IN MEMORIAM
A la mémoire de mon cousin le commandant Barrié lue à la tête du i3^ bataillon de chasseurs alpins au combat de l' Hartmannsweilerkopf.
Comme tu regardais la vie D'un beau regard loyal et franc, 0 fier soldat de la Palyie Qui pour elle donnas ton sang !
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Je te revois, enfant tranquille, Jouant au seuil de la maison Dans la calme petite ville Dont les prés sont tout l'horizon,
Ou parfois courbé sur un livre Avec ta blouse d'écolier.
Ou d'un œil vif aimant à suivre.
L'hirondelle au vol familier.
Tu grandis. Ta voix plus sonore A fait du blond collégien Ce grave garçon que décore Un plumet de Saint-Cyrien,
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Et qui, lorsqu'il s'assied à table, Chaque dimanche de cong-é, Accroche un sabre véritable Au mur de la salle à mançrer.
Air brûlant du mois héroïque Où la France, d'un mâle élan, Se rua vers la lutte épique Sous les feux d'un soleil sanglant !
Comme lu dus avec ivresse Le respirer à pleins poumons, Cet air vaillant, chaude caresse, Baiser de gloire à tant de fronts 1
Comme tu dus bénir la peine De ton devoir longtemps ardu, Bien payé d'être capitaine En cet âpre jour attendu
Et d'avoir là, sur ta poitrine, Toute prête, à toucher des doigts, La place que le sort destine Au ruban rouge où pend la Croix !
Sous les sapins que l'hiver glace Tu reposes au sol sacré.
Et la blanche neige d'Alsace T'a fait un linceul empourpré ;
Et, songeant aux heures lointaines D'où tu viens me parler tout bas, Je suis fier que coule en mes veines Ce même sang que tu versas
Pour la France et pour la Patrie, — Battez tambours, clairons sonnez, Ce même sang qui joint et lie Les mères dont nous sommes nés.
I mars igiS.