‹ Mignardises amoureuses de l'admiréeChapitre 6 sur 33 · XVI NOTICE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE

C'est Taliureau, qui desjà tire en haut L'ancre courbée et, penché sur la pt)upj)e, D'un cry naval encourage la trouppe D'abandonner le terroir paternel, ]'our vivre ailleurs en repos éternel.

Jean- Antoine de Baïf, outre le sonnet dont il honora le frontispice de ses œuvres, et qui finit ainsy :

Et tu vas recevoir l'honneur que tu. mérites Des juges qui liront tes chansons bien écrites, Sans aller mendiaut les louanges d'autruy.

parle encore de luy, dans un autre de ses sonnets, et de son Admirée, comme du plus beau couple d'amants qui ait jamais esté.

De bel amy belle amye Admirée, De belle amye amy, beau couple heureux, Tous deux mignards et tous deux vigoureux, Tous deux aymés de la Muse dorée.

Et dans le second livre de ses amours de Francine, il se trouve encore un sonnet qu'il adresse à son amy Taliureau, pour reconnoistre en quelque sorte les bons traitemens que luy faisoit ce jeune poëte dans l'une de ses maisons de la campagne :

Tandis,. mon Tahureau, que loin du populaire Dedans ton Fougeray nous passons les journées, Ores armans nos noms encontre les années Des beaux vers que les Sœurs nous donnent de

[ leurs grâces.

SUR TAHUREAU XVII

Pour eteniizer d'autant jjIus au monde leur amitié mutuelle et le déplaisir sensible qu'il eut delà perte de ce poëte, Toicj comme il parle de luv, dans un poëme qu'il adresse au duc d'Anjou à l'entrée de ses amours de Meline.

Fuyant depuis les assauts de reuvie, Qui de tous tcms a guerroyé ma vie, Quittay ma Seine avec mon Tahureau (Toujours le ciel coule sur le tombeau Du jeune amant ; que les vermeilles roses. Au doux printemps y fleuri'^sent ecloses !) ; Il me tira sur les rives du Claiii, Pour compa.2:uon. Là je fus pris soudain Parles attraits d'une fille sçavante, Que sous le nom de Francine je chante

Jean de la Péruse, qui mourut fort jeune comme luj, et qui, comme luy, s'acquit une grande réputation de son tems, luy adressa plusieurs vers que l'on voit dans ses œuvres, et entre les autres une ode, où il parle ainsy de sa maistresse et de luy en termes diminutifs, qui faisoient une grande partie de la mignardise de son siècle :

Poëte mignardelet, Mignardement dnucelct, Admirée douc-elettc, Doucement migiianielctte.

L'un et l'autre bien heureux Kt l'un de l'autre amoureux, etc.

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