IMAGERIE
« Je revieûs de la graade guerre, La grande guerre des poilus, Aussi ma jambe ne va guère Ou pour mieux dire ne va plus ;
ot Je suis le bon soldat de France Que salua l'Alsace en pleurs Et dont le pantalon garance Est ]<îune de nos trois couleurs ;
a Je suis le soldat de la Marne Sur qui la Patrie a les yeux, Car en lui revit et s'incarne L'âme immortelle des aïeux ;
a Sur l'Yser, la Meuse et la Somme, En Champagne comme à Verdun, J'ai su me battre homme contre homme Mieux que le Boche à ti'ois contre un,
« Et, pour démolir ma carcasse
Et m'étendre dans le sillon,
Il a fallu, un jour de casse,
Plus lourd que mon pesant de plomb.
« Mais une balle, sans problème, M'a fait payer en une fois Ce qu'il faut donner de soi-même Pour la médaille et pour la croix.
oc C'est ainsi qu'a fini la guerre, Pour moi, mais qu'importe, bons Dieux, Que ma jambe n'aille plus guère Si la France s'en porte mieux ! »