CXLII
(L'apparition se dissipe.)
L'ESPRIT DU CIEL. — Miguel ! Miguel !
DON MIGUEL. — Me voici.
(Très long silence.
Un lézard vient se chauffer sut une pierre à coté de l'homme mort.
La petite porte du couvent s'ouvre lentement. Entre LE FRÈRE JARDINIER, — c'est LE PREMIER RELIGIEUX du 5^ tableau. — // est extrêmement âgé et comme cassé. Il marche a tout petits pas en regardant la terre. Arrivé devant le cadavre de MIGUEL, il s'arrête sans manifester aucune surprise^
LE FRÈRE JARDINIER. — Frère Miguel !
dormez- vous ?
(// le touche légèrement.
Silence.
// récite une courte prière et
fait un large signe de croix
• embrassant les quatre horizons.)
Maintenant, je suis seul.
Maintenant, je suis seul au milieu des vivants
comme la branche nue dont le bruit sec fait peur
au vent du soir.
Mais mon cœur est joyeux comme le nid qui se
souvient et comme la terre qui espère sous la neige. A cause que je sais que toutes choses sont où elles
doivent être et vont où elles doivent aller :
au lieu assigné par une sagesse qui (le Ciel en soit
loué !)
n'est pas la nôtre.
(// considère longuement le
visage calme de MIGUEL.)
Voici ton frère, Madeleine.
Voici ton frère, Thérèse.