ACTE DEUXIÈME
Oiell qu'entends-ie? écoutons I... ^
Bedescendani en scène.
Le mauvais ange a fuîl Je veux vivre I Lothario paraît.
Est-ce toi, Lothario?...
Avec joie.
C'est luil
SeÈNE II MIGNON, LOTHARIO.
LOTHARIO, ne reconnaissant pas d'abord Mignon.
Qui donc est là?... Quelle est cette voix qui m'appelle?
La regardant avec tendresse.
Est-ce toi, Sperata?... Réponds! est-ce toi?
Non. \
LOTHARIO, la repoussant doucement.
Mon cœur se trompe encore, hélas! ce n'est pas elle,^ C'est Fenfant qui voulait me suivre ; c'est Mignon !
MIGNON, avec tristesse.
Oli ! oui, tu te souviens ! oui, c'est bien là mon nomL
LOTHARIO
Pauvre enfant ! pauvre créature !
J'ai voulu te revoir et j'ai suivi tes pas!
Viens sur mon cœur ! Reste en mes bras I Et dis-moi quel chagrin te brise et te torture!...
Il presse Mignon entre ses bras.
ltt^<iTS0N, avec une ardeur fiévreuse, le front appuyé sur la poitrine de Lothario.
As-tu souffert? As-tu pleuré?
As-tu langui sans espérance, L'âme en deuil, le cœur déchiré?
Alors tu connais ma souffrance î
LOTHARIO
Gomme toi, triste et solitaire, Courbé sous d'inflexibles lois, De mes pleurs j'ai mouillé la terre !
Le ciel reste sourd à ma voix ! /
ENSEMBLE
As-tu souffert ? As-tu pleuré ? Oui, j 'ai souffert I oui, j 'ai pleuré As-tu langui sans espérance, Et j'ai langui sans espérance I L'âme en deuil, le cœur déchiré? Gomme toi, le cœur déchiré, AlorSjtu connais masouffrancel Enfant,je connais la souffrance! V Applaudissements et acclamations bruyantes dans le château. /
MIGNON, se dégageant brusquement des bras de Lothario.
Écoute ! c'est son nom que la foule répète !
C'est elle qu'on acclame et c'est elle qu'on fête!...
Se tournant vers le château avec un geste de menace. Ah ! que la main de Dieu Ae peut- elle sur eux faire éclater la foudre, %i frapper ce palais, et le réduire en poudre. Et l'engloutir sous des torrents de feu!...
Elle s'enfuit sous les arbres.