ACTE DEUXIÈME M
Lui désignant un flambeau sur la cheminée. Apportez donc ce flambeau par ici.
Elle s'asseoit devant sa toilette. Wilhelm va prendre le flambeau et revient avec empressement près de Philine. Mignon suit wous ses mouvements du regard sans quitter le fauteuil où elle est blottie.
WILHELM
Je me fais votre esclave ! ordonnez, me voici I
PHILINE
Bien! posez là d'abord votre flambeau,.. Wilhelm pose le flambeau sur la toilette.
Merci !
Se regardant dans le miroir»
Mon coiffeur m'a, ce soir, indignement coiffée!... Mais vous allez me voir dans ma robe de fée!... Je veux éblouir tous les yeux !
Je crois déjà, je crois entendre.
Et les soupirs et la voix tendre.
De vingt galants jeunes et vieux \
ENSEMBLE
WILHELM. MIGNON, à part.
J'admire l'éclat de vos yeux! N'écoutons pas! Fermons les yeuxi
Je suis ravi, cliarmé d'entendre De cet entretien doux et tendre.
Cette voix amoureuse et tendre. Non, non, je ne veux rienentendr
Ce rire moqueur et joyeux! Pour dormir,je fais de mon mieux
PHILINE, riant. MIGNON, à part.
Ouijje veux plaire à tous les yeux! N'écoutons pas; fermons les yeux Je crois déjà, je crois entendre De cet entretien doux et tendre, Et les soupirs et la voix tendre Non, non,je ne veux rien entendre De vingtgalants jeunes et vieux! Pour dormir,je fais démon mieux Mignon fait semblant de dormir. Philine chante follement &ii achevant de se farder devant son miroir.
WILHELM, se penchant amoureusement vers Philiii©^
Belle Philine, aimable enchanteresse,
Vos doux regards et vos attraits vainqueurs.
A votre char enchaînent tous les cœurs ». Autour de yous tout sourit et s'empresse!...
Ce bracelet du prince est charmant, n'est-ce pas?
WILHELM
On vous fête, on vous aime, on vous adore... hélas! Pourquoi n'aimez- vous pas?
PHILIxXE.
Au baron, cher monsieur, il faut qu'on vous présente.
WILHELM
Phi Une, un mot encore!... un mot!...
PHILINE, montrant Mignon.
Parlez plus bas!...
Notre hôte nou's attend... Offrez-moi votre bras.
Elle fait quelques pas; Wilhelm la retient
WILHELM
Quoi! sans répondre...
PHILINE, lui tendant la main.
Allons I J'ai l'âme complaisante!.., "Wilhelm porte la main de Philine à ses lèvres. Au bruit du Laio^isr, Mignon fait un mouvement, sans ouvrir les yeux.
PHILINE, à part.
Je savais bien qu'elle ne dormait pas.
WILHELM, à demi-voix, avec passion.
O Philine ! ô coquette ! ô fille séduisante ! J'admire l'éclat de vos yeux!
Je suis ravi, charmé d'entendre Cette voix amoureuse et tendre.
Ce rire moqueur et joyeux!...
Wilheinl oifre son bras à Philine et sort avec oHe par Ir porte du fond.