LOTHARIO, WILHELM, ANTONIO
Antonio porte une lampe. Le théâtre s'éclaire.
Bien! posez là cette lampe.
iNTONIO, posant la lampe sur une table et se tournant vers I? fenêtre.
De cette fenêtre, Votre Seigneurie pourra voir cette nuit
Idutes les villas des alentours s'illuminer, et les bateaux de nos pêcheurs se croiser sur l'eau au bruit des chansons et des guitares. C'est demain la fête du lac.
WILHELM
Je îe sais.
ANTONIO, tristement.
Ce palais seul ne s'illumine pius et ne pren4 plus part à la fête... depuis quinze ans déjà 1
WILHELM
Oui; on m'a parlé d'un malheur qui y serait arrivé autrefois. Une jeune fille qui s'est noyée dans le lac, n'est-ce pas?
ANTONIO
Une enfant, signor. C'est moi qui ai ramassé son chapeau sur la rive. Pauvre petite ! elle n'a pas même été enterrée en terre chrétienne ; car nous ne l'avons pas retrouvée. Sa tTîère est morte de chagrin; son père, devenu fou de douleur, a disparu; et aujourd'hui le vieux palais de mes maîtres est à vendre. Si Votre Seigneurie a toujours l'intention de l'acheter...
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Je vous dirai cela demain. ^
ANTONIO
Votre Seigneurie n'a pas d'ordres à me donner?
WILHELM
Non.
À-NTONIO, examinant Lothario qui est toujours plongé dans sa r^ verie. — A part.
Les traits de ce vieillard qui l'accompagne ne me sont pas inconnus.
WILHELM, se retournant.
Qu'avez- vous? ' ~""~
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