WILHELM, LOTHARIO
WILHELM, toucnant l'épaule de Lothario.
Eh bien! Lothario... Mignon sommeille?
LOTHARIO, tressaillant.
Oui.
Pauvre enfant! — je vous remercie de nous avoir acconi^ pagnes, mon cher Lothario, et d'avoir accepté la moitié de ma tâche. Votre amitié lui est plus précieuse que la miennes, et vous savez mieux que moi calmer cette fièvre ardente C5ui la consume.
LOIHARIO.
L'enfant n'a plus la fièvre.
WILHELM
Est- il vrai? l'air du pays natal aurait-il déjà produit C9 miracle? car, si j'en crois quelques mots qui lui sont échappés dans son déhre, elle doit être née dans cette contré© de l'Italie. Ne vous a-t-elle rien dit?
LOTHAaiO.
Non.
WILHELM
Nous nous fixerons ici, Lothario, et Mignon, je l'espès^.
80 MIGJNurv
achèvera de s'y rétablir. Vous avez entendu ce que me disait ce ^deux serviteur?
LOTHARIO
Non.
WILHELM
Ce domaine est à vendre; et, si Mignon s'y trouve bien j'achète pour elle le palais Gypriani.
LOTHARIO, il se lève en tressaillant.
Cypriani I
Qu'a-t-il donc? (Lothario promène en silence ses regards autour de lui, se dirige vers la grande porte du fond et chei'cîie à. l'ouvrir. Vous ne pouvez entrer là, cette chambre, m'a-t-on dit, était celle du vieux marquis, et n'a pas été ouverte depuis quinze ans!...
LOTHARIO
Quinze ans J... (il regarde autour de lui comme s'il cherchait â rassembler ses Mées, puis il se dirige vers la porte de gauche.) Ah 1
WILHELM
Que voulez-vous faire ?
Lothario- sur le seuil de la porte, lui fait signe de se taire. Il s'é' loigne. lentement, un doigt sur la bouche et le regard fixe.