LA RÉCOMPENSE
Il était de courte taille, Magnifiquement velu, Avec une large entaille Sur sa face de poilu ;
Son bras pendait en écharpe, Un chausson chaussait son pied ; Etait-ce au bord de la Scarpe Que Mars l'avait étrillé ?
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Sur la Marne ou bien sur l'Aisne Ou sur l'Yser, je ne sais, Qu'il avait, hors de sa veine, Répandu son sang français?
Qu'importait, car sa prestance Montrait un vrai brave, et puis C'était un soldat de France Que je saluais en lui :
« 0 héros entre cent mille, Lui dis-je, ô victorieux.
Toi qui, de la horde hostile, Soutins le choc furieux.
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« N'es-tu pas comme l'emblèine Du i^rand effort obstiné Où tout un peuple lui-même De laurier s'est couronné ?
« Dis-moi, pour la part de gloire Qui t'échoit, que voudras-tu '?
Sera-ce un ruban de moire Sur la capote, ù poilu ?
« Pour ta chair ainsi meurtrie, A quoi donc auras-tu droit.
Que te devra la Patrie Pour tout cela? Réponds-moi. :
L'homme avec un bon sourire, Souleva son bras raidi :
« Monsieur, je vais vous le dire Tout bonnement, comme on dit :
« Mon désir a pour limites De recommencer le jeu.
Car après tant de marmites, C'est fade, le pot au feu 1 »
i4 mai igi5.