SCÈNE XI Les Mêmes, LAERTE
LAERTE, entrant vivoment une lettre U la main. Victoire!
PHILINE
Qu’y a-t-il?...
LAERTE
Tiens, Frédérick! (Lui tendant la main.) Bonjour!
FREDERICK, d’un air désolé.
Bonjour.
LAERTE
IIo ! ho ! quel air funèbre !
PHILINE
Il a crevé un cheval pour nous rejoindre!
LAERTE, so tournant vers Frédérick.
Pauvre bête!
FRÉDÉRICK
Plaît-il?
MIGNON
LAERTE
Je parle du cheval.
PHILINE
Voyons vos nouvelles ?
LAERTE
Nous triomphons de la mauvaise fortune, ma chère ! Nous allons vivre dans les délices de Capoue et exercer nos talents devant une assemblée digne de nous!
PHILINE
Comment ceia?
LAERTE
Nos camarades se disposent à partir ; ils viendront nous rejoindre ici tout à l’heure. (Lui donnant la lettre.) Et voici la lettre qui vous concerne.
PHILINE
Lisez-nous cela, Laerte.
LAERTE, à Wilhelm.
Vous permettez? (Ouvrant la lettre et lisant ) « Ma toute belle, pour fêter dignement le passage du prince de Tiefenbach qui doit s’arrêter quelques jours dans mon château, j'ai pensé à lui donner le plaisir de quelques représentations dramatiques, et j’ai fait mander à vos camarades que je les attendais aujourd'hui même; pour vous, ma toute belle, qui êtes l’étoile de celte compagnie,, je vous envoie un carrosse pour faire commodément la route. J’espère -que vous accepterez cette invitation et que vous n’aurez pas à vous plaindre de l’hospitalité que vous recevrez chez votre plus dévoué admirateur et ami. Le baron de Rosemberg. »
FREDERICK
Mon oncle 1
PHILINE, éclatant de rire.
Votre oncle! Le baron est votre oncle!
FREDERICK
Hélas! oui.
PHILINE
Eh bien! soyez tranquille! Je lui en dirai de belles sur votre compte 1