savait son acharnement aux grasses matinées, aussi, ne les a-t-il convoqués que pour

Keligion

Taprès-dîner.

Michel leur a bien promis à tous trois qu'ils seraient servis à souhait, dans tous leurs désirs. Tous trois hésitent à le croire.

Michel les a rencontrés un soir, alors qu'ils discouraient ensemble sur quelques Miettes de Bonheur qu'ils prétendaient cueillir ici et là.

J'ai mieux que ça pour vous ...

Georges rêvait plutôt entre deux vins mousseux.

François tentait d'intéresser ses deux copains à ses amours de petite femme, auxquelles il ne pouvait les croire indifférents.

Louis acceptait carrément. Sincère dans ses recherches de la vérité, il irait jusqu'au bout du monde, pour rencontrer ce Maître des religions, l'interroger, le connaître, juger de la part de bonheur qu'il peut réellement offrir à l'homme.

Même si ce brave Michel ne devait lui apprendre dans son voyage, rien de bien nouveau, ce ne serait qu'une désillusion ajoutée à tant d'autres : simple détail qui y paraîtrait peu.

Tous trois, enfin résolus à ce voyage, rappellent le fin sourire, l'air décidé du sympathique Michel, leur lançant comme défi : « J'ai mieux

que ça pour vous ».

Georges avait sursauté, pensant toujours à son vin incomparable, il avait balbutié : impossible, il a au moins vingt ans ...

François avait murmuré à Louis, pensant toujours à son Hélène : Michel ne la connaît pas ...

Et Michel avait continué :

« Les amis, entendons-nous bien, avoir mieux, n'est nullement mépriser les bonnes Miettes que vous avez pu rencontrer ... mais, je vous l'assure, il y en a de meilleures.

« Accompagnez-moi trois jours seulement chez mon Maître, dans la solitude.

« Vous vous rendrez compte que, même si vous avez pu trouver en vous, autour de vous, de bonnes Miettes de Bonheur qui réconfortent, qui réjouissent, mon Maître vous en réserve encore de meilleures, d'incomparables ».

Louis avait répondu pour les trois : Mon bon Michel, nous t'accompagnerons. Les Miettes de Bonheur ne sont pas aussi communes que l'on pense, aussi faciles à cueillir, à conserver qu'on se l'imagine. Si ton Maître peut nous y aider, nous lui en saurons gré. — Mais, de fait, comment s'appelle ton Maître ?

Et Michel leur avait répondu : « Mes bons

Religion

amis, croyez-en ma parole, mon Maître est l'un des plus puissants Seigneurs que vous puissiez rencontrer.

Invités avec instance par le maître ...

« Ses richesses sont illimitées, sa bonté si accueillante qu'il vous suffira de l'approcher d'un peu près pour ne plus vouloir le quitter.

« Et ce Maître m'a chargé de vous inviter ... avec beaucoup d'instances ».

Louis trouve l'invitation toute charmante. Jusqu'à cette histoire de mystère, qui laisse un cachet de divination rêveuse.

François regrette seulement de ne pouvoir emmener son Hélène. Georges arrive enfin, toujours le dernier.

Nos trois voyageurs, piqués de curiosité, de chaudes convoitises, accueillent gaiement le naïf Michel qui leur a promis trop généreusement de les combler.

Uha'bit hlanc ... Point de valise ...

Résolus à retirer du voyage, tout l'agrément possible, ils ont accepté de suivre à la lettre les conseils de Michel.

Habit strictement blanc, aucune tache ; aucune valise, aucune préoccupation.

Michel leur a formellement promis qu'ils trouveraient en route encore mieux que tout ce qu'ils avaient laissé.

Leur première étape prend quelques minutes. Ils ne peuvent en croire leurs yeux.

Ils ont rigolé en endossant le costume de néophyte, ce qu'ils appelaient pompeusement leur robe d'innocence.

Leur valise leur paraissait indispensable pour un voyage, au cours duquel, ils devraient traverser des espaces immenses, rencontrer des mondes inconnus, oublier jusqu'à la date de leur départ.

Déjà à la porte du domaine ...

Voilà qu'en quelques minutes de simple réflexion, de conversation reposante, ils sont déjà à la porte de ce vaste domaine.

L'entrée n'a rien de solennel, d'extraordinaire.

Un messager, à l'allure combien sympathique, engageante, se tient à la porte, une épée d'or à la main.

Michel indique l'objet de la visite. La physionomie du messager s'illumine du sourire le

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plus accueillant, les portes s'ouvrent.

Le charme commence ...

Serait-ce déjà le charme qui commence, enveloppe, grise ?

Les couleurs les plus riches, les plus variées, se jouent dans toutes ces fleurs, dans ces arbres, jusque dans ces édifices dont la vue est si magnifique, si reposante, que nos voyageurs s'exclament à leur guide : « Décidément, votre Maître est immensément riche. Nous n'avons jamais rien vu d'aussi beau ».

Les animaux de la création semblent s'être donné rendez-vous. Tous sont apprivoisés, tous saluent les visiteurs et les émerveillent de leur agilité, de leur force, de leur adresse.

Louis ne cesse de regarder, de contempler. La nature entière paraît s'être réunie dans ce domaine immense.

La température y est moyenne, ni trop chaude, ni trop froide.

Les astres y jettent une clarté tempérée.

Les parfums les plus exquis enivrent sans énerver.

Tout réjouit si complètement, si délicieusement, que Georges scandalise Louis et François

lorsqu'il leur souffle : Pensez donc qu'ils doivent en avoir une cave et une salle à dîner ! Louis et François l'avaient totalement oublié.

Une rare salle à dîner ...

Michel qui les accompagne, avec une amabilité qui complète tant de charmes, a saisi le murmure de Georges ; il a souri avec une bienveillance qui dit déjà : vous ne serez pas déçu.

Une musique enlevante se mêle aux chants des oiseaux.

En se retournant, nos voyageurs se retrouvent, en plein air, entourés de verdure, de parfums, de fleurs, autour de tables chargées des mets les plus variés.

Et cependant, les appétits ne sont pas dévorants, demeurent mesurés. L'on déguste vins et mets au milieu de la conversation la plus entraînante.

Et tout le monde est déjà rassasié, tout le monde est déjà debout. Personne ne voudrait s'y attarder. Louis croit plaire à Georges, en lui murmurant du coin des lèvres : tu n'y penses pas, laisser tout cela en arrière de toi ? ... Georges réplique maintenant tout rieur : J'ai assez de ne plus me comprendre, sans tenter d'expliquer

ReLICxION

tes mystères philosophiques par mes mystères gastronomiques ...

La première journée se passe dans un enchantement tel que nos voyageurs pressent de connaître le nom du fameux Maître de ce domaine. Ils hésitent à le demander au bon Michel.

Ils confessent lui devoir tant de reconnaissance pour les avoir sollicités d'entreprendre un voyage si charmant.

Décidément, il y a de bons coins sur la terre, et l'homme qui a pu construire et habiter ce domaine immensément riche et beau, mérite d'être connu comme l'un des plus grands Génies de tous les temps.

Une double peine ...

Le lendemain matin, Louis se promenant seul avec Michel dans les jardins magnifiques, lui dit avec tristesse : « Mon bon Michel, j'ai une double peine, qui m'empêche de jouir complètement de ces beautés incroyables.

« Si vous me permettiez de vous les dire, sans vous ennuyer, il me semble que cet aveu me laisserait toute la paix que vous m'avez promise».

« Mon cher Louis, répond Michel, non seulement je vous permets, mais je vous demande de

m'avouer vos peines, je crois même pouvoir vous consoler sans tarder ».

« Mon premier regret, reprend Louis, c'est d'avoir quelque peu résister à votre invitation, à vos instances. Je ne disais pas non, par politesse, mais je n'avais aucun empressement ; je doutais beaucoup de vos avances. Que vous et votre Maître avez dû souffrir de mon ignorance, de mon entêtement. Voulez-vous me pardonner ? »

Au plaisir du présent, oublions le reste...

Michel lui répondit du ton le plus sympathique : « Ne me demandez pas de vous le redire, si vous saviez ma joie I

« Ne pensons qu'au plaisir du présent. Vous êtes venus, vous êtes ici, tout le reste est oublié. Jouissez tant que vous pourrez de ce grand domaine, vous en connaîtrez chaque jour davantage ».

Louis reprit : « Mon bon Michel, votre tendresse ajoute un nouveau bonheur à tous ceux dont vous me comblez.

« J'ai un autre regret, et pour mes amis, et pour moi-même, je désire le soumettre à votre bon cœur.

« Il me semble que j'ai beaucoup étudié,

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beaucoup voyagé, beaucoup lu, je ne puis comprendre n'avoir pu rencontrer nulle part le nom de votre Maître. Il est vrai, que si je vous ai entrevu de temps en temps, je ne vous l'ai jamais demandé.

« J'ai longtemps hésité avant de revêtir cet uniforme blanc que vous disiez indispensable pour pénétrer auprès de votre Maître.

« Vous me pardonnerez, mais j'ai cru à un simple caprice, un peu ridicule, plutôt qu'à une ordonnance prescrite pour ma propre conservation.

« Je comprends depuis que je suis ici, que ce domaine est si clair, que la blancheur seule peut en absorber les rayons, sans que le corps humain puisse en souffrir.

« Aussi, en réalisant mon ignorance et la légitimité de vos conseils, je sens un désir de plus en plus grand de connaître votre Maître, de lui présenter mes hommages, de le féliciter de son domaine, de le remercier de vous avoir envoyé auprès de nous et de nous recevoir d'une façon aussi magnifique ».

Soyez bien tout à la joie ...

La figure de Michel prend un éclat d'une

incomparable beauté.

« Mon bon Louis, reprend-il doucement, ne vous attristez plus inutilement, soyez tout à la joie.

« Vous verrez bientôt mon Maître. II vous connaît depuis longtemps, c'est Lui qui m'a dépêché vers vous, non-seulement une, mais plusieurs fois. 11 vous attend déjà avec amitié.

« Laissez-moi vous dire qu'il est le plus heureux des Maîtres, prenez ma parole.

« Aussi il vous a demandé de ne rien apportez avec vous, car rien de ce que vous possédez ne peut ajouter quoi que ce soit à Son bonheur. Cependant II a hâte de vous voir, de vous parler, de vous presser sur Son cœur comme de vieux amis déjà chers.

« Comme tous les Maîtres, Il a de grandes passions dont nous ne comprenons pas toujours la raison.

« Mon Maître a la passion d'aimer, et d'aimer surtout les enfants des hommes.

« C'est pourquoi, nous voyageons de par le monde, et nous essayons d'emmener à mon Maître tous les mortels.

« II y en a malheureusement beaucoup qui ne daignent même pas s'arrêter à nos invitations, ou encore qui reculent devant la robe blanche,

Relioiox

indispensable pour pénétrer auprès de mon Maître, jouir de son intimité.

Un nom qui en fait trembler plusieurs ...

« Mon Maître a aussi un nom qui en fait trembler plusieurs.

« Mon Maître ne peut tolérer ici aucun désordre.

« Ces immenses richesses, que vous commencez à peine à voir, ne doivent être usées que dans une juste mesure, de manière à ce que les mêmes éléments créés pour la jouissance de l'homme ne servent pas à sa destruction ou à ses tourments.

« Mon Maître peut permettre aux hommes, ses amis, de se détruire, de se torturer, à leur guise. Il ne peut cependant les garder auprès de Lui, en pareil état.

« Et les humains méchants, ingrats lui ont fait ainsi une réputation de bourreau, de potentat autoritaire.

« Certains ont essayé de nier qu'il existait pour ne pas avoir à combattre la justice, le bon sens de ses conseils et de ses lois.

« Tout ce que mon Maître demande, après que vous l'aurez connu, c'est de L'estimer comme II le mérite, de L'aimer un peu en retour de Ses

bontés, de ne pas chercher à détruire Ses domaines et Ses richesses, pour votre malheur, mais d'en user avec mesure, pour votre bonheur.

« Et mes bien chers amis, si vous ne méprisez pas mon Maître, si vous L'honorez, si vous demeurez modérés dans vos désirs de jouir, mon Maître vous gardera auprès de Lui. Il vous comblera de tellement de jouissances que tout ce que vous avez vu jusqu'ici n'est qu'une ombre en regard de ce qui vous attend.

Mon maître vient à vous ...

« Et pour enlever une partie du voile qui projette un certain mystère sur votre voyage, retenez que l'immense jardin de délices où vous êtes, est l'ancien paradis terrestre, et que mon Maître n'a pas attendu votre visite, mais qu'il vient à vous ».

Et nos trois voyageurs se trouvent soudainement en présence du Maître de l'immense domaine.

Leur surprise est telle qu'ils ne peuvent parler. Le Maître met fin à leur embarras en les interpellant de suite d'une voix attirante : « Et puis ces bons amis sont-ils contents de leur séjour avec nous ?»

Religion

Louis reprend pour tous : « Seigneur, comment ne serions-nous pas pleinement satisfaits de notre séjour dans votre magnifique domaine, quand nous trouvons de la manière la plus parfaite toutes les richesses, toutes les beautés que nous avons laissées derrière nous ».

Toutes les richesses naturelles ...

« Mes amis, reprend le Maître, notre bon Michel que j'ai envoyé à votre recherche, vous a promis mieux que les bonnes Miettes de Bonheur que vous aviez déjà.

« Vous devez donc commencer par retrouver ici à la porte de la religion toutes les richesses naturelles qui vous appartiennent.

« La religion ne saurait vous en enlever aucune, puisqu'elles vous appartiennent, elle devra vous en ajouter d'autres afin que vous soyez encore plus heureux.

« C'est pourquoi vous rencontrez ici, dans ce jardin terrestre de délices toute l'échelle des êtres créés.

« D'abord le monde matériel, inerte, sans vie, que dirigent des lois d'affinité et qui demeure le grand serviteur de la création.

« Plus haut vous jouissez du monde végétal

avec la plante qui possède déjà des éléments de vie. Ses racines l'alimentent, elle croît, se multiplie, se reproduit.

« Mais les plantes ne se connaissent point. Elles se touchent sans se sentir. Les merveilles qui les entourent demeurent en dehors de leurs capacités de perception et de jouissance.

« Elles demeurent un ornement vital ajouté à la matière.

« Qui jouira de tout cet univers matériel ?

€ L'animal ouvre ses sens sur toutes ces merveilles, il communique avec elles. Non seulement il possède la vie, la transmet ; il jouit déjà de cette vie, toute la jouissance matérielle qui s'échappe de cet univers lui arrive par ses sens.

L'univers attendant son maître ...

« L'univers matériel attend cependant encore son Maître.

« Si l'animal possède déjà beaucoup de force matérielle, il ne peut maîtriser l'univers, car l'ordre qui régit cette multitude d'êtres est de toute douceur.

« Toutes ces lois par lesquelles matières, plantes, animaux, exercent leur genre d'activité, chacun dans sa sphère, selon sa nature, ne vien-

Kkligiox

nent pas de la matière, qui ne peut que servir,

« La plante ne peut légiférer sans soupçonner le monde qui l'entoure.

« La communication de l'animal avec l'univers demeure instinctive. Comment pourrait-il diriger un ordre qu'il subit lui-même sans comprendre ?

Uhomme, maître de la création ...

« Si les sens de l'animal perçoivent chaque objet, sa connaissance s'arrête là. Seul un être immatériel pourra généraliser.

« Et c'est ainsi, mes bons amis, que vous devenez, par votre nature, les véritables Maîtres de la création.

« Etres matériels, sensibles, vivants, vous communiquez par vos sens avec tout l'univers sensible. Votre vie demeure immatérielle ; elle s'élève de par sa nature au-dessus des choses qui l'entourent.

« La création sensible s'achève avec vous. Vous entrez dans un monde supérieur aux sens, monde immatériel, bien existant, dont la vie même est supérieure à toute vie sensible puisque cette dernière n'en est qu'une manifestation imparfaite.

Suivez-moi encore plus haut ...

« Vous êtes à même de comprendre que cet ordre immatériel peut exister au-dessus de vous, sans aucun mélange avec la matière.

« Suivez-moi, ne craignez pas de remonter encore plus haut,

« Vous arrivez au-dessus de toute nature. Vous arrivez au-dessus de toute forme.

« Vous arrivez, commencez-vous à le comprendre, au seul Etre dont L'Essence et l'Existence ne font qu'un, au seul Etre qui peut dire et qui vous dit, mes chers amis : Je suis celui qui SUIS ...

« Je possède la plénitude de l'Etre.

« Je résume en Moi toute vérité. La vérité M'ordonne à l'intelligence qui Me comprend et M'embrasse.

« Je contiens tout bien. Ce bien tend L'être vers la volonté qui Me désire et M'aime.

« Je comprends toute beauté. La beauté Me présente à l'âme qui ne cesse de M'admirer, de jouir de Mon Etre dans Son immensité.

« Cet Etre Suprême, mes bons amis, c'est votre Dieu, c'est le Maître du beau domaine que vous venez d'admirer et oij II veut vous conserver, si vous voulez seulement ne pas jeter le

Religiox

désordre dans votre nature, demeurer fidèle à l'ordre qu'iL a Lui-même établi ».

Que faut-il faire f ...

Nos trois voyageurs, transformés, dans la joie et la paix la plus absolue, demandent modestement au Maître : Seigneur que voulez-vous que nous fassions ? Est-ce bien difficile, bien long à retenir ?

Et le Seigneur de reprendre : « Aimez votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit, et votre prochain comme vousmêmes pour l'amour de Dieu.

« L'enfant peut-il me reprocher de l'incliner à aimer son père, sa mère, ses parents, ses amis?

« L'homme mûr qui a connu l'ingratitude, l'isolement, la trahison, se souvient avec émotion de l'affection vraie, des attentions, des soins dévouées de ses parents, de ses amis.

Dieu ordonnant le honheur de Vhomme...

« Votre Dieu ne peut vouloir que votre bonheur, Lui reprocheriez-vous de vous incliner à l'aimer, de vous en faire un commandement ?

« Et l'obéissance à un tel commandement,

même si elle peut coûter à votre naturel revêche, ne vous apportera-t-elle pas les meilleures Miettes de Bonheur ?

« Votre Dieu possède en Lui toutes les richesses et désire vous en faire jouir.

« Auprès de votre Dieu, vous admirerez les pierres précieuses les plus rares ; vous respirerez les parfums les plus exquis ; vous serez bercés aux harmonies les plus enivrantes ; vous serez illuminés des clartés de la vérité ; vous serez enveloppés des tendresses de Sa bonté ; vous serez ravis des merveilles de Sa beauté ; serace si difficile de L'aimer, de L'aimer pardessus tout, puisqu'iL renferme à l'infini tout ce que votre cœur peut désirer ? L'aimer, L'écouter, Le suivre, pourrez-vous faire mieux pour être heureux ?

« Retenez bien que votre Dieu aime les enfants des hommes, mieux que les hommes n'aiment leurs propres enfants.

« Un bon Père n'est-il pas le meilleur ami de son fils ? Votre Dieu est le meilleur des pères. I! ne cherche qu'à combler Ses enfants, pourvu que ces enfants n'empêchent pas Ses largesses de parvenir jusqu'à eux.

« Comme le meilleur père, Il entend prendre soin et de votre corps, de sa santé, et de votre

Religion

âme, de sa culture, de son bonheur.

« Comme un vrai père, il aime tous ses enfants.

« Aimez-vous les uns les autres.

« Votre Dieu ne veut voir entre vous ni inimitiés, ni jalousies, ni guerres.

« Vous êtes tous frères, et votre bonheur est de vous aimer, de vous aider, de vous rendre la vie plus heureuse les uns, les autres.

« Vous n'attenterez jamais à la vie de votre frère.

« Vous ne déroberez jamais aucun de ses biens.

« Vous ne désirerez et ne prendrez jamais la femme de votre frère.

« Vous ne prendrez jamais votre Dieu à témoin d'un mensonge. Il est le Dieu de l'éternelle Vérité. Vous ne sauriez l'ignorer, le méconnaître, sans vous avilir et L'injurier profondément.

« Honorez votre père et votre mère.

« Complétez, perfectionnez, ne détruisez jamais l'ordre établi par la nature.

Libres de demeurer ses fils ...

« La puissance de votre Père est sans faiblesse.

€ Vous êtes libres de demeurer Ses fils.

« La Vérité de votre Père est sans erreur.

« Vous êtes libres de demeurer Ses fils.

« L'amour de votre Père est sans froideur.

« Vous êtes libres de demeurer Ses fils.

« Votre Père résume en Lui toute perfection, toute beauté.

« Vous êtes libres de demeurer Ses fils.

« Votre bonheur, votre grand bonheur, ne saurait être autre que de vous rapprocher de votre Dieu le plus possible.

« Dès que vous Le connaîtrez, dès que vous L'entreverrez, vous ne pourrez vous empêcher de L'aimer. Vous êtes faites pour Lui, vous tendez vers Lui, vous ne pourrez jouir et vous reposer qu'en Lui.

« Vous ne voudrez plus vous en séparer.

« Votre Dieu ne vous commande que votre bien, conforme à votre raison, aux besoins et aux aspirations de votre nature.

« Votre Dieu ne vous défend que de vous faire du mal, de vous forger des peines, à vousmêmes et à vos frères.

A plaindre cVouhlier votre bonheur ...

« Vous gardez la liberté d'oublier, de refuser

Religion

l'aide de votre Père, les secours qu'ils vous offre.

« Comme vous serez à plaindre d'oublier la religion, vous qui en avez tant besoin ...

« Comme vous serez à plaindre de refuser la modération qu'elle vous commande, vous qui avez tant besoin de santé ...

« Comme vous serez à plaindre de négliger les lumières sûres, reposantes, qu'elle vous offre ; vous qui avez tant besoin de vérité, de savoir ...

« Comme vous serez à plaindre de rejeter l'infini qu'elle vous laisse entrevoir, votre cœur a tant besoin d'aimer, d'être aimé ... à l'infini.

« Comme vous serez à plaindre d'ignorer les beautés incomparables qu'elle présente à votre âme ; votre âme a tant besoin de s'épancher, de se retrouver, de s'épanouir dans un monde immortel, aux merveilles sans fin, le seul qui lui convienne ...

« Comme vous serez à plaindre de manquer les Miettes de Bonheur que la religion vous assure, quand toute votre nature vous pousse vers le bonheur, que vous l'atteignez si difficilement, que votre Dieu seul peut vaincre votre ignorance, votre faiblesse, votre inconstance, et vous remplir, vous rassasier de bonheur ...

« Vous comprendrez comment votre Dieu a pu traiter de sots, cette multitude d'humains

qui existent pour leur malheur, qui ne veulent même pas user de leur liberté pour s'arrêter à penser, à réfléchir, à écouter le bon Michel et sa légion de frères qui attirent les humains de par le monde, à consentir à les suivre, ne fût-ce que pour quelques jours.

« Ne voudrez-vous pas dire maintenant à vos frères, combien vous avez été pleinement heureux avec Moi ?

Même s'ils ne le reconnaissent pas ...

« Si vos frères ne veulent pas même vous écouter, vous croire, s'ils ne veulent pas partager votre foi, vos croyances, vos règles de vie, demandez-leur au moins, pour leur bonheur, de ne point M'insulter ni Me mépriser.

« Demandez à vos frères de conserver leui dignité d'hommes, s'ils ne peuvent encore s'élevei à celle du chrétien.

« S'ils tiennent à remercier avec politesse, le moindre de leurs frères, qui se dérange pour eux, leur rend le plus léger service, dites-leur que le Maître de l'univers les traite sans cesse, comme les plus aimés des fils, les plus intimes des amis, qu'ils se refusent à l'injurier, même s'ils ne peuvent encore Le reconnaître.

Keligion

« Dites-leur que leur ignorance, leur faiblesse peut attirer ma pitié, tandis que leur ingratitude ne peut que justifier ma colère.

« Dites-leur que s'ils ne me connaissent pas encore pour leur Père, ils doivent me respecter, et me permettre encore de les attirer comme d-es honnêtes gens.

Mes bien chers amis, vous quitterez forcément ce jardin de délices. Votre existence ne peut s'écouler totalement ni dans l'Eden, ni au Thabor.

« Votre Dieu ne vous quittera point. Vous Me retrouverez partout, si vous le voulez jusqu'au plus intime de votre âme.

« Dans votre ignorance, vos infirmités, vos faiblesses, vos sottises, vous valez assez pour que Celui qui est souverainement heureux sans vous, Se penche sur vous, vous recherche, vous attire, vous éclaire, vous perfectionne, trouve Ses délices à vous rendre heureux.

« Et ce Seigneur des Seigneurs, dans la mesure où II vous suffira, où II vous contentera, vous apportera la plus grande part de bonheur que vous puissiez jamais rencontrer.

« Michel avait pleinement raison : J'ai mieux que cela pour vous.

« Il n'en tient qu'à vous, de conserver ces

habits aussi blancs que possible, de négliger ces valises de préoccupations souvent inutiles, nuisibles, de revenir au moins une fois l'an, dans cette solitude, Me rencontrer.

Les Miettes de Bonheur entourent chaque mortel ...

« Vous cherchiez des Miettes de Bonheur ?

« Elles vous entourent. Chaque mortel en peut rencontrer une petite part.

« En dépit de ses souffrances, de ses contrariétés, la vie humaine n'est pas totalement mauvaise. Ces Miettes de Bonheur, deviennent relativement faciles, nombreuses, aux hommes qui les demandent au travail, à la prudence, au savoir, aux arts.

« Ce serait le malheur de l'homme d'oublier que la source de ces Miettes est dans ce jardin, que J'en suis le Maître, que Mes délices sont de les répandre.

« Tout ce que Je demande à l'homme, est de se préparer à les recevoir, qu'il n'y mette point d'obstacle, et Je l'en comblerai.

« Que l'humanité soit heureuse ... Elle le deviendra, en écoutant le bon Michel, en revêtant la robe blanche, en laissant sa valise au seuil de

Eeligion

ce jardin.

« Je rélèverai alors au-dessus de ses infirmités, de ses erreurs.

« Qu'elle cède à mes inspirations, qu'elle écoute mes représentants, l'Eden s'ouvrira de nouveau pour elle.

Le bonheur n'est pas un vain mot ...

« Le Bonheur n'est pas un vain mot.

« Ses Miettes jonchent le sol des intelligences, des cœurs, des âmes.

« L'homme n'a qu'à déterminer sa volonté de les cueillir, de les rassembler, d'en préparer le menu savoureux du Banquet du Bonheur, auquel Je l'invite, et que Je lui réserve, s'il ne persiste pas à se rendre malheureux par sa faute».

Louis, François, Georges sont devenus des apôtres du Maître qu'ils espèrent rencontrer maintenant le plus souvent possible.

En dépit de leur ignorance, de leurs faiblesses, ils secondent depuis le bon Michel et sa légion de messagers divins, qui, chaque jour, tentent d'inspirer à chaque homme de rencontrer le Maître Suprême, de Lui parler, de demeurer avec Lui.

Miettes de Bonhbue

L'humanité heureuse ...

Peu à peu, l'humanité écoute ces apôtres dont le nombre grandit.

Lentement, en toute douceur, sérénité, l'humanité suit de mieux en mieux le bon Michel.

Et l'humanité, chaque jour, cueille de meilleures Miettes de Bonheur.

En bonne santé, le cœur ouvert jusqu'à l'infini, tenacement au travail, maître de ses richesses, ravie des beautés de son âme, loin de fuir la religion. Dieu, elle comprend son bonheur à s'en rapprocher, à se combler de Ses dons.

L'humanité heureuse entreprend de verser en elle, l'immense bonheur du Souverain Maître.

Cueillant péniblement ses Miettes, elle s'achemine au divin Banquet du Bonheur.

Table des Matières

PKEFACE 9

Parfaitement à la page 15

La guérison du grand homme 17

Une maladie nouvelle 17

Le vieux médecin démodé 18

Et le grand homme absorbe les tisanes 19

La science n'a pas changé la nature humaine ... 20

Tous aspirent au bonheur 22

La misère chassée de l'existence 23

Jamais rassasiée 24

Toujours de meilleures heures 24

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