PROTIIENOTAIRE DE MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE GUYSE
Je te voulois nommer bien heureux, de ta race
Descrivant la grandeur, de tes nobles ayeux,
Dont tu vas ensuivant le sentier vertueux,
Qui jà dedans le ciel te promet une place ; 'i
Et bien heureux d'avoir cette divine grâce
Qui te fait estimer des plus grands demi-dieux.
Et d'avoir doctement recueilly tout le mieux
En ton jeune printemps des douceurs de Parnasse ; *
Mais je mects maintenant le comble de ton heur '
De sentir le tourment de ce plaisant malheur,
Dont te perdent les yeux de ta belle Carite. Plus qu'autre homme vivant nous sommes donc heureux,
Toy et moy, d'esprouver ce doux mal amoureux
Pour l'extresme beauté de deux Nimphes d'eslite.