‹ Mignardises amoureuses de l'admiréeChapitre 32 sur 33 · A GUILLAUME BOUCHET · texte numérisé non relu

A GUILLAUME BOUCHET

Mon amour est langoureuse,

Et la tienne est malheureuse ;

Je suis battu de douleur

Autant que toy de malheur ;

Et l'un l'autre, en cette sorte,

Son compagnon reconforte,

Donnant un soulagement

Mutuel à son tourment.

Il est vray que les maistresses

Qui nous causent ces détresses

8on parfaittes en beauté ;

Mais quoy ? si leur cruauté

Trop cruellement surpasse

Toute leur meilleure grâce,

Que nous sert qu'ell' soyent si belles,

Puysqu'elles sont tant rebelles,

Puysqne nostre passion

Vient de leur perfection ?

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