‹ MilanChapitre 7 sur 20 · M I LA X · texte numérisé non relu

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très vastes, dans leur dimension générale, bien que leurs parties soient menues presque comme des mosaïques.

Les mêmes parfaits architectes qui travailU'nt à la Chartreuse de

Détail d'un pilier.

Pavie, Guiniforte Solari. Dolcebuono, Omodeo, donnent leurs soins à l'œuvre, et Bramante y intervient sans doute, ainsi que Léonard de Vinci, dont les manuscrits gardent les traces de ces études, faites ])()urla coupole. Et les meilleurs maîtres de l'art milanais forment comme un conseil d'étude pour apprécier et choisir les ])lans. L'un des élus surveillait surtout l'architecture, un autre la sculpture. Lt ces hommes

de choix, c'était Bernard Zenale de Treviglio ou Christophe Solari. Il faut bien tomber ensuite, et le Dôme en porte les traces, dans le règne de ce Borromée dont l'ombre lamentable écrase l'art milanais. comme sa dépouille séchée encombre d'une dispendieuse orfèvrerie une chapelle souterraine.

Le pied Jli canJcLibre (xnr' siècle) au Dôme.

Ce n'est que la beauté d'ensemble tlu Dôme, et non les détails extérieurs, qui retiennent l'artiste. .S'il fallait détailler les ornements et les statues, ce serait tâche ingrate et l'on risquerait de trouver force rebuts. Mais en somme, de siècle en siècle, l'iiistoire de la sculpture lombarde, cinq cents ans d'écoles, est là. -j^arfois riche et admirable, toujours sup])ortable de loin.

Cette gageure d'élégance qui a été si victorieusement gagnée ici. a fait

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ouvrir, aux flancs de cette cathédrale, ces portes ciselées, ces vastes fenêtres qui donne un air de grandeur et de fête, et jaillir ce hérissement joyeux de c.ochetons qui rend la promenade incomparable sur le faîte de l'église ; tout cela s'achevant par la tourelle ravissante conçue par l'Omo-

deo, et par la grande tour d'où l'on domine toute la forêt merveilleuse de ces petites flèches pointées autour «le la flèche centrale.

Chaque aiguille de marbre a le plus souvent trois étages, et ces cent vingt-deux aiguilles portent de douze à dix-sept statues, .^Ionge^i les a dénombrées. Il y a là quelques belles œuvres, et même ce qui est baroque devient, en plein air, acceptable.

L'intérieur, avec des piliers un peu roides et trop chargés au chapiteau d'arcade, fait peu d'impression, à ceux qui voient loin, par la peinture en trompe-l'dMl de ses voûtes. iMais les yeux moins aigus acceptent sans déplaisir cette manière de reculer la perspective et de l'embellir.

Il y a dans cette majestueu-se église quelques vrais trésors :

le plus précieux est l'énorme chandelier en bronze, frère de celui ([ue nous gardons à Reims, pièce française du Xlli'^ siècle; ce candélabre à sept bras, haut de cinq mètres, et fait pour porter vingt-huit lumières, est d'une richesse et d'une fantaisie sans égale, avec ses feuillages griffus et refouillés, ses chimères ailées, la décoration splendide où la pierre précieuse et l'émail s'allient au bronze sans jamais dépasser l'harmonie, où la force des plans ne nuit ni à la finesse ni à la grâce. Vrai luminaire du Paradis, le plus

Sculpture du fronton, porte de la sacristie sud.

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beau de tous par l'état où il s'est conservé depuis le temps où l'archiprètre Trivulce, en 1562, l'offrait au Dôme.

Rien ne vaut cette merveille, dans les autres jo3-aux que garde l'église ; il y a des tombes où lart et l'histoire sont réunis pour intéresser, comme celle de ce prodigieux Médicis lombard, Jacques, marquis de Marignan, seigneur de .^lusso, élevée par son frère le pape Pie IV, et décorée de bronze par Leone Leonî, le sculpteur galérien, l'ami de l'Arétin, le médailleur de Doria; comme celle aussi, du cardinal Caracciolo, le gouverneur du Milanais pour Charles-Ouint, sculptée par le Bambaja; il y a des tombes où l'art parle seul, comme celle du chanoine Vimercati, par le même maître, un peu mièvre et froid dans ces œuvres qui ne sont point son chef-d'œuvre. Il y a, sur le t3-mpan des sacristies comme aux nervures des fenêtres, la trace de vaillants artistes, français, allemands, italiens. Et les sacristies renferment maint objet, seau d'ivoire du x" siècle, diptj-ques, couvertures d'Évangéliaires, paix d'or, tapisseries, qui feraient honneur à toute 1)asilique. Mais ceci n'est plus la beauté particulière de ce Dôme. Pour sentir ce que vaut une cathédrale de cette espèce, il faut monter sur sa coupole, ou l'admirer lorsque, d'en bas, au milieu de la place, par une nuit de lune, on la découvre ciselée sur le ciel de la Lombardie, comme une châsse d'argent fin, d'albâtre et de vermeil pâli.

.Si le Dôme est en grande partie l'œuvre des maîtres lombards, la Renaissance milanaise compte, pour la plupart de ses monuments, les plus belles œuvres de l'architecture et de la sculpture comme œuvres de maîtres toscans.

Déjà 31ichelozzo nous est apparu, dans Saint-Eustorge. Et l'une des plus belles portes de cette cité aux riches portails, celle de l'ancienne banque Médicis, conservée au Castello, est encore de lui. D'autres noms, illustres entre les plus beaux, viennent à présent : celui de Filarete, celui de Bramante, le Florentin et l'Url^inate.

Colonnades de la cour, i l'Hôpital Majeur.

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