RONDEAU
Oui, je veux par le monde Promener librement Mon humeur vagabonde I Au gré do mes désirs, je veux courir guiincni! Tout m’attire ou m’enchante,
Tout est nouveau pour moi ;
Et je ris et je chante.
Et ne suis que ma loi t O maison paternelle t Je te fais mes adieux.
Et j'ouvre enfin mon aile Comme un oiseau joyeux I...
Oui, je veux par le monde Promener librement Mon humeur vagabonde 1 Au gré de mes désirs, je veux courir gaîmentl Si l’amour sur ma route Ce soir me tend la main.
Je m’arrête et l'écoute Sans attendre à demain!
.Mon cœur n’est point rebelle
ACTH PREMIER
An doux plaisir d'aimer.
Et la voix d’une belle Est prompte âme charmer I Mais la femme rêvée Qu’on appelle tout bas.
Je ne l’ai point trouvée!
Je ne la connais pas 1...
Est-ello noble et belle? Est-elle brune ou blonde?
Peu m’importe vraiment !
Moi, je veux, par le monde Promener librement Mon humeur vagabonde!
Au gré de mes désirs, je veux courir ^aiment!
LAERTE
Le déjeuner est servi.
WILHELM
A table donc ! .
LAERTE
A table ! (Riant.) Un vrai déjeuner sous do vrai arbres... en compagnie d’un galant homme... qui n’a jamais joué la comédie !... c’est charmant, sur ma parole ! (ils s’attablent )
WILHELM
Servez- vous sans façon, je vous prie.
LAERTE
Voilà, pardieu! un poulet qui n’est point en carton peint... permet tez-moi de le découper... pour do bon. (il découpe lo poulet.)
WILHELM
Diable ! ... il me parait dur...
Dali! avec de la vigueur... et de bonnes dénis!
WILHELM
A votre santé !
la e n T e .
A la vôtre.
WILHELM
Que dites-vous de ce petit vin du Rhin ?
MIGNON
LAERTE
Du johannisberg... d’Alsace !... (n boit et mange.) Ainsi, cher monsieur... Wilhelm Meister, vous vous proposez do parcourir le monde entier... Eh bien! prenez garde de vous arrêter à la première étape!
WILHELM
Comment ?
LAERTE
N’allez pas, veux-je dire, vous empêtrer tout d’abord dans quelque piège amoureux ! (Mordant avec rage dans une ailo de poulet.) Décidément les poulets d’auberge ne valent pas mieux que ceux de théâtre!... Celui-ci n’est pas en carton... non!.., il est en bois !
WILHELM, riant.
C’est un coq.
LAERTE
Gaulois 1
WILHELM
Oui... I! est un peu vieux.
LAERTE
Et le vin est jeune ! (il boit.) Moi qui vous parle, Monsieur, j’étais parti comme vous... de mou village, pour aller... jusqu’à la lune... avec mes vingt ans et les écus de mon oncle défunt !... (Faisant un effort pour avaler.) Ail! l’animal!
WILHELM, riant.
.Votre oncle !...
LAERTE
Non... le coq !... ma foi! j’y renonce!... (il repousse son assiette.) A notre première halle, j’entre dans une grange où des histrions de campagne jouaient la comédie. J’avise, à la lueur des chandelles, certaine fille do quinze ans, blonde comme les blés! avec des yeux de myosotis, — c’était l’ingénue de la troupe. J’en deviens amoureux sur l’heure. Je me déclare le lendemain, et je l’épouse huit jours après. Mais le soir mèmçjie la noce, monsieur, je surprends un autre... Roméo aux pieds de Juliette! je me bats, je suis blessé, et le vainqueur se sauve avec ma femme et mon argent! J’avais