‹ Mil neuf cent quatorze-mil neuf cent seize - poésiesChapitre 17 sur 32 · MORS · texte numérisé non relu

MORS

K Je suis toujours pareille au spectre de moi-niême: Voici ma faulx d'argent et mon sablier d'or ; Nul Destin ne résiste à mon poing qui le tord ; Ma seule royauté porte un vrai diadème.

« Contre ceux que je hais et contre ceux que j'aime Mon bras impitoyable est également fort ; En mon règne éternel je suis toujours la Mort, Et la Douleur me suit toujours, farouche et blême.

« Sur les champs de bataille où gronde l'air en ieu Avec le sang qui coule et le bronze qui pleut, J'ajoute du néant à ma sinistre histoire.

« Et ceux que je détruis regardent sans etFroi

Mystérieusement grandir derrière moi

Mon ombre qui s'allonge au soleil de la gloire. »

i6 juin 1910.

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