RAPHAËL MORGHEN
Directeur de l'école des Beaux- Arts de Florence , il donna beaucoup d'éclat à cette institution, et ce fut par lui que Napoléon , maître de la Toscane, fit passer les grâces qu'il accordait sur l'Arno.
Morghen était graveur; il fit le portrait de l'empereur et il en envoya à Paris d'admirables épreuves. Tout le monde en reçut; j'en eus ma part. Je voulais refuser ce présent; mais l'artiste se fâcha, et comment résister à une telle colère ?
Napoléon faisait beaucoup pour la Toscane. C'était sa conquête privilégiée. Il fonda un prix de cinq cents pièces d'or par année pour l'académie délia Crusca. Je fis le rapport sur ce concours. Trente-quatre ouvrages avaient été pré-
sentes, trois partagèrent le prix. Ce fut une grande solennité, qui ne se renouvela point.
Des essais partout, rien de durable! De vastes idées, point de suite. Une haute direction, mais trop personnelle. L'empereur rapportait tout à lui ; de là , le peu d'intérêt des masses à ses projets , qui , en définitive , étaient toujours plutôt des charges que des secours.
On dessécha les Maremmes; l'ingénieur Goury fit là d'immenses travaux. On traça des routes , des canaux ; on creusa des ports ; on organisa des musées ; on favorisa l'agriculture ; on eut des troupes de comédiens : tout prospérait ; puis tout s'éteignit avec l'empire.