‹ Mignardises amoureuses de l'admiréeChapitre 7 sur 33 · XVIII NOTICE · texte numérisé non relu

XVIII NOTICE

Il composa un sonnet sur un portrait voilé de l'Admirée, qui commence ainsy :

Les Dieux voulant montrer le plus de leur avoir...

et un autre où, après avoir comparé Tahureau au chantre de Cassandre, à l'adorateur d'Olive, et à l'amant de Meline, désignant par là Du Bellay, Ronsard et Baïf, il conclud ainsy :

Aussy faut-il que nul de vous ne cèle Que Tahureau mérite qu'on l'appelle Autant bon poète et meilleur amoureux.

Louis le Caron, dans son poëme du Ciel des Grâces, le nomme parmy les plus excellents poëtes du dernier siècle :

Peruse le Masconnois, Baïf, Panjas, Alsinois, Tahureau et des Autelz, etc.

Charles Toutain, lieutenant gênerai de Falaise, dans son cinquiesme chant de Philosophie, luy consacra cet Eloge funèbre en vers, un peu rudes véritablement, mais assez patîietiques :

Ah faut-il que la mort te mette le dernier,

Mon tendre Tahureau, dans ma fresche mémoire,

Toy qui fus devant tous mon second familier.

Non ! non ! la mort n'a pas, d'une mesme victoire,

Enlevé tout d'un coup de parmy les vivants,

L'ornement éternel de la vivante gloire !

Helas ! que je crains bien que tes vers ensuivants,

SUR TAHUREAU XIX

Qu'encore on avoifcvus de tant de mignardises Et tant de gais discours de pasteurs escrivants Et tant d'autres amours et belles entreprises, Que je vis quelquesfois avec leur Tahureaii, La nonchalance n'ait dessous la tombe mises !

Combien je te regrette I . . . ah ! si !

Jamais amant ne fut aux vertes Elysées, Si celui-là n'y est à l'endroit le plus beau.

La Fresnaye Vauquelin, dont j'ay dosjà parlé cy-dessus, a fait honorable mention de luy, en plusieurs autres endroits de ses œuvres, témoin ce qu'il en dit dans la préface de ses Hatyres françoiscs :

Nous quittasmes Paris et les rives de Seine, Vinsmes dessus le Loire, et la Sarte, et le Maine. Lors Angers nous feit veoir Tahureau,qui, mignai-d, Nous affrianda tous au sucre de cest art.

Et dans le second livre de ses Idylles :

Je sçens bien par après qu'en ces mesnies années Nostre Baïfavoit comme nous promenées Les Muses par les bois, et que, dès ce tems là, Le gentil flage jlet de Tahureau parla.

Comme aussy, parniy ses Epitaphes, il luy en consacra deux que je ne feray point de difficulté d'inscrcr icy, comme des marques éternelles de son estime et de son amitié :

Mon Tahureau mignardelot, I^a Parque, fatale dJesse,

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